L’année 2025 marque le quarantième anniversaire d’un événement majeur et constitutif de l’histoire de Greenpeace : l’attentat contre le bateau Rainbow Warrior, qui coûta la vie au photographe Fernando Pereira. Retour sur cette tragédie et ses conséquences sur l’ONG internationale.
Lancé en 1978, le premier Rainbow Warrior était un symbole fort de Greenpeace qui a joué un rôle clé, notamment en haute mer, pour lutter contre l’exploitation des ressources et protéger les écosystèmes marins et les populations. Au printemps 1985, il entame un tour du Pacifique Sud dans l’objectif de s’opposer aux explosions nucléaires françaises. Il devait notamment conduire une flottille de protestation sur le site de Moruroa où la France poursuivait ses essais malgré les discussions en cours visant à instaurer une zone dénucléarisée dans la région. Mais le 10 juillet, alors qu’il mouillait dans le port d’Auckland, deux bombes collées à la coque explosent dans la nuit, coulant le bateau et tuant Fernando Pereira, photographe et militant de Greenpeace, dont le travail a contribué à sensibiliser le public aux enjeux écologiques.
Fernando Pereira à bord du Rainbow Warrior I, 1er juin 1985.
Dans les semaines qui suivent, l’enquête expose la complicité directe de l’État français, dont les services secrets ont agi sur ordre du président Mitterrand. Greenpeace était alors perçue comme une menace directe aux intérêts stratégiques et militaires de la France et l’attentat visait à "neutraliser" le bateau et empêcher l’organisation pacifiste de dénoncer les explosions nucléaires.
Si cette tragédie a contribué à mettre en lumière le combat de Greenpeace dans le monde entier, elle a aussi fortement ébranlé le bureau français. Au-delà des excuses officielles puis de l’indemnisation, la campagne de désinformation orchestrée avec vigueur par les autorités françaises fut redoutablement efficace puisque la suspicion entretenue coupa Greenpeace du soutien de son public. L’organisation fut contrainte de fermer son bureau français en 1987, avant de le
rouvrir deux ans plus tard.
Aujourd’hui, la nature de la répression a changé mais le fond demeure : les militant·es écologistes continuent de déranger. Alors que les conséquences du dérèglement climatique et les atteintes à l’environnement sont de plus en plus évidentes, celles et ceux qui lancent l’alerte subissent une répression et une stigmatisation grandissantes. Ces attaques physiques, judiciaires ou politiques sont violentes et visent à museler et dissuader. Pour autant, elles mettent en lumière la nécessité de garantir la liberté d’expression et d’action et l’importance vitale de continuer à lutter et à protéger toutes les personnes qui défendent le vivant, la justice climatique et les droits fondamentaux.
Cette répression s’inscrit également dans un contexte plus large. Les conséquences des essais nucléaires sont dévastatrices et durables. En plus des territoires contaminés, des populations sacrifiées et des générations marquées par l’injustice, les explosions ont permis à de grandes puissances de posséder l’arme nucléaire, symbole ultime de puissance militaire et de dissuasion. Reconnaître cette réalité, c’est rappeler que la domination nucléaire mondiale s’est construite sur l’injustice, l’opacité et la violence.
Quarante ans plus tard, face à la montée des obscurantismes, du climato-scepticisme et de la répression, Greenpeace demeure déterminée pour défendre une société plus juste et plus pacifique.
Éléonore Thélot Greenpeace France
Lancé en 1978, le premier Rainbow Warrior était un symbole fort de Greenpeace qui a joué un rôle clé, notamment en haute mer, pour lutter contre l’exploitation des ressources et protéger les écosystèmes marins et les populations. Au printemps 1985, il entame un tour du Pacifique Sud dans l’objectif de s’opposer aux explosions nucléaires françaises. Il devait notamment conduire une flottille de protestation sur le site de Moruroa où la France poursuivait ses essais malgré les discussions en cours visant à instaurer une zone dénucléarisée dans la région. Mais le 10 juillet, alors qu’il mouillait dans le port d’Auckland, deux bombes collées à la coque explosent dans la nuit, coulant le bateau et tuant Fernando Pereira, photographe et militant de Greenpeace, dont le travail a contribué à sensibiliser le public aux enjeux écologiques.
Fernando Pereira à bord du Rainbow Warrior I, 1er juin 1985.
Dans les semaines qui suivent, l’enquête expose la complicité directe de l’État français, dont les services secrets ont agi sur ordre du président Mitterrand. Greenpeace était alors perçue comme une menace directe aux intérêts stratégiques et militaires de la France et l’attentat visait à "neutraliser" le bateau et empêcher l’organisation pacifiste de dénoncer les explosions nucléaires.
Si cette tragédie a contribué à mettre en lumière le combat de Greenpeace dans le monde entier, elle a aussi fortement ébranlé le bureau français. Au-delà des excuses officielles puis de l’indemnisation, la campagne de désinformation orchestrée avec vigueur par les autorités françaises fut redoutablement efficace puisque la suspicion entretenue coupa Greenpeace du soutien de son public. L’organisation fut contrainte de fermer son bureau français en 1987, avant de le
rouvrir deux ans plus tard.
Aujourd’hui, la nature de la répression a changé mais le fond demeure : les militant·es écologistes continuent de déranger. Alors que les conséquences du dérèglement climatique et les atteintes à l’environnement sont de plus en plus évidentes, celles et ceux qui lancent l’alerte subissent une répression et une stigmatisation grandissantes. Ces attaques physiques, judiciaires ou politiques sont violentes et visent à museler et dissuader. Pour autant, elles mettent en lumière la nécessité de garantir la liberté d’expression et d’action et l’importance vitale de continuer à lutter et à protéger toutes les personnes qui défendent le vivant, la justice climatique et les droits fondamentaux.
Cette répression s’inscrit également dans un contexte plus large. Les conséquences des essais nucléaires sont dévastatrices et durables. En plus des territoires contaminés, des populations sacrifiées et des générations marquées par l’injustice, les explosions ont permis à de grandes puissances de posséder l’arme nucléaire, symbole ultime de puissance militaire et de dissuasion. Reconnaître cette réalité, c’est rappeler que la domination nucléaire mondiale s’est construite sur l’injustice, l’opacité et la violence.
Quarante ans plus tard, face à la montée des obscurantismes, du climato-scepticisme et de la répression, Greenpeace demeure déterminée pour défendre une société plus juste et plus pacifique.
Éléonore Thélot Greenpeace France
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