Recours de plusieurs associations contre la qualification d’intérêt général du projet de construction de deux EPR2 à proximité de la centrale du Bugey
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE SDN BUGEY DU 2 JUIN 2026
Publié le 2 juin 2026
Par un décret du 24 mars 2026, l’État a décidé que la construction de réacteurs nucléaires
était plus importante que la santé des Français. L’enquête publique s’est tenue du 29
décembre 2025 au 6 février 2026. Comme toutes les enquêtes et consultations ayant un
rapport avec le nucléaire, les premiers informés sont les salariés de cette industrie. Et l’on
voit bien qu’ils sont majoritaires dans les contributions qui n’ont pas d’autres arguments que
ceux avancés par leur « patron » : l’emploi, l’indépendance de la France, la décarbonation de
l’industrie.
Le choix du « tout nucléaire », exception française, est un choix politique, dicté par le lien
entre nucléaire militaire et civil et par une volonté de puissance et de pouvoir. Ce choix est
fait en dehors de tout débat démocratique. Il est totalement déraisonnable. Il conduit à la
ruine de la France et à une prise de risque inconsidéré pour la santé des français.
Devant ce constat, l’association Sortir Du Nucléaire Bugey, accompagnée par le Réseau Sortir
Du Nucléaire, Agir pour l’Environnement, les Amis de la Terre Savoie et Haute-Savoie, Sortir
Du Nucléaire Isère, a décidé de déposer un recours devant le Conseil d’État.
En effet, comment peut-on qualifier de Projet d’Intérêt Général (PIG), un projet qui :
- met en danger la population de façon permanente : le risque d’accident majeur n’est
jamais évoqué dans les rapports d’EDF, mais est reconnu par l’autorité de sûreté nucléaire.
Une catastrophe comme celles de Tchernobyl ou Fukushima est de plus en plus possible dans
la période actuelle de tension internationale. C’est la région Auvergne-Rhône-Alpes qui serait
fortement impactée.
- accapare 252 ha de terres agricoles et ainsi nuit à notre souveraineté alimentaire.
- détruit des zones humides et la biodiversité (un îlot qui préserve provisoirement un
biotope est prévu dans le projet, mais sans connexion avec d’autres zones naturelles, il est
voué à disparaître).
- se donne le droit de consommer autant d’eau du Rhône qu’il n’en faut pour alimenter en
eau potable la métropole lyonnaise. Les conflits d’usage seront inévitables, entre le nucléaire,
l’agriculture, l’eau potable de 1,5 million de personnes, les autres industries (pas toutes
vertueuses, mais déjà existantes). Le niveau du lac Léman est surveillé par la Suisse, dans un
contexte de réchauffement et de fonte des glaciers, entraînant des périodes de basses eaux
plus intenses et plus longues.
- n’a pas les moyens de ses ambitions. Ce sont les contribuables et les consommateurs
d’électricité qui vont payer la facture. 85 milliards d’Euros pour les 6 EPR2 plus les usines
en aval à créer (piscines et retraitement de combustibles usés, combustible MOX au
plutonium, etc.), les infrastructures : combien ? 100, 200 Mds d’Euros ? EDF cherche des
financements jusque dans l’épargne des Français avec le livret A, alors que celle-ci est
affectée par la loi au logement social et à la transition écologique.
- empêche le développement des énergies renouvelables, alors que celles-ci sont
plébiscitées par les français.
- fait croire que c’est une aubaine pour l’emploi, alors que l’industrie des énergies
renouvelables représente 420 000 emplois (dont 179 000 emplois directs), pendant que
l’industrie atomique plafonne à 80 000. Devant le manque de visibilité et les freins
réglementaires du secteur des renouvelables, des projets d’usine sont abandonnés et de
nombreuses entreprises sont en souffrance.
- ment aux français en parlant d’indépendance de la France, alors que le combustible
atomique vient à 100 % de l’étranger, que des pièces majeures des réacteurs sont
fabriquées sur d’autres continents.
- et enfin bafoue la démocratie en prenant des décisions sans débat.
Nous réclamons une vraie information, la prise en compte des besoins fondamentaux des
Français : une eau potable non polluée et en quantité suffisante, une agriculture locale et
paysanne, des logements rénovés pour diminuer les consommations, la valorisation d’une
industrie propre : celle des renouvelables, le chemin vers une France fière de ses
engagements, et non destructrice du vivant.
Nous considérons que le projet d’EPR2 au Bugey n’est pas un projet d’intérêt général.
Devant le rouleau compresseur de l’État et la mauvaise foi des lobbies, nous utiliserons
tous les moyens légaux à notre portée pour empêcher ce projet.
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