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L’HÉCATOMBE INVISIBLE : CE QUE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE CACHE SOUS LA SURFACE.

Sous la surface des centrales nucléaires, l’hécatombe invisible [FR/EN]

Sous la surface des centrales nucléaires, la vie n’est pas un long fleuve tranquille pour les animaux non humains. Entre 2025 et 2026, des « invasions de colmatants », comprendre « invasions de méduses et de poissons », ont été observées à Gravelines ou encore plus récemment à Paluel. Ce que les journaux titrent comme « insolite » est en fait un phénomène quotidien qui massacre chaque année des milliards d’animaux non humains entraînés dans les circuits de refroidissement des centrales. Les premières études sur l’impact du nucléaire sur la biodiversité aquatique réalisées au lancement du nucléaire en France — dès les années 70-80, ont pourtant été arrêtées en l’absence de « demandes de l’administration ». Depuis, des études sont relancées pour estimer l’impact des futurs EPR2 et c’est loin d’être suffisant.

Des installations industrielles qui aspirent plus de 2 milliards d’animaux non humains par an, cela vous parait peu probable voire impossible ? Le nucléaire l’a fait. Selon nos analyses des études réalisées par EDF sur le sujet, à ce jour, la centrale du Blayais [1] piège 2,3 milliards d’êtres-vivants et la centrale de Paluel [2], 2,1 milliards annuellement. En tout, 5,9 milliards d’animaux non-humains sont sacrifiés chaque année pour la production d’énergie nucléaire. Un chiffre qui va continuer d’augmenter avec le monstre « Penly » qui, après de l’ajout des réacteurs EPR2, tuera environ 2,7 milliards d’animaux non humains par an.

Data visualisation du nombre de victimes par centrale nucléaire
Nombre de victimes de l’aspiration des centrales par an

Le parcours mortel des animaux non humains dans les centrales

Pour refroidir leurs réacteurs, les centrales nucléaires en circuit ouvert, qui prélèvent l’eau et la rejettent directement dans le milieu naturel, aspirent de quoi remplir une piscine olympique d’eau par minute. À titre d’exemple, la centrale du Blayais pompe 180 m³ d’eau par seconde. Les prises d’eau immergées, véritables monstres de béton sous-marins de plusieurs dizaines de mètres de long, entraînent dans le courant tout le vivant passant à proximité. La torture commence alors pour les animaux non-humains avec des chocs mécaniques dans la tête d’aspiration, puis continue avec une nage forcée devant le tambour filtrant (de 15 à 27 m de diamètre) qui peut durer de quelques minutes à plusieurs jours. Si l’animal se retrouve aspiré, il est emprisonné avec l’impossibilité de remonter le courant trop violent dans le tunnel d’accès. Il doit alors nager en permanence pour ne pas se retrouver plaqué au tambour filtrant avant de s’épuiser.

Schéma du parcours mortel des animaux non humains dans les centrales nucléaires
Le parcours mortel des animaux non humains dans le circuit de refroidissement des centrales

Le tambour filtrant tourne en continu, avec trois vitesses de rotation différentes pour s’adapter à la quantité de « colmatants » présents dans l’eau : plus il y a de poissons ou de méduses dans la prise d’eau, plus la vitesse de rotation du tambour filtrant devra être rapide pour les évacuer sans risquer de colmater le filtre. Les organismes de plus de 3 mm, trop grands pour passer entre les mailles des tamis du tambour filtrant, vont se retrouvés plaqués contre le tambour et subir une asphyxie (à l’air libre) qui peut durer jusqu’à 11 min selon la vitesse de rotation et le niveau de l’eau. Au sommet du tambour, des jets d’eau haute pression (entre 3 et 4 bars) éjectent les êtres-vivants restés plaqués sur le filtre. L’agitation des poissons à l’agonie et leur expulsion brutale par les jets d’eau entraînent la perte d’écailles qui se détachent très facilement au stade physiologique particulièrement fragile de ces poissons. S’ils survivent, ils deviennent très vulnérables aux maladies. Les organismes de moins de 3 mm sont aspirés à travers les mailles des tamis des tambours filtrants et passent dans les circuits des pompes et des condenseurs de la centrale, y subissant des variations de pression et de température (+15°C) avant d’être recrachés dans les ouvrages de rejet. En plus des chocs, des chutes, de l’asphyxie, des jets haute-pression, de l’élévation de température de 15°C et des surpressions, les animaux non-humains subissent un traitement à la Javel qui permet de limiter le développement des organismes vivants dans le circuit de refroidissement. À la fin de ce parcours du combattant, ils sont recrachés dans l’eau — blessés ou le plus souvent morts. Une majorité des espèces aspirées accuse une mortalité de 100 % après rejet.

Des systèmes de réduction des impacts inefficaces

Malgré plus de quarante ans d’exploitation, une biodiversité qui se dégrade et une protection de l’environnement qui devrait se renforcer, les centrales nucléaires françaises sont toujours exemptées de l’obligation de suivre les captures d’animaux non humains par les systèmes de prélèvement d’eau. Cette lacune empêche d’établir un bilan précis des espèces protégées et non protégées affectées par ces prises d’eau.

À ce jour, les installations continuent de fonctionner :

  • sans dérogation pour les espèces protégées,
  • sans être visées par les actions correctives visant à assurer une continuité écologique pour les poissons migrateurs,
  • avec des mesures « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC) quasi inexistantes pour atténuer l’impact sur les espèces capturées. Tout se passe comme si les centrales n’existaient pas ou qu’elles ne tuaient aucun animal non humain lors de leur exploitation.

Pour les futurs EPR2 prévus à Penly, l’ouvrage de retour des organismes marins sera mis en œuvre de manière volontaire par EDF avec pour objectif de récupérer les organismes et de les renvoyer en mer dans des conditions favorables. Un dispositif « expérimental » selon EDF, dont « l’efficacité ne pourra être évaluée qu’après sa mise en service en phase exploitation ». Au cours du transit vers leur milieu naturel, les organismes subissent des dommages qui, même minimisés par l’installation, peuvent entraîner une mortalité partielle des organismes. L’efficacité réelle n’est pas documentée car d’après EDF, « qualifier cette mortalité à priori demeure très difficile car de nombreuses incertitudes demeurent (proportion des espèces piégées sur les filtres, stade de développement, résistance des espèces au passage sur le système spécifique des unités EPR2, influence des facteurs environnementaux…) ».

Ceci est confirmé par les chiffres du Blayais, où les systèmes de récupération et de renvoi des organismes ne permettent de sauver que la moitié des 540 tonnes d’êtres-vivants aspirés chaque année. Depuis 2024, les inspecteurs de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) constatent un défaut de performance du système appelé DAFE (Déconcentrateurs Au Fil de l’Eau). Depuis plusieurs années, malgré la mise en place de plusieurs actions de maintenance préventive telles que le remplacement des rampes à chaque arrêt de réacteur et des pompes basse pression tous les deux ans, l’efficacité du dispositif n’est pas à l’attendu du fait notamment :

  • De la présence de boues et de bio-salissures qui bouchent les buses des rampes,
  • De pannes récurrentes des pompes basse pression qui entraînent l’arrêt du fonctionnement du lavage basse pression, et ce pendant des durées variables du fait de difficultés à obtenir les pièces de rechange.
Schéma vu de dessus des DAFE (Déconcentrateurs Au Fil de l'Eau) mis en place au Blayais
Dispositif de réduction de piégeage mis en place au Blayais

Des aveux d’EDF, « la conception du dispositif prévu pour Penly correspond à un compromis entre l’efficacité attendue du système vis-à-vis de la source froide et la récupération et le renvoi au milieu des organismes marins ». En France, les animaux non humains ne seront pas sauvés à tout prix par EDF malgré leur grand attachement supposé à la protection de la biodiversité.

Pour la création de l’EPR d’Hinkley Point C dans l’estuaire de la Severn — un des sites écologiques les plus protégés du Royaume-Uni et d’Europe — EDF a prévu des dispositifs de prises d’eau à « faible » débit, un dispositif de retour des poissons piégés ainsi qu’un système de dissuasion acoustique à ultrasons. Cette « discothèque à poissons » ou « Fish Disco » comme l’a moqué l’ancien secrétaire d’État à l’environnement a bien failli ne pas être mis en place, EDF jugeant le dispositif « inutile ». Face à la résistance, l’exploitant annoncera finalement mettre en place le « Fish disco » en mars 2025. Avec les premiers tests de février 2026, Chris Fayers, responsable environnement chez EDF à Hinkley Point C, déclare que le système « fonctionne encore mieux que prévu », ce qui signifie qu’EDF peut « respecter toutes ses obligations d’aménagement ». Dernier rebondissement : en mai 2026, l’organisme public Natural England, dont le rôle est de fournir des avis scientifiques indépendants aux autorités compétentes, estime que même si les impacts sur l’alose feinte sont atténués par le « Fish disco », la situation pour le saumon atlantique et la morue — espèces menacées — reste préoccupante.

L’exigence légale demeure inchangée : lorsque des impacts sur les espèces protégées subsistent, le promoteur (EDF) doit démontrer :

  • que les impacts sont entièrement atténués ; ou
  • qu’une compensation appropriée est obtenue.

Une différence de traitement abyssale

Les différences de traitement entre les centrales au Royaume-Uni et les centrales françaises sont flagrantes. Les résultats progressistes obtenus à Hinkley Point C sont le fruit des combats des associations environnementales sur place comme Wild Life Trust et du travail des autorités publiques. L’Environment Agency, Natural Resources Wales (NRW), la Marine Management Organisation (MMO) ainsi que Natural England, travaillent à la protection du vivant et non à la protection des intérêts financiers d’une filière industrielle. En France, l’Autorité Environnementale n’a que peu de moyens d’action pour contraindre EDF, tandis que l’ASNR ne semble s’intéresser au sujet que par le prisme de la sûreté lors d’invasions de « colmatants ».

Nombre de victimes prévues sur les EPR en France en comparaison de la centrale Hinkley Point C
Prédictions du nombre de victimes des futurs réacteurs

EDF se félicite d’un côté de la Manche de créer la centrale qui « comporte plus de mesures de protection des poissons que n’importe quel autre réacteur construit dans le monde » alors que de l’autre côté de la Manche, des EPR2 sont prévus sans aucune contrainte réglementaire sur le sujet.

Aucune étude n’a été réalisée pour l’EPR de Flamanville, qui d’après les mots d’EDF est une centrale située « dans une zone de la Manche avec un hydrodynamisme important qui n’est pas favorable à l’implantation d’une faune abondante. Ainsi, il n’a pas été réalisé d’études de la faune piscicole piégée sur les tambours filtrants ».

Agir pour plus de surveillance et des mesures de protection efficaces

L’analyse contenue dans notre rapport montre que l’industrie nucléaire a été laissée trop longtemps sans surveillance. Des milliards d’animaux non humains ont été décimés et sont encore décimés chaque année sans aucun contrôle. Les études peu nombreuses s’accordent sur le fait que les phénomènes d’« entraînements » et de « piégeages » sont très variables et difficilement prédictibles. Aucune des estimations réalisées ne peut de ce fait être réaliste. Le seul moyen d’action efficace est de mettre en place des solutions de réduction de « piégeage » à la source. Adapter le design des prises d’eau, réduire la puissance d’aspiration et installer des dispositifs de dissuasion acoustique. Le dispositif de retour (DAFE) installé au Blayais est défaillant la plupart du temps et complètement inutile pour certaines espèces. Il est immoral de se contenter de la seule installation d’un dispositif similaire sur les futurs EPR2.

Comment est-il possible de laisser EDF et l’ASNR considérer des êtres sentients – capable de ressentir la douleur – comme des « colmatants » ou « agresseurs » ?

Le rapport réalisé par le Réseau "Sortir du nucléaire" aurait dû être publié par l’exploitant ou les autorités au nom de la transparence. L’opacité entretenue par l’exploitant sur le massacre des animaux non humains a entraîné la France dans un retard de protection environnementale.

Pour protéger les animaux non humains du nucléaire, le Réseau "Sortir du nucléaire" demande dès maintenant :

  1. Une surveillance effective et annuelle de la mortalité induite par les centrales nucléaires françaises
  2. L’ajout de cette surveillance aux rapports environnementaux annuels de chaque installation au même titre que les suivis des autres impacts des centrales sur les milieux naturels
  3. Un plan d’action pour la mise en place des meilleures techniques disponibles pour la réduction des piégeages sur les centrales nucléaires
  4. Un engagement fort de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection et des acteurs de l’eau pour faire cesser ce massacre et mettre la protection de la biodiversité au cœur des enjeux de la filière nucléaire
Découvrir le rapport complet

ENGLISH VERSION BELOW

Beneath the Surface of Nuclear Power Plants : The Invisible Massacre

Beneath the surface of nuclear power plants, life is not a long, peaceful river for non-human animals. Between 2025 and 2026, “invasions of clogging organisms”—meaning “invasions of jellyfish and fish”—were observed in Gravelines and in Paluel. What the newspapers label as “unusual” is in fact a daily phenomenon that kills billions of non-human animals every year as they are sucked into the power plant’s cooling systems. The first studies on the impact of nuclear power on aquatic biodiversity, conducted when nuclear power was first introduced in France—as early as the 1970s and 1980s—were, however, halted due to a lack of “requests from the administration.” Since then, studies have been resumed to assess the impact of future EPR2 reactors, but this is far from enough.

Does the idea of industrial facilities that trap more than 2 billion non-human animals a year seem unlikely or even impossible to you ? The nuclear industry has done just that. According to our analysis of studies conducted by EDF on the subject, to date, the Blayais nuclear power plant [1] traps 2.3 billion living beings and the Paluel nuclear power plant [2] traps 2.1 billion annually. In total, 5.9 billion non-human animals are sacrificed each year for the production of nuclear energy. This figure will continue to rise with the “Penly” monster, which, after the addition of the EPR2 reactors, will impact approximately 2.7 billion non-human animals per year.

Data visualisation du nombre de victimes par centrale nucléaire
Nombre de victimes de l’aspiration des centrales par an

The Deadly Journey of Non-Human Animals in Nuclear Power Plants

To cool their reactors, open-circuit nuclear power plants—which draw water from and discharge it directly into the natural environment—pump enough water to fill an Olympic-sized swimming pool every minute. For example, the Blayais plant pumps 180 m³ of water per second. The submerged intake structures—veritable underwater concrete monsters several tens of meters long—sweep up all living creatures passing nearby into the current. The torture then begins for non-human animals with mechanical impacts at the intake head, and continues with forced swimming in front of the drum screen (15 to 27 m in diameter), which can last from a few minutes to several days. If an animal is sucked in, it becomes trapped, unable to swim against the powerful current in the intake tunnel. It must then swim constantly to avoid being pressed against the drum screen before it becomes exhausted.

Schéma du parcours mortel des animaux non humains dans les centrales nucléaires
Le parcours mortel des animaux non humains dans le circuit de refroidissement des centrales

The drum screen rotates continuously, with three different rotation speeds to adapt to the amount of “clogging material” present in the water : the more fish or jellyfish there are in the water intake, the faster the filter drum must rotate to remove them without risking clogging the filter. Organisms larger than 3 mm—too large to pass through the mesh of the filter drum’s screens—will be pressed against the drum and suffocate in the open air, a process that can last up to 11 minutes depending on the rotation speed and water level. At the top of the drum, high-pressure water jets (between 3 and 4 bars) dislodge the organisms that remain pressed against the filter. The thrashing of the dying fish and their abrupt ejection by the water jets cause them to lose their scales, which detach very easily at this particularly fragile physiological stage of the fish’s life. If they survive, they become highly susceptible to disease. Organisms smaller than 3 mm are sucked through the mesh of the drums screens and pass into the power plant’s pump and condenser systems, where they are subjected to fluctuations in pressure and temperature (+15°C) before being discharged into the outfall structures. In addition to impacts, falls, suffocation, high-pressure jets, a 15°C rise in temperature, and excessive pressure, non-human animals are subjected to a bleach treatment designed to limit the growth of living organisms in the cooling system. At the end of this grueling ordeal, they are spat back into the water—injured or, more often than not, dead. The majority of species that are sucked in suffer a 100% mortality rate after being released.

Ineffective Impact Mitigation Systems

Despite more than forty years of operation, declining biodiversity, and the need for stronger environmental protection, French nuclear power plants are still exempt from the requirement to monitor the capture of non-human animals by water intake systems. This gap prevents the establishment of an accurate assessment of the protected and unprotected species affected by these water intakes.

To date, the facilities continue to operate :

  • without any exemptions for protected species,
  • without being subject to corrective actions aimed at ensuring ecological continuity for migratory fish,
  • with virtually non-existent “Avoid, Reduce, Compensate” (ARC) measures to mitigate the impact on captured species. It is as if the power plants did not exist or as if they did not kill any non-human animals during their operation.

For the future EPR2 reactors planned for Penly, the marine organism return structure will be implemented on a voluntary basis by EDF with the goal of recovering the organisms and returning them to the sea under favorable conditions. EDF describes this as an “experimental” system, whose “effectiveness can only be assessed after it is put into service during the operational phase.” During transit back to their natural habitat, the organisms sustain damage which, even when minimised by the system, can result in partial mortality among them. The actual effectiveness has not been documented because, according to EDF, “it remains very difficult to quantify this mortality a priori, as numerous uncertainties persist (proportion of species trapped on the filters, developmental stage, specie’s resistance to passing through the specific system of the EPR2 units, influence of environmental factors, etc.).”

This is confirmed by figures from the Blayais region, where the systems for recovering and releasing organisms are able to save only half of the 540 metric tons of living creatures sucked in each year. Since 2024, inspectors from the Nuclear Safety and Radiation Protection Authority (ASNR) have noted a performance deficiency in the system known as DAFE (In-Flow Deconcentrators). For several years now, despite the implementation of various preventive maintenance measures—such as replacing the spray bars during every reactor shutdown and the low-pressure pumps every two years—the system’s effectiveness has fallen short of expectations, due in particular to :

  • The presence of sludge and biofouling that clog the nozzles of the spray bars,
  • Recurring failures of the low-pressure pumps, which cause the low-pressure washing system to shut down for varying periods of time due to difficulties in obtaining replacement parts.
Schéma vu de dessus des DAFE (Déconcentrateurs Au Fil de l'Eau) mis en place au Blayais
Dispositif de réduction de piégeage mis en place au Blayais

According to EDF’s own admission, “the design of the system planned for Penly represents a compromise between the system’s expected efficiency with regard to the cold water source and the recovery and release of marine organisms back into the environment.” In France, EDF will not save non-human animals at any cost, despite its supposed strong commitment to protecting biodiversity.

For the construction of the Hinkley Point C EPR in the Severn Estuary—one of the most strictly protected ecological sites in the United Kingdom and Europe—EDF has planned “low-flow” water intake structures, a release system for trapped fish, and an ultrasonic deterrent system. This “fish disco,” as the former Secretary of State for the Environment derisively called it, nearly didn’t see the light of day, as EDF deemed the system “useless.” Faced with opposition, the operator finally announced it would implement the “Fish Disco” in March 2025. Following the first tests in February 2026, Chris Fayers, EDF’s environmental manager at Hinkley Point C, stated that the system “is performing even better than expected,” meaning that EDF can “meet all its development obligations.” The latest twist : In May 2026, the public agency Natural England—whose role is to provide independent scientific advice to the relevant authorities—concluded that even though the impacts on the European shad are mitigated by the “Fish Disco,” the situation for Atlantic salmon and cod—both endangered species—remains a cause for concern. The legal requirement remains unchanged : when impacts on protected species persist, the project developer (EDF) must demonstrate :

  • that the impacts are fully mitigated ; or
  • that appropriate compensation is provided.

A World of Difference in Treatment

The differences in treatment between power plants in the United Kingdom and those in France are glaring. The progressive results achieved at Hinkley Point C are the result of the efforts of local environmental organizations such as the Wildlife Trust and the work of public authorities. The Environment Agency, Natural Resources Wales (NRW), the Marine Management Organization (MMO), and Natural England work to protect wildlife, not to protect the financial interests of an industrial sector. In France, the Environmental Authority has few means to compel EDF to act, while the ASNR seems to view the issue solely through the lens of nuclear safety during invasions by “agresors”

Nombre de victimes prévues sur les EPR en France en comparaison de la centrale Hinkley Point C
Prédictions du nombre de victimes des futurs réacteurs

On one side of the English Channel, EDF boasts about building a power plant that “includes more fish protection measures than any other reactor built in the world”, while on the other coast of the Channel, EPR2 reactors are planned without any regulatory requirements on this issue.

No studies have been conducted for the Flamanville EPR, which, according to EDF, is located “in an area of the English Channel with strong hydrodynamic currents that are not conducive to a thriving fish population. Consequently, no studies have been conducted on fish trapped in the drum screen.”

Taking Action for Greater Oversight and Effective Protective Measures

The analysis in our report shows that the nuclear industry has been left unchecked for too long. Billions of non-human animals have been slaughtered—and continue to be slaughtered—each year without any oversight. The few studies available agree that the phenomena of “impingement” and “entrainment” are highly variable and difficult to predict. As a result, none of the estimates made can be considered realistic. The only effective course of action is to implement solutions that reduce “impingement” at the source. Adapt the design of water intakes, reduce suction power, and install acoustic deterrent devices. The return device (DAFE) installed at Blayais nuclear power plant is malfunctioning most of the time and completely ineffective for certain species. It is immoral to settle for merely installing a similar device on future EPR2 reactors.

How is it possible to allow EDF and the ASNR to treat sentient beings—capable of feeling pain—as “obstructions” or “aggressors” ?

The report produced by the “Sortir du nucléaire” network should have been published by the operator or the authorities in the interest of transparency. The operator’s lack of transparency regarding the slaughter of non-human animals has caused France to fall behind in environmental protection.


Notes

[1] La centrale du Blayais est la seule centrale où la mortalité est étudiée et estimée. Pour pouvoir comparer aux centrales où ce travail n’est pas réalisé nous avons repris les captures sans prendre en compte les taux de mortalité. Le rapport de 2019 annonce une capture de 2,6 milliards mais où seuls 2,3 milliards d’individus sont rattachés à des espèces.

[2] Pour la centrale de Paluel, l’estimation a été réalisée sur la base d’un filtre considérant que tous les filtres capturent la même quantité. Il y a 2 filtres par tranche et 4 tranches à Paluel.