Paru dans Sortir du nucléaire n°103, Automne 2024. Mis en ligne le 19 mai 2025
Tous les ans, l’association Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance, aidée d’autres associations et groupes locaux, organise une commémoration des bombardements des 6 et 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. L’occasion de rappeler l’opposition aux armes nucléaires et de réclamer leur abolition, suivant la Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires qui a reçu en 2017 le prix Nobel de la Paix.
En 2024, la ville de Tours a été choisie pour accueillir les commémorations des 6 et 9 août, pour saluer la signature par son maire de l’Appel des villes, qui demande que la France signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires. Bien que de nombreux pays l’aient ratifié, la France persiste à ne pas le faire, comme les huit autres pays possesseurs de cette arme honteuse : les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Ces quatre jours de commémoration ont été l’occasion de le rappeler.
Avec le Mouvement de la Paix, le Mouvement pour une Alternative Non-violente et le groupe local Sortir du nucléaire-Touraine, Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance a pu occuper la Place Anatole France du 6 au 9 août. Anatole France, dont cette phrase doit rester en mémoire : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » [1].
Nous avons installé trois tonnelles sur cette place accueillante mais peu ombragée et... peu passante ; un désavantage certain pour une telle manifestation.
Les matins des 6 et 9 août ont été consacrés à la commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki :
Nous avions également installé des stands et des expositions pendant les trois jours, mais le public ne s’est pas bousculé. La distribution de tracts explicatifs sur place et dans le quartier piétonnier a permis d’engager la conversation et a suscité des réactions variées. Certaines douteuses : « Ce que vous faites ne sert à rien, les Hommes sont faits pour se taper dessus », « Il fallait les interdire avant (de les fabriquer) » ; d’autres plus encourageantes : « Vous avez raison, le crime contre l’humanité accompli à Hiroshima ne doit pas être oublié »...
Le 7 août, des cyclistes ont parcouru quelques 70 km entre le site de la centrale nucléaire de Chinon, la gare de Port-Boulet (lieu de transfert de combustible) et le CEA de Monts, pour rappeler le lien étroit entre le nucléaire civil et militaire.
Lors des soirées, nous avons assisté à des spectacles musicaux et acrobatiques spectaculaires. Au final, quatre jours fatigants, surtout pour celles et ceux qui ont jeûné, mais qui nous encouragent à persévérer contre cette arme dangereuse pour l’humanité.
Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance
www.abolitiondesarmesnucleaires.org
[1] On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels, lettre d’Anatole France dans l’Humanité du 18 juillet 1922