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Echos des luttes antinucléaires

Retour sur les actions phares de l’été 2019

26 septembre 2019 |




Une fois de plus, les antinucléaires n’auront pas fait que bronzer pendant les vacances... Retrouvez les compte-rendus de 3 temps forts ayant rythmé cet été 2019. Une dynamique bouillonnante d’actions qui ouvre de belles perspectives d’avenir pour atteindre nos objectifs.

On est là, on est là ! Même si le lobby nucléaire ne le veut pas !



4 jours pour l’abolition des armes nucléaires

De nombreux échanges, une forte visibilité, des émotions, une organisation efficace et respectueuse de chacun, de belles rencontres, de la musique, du rire, tels sont quelques-uns des mots clés qui peuvent figurer au bilan de ces quatre jours d’actions et de jeûne pour l’abolition des armes nucléaires [1]

Pourquoi Dijon ? À une cinquantaine de kilomètres à peine, complètement isolé au milieu d’une forêt se trouve le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) de Valduc où sont fabriquées et entretenues les 300 têtes nucléaires que la France s’enorgueillit de posséder… Même le Royaume-Uni y dispose d’un petit “pied-à-terre“ pour moderniser ses missiles en “sous-location“ depuis 2010 et pour 50 ans…

Le 6 août, 74 ans après le largage de la bombe atomique sur la population de Hiroshima, quatorze drapeaux sont disposés sur la place devant l’Hôtel de Ville. Ils symbolisent cette “minorité délinquante“ de 14 États possédant ou abritant des armes nucléaires dans le monde, face aux 122 États qui le 7 juillet 2017 à l’ONU ont adopté le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Le contexte du bombardement est rappelé, les victimes ainsi que celles des 2 000 essais nucléaires sont évoquées. Les poèmes d’auteurs japonais et les intermèdes de chants lyriques et de trompette rythment l’intensité des textes. Le lent mouvement de die-in des personnages en noir avec masques blancs donne un aspect commémoratif et solennel. Un spectacle d’acrobatie aérienne attire tous les regards. La télévision est présente. Le 9 août, une nouvelle cérémonie se déroule pour commémorer le bombardement nucléaire sur Nagasaki.

Une tentative de pénétrer sur le site de Valduc s’est heurtée à la gendarmerie… Des salariés ont été approchés, une action sans doute à renforcer, pour les inviter à réfléchir à leur reconversion. Le président Macron voit son portrait à l’Hôtel de Ville décroché, le temps d’une photo, pour l’inviter à signer et ratifier le TIAN. Un responsable de la préfecture a reçu une délégation et nous a assuré de transmettre nos revendications d’un engagement de la France dans un processus de désarmement nucléaire…

Il faut saluer l’implication des élus et de la ville de Dijon. Qui, déjà membre du réseau des Maires pour la paix, devrait également signer l’appel des villes de ICAN, comme vient de le faire Paris, Grenoble et plus d’une quinzaine de communes en France…

Nous vous donnons rendez-vous du 6 au 9 août 2020, à Dijon, pour de nouvelles actions...

Patrice Bouveret


Les Bure’lesques, une seconde édition qui fait du bien

Du 9 au 11 août 2019, les Bure’lesques ont posé leurs chapiteaux à quelques kilomètres de Bure (55). Conférences, ciné-débats, concerts, théâtre, bal, cantines, village associatif et spectacles : les trois jours ont attiré plus de 3 000 personnes. Un moment d’information, de divertissement et de cohésion, précieux pour préparer la nouvelle séquence des prochaines mobilisations contre les travaux préparatoires de Cigéo.

Ces bénévoles qui rendent tout ça possible

Entre Hévilliers et Couvertpuits, la nuit tombe sur la vallée qui accueillera la seconde édition des Bure’lesques dans quelques jours. Le quatrième chapiteau vient d’être monté par les compagnies de cirque locales et les dernières bouses de vaches retirées. Ici, un petit groupe s’active pour finaliser les panneaux qui guideront les festivaliers sur l’immense terrain généreusement mis à disposition. Là-bas, un binôme termine de baliser l’espace camping qui surplombe le site tandis qu’un second délimite le futur parking à l’aide de rubalise. Plus loin, trois jeunes hilares s’attèlent à fabriquer les poubelles qui permettront de restituer le lieu impeccable. Devant les tables de brasserie, l’équipe de la Marmijote concoctent des petits plats locaux et bio. On annonce grand soleil pour tout le week-end.

C’est le jour J. Vendredi soir sous le chapiteau Spectacles, le procès de Cigéo familiarise les novices au projet de poubelle atomique à Bure et distille les informations façon comédie. Les petits rigolent, les plus grands réfléchissent. À la nuit tombée, le chapiteau Concerts déborde. Tout le monde veut s’essayer à l’initiation de danse. Un peu plus tôt, on relâche la pression lors d’un bal folk endiablé. Au même moment, sous le chapiteau Projections, le film Fukushima, le couvercle du soleil ouvre le bal de trois jours de ciné-débats.

Samedi matin, le brief des bénévoles se déroule autour de tasses de café et en tailleur, sous la caméra d’Arte qui découvre l’autogestion. À l’entrée du parking, une équipe enjouée distribue un sac poubelle à chaque participant.e.s. À l’accueil, des bénévoles souriants et énergiques renseignent les premiers visiteurs. Beaucoup arrivent en covoiturage, d’autres à vélo ou même à pied. Nombre d’entre eux - non coutumiers des événements autogérés - sont bluffés par le fonctionnement, sans pression mais si bien rôdé. Les cantines proposent des repas délicieux et copieux à prix libres, l’équipe vaisselle fait briller les assiettes avec une efficacité déconcertante et les toilettes sèches sont impeccables - et éclairées avec de petites bougies romantiques, s’il vous plaît !

Concerts, conférences, cantines et spectacles : le pari réussi

Pour ce deuxième jour, familles, groupes de jeunes, couples, esprits voyageurs et curieux déambulent. Les copains et les copines se retrouvent, les autres se découvrent. Les conférences s’enchaînent et attirent de nombreuses personnes. Les intervenant.e.s proposent des exposés clairs et précis, qui confortent les déjà-convaincus et interpellent les plus profanes. Ce matin, c’est l’avancement des travaux autour du laboratoire de Bure et le point sur les transports de matières et de déchets radioactifs dans la région, qui occupent les débats. Dans l’après-midi, Catherine Fumé (SDN49) fera un topo sur les rachats de terres par EDF autour des centrales nucléaires françaises.

Quand les cerveaux chauffent trop, le programme permet d’aller se détendre devant un concert ou de s’émerveiller devant le spectacle équestre de la compagnie Azul Bangor, avec la performance magique du cirque Rouage ou face à l’incroyable prestation de 45 degrés sans eau. Au crépuscule, les Chorales Révolutionnaires chauffent le public tandis que celles et ceux qui ont un petit creux font la queue aux stands crêpes, frites ou pizzas. Après le repas, les participant.e.s contemplent le lâcher de lanternes : une dizaine de petites lucioles s’élèvent dans le ciel étoilé, puis une géante, qui ravive la flamme antinucléaire. Plus tard, l’animation du Wagon Rouge alerte sur les transports de déchets radioactifs d’une façon très visuelle.

Dans la nuit, on danse, on s’enlace et on chante aux cris de « On est plus chauds que Cigéo ». La rythmique entraînante de Taxi Kebab électrise la foule. Les couche-tard regagnent leurs tentes en suivant les appliques en récup’ qui tracent le chemin.

Dimanche, les interventions de Greenpeace sur la crise mondiale des déchets, de la grange de Montabot sur la lutte contre la ligne THT Cotentin-Maine, et de la CRIIRAD sur les déchets radioactifs oubliés se succèdent, rassemblant chaque fois un public large et divers. Deux jeunes militant.e.s de RadiAction viennent parler de leurs envies pour contribuer à la lutte antinucléaire. Le débat promet de belles choses pour l’avenir.

Un festival tourné vers l’avenir

Le dimanche soir, la vallée verdoyante ne désemplit pas. Les burgers végé font l’unanimité. On se dit au revoir, on se promet de nouveaux temps de militantisme festifs, on attrape une affiche de Vent de Bure ou un exemplaire d’Info Bure, édité par l’association Bure Stop. Il restera encore du démontage pour l’équipe bénévole les jours suivants.

Julien Baldassarra


RadiAction : comme un vent de renouveau sur la lutte antinucléaire !

Entretien avec Azna de RadiAction lors du Radicamp organisé à Serquigny dans l’Eure au mois d’août 2019. Cet entretien est réalisé à la fin du camp, près d’un saule pleureur et au soleil, qui pointe enfin le bout de ses rayons. On repart de cette semaine plein d’élan, avec des paillettes dans les yeux (la veille une soirée avec techno, maquillage et boule à facette géante avait lieu dans la grange) et des envies pour la suite. On applaudit des deux mains, on soutient et on vous invite à suivre les actus de ce collectif en création, qui mêle avec intelligence défense du climat et lutte contre le nucléaire, fête et artivisme, antisexisme et questions transgenres, radicalité et créativité. Y a comme un souffle de renouveau et de repolitisation dans la lutte antinucléaire et c’est pas pour nous déplaire ! Au contraire, les réflexions portées par RadiAction rejoignent largement nos préoccupations !

Laura - Est-ce que tu peux me parler du collectif RadiAction, d’où il vient pourquoi et comment il a été créé ?

Azna - RadiAction originellement c’est quelques personnes qui ont organisé pendant plusieurs années les allers-retours pour les actions Ende Gelände. C’est un mouvement qui depuis 2015 organise des actions de désobéissance civile de masse pour lutter contre des mines de charbon en Allemagne. Depuis deux, trois ans, des bus sont organisés depuis Paris pour aller sur ces actions. Depuis début 2019, ces personnes, qui sont de plus en plus nombreuses, se sont dit que ça pourrait être intéressant de créer une dynamique en France, d’organiser des actions de ce type et de s’inspirer de ce genre de dynamiques pour faire avancer la mobilisation sur les thématiques écologiques, et l’impact de ses mobilisations.

Tu peux rappeler ce que ça veut dire Ende Gelände ?

C’est toujours un vaste sujet de débat. La traduction que l’on utilise c’est « Jusqu’ici et pas plus loin ». Après je ne suis pas germanophone et il y a des jeux de mots derrière. Mais l’idée c’est de dire « on s’arrête là, on ne va pas plus loin, on ne creuse plus » ! Il y aussi un jeu de mot avec la fin de la terre et l’idée que la terre est limitée.

Ce qui nous plaisait c’était à la fois le mode d’action : de masse et également une capacité à tisser des liens à l’international – on trouvait qu’en France c’est quelque chose qui existait peu – ainsi que la capacité à créer des liens entre différentes luttes et différentes problématiques. Et qui passe aussi par un système de groupes affinitaires qui permet à la fois une certaine autonomie de groupe et une certaine capacité à prendre soin les un.e.s des autres.

Ende Gelände c’est basé sur un consensus d’action qui dit, si je ne me trompe pas « on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit ! »

Tout à fait ! Dans l’historique de la création d’Ende Gelände, ils voulaient rassembler différents acteurs pour bosser là dessus, qui venaient d’un éventail assez large d’affinités politiques : de grosses ONG type Les Amis de la Terre ou Greenpeace, de partis d’extrême gauche et de mouvances plus radicales. Et l’idée ça a été de se dire on va faire quelque chose ensemble, sur un consensus qui nous convient à peu près à toutes et à tous et qui permet aussi de protéger la structure. Par exemple, dans le consensus d’action apparaît clairement que notre cible n’est ni la police ni les infrastructures. Ça permet juridiquement de protéger la structure et vis-à-vis de l’extérieur ça permet aux personnes de se sentir protéger par un texte qui est très clair « on fait ce qu’on dit, on dit ce qu’on fait ». En même temps, c’est suffisamment large pour permettre une certaine autonomie à l’intérieur de ce consensus d’action.

Donc l’idée c’est d’organiser des actions de masse ?

Je vais d’abord faire le lien avec ce que c’est RadiAction maintenant, ce qui me permettra de répondre à la question. Le collectif tel qu’il était en janvier – entre 30 et 50 personnes – s’est dit que ce qui nous plaisait aussi dans Ende Gelände c’était la manière de prendre des décisions avec des groupes de travail autonome et des prises de décisions au cours de grandes plénières par tous les gens qui se sentent concernés par la thématique. Il y a eu trois plénières qui ont permis de décider de ce dont on avait envie pour notre mouvement. On a commencé d’abord par définir un champ d’action. Et on a décidé collectivement de travailler sur le nucléaire. Pour ce qui est du type d’action, on a des affinités avec les actions de masse, mais c’est encore à décider.

C’était aussi l’intérêt d’organiser un camp cet été au delà de notre groupe « est ce que ça fait sens ? Est ce cohérent vis-à-vis du sujet, du contexte en France, du contexte à l’international, du contexte répressif ? ». Et avec toute l’humilité dont on est capable, parce qu’on n’est ni omniscient, ni omnipotent et qu’on est un mouvement jeune. L’idée du camp c’était de réfléchir avec d’autres personnes, car on n’a pas forcément le recul nécessaire pour pouvoir penser profondément ces questions là. Donc un des objectifs était de rassembler des personnes qui s’intéressent à RadiAction – que ce soit par l’entrée thématique nucléaire ou par l’entrée mode d’action ou d’organisation – et tout simplement de leur poser la question « qu’est ce qui est pertinent de mener aujourd’hui et qui peut permettre d’avoir une victoire politique ? ».

Toutes les deux, on s’est rencontrées pour échanger sur la pertinence de choisir la thématique du nucléaire, avant que vous ne décidiez de travailler sur ce sujet. En échangeant avec les un.e.s et les autres, je me suis aperçue que le choix n’avait pas forcément été évident.

Effectivement le choix a été difficile. Il s’est fait en plusieurs étapes. D’abord des groupes de travail en autonomie ce sont concentrés sur plusieurs thématiques qui intéressaient des personnes du collectif : le nucléaire, l’agriculture, le transport aérien et le gaz. Ensuite ces groupes ont présenté un argumentaire pendant une plénière, pour décider collectivement de ce qui était le plus pertinent pour le collectif. L’argumentaire faisait un état des lieux du contexte, des forces, des enjeux… La décision a été prise au consensus au cours d’une plénière de deux jours, avec tout un processus qui permet à tout le monde de s’exprimer et de modifier la proposition.

Pourquoi on a choisi le nucléaire au final ? Même si ça reste subjectif, il y a plusieurs choses. Quelque chose de très contextuel par rapport au contexte français « qu’est ce que la particularité française ? », avec des enjeux dont on voulait se saisir depuis le début : une lutte écologique, contre l’extractivisme, les crises climatiques et sociales, et contre un système néfaste de manière général. Quand on pensait tous ces paramètres ensemble, la particularité française c’était le nucléaire. Le charbon allemand, c’est le nucléaire français... Pour nous, notre dépendance au nucléaire ça empêche de se poser des questions de transition, de sobriété, de sortie du colonialisme, de démocratie, de reprise de pouvoir de manière décentralisée. Ce sujet permettait de poser toutes ces questions là, et d’avoir un cheval de bataille qui est un peu un impensé aujourd’hui dans les mouvements écolos qui préfèrent se focaliser sur « l’urgence c’est le réchauffement climatique, donc la production de gaz à effet de serre ; donc on lutte contre ce qui produit des gaz à effet de serre. »

Pour moi, le principal risque des mobilisations pour le climat globalement, c’est de se focaliser sur les gaz à effet de serre, en faisant fi d’autres questions comme la perte de biodiversité, les pollutions, l’exposition des populations aux risques industriels...

Ce qui est ressorti des discussions cette semaine, c’est qu’il y a vraiment la volonté de changer le système et que le nucléaire est représentatif de la folie de notre société actuelle. Il cumule un peu tous les effets du système capitaliste, que ce soit en terme de répression, de société militaire et policière, de pollutions, de rapport à la nature, de la suprématie de l’homme et de son rapport à la technique, de rapports sociaux en France et à l’étranger. Quelqu’un.e m’a dit aussi « c’est comme s’il y avait quelque chose de très émotionnel par rapport au nucléaire et finalement quand on regarde le contexte français, c’est presque comme une obligation. Et je crois que finalement le choix c’est fait comme ça. On a pas le choix et si on veut importer des actions comme Ende Gelände, c’est comme une évidence et si on choisir pas ce sujet, on se plante ! ». J’ai trouvé que c’était bien dit. T’es d’accord avec ça ?

Je suis assez d’accord avec ça. En étant antisystème, on ne peut pas passer à côté de ça et si nous on s’y penche pas, qui va le faire ? Et est-ce qu’on n’a pas des outils, des atouts pour relancer un truc qui s’essouffle, disparaît complètement de la scène médiatique, derrière l’urgence écologique ? Disons-le clairement, mettre notre nez dans la merde française, et arrêter de se voiler la face et de fonctionner en silo, avec d’un côté les luttes écolos, de l’autre les luttes antiracistes, et sans avoir un mouvement qui absorbe tout le monde, parce que c’est pas l’idée. Assumons cette diversité de thématiques et arrêtons de penser un truc contre un autre, parce qu’on avance pas et qu’on va de défaite en défaite.

Le côté émotionnel, il est doublement là : il faut bien que quelqu’un s’y colle et comme on a conscience que c’est dur, ça nous oblige à penser à comment on se protège. C’est là aussi qu’Ende Gelände est une source d’inspiration - sans que ce soit la seule parce qu’on a pas envie de copier-coller quelque chose alors que le contexte n’est pas du tout le même - on a aussi d’autres inspirations comme le collectif Diffraction.

Ce qui nous a aidé aussi pour nous saisir du nucléaire et qui vient d’Ende Gelände, c’est un soin apporté au groupe, avec un fonctionnement en groupe affinitaire qui permette de se sentir bien collectivement, parce qu’on a son binôme et son groupe avec qui on peut mener des choses ensemble. Avec une culture du « prendre soin » de la manière dont on s’organise, de la prise de décision collective, de ne laisser personne de côté, de se faire plaisir, de prendre le temps de faire la fête, de penser paillettes et musique et artivisme. Ça s’est très présent chez nous et je pense que c’est cool de pouvoir aborder le nucléaire avec cette énergie là aussi.

Tu pourrais revenir sur ce que c’est un groupe affinitaire ?

C’est un groupe qui réuni des personnes qui fonctionnent en binôme, un binôme c’est deux personnes qui en action ne se quittent pas et prennent soin l’une de l’autre, qui se connaissent et qui connaissent les limites de l’autre personne en action. Le groupe affinitaire, c’est le groupe qui se réunit autour de certaines affinités en action. Ça peut être des limites physiques, un niveau d’engagement avec la police, mais ça peut être aussi on se connaît bien, on sait comment on fonctionne et on sait qu’en action on va pouvoir fonctionner ensemble. Ça permet de protéger le groupe, de protéger les individus et d’être plus efficace en action.

Et d’essayer d’éviter ainsi certaines conséquences de l’action, soit physiques sur le moment, soit psychologiques avec des chocs post-traumatiques, suite à certaines actions qui peuvent être mal vécues par les participant.e.s.

C’est quelque chose qui est de plus en plus pensé, récemment avec les réflexions autour du burn-out militant et du militantisme durable. C’est des sujets qui sont d’actualité et sur lesquels les Anglo-saxons ou les Allemands sont plus avancés que nous. On mène une réflexion sur « comment on gère le post traumatique » et je pense qu’on a tout intérêt à s’inspirer de ce qui est fait et déjà pensé ailleurs, de se former là-dessus. C’est hyper important pour nous parce qu’on a conscience que c’est un enjeu énorme et que tout ne va pas se faire en une semaine et qu’il va falloir durer un petit peu… donc qu’il faut prendre soin de nous !

Justement si on parle de durer, une des premières étapes que vous vous êtes fixé.e.s c’est d’organiser un camp cet été. On est dimanche, le camp touche à sa fin, est ce que tu peux m’en parler un peu ? Pourquoi avoir décidé d’organiser ce camp ? Et quel est ton retour à chaud – à part que vous êtes rincé.e.s ?

(Rires) Je crois qu’il y a une plénière d’atterrissage en ce moment qui va permettre de faire un premier petit bilan. Les objectifs du camp étaient divers.

Se retrouver pour les personnes qui connaissent déjà RadiAction et permettre aux personnes intéressées de se rassembler, d’avoir un espace pour se former, pour faire la fête, pour penser et avancer ensemble. Et donc faire collectif et grandir. Ce camp a eu lieu pendant une semaine, en Normandie, il se voulait le plus autogéré possible, avec une équipe d’organisation qui bosse à fond avant le camp et l’idée que sur le camp les choses se gèrent un peu toute seule, grâce à l’implication des personnes sur place. Je trouve que ça a plus ou moins fonctionné, plutôt plus que moins.

Bien que, comme souvent, beaucoup de choses reposent quand même au final sur les organisatrices et organisateurs, personnellement, j’ai trouvé que les gens avaient bien joué le jeu de l’autogestion et s’étaient emparés de beaucoup de tâches. Ils n’étaient pas là pour consommer du militantisme et avaient envie d’être acteurs du camp.

À chaud c’est toujours un peu dur, mais je crois que les réussites de ce camp sont d’avoir rassembler une grande diversité de personnes, diversité qu’il nous paraissait intéressante à atteindre, en terme d’affinités politiques et de type de lutte dans lesquelles sont engagées les personnes. Le nombre également. Même si je n’ai pas pu assister à tout, du point de vue formation j’ai trouvé ça très riche et les retours sont bons. Les moments de fête étaient cool et beaucoup de gens dansaient. La nourriture était bonne. Les temps de plénière étaient intéressants – le temps lui aura été pourave…

Dans les limites, je pense qu’on n’avait pas anticipé le travail que ça représentait, que l’équipe d’organisation est vraiment rincée…

En général, je crois qu’on ne se lance pas dans ce genre de projets si on réalise vraiment ce que ça implique en terme d’investissement. Heureusement que tu le sais pas à l’avance, sinon t’y vas pas !

(Rires) Ah c’est clair ! On est rincé, mais on a eu un bon soutien de pas mal de collectifs dont, Diffraction ou Sortir du nucléaire par exemple. C’est très fort de se sentir soutenus dans des moments de difficultés. Après il y a eu des moments de tension en interne qui ont pris beaucoup de temps à être gérés, pensés, digérés.

Ça met un peu le nez dans les failles de notre organisation, et c’est important de le soulever « qu’est ce que ça veut dire de faire collectif ? D’inclure ? Quelles sont les limites d’une organisation pas trop structurée ? Est-ce qu’il faut plus la structurer ? Comment on la structure ? Qu’est ce qu’on en fait ? Qui prend part à cette structuration ? ». Tout ça c’est des choses qu’il va falloir aborder. La question de l’oppression aussi, qui a pas mal été évoquées sur le camp et qu’il faut qu’on travaille ! Parce qu’il suffit pas de mettre sur un papier que tu es contre les oppressions pour qu’elles n’aient pas lieu. Ce serait trop simple...

À chaud, je dirai ça. Mais la journée n’est pas finie, et il y a encore des choses à mettre en place pour que ça roule pour la suite.

En tout cas, nous on est bien content de cette dynamique naissante ! Il y a un vrai enjeu de renouvellement militant dans la lutte antinucléaire. Il y a comme un trou générationnel. Et même si je n’aime pas schématiser, disons que les jeunes générations s’engagent d’avantage sur la question du climat et que le nucléaire n’est pas forcément mis d’emblée dans les fausses solutions. En très peu de temps c’est comme-ci le nucléaire avait un peu disparu des radars dans ce milieu, avec l’arrivée de jeunes militant.e.s tout récemment politisé.e.s, pour qui le nucléaire n’est pas forcément un enjeu. Il y a aussi une énorme offensive de com du lobby et de l’industrie pour faire passer le nucléaire comme une solution au changement climatique. On a pu constater, par exemple dans l’organisation des marches climats, qu’être antinucléaire n’allait pas forcément de soi. Donc c’est une vraie avancée de poser comme vous le faites la revendication « Ni fissile, ni fossile ! » et je trouve qu’il manquait dans le mouvement climat une composante qui puisse (ap)porter ça ! On a donc hâte de voir la suite.

Petit teasing…

En parlant de la suite, vous avez déjà des perspectives, des dates à annoncer ? Même s’il n’y a pas encore vraiment eu de décisions précises pour la suite, y a-t-il des envies qui se dessinent ?

On a notre prochaine plénière courant octobre, mais ce qui y sera discuté et décidé n’est pas encore complètement défini. Il y a encore un gros travail de synthèse à faire sur tout ce qui est ressorti des échanges cette semaine, pour pouvoir se dire concrètement « où est-ce qu’on en est ? Quelles sont les forces vives ? Sur quoi on va bosser ? Ce qu’il va falloir bosser dans les semaines et mois à venir ? ».

Actuellement, même si on avance dans la réflexion, on n’a pas encore de cible ou de stratégie vraiment précise, ça se construit, et c’est difficile de penser une action et une date sans avoir pensé tout le reste. En terme de temporalité pour moi il y a : d’abord dodo, puis synthèse du camp, puis définition des objectifs et organisation de la prochaine plénière, et qu’est ce qu’on fait pour la suite. « Est-ce que le camp nous permet de nous projeter dans le temps long ? Est-ce que c’est un premier pas ? » Tout ça on va le discuter collectivement. On n’a pas autant de visibilité mais je pense que ce n’est pas plus mal. Plutôt que de se fixer des objectifs intenables et de se casser la gueule.

Est ce que c’est possible de rejoindre le collectif qui porte la dynamique et plus largement la dynamique elle-même ?

Qu’est ce que tu fais comme distinction ?

Disons que je hiérarchise un peu le niveau d’implication. Il y a des personnes qui pourraient être intéressées pour rejoindre le groupe initial, pour venir l’enrichir et participer à son développement, et puis il y en a peut-être d’autres qui voudraient juste participer à des rendez-vous, à des actions ou des formations.

Les deux sont complètements possibles ! Actuellement le collectif ce n’est pas masse de monde et toutes les forces vives sont appréciables et appréciées. D’autant que ça va nous nourrir et que c’est absolument nécessaire de pouvoir penser au-delà des personnes qui ont pu à un moment lancer les choses. On l’a vu lors des échanges pendant le camp, ça permet d’ancrer dans le réel toutes les réflexions qu’on peut avoir.

Il me semble qu’il y a tout de même un prérequis, c’est que RadiAction a posé un certain nombre d’attendus politiques et que donc celles et ceux qui auraient envie de rejoindre RadiAction, c’est bien parce qu’ils et elles se retrouvent dans les valeurs et le positionnement politique qui ont été posés. Il ne s’agit pas de venir pour essayer de faire bouger ce qui a été établit comme prérequis.

Complètement ! Cet outil il existe, il y a un consensus d’existence qui n’est pas parfait mais qui pose une bonne base théorique et 12 points dans un argumentaire antinucléaire. L’idée c’est de partir de ça et pas de tout refaire de zéro.

Après, ce qui nous manque ce sont des règles posées sur l’organisation interne et ce qui relève de la modification des règles. J’en parlais avec un ami, on se disait que pour rejoindre un collectif il fallait en connaître les règles, mais aussi savoir comment toi même tu pouvais modifier les règles. Je trouvais ça intéressant comme réflexion.

Au loin on entend pour la dernière fois « la plénière commence ! ».

Tu vois tu vas même réussir à pas rater la plénière !

Une copine vient nous dire au revoir « Merci, merci, merci pour tout le boulot accompli merci pour cette semaine c’était trop chouette, c’était trop beau » et « trop bien pour la musique hier, c’était une super soirée ! »

Pour finir, si on revient à comment rejoindre la dynamique ? Les plénières sont ouvertes. À part si c’est pour venir troller, là c’est pas la peine de venir. (Rires)

Par contre les personnes qui ont envie de venir mettre de l’énergie là dedans, même un week-end, les plénières sont ouvertes aux personnes qui se reconnaissent dans ce qu’on dit qui souhaitent investir du temps et de l’énergie pour un moment ou pour longtemps. Même si c’est sûr que faire des sauts de puce dans un collectif ça rend toujours la vie du collectif un peu plus compliquée, un collectif c’est aussi un travail d’allié. Et c’est aussi cool pour les personnes qui se reconnaissent dans ce genre de dynamique de pouvoir s’investir comme elles le peuvent.

Le camp aussi était totalement ouvert et les actions à venir le seront aussi. Il y a autre chose que je n’ai pas encore évoqué c’est la volonté d’empowerment permanent. La dimension de formation est très présente chez nous, on a vraiment l’envie d’être dans une dynamique perpétuelle de formation, qui est aussi une autre porte d’entrée pour rejoindre le collectif.

Merci beaucoup ! À très vite !

Pour aller plus loin :

 https://www.radiaction.org/
 https://www.ende-gelaende.org/fr/
 http://diffraction.zone/


Notes

[1L’ensemble des activités avait été préparé par le collectif formé par les associations suivantes : Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance, Agir pour le désarmement nucléaire-Franche Comté, Amis de la Terre Côte d’Or, CANVA, ICAN-France, MAN Côte d’Or, Mouvement de la Paix 21, Réseau “Sortir du nucléaire“, Sortir du nucléaire 21 ; avec le soutien de Non-Violence XXI et de la ville de Dijon.

4 jours pour l’abolition des armes nucléaires

De nombreux échanges, une forte visibilité, des émotions, une organisation efficace et respectueuse de chacun, de belles rencontres, de la musique, du rire, tels sont quelques-uns des mots clés qui peuvent figurer au bilan de ces quatre jours d’actions et de jeûne pour l’abolition des armes nucléaires [1]

Pourquoi Dijon ? À une cinquantaine de kilomètres à peine, complètement isolé au milieu d’une forêt se trouve le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) de Valduc où sont fabriquées et entretenues les 300 têtes nucléaires que la France s’enorgueillit de posséder… Même le Royaume-Uni y dispose d’un petit “pied-à-terre“ pour moderniser ses missiles en “sous-location“ depuis 2010 et pour 50 ans…

Le 6 août, 74 ans après le largage de la bombe atomique sur la population de Hiroshima, quatorze drapeaux sont disposés sur la place devant l’Hôtel de Ville. Ils symbolisent cette “minorité délinquante“ de 14 États possédant ou abritant des armes nucléaires dans le monde, face aux 122 États qui le 7 juillet 2017 à l’ONU ont adopté le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Le contexte du bombardement est rappelé, les victimes ainsi que celles des 2 000 essais nucléaires sont évoquées. Les poèmes d’auteurs japonais et les intermèdes de chants lyriques et de trompette rythment l’intensité des textes. Le lent mouvement de die-in des personnages en noir avec masques blancs donne un aspect commémoratif et solennel. Un spectacle d’acrobatie aérienne attire tous les regards. La télévision est présente. Le 9 août, une nouvelle cérémonie se déroule pour commémorer le bombardement nucléaire sur Nagasaki.

Une tentative de pénétrer sur le site de Valduc s’est heurtée à la gendarmerie… Des salariés ont été approchés, une action sans doute à renforcer, pour les inviter à réfléchir à leur reconversion. Le président Macron voit son portrait à l’Hôtel de Ville décroché, le temps d’une photo, pour l’inviter à signer et ratifier le TIAN. Un responsable de la préfecture a reçu une délégation et nous a assuré de transmettre nos revendications d’un engagement de la France dans un processus de désarmement nucléaire…

Il faut saluer l’implication des élus et de la ville de Dijon. Qui, déjà membre du réseau des Maires pour la paix, devrait également signer l’appel des villes de ICAN, comme vient de le faire Paris, Grenoble et plus d’une quinzaine de communes en France…

Nous vous donnons rendez-vous du 6 au 9 août 2020, à Dijon, pour de nouvelles actions...

Patrice Bouveret


Les Bure’lesques, une seconde édition qui fait du bien

Du 9 au 11 août 2019, les Bure’lesques ont posé leurs chapiteaux à quelques kilomètres de Bure (55). Conférences, ciné-débats, concerts, théâtre, bal, cantines, village associatif et spectacles : les trois jours ont attiré plus de 3 000 personnes. Un moment d’information, de divertissement et de cohésion, précieux pour préparer la nouvelle séquence des prochaines mobilisations contre les travaux préparatoires de Cigéo.

Ces bénévoles qui rendent tout ça possible

Entre Hévilliers et Couvertpuits, la nuit tombe sur la vallée qui accueillera la seconde édition des Bure’lesques dans quelques jours. Le quatrième chapiteau vient d’être monté par les compagnies de cirque locales et les dernières bouses de vaches retirées. Ici, un petit groupe s’active pour finaliser les panneaux qui guideront les festivaliers sur l’immense terrain généreusement mis à disposition. Là-bas, un binôme termine de baliser l’espace camping qui surplombe le site tandis qu’un second délimite le futur parking à l’aide de rubalise. Plus loin, trois jeunes hilares s’attèlent à fabriquer les poubelles qui permettront de restituer le lieu impeccable. Devant les tables de brasserie, l’équipe de la Marmijote concoctent des petits plats locaux et bio. On annonce grand soleil pour tout le week-end.

C’est le jour J. Vendredi soir sous le chapiteau Spectacles, le procès de Cigéo familiarise les novices au projet de poubelle atomique à Bure et distille les informations façon comédie. Les petits rigolent, les plus grands réfléchissent. À la nuit tombée, le chapiteau Concerts déborde. Tout le monde veut s’essayer à l’initiation de danse. Un peu plus tôt, on relâche la pression lors d’un bal folk endiablé. Au même moment, sous le chapiteau Projections, le film Fukushima, le couvercle du soleil ouvre le bal de trois jours de ciné-débats.

Samedi matin, le brief des bénévoles se déroule autour de tasses de café et en tailleur, sous la caméra d’Arte qui découvre l’autogestion. À l’entrée du parking, une équipe enjouée distribue un sac poubelle à chaque participant.e.s. À l’accueil, des bénévoles souriants et énergiques renseignent les premiers visiteurs. Beaucoup arrivent en covoiturage, d’autres à vélo ou même à pied. Nombre d’entre eux - non coutumiers des événements autogérés - sont bluffés par le fonctionnement, sans pression mais si bien rôdé. Les cantines proposent des repas délicieux et copieux à prix libres, l’équipe vaisselle fait briller les assiettes avec une efficacité déconcertante et les toilettes sèches sont impeccables - et éclairées avec de petites bougies romantiques, s’il vous plaît !

Concerts, conférences, cantines et spectacles : le pari réussi

Pour ce deuxième jour, familles, groupes de jeunes, couples, esprits voyageurs et curieux déambulent. Les copains et les copines se retrouvent, les autres se découvrent. Les conférences s’enchaînent et attirent de nombreuses personnes. Les intervenant.e.s proposent des exposés clairs et précis, qui confortent les déjà-convaincus et interpellent les plus profanes. Ce matin, c’est l’avancement des travaux autour du laboratoire de Bure et le point sur les transports de matières et de déchets radioactifs dans la région, qui occupent les débats. Dans l’après-midi, Catherine Fumé (SDN49) fera un topo sur les rachats de terres par EDF autour des centrales nucléaires françaises.

Quand les cerveaux chauffent trop, le programme permet d’aller se détendre devant un concert ou de s’émerveiller devant le spectacle équestre de la compagnie Azul Bangor, avec la performance magique du cirque Rouage ou face à l’incroyable prestation de 45 degrés sans eau. Au crépuscule, les Chorales Révolutionnaires chauffent le public tandis que celles et ceux qui ont un petit creux font la queue aux stands crêpes, frites ou pizzas. Après le repas, les participant.e.s contemplent le lâcher de lanternes : une dizaine de petites lucioles s’élèvent dans le ciel étoilé, puis une géante, qui ravive la flamme antinucléaire. Plus tard, l’animation du Wagon Rouge alerte sur les transports de déchets radioactifs d’une façon très visuelle.

Dans la nuit, on danse, on s’enlace et on chante aux cris de « On est plus chauds que Cigéo ». La rythmique entraînante de Taxi Kebab électrise la foule. Les couche-tard regagnent leurs tentes en suivant les appliques en récup’ qui tracent le chemin.

Dimanche, les interventions de Greenpeace sur la crise mondiale des déchets, de la grange de Montabot sur la lutte contre la ligne THT Cotentin-Maine, et de la CRIIRAD sur les déchets radioactifs oubliés se succèdent, rassemblant chaque fois un public large et divers. Deux jeunes militant.e.s de RadiAction viennent parler de leurs envies pour contribuer à la lutte antinucléaire. Le débat promet de belles choses pour l’avenir.

Un festival tourné vers l’avenir

Le dimanche soir, la vallée verdoyante ne désemplit pas. Les burgers végé font l’unanimité. On se dit au revoir, on se promet de nouveaux temps de militantisme festifs, on attrape une affiche de Vent de Bure ou un exemplaire d’Info Bure, édité par l’association Bure Stop. Il restera encore du démontage pour l’équipe bénévole les jours suivants.

Julien Baldassarra


RadiAction : comme un vent de renouveau sur la lutte antinucléaire !

Entretien avec Azna de RadiAction lors du Radicamp organisé à Serquigny dans l’Eure au mois d’août 2019. Cet entretien est réalisé à la fin du camp, près d’un saule pleureur et au soleil, qui pointe enfin le bout de ses rayons. On repart de cette semaine plein d’élan, avec des paillettes dans les yeux (la veille une soirée avec techno, maquillage et boule à facette géante avait lieu dans la grange) et des envies pour la suite. On applaudit des deux mains, on soutient et on vous invite à suivre les actus de ce collectif en création, qui mêle avec intelligence défense du climat et lutte contre le nucléaire, fête et artivisme, antisexisme et questions transgenres, radicalité et créativité. Y a comme un souffle de renouveau et de repolitisation dans la lutte antinucléaire et c’est pas pour nous déplaire ! Au contraire, les réflexions portées par RadiAction rejoignent largement nos préoccupations !

Laura - Est-ce que tu peux me parler du collectif RadiAction, d’où il vient pourquoi et comment il a été créé ?

Azna - RadiAction originellement c’est quelques personnes qui ont organisé pendant plusieurs années les allers-retours pour les actions Ende Gelände. C’est un mouvement qui depuis 2015 organise des actions de désobéissance civile de masse pour lutter contre des mines de charbon en Allemagne. Depuis deux, trois ans, des bus sont organisés depuis Paris pour aller sur ces actions. Depuis début 2019, ces personnes, qui sont de plus en plus nombreuses, se sont dit que ça pourrait être intéressant de créer une dynamique en France, d’organiser des actions de ce type et de s’inspirer de ce genre de dynamiques pour faire avancer la mobilisation sur les thématiques écologiques, et l’impact de ses mobilisations.

Tu peux rappeler ce que ça veut dire Ende Gelände ?

C’est toujours un vaste sujet de débat. La traduction que l’on utilise c’est « Jusqu’ici et pas plus loin ». Après je ne suis pas germanophone et il y a des jeux de mots derrière. Mais l’idée c’est de dire « on s’arrête là, on ne va pas plus loin, on ne creuse plus » ! Il y aussi un jeu de mot avec la fin de la terre et l’idée que la terre est limitée.

Ce qui nous plaisait c’était à la fois le mode d’action : de masse et également une capacité à tisser des liens à l’international – on trouvait qu’en France c’est quelque chose qui existait peu – ainsi que la capacité à créer des liens entre différentes luttes et différentes problématiques. Et qui passe aussi par un système de groupes affinitaires qui permet à la fois une certaine autonomie de groupe et une certaine capacité à prendre soin les un.e.s des autres.

Ende Gelände c’est basé sur un consensus d’action qui dit, si je ne me trompe pas « on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit ! »

Tout à fait ! Dans l’historique de la création d’Ende Gelände, ils voulaient rassembler différents acteurs pour bosser là dessus, qui venaient d’un éventail assez large d’affinités politiques : de grosses ONG type Les Amis de la Terre ou Greenpeace, de partis d’extrême gauche et de mouvances plus radicales. Et l’idée ça a été de se dire on va faire quelque chose ensemble, sur un consensus qui nous convient à peu près à toutes et à tous et qui permet aussi de protéger la structure. Par exemple, dans le consensus d’action apparaît clairement que notre cible n’est ni la police ni les infrastructures. Ça permet juridiquement de protéger la structure et vis-à-vis de l’extérieur ça permet aux personnes de se sentir protéger par un texte qui est très clair « on fait ce qu’on dit, on dit ce qu’on fait ». En même temps, c’est suffisamment large pour permettre une certaine autonomie à l’intérieur de ce consensus d’action.

Donc l’idée c’est d’organiser des actions de masse ?

Je vais d’abord faire le lien avec ce que c’est RadiAction maintenant, ce qui me permettra de répondre à la question. Le collectif tel qu’il était en janvier – entre 30 et 50 personnes – s’est dit que ce qui nous plaisait aussi dans Ende Gelände c’était la manière de prendre des décisions avec des groupes de travail autonome et des prises de décisions au cours de grandes plénières par tous les gens qui se sentent concernés par la thématique. Il y a eu trois plénières qui ont permis de décider de ce dont on avait envie pour notre mouvement. On a commencé d’abord par définir un champ d’action. Et on a décidé collectivement de travailler sur le nucléaire. Pour ce qui est du type d’action, on a des affinités avec les actions de masse, mais c’est encore à décider.

C’était aussi l’intérêt d’organiser un camp cet été au delà de notre groupe « est ce que ça fait sens ? Est ce cohérent vis-à-vis du sujet, du contexte en France, du contexte à l’international, du contexte répressif ? ». Et avec toute l’humilité dont on est capable, parce qu’on n’est ni omniscient, ni omnipotent et qu’on est un mouvement jeune. L’idée du camp c’était de réfléchir avec d’autres personnes, car on n’a pas forcément le recul nécessaire pour pouvoir penser profondément ces questions là. Donc un des objectifs était de rassembler des personnes qui s’intéressent à RadiAction – que ce soit par l’entrée thématique nucléaire ou par l’entrée mode d’action ou d’organisation – et tout simplement de leur poser la question « qu’est ce qui est pertinent de mener aujourd’hui et qui peut permettre d’avoir une victoire politique ? ».

Toutes les deux, on s’est rencontrées pour échanger sur la pertinence de choisir la thématique du nucléaire, avant que vous ne décidiez de travailler sur ce sujet. En échangeant avec les un.e.s et les autres, je me suis aperçue que le choix n’avait pas forcément été évident.

Effectivement le choix a été difficile. Il s’est fait en plusieurs étapes. D’abord des groupes de travail en autonomie ce sont concentrés sur plusieurs thématiques qui intéressaient des personnes du collectif : le nucléaire, l’agriculture, le transport aérien et le gaz. Ensuite ces groupes ont présenté un argumentaire pendant une plénière, pour décider collectivement de ce qui était le plus pertinent pour le collectif. L’argumentaire faisait un état des lieux du contexte, des forces, des enjeux… La décision a été prise au consensus au cours d’une plénière de deux jours, avec tout un processus qui permet à tout le monde de s’exprimer et de modifier la proposition.

Pourquoi on a choisi le nucléaire au final ? Même si ça reste subjectif, il y a plusieurs choses. Quelque chose de très contextuel par rapport au contexte français « qu’est ce que la particularité française ? », avec des enjeux dont on voulait se saisir depuis le début : une lutte écologique, contre l’extractivisme, les crises climatiques et sociales, et contre un système néfaste de manière général. Quand on pensait tous ces paramètres ensemble, la particularité française c’était le nucléaire. Le charbon allemand, c’est le nucléaire français... Pour nous, notre dépendance au nucléaire ça empêche de se poser des questions de transition, de sobriété, de sortie du colonialisme, de démocratie, de reprise de pouvoir de manière décentralisée. Ce sujet permettait de poser toutes ces questions là, et d’avoir un cheval de bataille qui est un peu un impensé aujourd’hui dans les mouvements écolos qui préfèrent se focaliser sur « l’urgence c’est le réchauffement climatique, donc la production de gaz à effet de serre ; donc on lutte contre ce qui produit des gaz à effet de serre. »

Pour moi, le principal risque des mobilisations pour le climat globalement, c’est de se focaliser sur les gaz à effet de serre, en faisant fi d’autres questions comme la perte de biodiversité, les pollutions, l’exposition des populations aux risques industriels...

Ce qui est ressorti des discussions cette semaine, c’est qu’il y a vraiment la volonté de changer le système et que le nucléaire est représentatif de la folie de notre société actuelle. Il cumule un peu tous les effets du système capitaliste, que ce soit en terme de répression, de société militaire et policière, de pollutions, de rapport à la nature, de la suprématie de l’homme et de son rapport à la technique, de rapports sociaux en France et à l’étranger. Quelqu’un.e m’a dit aussi « c’est comme s’il y avait quelque chose de très émotionnel par rapport au nucléaire et finalement quand on regarde le contexte français, c’est presque comme une obligation. Et je crois que finalement le choix c’est fait comme ça. On a pas le choix et si on veut importer des actions comme Ende Gelände, c’est comme une évidence et si on choisir pas ce sujet, on se plante ! ». J’ai trouvé que c’était bien dit. T’es d’accord avec ça ?

Je suis assez d’accord avec ça. En étant antisystème, on ne peut pas passer à côté de ça et si nous on s’y penche pas, qui va le faire ? Et est-ce qu’on n’a pas des outils, des atouts pour relancer un truc qui s’essouffle, disparaît complètement de la scène médiatique, derrière l’urgence écologique ? Disons-le clairement, mettre notre nez dans la merde française, et arrêter de se voiler la face et de fonctionner en silo, avec d’un côté les luttes écolos, de l’autre les luttes antiracistes, et sans avoir un mouvement qui absorbe tout le monde, parce que c’est pas l’idée. Assumons cette diversité de thématiques et arrêtons de penser un truc contre un autre, parce qu’on avance pas et qu’on va de défaite en défaite.

Le côté émotionnel, il est doublement là : il faut bien que quelqu’un s’y colle et comme on a conscience que c’est dur, ça nous oblige à penser à comment on se protège. C’est là aussi qu’Ende Gelände est une source d’inspiration - sans que ce soit la seule parce qu’on a pas envie de copier-coller quelque chose alors que le contexte n’est pas du tout le même - on a aussi d’autres inspirations comme le collectif Diffraction.

Ce qui nous a aidé aussi pour nous saisir du nucléaire et qui vient d’Ende Gelände, c’est un soin apporté au groupe, avec un fonctionnement en groupe affinitaire qui permette de se sentir bien collectivement, parce qu’on a son binôme et son groupe avec qui on peut mener des choses ensemble. Avec une culture du « prendre soin » de la manière dont on s’organise, de la prise de décision collective, de ne laisser personne de côté, de se faire plaisir, de prendre le temps de faire la fête, de penser paillettes et musique et artivisme. Ça s’est très présent chez nous et je pense que c’est cool de pouvoir aborder le nucléaire avec cette énergie là aussi.

Tu pourrais revenir sur ce que c’est un groupe affinitaire ?

C’est un groupe qui réuni des personnes qui fonctionnent en binôme, un binôme c’est deux personnes qui en action ne se quittent pas et prennent soin l’une de l’autre, qui se connaissent et qui connaissent les limites de l’autre personne en action. Le groupe affinitaire, c’est le groupe qui se réunit autour de certaines affinités en action. Ça peut être des limites physiques, un niveau d’engagement avec la police, mais ça peut être aussi on se connaît bien, on sait comment on fonctionne et on sait qu’en action on va pouvoir fonctionner ensemble. Ça permet de protéger le groupe, de protéger les individus et d’être plus efficace en action.

Et d’essayer d’éviter ainsi certaines conséquences de l’action, soit physiques sur le moment, soit psychologiques avec des chocs post-traumatiques, suite à certaines actions qui peuvent être mal vécues par les participant.e.s.

C’est quelque chose qui est de plus en plus pensé, récemment avec les réflexions autour du burn-out militant et du militantisme durable. C’est des sujets qui sont d’actualité et sur lesquels les Anglo-saxons ou les Allemands sont plus avancés que nous. On mène une réflexion sur « comment on gère le post traumatique » et je pense qu’on a tout intérêt à s’inspirer de ce qui est fait et déjà pensé ailleurs, de se former là-dessus. C’est hyper important pour nous parce qu’on a conscience que c’est un enjeu énorme et que tout ne va pas se faire en une semaine et qu’il va falloir durer un petit peu… donc qu’il faut prendre soin de nous !

Justement si on parle de durer, une des premières étapes que vous vous êtes fixé.e.s c’est d’organiser un camp cet été. On est dimanche, le camp touche à sa fin, est ce que tu peux m’en parler un peu ? Pourquoi avoir décidé d’organiser ce camp ? Et quel est ton retour à chaud – à part que vous êtes rincé.e.s ?

(Rires) Je crois qu’il y a une plénière d’atterrissage en ce moment qui va permettre de faire un premier petit bilan. Les objectifs du camp étaient divers.

Se retrouver pour les personnes qui connaissent déjà RadiAction et permettre aux personnes intéressées de se rassembler, d’avoir un espace pour se former, pour faire la fête, pour penser et avancer ensemble. Et donc faire collectif et grandir. Ce camp a eu lieu pendant une semaine, en Normandie, il se voulait le plus autogéré possible, avec une équipe d’organisation qui bosse à fond avant le camp et l’idée que sur le camp les choses se gèrent un peu toute seule, grâce à l’implication des personnes sur place. Je trouve que ça a plus ou moins fonctionné, plutôt plus que moins.

Bien que, comme souvent, beaucoup de choses reposent quand même au final sur les organisatrices et organisateurs, personnellement, j’ai trouvé que les gens avaient bien joué le jeu de l’autogestion et s’étaient emparés de beaucoup de tâches. Ils n’étaient pas là pour consommer du militantisme et avaient envie d’être acteurs du camp.

À chaud c’est toujours un peu dur, mais je crois que les réussites de ce camp sont d’avoir rassembler une grande diversité de personnes, diversité qu’il nous paraissait intéressante à atteindre, en terme d’affinités politiques et de type de lutte dans lesquelles sont engagées les personnes. Le nombre également. Même si je n’ai pas pu assister à tout, du point de vue formation j’ai trouvé ça très riche et les retours sont bons. Les moments de fête étaient cool et beaucoup de gens dansaient. La nourriture était bonne. Les temps de plénière étaient intéressants – le temps lui aura été pourave…

Dans les limites, je pense qu’on n’avait pas anticipé le travail que ça représentait, que l’équipe d’organisation est vraiment rincée…

En général, je crois qu’on ne se lance pas dans ce genre de projets si on réalise vraiment ce que ça implique en terme d’investissement. Heureusement que tu le sais pas à l’avance, sinon t’y vas pas !

(Rires) Ah c’est clair ! On est rincé, mais on a eu un bon soutien de pas mal de collectifs dont, Diffraction ou Sortir du nucléaire par exemple. C’est très fort de se sentir soutenus dans des moments de difficultés. Après il y a eu des moments de tension en interne qui ont pris beaucoup de temps à être gérés, pensés, digérés.

Ça met un peu le nez dans les failles de notre organisation, et c’est important de le soulever « qu’est ce que ça veut dire de faire collectif ? D’inclure ? Quelles sont les limites d’une organisation pas trop structurée ? Est-ce qu’il faut plus la structurer ? Comment on la structure ? Qu’est ce qu’on en fait ? Qui prend part à cette structuration ? ». Tout ça c’est des choses qu’il va falloir aborder. La question de l’oppression aussi, qui a pas mal été évoquées sur le camp et qu’il faut qu’on travaille ! Parce qu’il suffit pas de mettre sur un papier que tu es contre les oppressions pour qu’elles n’aient pas lieu. Ce serait trop simple...

À chaud, je dirai ça. Mais la journée n’est pas finie, et il y a encore des choses à mettre en place pour que ça roule pour la suite.

En tout cas, nous on est bien content de cette dynamique naissante ! Il y a un vrai enjeu de renouvellement militant dans la lutte antinucléaire. Il y a comme un trou générationnel. Et même si je n’aime pas schématiser, disons que les jeunes générations s’engagent d’avantage sur la question du climat et que le nucléaire n’est pas forcément mis d’emblée dans les fausses solutions. En très peu de temps c’est comme-ci le nucléaire avait un peu disparu des radars dans ce milieu, avec l’arrivée de jeunes militant.e.s tout récemment politisé.e.s, pour qui le nucléaire n’est pas forcément un enjeu. Il y a aussi une énorme offensive de com du lobby et de l’industrie pour faire passer le nucléaire comme une solution au changement climatique. On a pu constater, par exemple dans l’organisation des marches climats, qu’être antinucléaire n’allait pas forcément de soi. Donc c’est une vraie avancée de poser comme vous le faites la revendication « Ni fissile, ni fossile ! » et je trouve qu’il manquait dans le mouvement climat une composante qui puisse (ap)porter ça ! On a donc hâte de voir la suite.

Petit teasing…

En parlant de la suite, vous avez déjà des perspectives, des dates à annoncer ? Même s’il n’y a pas encore vraiment eu de décisions précises pour la suite, y a-t-il des envies qui se dessinent ?

On a notre prochaine plénière courant octobre, mais ce qui y sera discuté et décidé n’est pas encore complètement défini. Il y a encore un gros travail de synthèse à faire sur tout ce qui est ressorti des échanges cette semaine, pour pouvoir se dire concrètement « où est-ce qu’on en est ? Quelles sont les forces vives ? Sur quoi on va bosser ? Ce qu’il va falloir bosser dans les semaines et mois à venir ? ».

Actuellement, même si on avance dans la réflexion, on n’a pas encore de cible ou de stratégie vraiment précise, ça se construit, et c’est difficile de penser une action et une date sans avoir pensé tout le reste. En terme de temporalité pour moi il y a : d’abord dodo, puis synthèse du camp, puis définition des objectifs et organisation de la prochaine plénière, et qu’est ce qu’on fait pour la suite. « Est-ce que le camp nous permet de nous projeter dans le temps long ? Est-ce que c’est un premier pas ? » Tout ça on va le discuter collectivement. On n’a pas autant de visibilité mais je pense que ce n’est pas plus mal. Plutôt que de se fixer des objectifs intenables et de se casser la gueule.

Est ce que c’est possible de rejoindre le collectif qui porte la dynamique et plus largement la dynamique elle-même ?

Qu’est ce que tu fais comme distinction ?

Disons que je hiérarchise un peu le niveau d’implication. Il y a des personnes qui pourraient être intéressées pour rejoindre le groupe initial, pour venir l’enrichir et participer à son développement, et puis il y en a peut-être d’autres qui voudraient juste participer à des rendez-vous, à des actions ou des formations.

Les deux sont complètements possibles ! Actuellement le collectif ce n’est pas masse de monde et toutes les forces vives sont appréciables et appréciées. D’autant que ça va nous nourrir et que c’est absolument nécessaire de pouvoir penser au-delà des personnes qui ont pu à un moment lancer les choses. On l’a vu lors des échanges pendant le camp, ça permet d’ancrer dans le réel toutes les réflexions qu’on peut avoir.

Il me semble qu’il y a tout de même un prérequis, c’est que RadiAction a posé un certain nombre d’attendus politiques et que donc celles et ceux qui auraient envie de rejoindre RadiAction, c’est bien parce qu’ils et elles se retrouvent dans les valeurs et le positionnement politique qui ont été posés. Il ne s’agit pas de venir pour essayer de faire bouger ce qui a été établit comme prérequis.

Complètement ! Cet outil il existe, il y a un consensus d’existence qui n’est pas parfait mais qui pose une bonne base théorique et 12 points dans un argumentaire antinucléaire. L’idée c’est de partir de ça et pas de tout refaire de zéro.

Après, ce qui nous manque ce sont des règles posées sur l’organisation interne et ce qui relève de la modification des règles. J’en parlais avec un ami, on se disait que pour rejoindre un collectif il fallait en connaître les règles, mais aussi savoir comment toi même tu pouvais modifier les règles. Je trouvais ça intéressant comme réflexion.

Au loin on entend pour la dernière fois « la plénière commence ! ».

Tu vois tu vas même réussir à pas rater la plénière !

Une copine vient nous dire au revoir « Merci, merci, merci pour tout le boulot accompli merci pour cette semaine c’était trop chouette, c’était trop beau » et « trop bien pour la musique hier, c’était une super soirée ! »

Pour finir, si on revient à comment rejoindre la dynamique ? Les plénières sont ouvertes. À part si c’est pour venir troller, là c’est pas la peine de venir. (Rires)

Par contre les personnes qui ont envie de venir mettre de l’énergie là dedans, même un week-end, les plénières sont ouvertes aux personnes qui se reconnaissent dans ce qu’on dit qui souhaitent investir du temps et de l’énergie pour un moment ou pour longtemps. Même si c’est sûr que faire des sauts de puce dans un collectif ça rend toujours la vie du collectif un peu plus compliquée, un collectif c’est aussi un travail d’allié. Et c’est aussi cool pour les personnes qui se reconnaissent dans ce genre de dynamique de pouvoir s’investir comme elles le peuvent.

Le camp aussi était totalement ouvert et les actions à venir le seront aussi. Il y a autre chose que je n’ai pas encore évoqué c’est la volonté d’empowerment permanent. La dimension de formation est très présente chez nous, on a vraiment l’envie d’être dans une dynamique perpétuelle de formation, qui est aussi une autre porte d’entrée pour rejoindre le collectif.

Merci beaucoup ! À très vite !

Pour aller plus loin :

 https://www.radiaction.org/
 https://www.ende-gelaende.org/fr/
 http://diffraction.zone/



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