L’accident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986 est, à juste titre, considéré comme l’une des plus grandes catastrophes d’origine humaine. Deux explosions et l’incendie qui s’en est suivi ont entraîné le rejet d’au moins 200 types différents de radionucléides dans l’atmosphère. La pollution a été d’envergure planétaire. Le césium-137 à lui seul a contaminé plus de vingt pays européens.
Pour commémorer la 40e année de la catastrophe, Enfants de Tchernobyl Belarus (ETB) vous propose plusieurs informations, propositions et événements :
une présentation de l’Institut Belrad et de son action ;
un bilan sur la situation sanitaire au Belarus établi par l’Institut Belrad ;
la publication du journal « L’Écho de Tchernobyl » ;
un colloque organisé le samedi 25 avril à Paris ;
une proposition d’action de terrain « Une Pomme pour Belrad » ;
une demande d’aide pour soutenir l’Institut Belrad ;
« Dans les Coulisses de Tchernobyl », nouveau livre de Yves Lenoir.
1. Belrad (1990–2026) : un service unique en terres contaminées
Vasily Nesterenko
En octobre 1990, l’académicien Vasily Nesterenko, physicien nucléaire en rupture de ban avec son institution (le Centre de recherche nucléaire de Sosny, élément du complexe militaro-industriel de l’URSS), fondait l’Institut indépendant de protection radiologique BELRAD.
(...) L’objectif de l’Institut BELRAD était de pallier l’insuffisance de la protection de la population, notamment pour compléter le dispositif par des centres locaux de contrôle des aliments. Le premier gouvernement du Belarus indépendant finança 370 de ces centres, assurant ainsi une couverture homogène de l’ensemble des régions sérieusement affectées par les retombées radioactives. (...)
L’Institut BELRAD de Minsk publie, 40 ans après Tchernobyl, un point de la situation radiologique et sanitaire dans les territoires Belarusses les plus touchés par la catastrophe nucléaire. Cette étude de I. Turkovsky, I. Khromova et S. Runtsevich, du Laboratoire de surveillance des rayonnements de Minsk, témoigne que le problème de la contamination radioactive demeure d’une actualité brûlante, même plusieurs décennies après le terrible accident d’origine humaine, et démontre l’urgence de poursuivre la surveillance constante de la radioactivité des produits alimentaires, de mettre en œuvre toutes les mesures disponibles pour se protéger des effets des radionucléides pénétrant dans l’organisme et de mener des actions de sensibilisation dans les zones contaminées.
Le césium-137 reste, avec le strontium-90 et l’américium-241, l’un des radionucléides les plus dangereux pour l’homme. Environ 35 % du césium-137 rejeté par l’explosion du réacteur de Tchernobyl, le 26 avril 1986, s’est déposé au Belarus. De ce fait, 3 678 localités ont été recensées en zone contaminée ; 479 d’entre elles ont été détruites. Près de 200 000 personnes ont quitté les territoires touchés ou ont été relogées. Les régions de Gomel, Brest et Moguilev, au Belarus, ont été les plus touchées. (...) Le césium-137 se trouve désormais dans le sol à une profondeur suffisante pour être absorbé par les plantes et les champignons (y compris ceux que nous consommons). Il existe des voies plus complexes par lesquelles le césium-137 pénètre dans le corps humain. Les animaux sauvages dont nous consommons la viande, ou les vaches dont nous buvons le lait, peuvent servir d’intermédiaires entre les plantes contaminées et l’homme (...)
3. L’Écho de Tchernobyl - journal de la catastrophe
Enfants de Tchernobyl Belarus (ETB) publie le journal « L’Écho de Tchernobyl ». Deux n° sont parus et un n° 3 doit sortir vers le 20 avril ; un n° 4 reprendra les contributions et interventions du colloque organisé le 25 avril.
L’enjeu est de ne pas oublier Tchernobyl, ni de laisser réduire l’accident à un événement certes fâcheux mais clos, comme voudrait nous le faire croire un lobby nucléaire qui étale ses tentacules jusqu’à la plus établie des institutions internationales, l’ONU – à qui l’on doit d’avoir déjà, en 2005, tiré le bilan « définitif » de la plus grave catastrophe industrielle de l’histoire.
« 50 morts et 4 000 à venir » est en effet la borne bornée conclue par l’UNSCEAR – et endossée par l’OMS, puis validée par la quasi totalité des États mondiaux – posée comme un trait final pour faire taire les arguments et les plaintes de ceux qui douteraient de l’avenir radieux promis sur les cendres d’Hiroshima et Nagasaki par l’« Atoms for peace » d’Eisenhower.
L’Écho, pour les 40 ans de Tchernobyl, réunit à la fois une rétrospective historique, un point sur les conséquences sanitaires et conjoncturelles, un avertissement sur les risques qu’une telle catastrophe puisse se produire à nouveau… et quelques conseils si cela arrivait.
Enfants de Tchernobyl Belarus organise un Colloque « Tchernobyl Année 40 », samedi 25 avril 2026 à Paris de 13 h 30 à 18 h – à la Bourse du travail, 3 rue du Château d’Eau, Paris 10°. Au programme : projection du court-métrage « Belrad 2015 » / deux tables rondes et débats avec la salle / intermède musical.
▸Panel 1 : Situation sociale et sanitaire des territoires contaminés, retour d’expérience sur la gestion des crises radiologiques, avec la participation de Marion Jeambrun (Criirad), Marc Denis (GSIEN), Pierre Barbey (ACRO), Yves Lenoir (Enfants de Tchernobyl Belarus), Sylvie Diallo (Coordination Idf) – modération Nicolas Eprendre. Suivi d’un débat avec la salle.
▸Panel 2 : Stratégies énergétiques nationales et prise en compte des probabilités d’un accident majeur, rôle des organismes internationaux, avec la participation de Bernard Laponche (Global Chance), Pauline Boyer (Greenpeace), Thierry Salomon (négaWatt), Kolin Kobayashi (Enfants de Tchernobyl Belarus) – modération Laure Noualhat. Suivi d’un débat avec la salle.
ETB propose aux groupes et particuliers une action de terrain simple à réaliser : il s’agit de tenir un stand (marché, salons...) pour aller au devant des gens, engager la discussion, leur amener une information sur le nucléaire, et soutenir le fonctionnement de l’Institut Belrad.
Cette campagne offre l’occasion de rappeler concrètement que les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl perdurent toujours, 40 ans après. Elle contribuera au financement de Belrad par une vente directe et symbolique de pommes (les cures de pectine aident les enfants à abaisser leur charge radioactive due à l’ingestion de césium), et par une sensibilisation à travers un document d’information qui expose le rôle de Belrad et documente les conséquences sanitaires, toujours d’actualité, de Tchernobyl.
L’action permettra également de renouer avec une démarche militante volontaire d’ouvrir la discussion et la réflexion sur la stratégie française de poursuite du nucléaire et les dangers qu’elle comporte, à l’occasion de la 40° année de la catastrophe de Tchernobyl (mais l’action peut se poursuivre au delà de cette date !).
Nous proposons un « kit » d’ambassadeur de Belrad, très accessible, comportant un présentoir, des tracts d’information et une sélection d’ouvrages à petit prix.
6. Aidez Enfants de Tchernobyl Belarus et l’Institut Belrad
L’association Enfants de Tchernobyl Belarus a pour but de soutenir et financer l’Institut Belrad, créé à l’initiative de Vasily Nesterenko pour informer et aider les populations du Belarus, les plus impactées par la catastrophe de Tchernobyl. Belrad effectue pour cela des mesures de contamination radiologique sur les aliments et les corps - en offrant aux enfants qui en ont le plus besoin des cures de pectine.
Belrad ne peut compter pour son financement que sur des aides extérieures au pays, ce que ETB contribue à faire grâce aux dons et legs qu’il peut obtenir de ses adhérents et contacts. Mais ceux-ci s’épuisent et les aides baissent. Les besoins eux demeurent. Il faut entre autres que l’Institut renouvelle son matériel de mesures. Et ses besoins de fonctionnement sont de l’ordre de 18.000 € par mois ! Nous avons mis en place une plateforme de paiement en ligne, pour faire un don ou commander nos ouvrages. N’hésitez donc pas à faire ce geste, les enfants du Belarus vous en seront reconnaissants.
7. « Dans les Coulisses de Tchernobyl », de Yves Lenoir
Le nouveau livre d’Yves Lenoir « Dans les coulisses de Tchernobyl. Mensonges et dissimulations des nucléocrates » vient de sortir aux Éd. La Dissidence.
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