Communiqué du Collectif les Bure’lesques
Publié le 10 août 2026
A l’occasion du Festival Bure’lesques, la Préfecture de la Meuse a publié le 4 août 2026 deux arrêtés révélant à nouveau un dispositif totalement démesuré pour contrôler l’ensemble du déroulement du festival, de sa préparation à son démontage. Vous pouvez lire ces arrêtés p. 30 sur ce lien.
En 2024, ainsi qu’à toutes les éditions précédentes, nous avons été confrontés aux mêmes arrêtés que nous avons attaqués en justice a posteriori : deux ans plus tard, toujours pas d’audience mais rebelote en 2026 : on prend les mêmes arrêtés et on recommence !
Cet arrêté permet à la gendarmerie, sous réquisition du procureur, de quadriller une très large zone autour du festival avec de nombreux points de contrôle où chaque véhicule peut se faire arrêter, en particulier quand il semble appartenir à des militant⋅es ; les gendarmes ayant pour consigne de "profiler" en particulier les opposant⋅es à Cigéo, ce qui constitue déjà en soi une discrimination, autrement dit "une forme de délit de faciès". Les identités de chaque occupant⋅e du véhicule sont relevées. Le véhicule est fouillé d’abord visuellement, et si le gendarme le décide, il en demande plus : ouvrir des sacs par exemple, sortir tel objet pour qu’il puisse l’examiner... Ainsi le contrôle peut s’éterniser selon l’humeur du gendarme.
Si des objets interdits par l’arrêté se trouvent dans le véhicule, ils sont confisqués. De quels objets parle-t-on ?
Il est évident que ce fourre-tout ridicule sert à ratisser large. Et ce qui questionne, c’est de quelle manière et par qui seront donnés d’éventuels passe-droits si les personnes contrôlées ne sont pas des festivalières ? Preuve une fois de plus d’une discrimination à l’égard des opposant⋅es au projet Cigéo.
Quand bien même, ils seraient justifiés (ce que nous contestons), ces contrôles seront-ils circonscrits à une petite zone autour du festival ? Absolument pas. La zone visée comporte pas moins de 23 communes pour une superficie totale de 300km² ! Ou comment tenter de remonter la population contre le festival et les opposant⋅es au nucléaire...
Le 2e arrêté est tout aussi intrusif et large dans son application : il s’agit d’autoriser le survol et les prises de photos aériennes au-dessus du festival dans un rayon de 1500m autour, incluant donc les deux villages voisins du festival : St-Amand-sur-Ornain et Tréveray. En train de jardiner ? De lire sur un transat ou de plonger dans votre piscine ? Souriez vous êtes filmés !
Mais surtout pourquoi ce déploiement de surveillance des personnes fréquentant le festival ? L’État français, adepte du fichage de masse, a-t-il besoin de photographier des spectacles, des conférences, des espaces de restauration, des toilettes sèches, des chapiteaux, des zones de jeux pour enfants... ? Quel est l’objectif de cette collecte de données ?
Leurs justifications qui ne peut s’appuyer sur aucun fait imputable aux Bure’lesques depuis que le festival existe cache mal son objectif qui est de déranger le festival par le survol de l’hélicoptère, de faire peur à la population et de créer du stress aux participant⋅es par le survol sournois des drones.
Le gouvernement, par le biais de la Préfète de la Meuse et de son procureur, a tout simplement la volonté de criminaliser l’image des festivaliers et festivalières, de provoquer de l’agacement, de ralentir et perturber le bon déroulement du festival parce qu’en réalité, il ne supporte pas qu’une information juste, complète et étayée soit donnée au public, pas plus qu’il ne tolère que l’opposition grandisse face aux lacunes et mensonges répétés dans les dossiers de l’Andra, et moins encore, il ne supporte que la population du secteur ne soit plus divisée mais, au contraire, s’unisse pour dire stop à ces pratiques.
Nous ne voulons pas nous habituer à ces arrêtés préfectoraux systématiques, constitués de copiés-collés bâclés, qui restreignent nos libertés à toutes et tous, militant⋅es ou pas : celles de circuler, de s’exprimer, de s’informer, de nous réunir et de faire la fête.
C’est pourquoi, 15 organisations* associatives et syndicales, dont la LDH et le SAF, ainsi que 39 personnes, dont 4 maires des communes alentours, attaquent en justice ces deux arrêtés préfectoraux en saisissant le Tribunal Administratif de Nancy en référé-liberté afin de voir suspendre ces actes plus aveuglement répressifs qu’administratifs.
Et que l’Andra et sa Préfète se le disent : cette fois même des habitant⋅es non opposé⋅es au projet Cigéo se joignent à ces recours parce que la population de ce territoire n’en peut plus de vivre sous la cloche d’une surveillance policière excessive et de ses entraves quotidiennes.
L’audience de cette procédure d’urgence aura lieu demain mardi 11 août à 14h au Tribunal Administratif de Nancy.
Nous le rappelons et l’affirmons :
Nous sommes sereins et bien organisés : toutes les démarches administratives nécessaires au festival ont été faites dans les règles de l’art. Le caractère excessif de ces arrêtés préfectoraux n’a donc pas lieu d’être.
Cigéo ne se fera pas, et ce festival est là pour en faire la démonstration festive, informative et conviviale !
Venez-y nombreuses et nombreux !
Le Collectif Bure’lesques