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Raison n°6 : les droits humains


Le nucléaire, ce sont des becquerels, des mètres cubes de déchets, de la pollution, une histoire de technique et de fric certes mais c’est surtout une industrie qui impacte les êtres humains. Des peuples autochtones victimes de la pollution des mines d’uranium, aux militant.es en lutte contre cette industrie qui subissent la répression policière, partout, autour du globe, d’un bout à l’autre de la chaîne du nucléaire, les droits humains sont bafoués. Découvrez comment le système nucléaire piétine les droits humains et la vision coloniale, machiste et guerrière du monde qu’il propage.

Pour introduire le sujet, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir la première partie de notre infographie sur l’envers du décor nucléaire.

Exploitation de l’uranium, entreposage des déchets atomiques : les anciennes colonies et les peuples autochtones en première ligne

Dans le monde, une grande partie des sites d’extraction d’uranium se trouve sur les territoires de peuples autochtones (Touaregs, Aborigènes, Sioux...), qui sont le plus souvent expulsés ou manipulés pour favoriser l’implantation des mines. Ces populations sont marginalisées et rencontrent de nombreuses difficultés à défendre leurs droits, tout cela sans pouvoir bénéficier des capitaux générés par l’industrie minière. Ces conditions d’exploitation vont à l’encontre de la Déclaration des Nations unies sur le droit des peuples autochtones, qui stipule que ceux-ci doivent pouvoir décider en ce qui concerne l’utilisation des ressources situées sur leurs territoires traditionnels.

Dans les anciennes colonies

 Dans cette courte vidéo vous comprendrez comment l’implantation d’Areva s’est passé au Niger et au Gabon :

https://www.dailymotion.com/video/xxmess

 Dans un article résumant leur rapport paru dans la Revue “Sortir du nucléaire“ en 2018, Eric Etoga, juriste du Centre pour l’Environnement et le Développement et David Bayang, juriste à Justice et Paix revenaient sur la situation du Cameroun qui a inscrit l’exploitation de l’uranium dans ses axes de développement et sur les conséquences en matière de droits humains pour les populations locales.

http://www.sortirdunucleaire.org/Emergence-et-exploitation-miniere-au-Cameroun

Sur des territoires autochtones

 Au Nunavut, où Areva souhaitait exploiter l’uranium http://www.sortirdunucleaire.org/Nunavut-les-Inuits-resistent-a et pour lequel nous avions lancé une pétition signée par 33 369 personnes en 2015. http://www.sortirdunucleaire.org/Petition-Nunavut

 En Australie, où du 21 août au 30 octobre 2011 et à l’invitation de Footprints for peace, deux membres du Réseau "Sortir du nucléaire" ont rencontrer et marcher contre les mines aux côtés des peuples aborigènes. Découvrez leur périple dans nos pages, ainsi que cette vidéo des Voix de Muckaty d’une dizaine de minutes qui donne la parole aux aborigènes australiens qui refusent l’implantation d’un site de stockage sur leurs terres sacrées : https://www.youtube.com/watch?v=vlY509wwyt0

 Aux États-Unis, où l’industrie sévit depuis de nombreuses années dans les réserves indiennes Navajo notamment. Découvrez l’interview de Leona Morgan une jeune activiste Dineh du Nouveau Mexique qui lutte contre l’industrie nucléaire pour protéger la terre de son peuple. http://www.sortirdunucleaire.org/Rencontre-avec-Leona-Morgan

Et pour aller plus loin sur le site du Comité de solidarité avec les indiens d’Amérique ou dans ce document universitaire qui revient sur l’exploitation de l’uranium au Nouveaux Mexique

 En Suède, où les gisements d’uranium se trouvent dans la région du Storsjön dans le comté du Jämtland, un des neuf län sur lesquels s’étend la nation sami ou laponne. https://geoposvea.hypotheses.org/80

Des retombées positives pour les pays ?

Par ailleurs, l’exploitation de ces ressources ne bénéficie pas du tout aux États concernés car bien souvent Areva/Orano y est exempté de nombreuses taxes comme le souligne ce document d’Oxfam daté de 2015 sur l’accord entre Areva/Orano et le Niger pour l’exploitation des mines de la Somaïr et de la Cominak ainsi que de celle d’Imouraren.

Oxfam - CONTRATS D’AREVA AU NIGER : A QUAND LA TRANSPARENCE ?

Vous pouvez également consulter le site de l’association Survie qui travaille depuis de nombreuses années sur le sujet : https://survie.org/pays/niger/article/areva-imouraren-un-desastre ainsi qu’écouter le débat diffusé sur Radio Grésivaudan à la suite d’une projection du documentaire "Niger : la bataille de l’uranium :

Radio Grésivaudan - Niger : la bataille de l’uranium

Et les essais alors ?

Le nucléaire militaire n’est bien sur pas en reste. Voici quelques exemples de colonialisme nucléaire à Tahiti : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/tahiti-de-lautre-cote-du-miroir-44-mururoa-le-colonialisme-nucleaire et en Polynésie https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/polynesie-une-plainte-contre-la-france-pour-crimes-contre-l-humanite-en-raison-des-essais-nucleaires_2978735.html.

Exploitation d’uranium, conséquences sur la santé des populations locales

L’extraction de l’uranium dans les mines engendre la dispersion de poussières radioactives et de gaz radon et l’entreposage de tonnes de déchets à l’air libre. Dans les régions minières, on retrouve des niveaux de radioactivité dans l’air et les sols très supérieurs à la normale. Les mineurs et les populations locales sont donc confrontés à des risques sanitaires majeurs : inhaler ou ingérer ces poussières peut provoquer un cancer mortel du poumon, mais dans de nombreuses régions minières, peu d’hôpitaux sont à même de diagnostiquer un cancer.

Au Gabon et au Niger

À Mounana au Gabon, AREVA a cessé les activités de sa filiale, la COMUF, en 1999. Sur place, une pollution radioactive des sols et des maisons construites avec des stériles miniers provoque de nombreuses maladies. À Arlit, au nord du Niger, AREVA exploite deux mines depuis quarante ans. On relève aux alentours les mêmes effets : des mineurs locaux et des expatriés souffrent principalement de cancers des poumons. Pendant 18 mois, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont enquêté sur les conséquences de l’exploitation de l’uranium au Gabon et au Niger et rapporté des images exclusives.

https://www.dailymotion.com/video/xuydiy

Le Niger éclaire au moins une ampoule française sur cinq, grâce à l’uranium extrait de son sous-sol. La compagnie française Areva exploite l’uranium nigérien à partir de deux mines situées dans la région d’Arlit. Pendant ce temps, comme le montre ce reportage d’Himadou Amadou, des ex-employés d’Areva se plaignent de diverses maladies qu’ils impotent aux activités d’extraction d’uranium.

https://www.sortirdunucleaire.org/Les-conditions-de-travail-dans-une-mine-d

Dans le document « Areva : du discours à la réalité : l’exemple des mines d’uranium au Niger », la CRIIRAD, présente les activités d’Areva au Niger, et mène l’enquête sur les sites d’exploitations, et l’atteinte engendrée au bien être des populations locales.

Areva : du discours à la réalité : l’exemple des mines d’uranium au Niger
Répression des militants à l’étranger comme en France

Partout où l’industrie nucléaire est présente et où les peuples luttent contre son implantation la répression sévit. Ainsi lors du Forum antinucléaire qui s’est tenu à Paris en 2017, plusieurs témoins ont fait part de la répression dont ils sont victimes dans leur pays :

https://www.youtube.com/watch?v=z8dri27t8fI

Quelques exemples en Afrique

En 2008 le Réseau "Sortir du nucléaire" accusait les autorités françaises de ne pas agir en faveur de Mousssa Kaka, journaliste Radio France Internationale (RFI) afin de protéger les intérêts d’Areva au Niger. Son "crime" ? Avoir exercé son métier en prenant contact avec le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) qui remet en cause les pratiques du pouvoir nigérien et de la multinationale française concernant l’exploitation des mines d’uranium du Niger.

http://www.sortirdunucleaire.org/Le-journaliste-Moussa-Kaka-est-en

Puis c’est au Congo, en 2009, que Golden Misabiko, président de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho), a été arrêté par l’Agence nationale de renseignements (ANR) après avoir publié un rapport révélant que l’exploitation de la mine d’uranium de Shinkolobwe au Katanga était illégale et "dangereuse pour la santé publique", et dénonçant "le rôle joué par certaines institutions étatiques" dans l’exploitation de la mine. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ avait alors demandé sa libération : http://www.sortirdunucleaire.org/URGENT-Demandez-la-liberation

Et en France, quelle répression ?

La répression des militants antinucléaires est forte, notamment autour du projet d’implantation de Cigéo à Bure dans la Meuse. On vous a sélectionné quelques articles et vidéos marquantes sur le sujet mais il y en a beaucoup d’autres à découvrir sur notre site ou sur la toile de manière générale…

Le rapport de la Ligue des droits de l’homme qui épingle la France pour la gestion de cette situation :

https://www.ldh-france.org/rapport-sur-les-evenements-survenus-a-bure-et-sur-leur-traitement-judiciaire/

Le blog Mediapart des opposant.es au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure https://blogs.mediapart.fr/stopcigeo-bure ainsi que les témoignages de plusieurs “malfaiteurs“ sur le site lundi matin https://lundi.am/Bure-Paroles-de-malfaiteurs ou encore celui de Robin, militant amputé suite à la violence de la répression des manifestations contre la poubelle nucléaire https://www.facebook.com/watch/?v=10154723476286587 vous donneront un bon aperçu de la répression et de ses conséquences sur les militants, leur vie personnelle et parfois même sur leur santé.

Sur la vague d’arrestation de 2018 et les suites vous pouvez lire cet article dans Basta Mag :

https://www.bastamag.net/Une-nouvelle-vague-d-arrestations-vise-les-militants-anti-nucleaire

ou si vous préférez vous informer en vidéo ce débat sur Mediapart :

https://www.sortirdunucleaire.org/Debat-Mediapart-Bure-evacue-et-apres

Loin de toucher exclusivement le milieu antinucléaire la répression du mouvement écolo est assez générale en France, comme l’a récemment constater la Coalition pour les libertés associatives :

https://reporterre.net/Poursuites-judiciaires-intimidations-le-gouvernement-harcele-les-associations-ecolos

Quand le nucléaire pousse à l’exil

Lorsque la contamination ou que la répression mettent la vie en danger, il ne reste souvent qu’un seul choix : fuir ! Mais tout quitter n’est pas simple et le traumatisme est grand.

Découvrez le témoignage vidéo d’une évacuée de Fukushima :

https://www.youtube.com/watch?v=vn_DQ_NpU-c

ou encore celui de Youri Bandajevsky, scientifique biélorusse en exil pour avoir démontrer les effets de l’accident sur la santé des enfants du Belarus :

http://www.fukushima-blog.com/2016/06/youri-bandajevsky-scientifique-en-exil-la-catastrophe-vient-a-peine-de-commencer.html

Découvrez le témoignage de Nadezhda Kutepova, militante russe réfugiée en France pour avoir défendu les victimes du nucléaire :

http://www.sortirdunucleaire.org/Quand-le-nucleaire-pousse-a-l-exil.

Vous pouvez également l’écouter ainsi que Natalia Manzourova, liquidatrice à Tchernobyl sur les situations terribles vécues lors des catastrophes de Tchernobyl et de Mayak.

https://www.sortirdunucleaire.org/Temoignages-de-Nadezhda-Kutepova-et-Natalia et leur conséquences sur les droits humains.


Le nucléaire, ce sont des becquerels, des mètres cubes de déchets, de la pollution, une histoire de technique et de fric certes mais c’est surtout une industrie qui impacte les êtres humains. Des peuples autochtones victimes de la pollution des mines d’uranium, aux militant.es en lutte contre cette industrie qui subissent la répression policière, partout, autour du globe, d’un bout à l’autre de la chaîne du nucléaire, les droits humains sont bafoués. Découvrez comment le système nucléaire piétine les droits humains et la vision coloniale, machiste et guerrière du monde qu’il propage.

Pour introduire le sujet, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir la première partie de notre infographie sur l’envers du décor nucléaire.



Matériel militant

Affiche "Tableau périodique Antinucléaire"


Lot de 9 cartes postales "8 bonnes raisons"