L’épargne populaire doit être au service des besoins populaires… et non du nucléaire !
Financer le nucléaire grâce à l’épargne des Français : pour ou contre ? C’est la question que soumettait le site actu.orange.fr à ses internautes le 12 octobre dernier. Résultat : 63 % des 16 1979 votants y sont opposés. Le site d’actualité se fait ainsi le relais de la campagne de 2022 du Réseau sur le sujet, qui dénonçait, déjà, la possible utilisation du Livret A pour financer le nucléaire.
Pourtant, le 4 novembre dernier, le Directeur général du groupe Caisse des Dépôts et Consignations, Olivier Sichel, a affirmé sur France Inter que le premier groupe financier public français allait financer de nouvelles centrales nucléaires.
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), qui gère le Livret A, de même que le Livret d’épargne populaire et le Livret de développement durable et solidaire, affecte jusqu’à présent l’essentiel de ses ressources à des prêts à la construction de logements sociaux et agit aussi comme banque des territoires : c’est donc un cercle vertueux où l’épargne populaire sert à financer les besoins populaires.
Soumise à des délais de construction extrêmement longs, l’industrie nucléaire ne répond pas à l’urgence climatique. Plus chère que les énergies renouvelables, plus dangereuse et laissant des déchets toxiques pour des milliers d’années, elle ne répond pas aux besoins populaires. Surtout dans un contexte où les ultra milliardaires américains ou les États autoritaires comme la Chine veulent développer l’IA, énorme consommatrice d’électricité !
L’épargne populaire française doit-elle financer une électricité nucléaire vendue à un prix bradé aux milliardaires de l’IA (et autres gros consommateurs d’électricité) tandis que cette dernière est vendue bien plus chère aux ménages français, qui la financeraient donc à la fois par leur épargne, les impôts et leur facture d’électricité ? Continuer à financer la rénovation thermique des passoires énergétiques, et en augmenter les sommes, voilà la meilleure politique sociale et écologique que doit avoir la CDC.
D’autant que selon l’INSEE : " 3,8 millions de ménages de France métropolitaine ont un taux d’effort énergétique supérieur à 10 % de leur revenu tandis que 3,5 millions déclarent souffrir du froid dans leur logement. Les ménages modestes sont surtout exposés au froid car ils cumulent des contraintes financières et un habitat peu performant. 621 000 ménages souffrent des deux formes de précarité".
Notes
