Publié le 28 février 2024
Le 26 février 2024, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a interrogé le président-directeur général d’EDF, Luc Rémont, à propos des suspicions de fraudes, des contrefaçons et falsifications dont elle a eu connaissance depuis quelques années. Tout a commencé avec l’affaire du Creusot (2016) et ses dossiers falsifiés, mais hélas les pratiques frauduleuses ne se sont pas arrêtées là. Et ce malgré un rappel à l’ordre du gendarme du nucléaire en 2018.
Lors de ses vœux à la presse le 30 janvier dernier, l’ASN a fait état de dix affaires en cours d’instruction et de 43 cas de contrefaçons, falsifications et suspicions de fraude recensés en 2023. Un mois plus tard, elle demande à EDF d’agir.
Pour toutes ces questions, l’Autorité demande à EDF de définir un plan d’action, et vite.
Car quand bien même l’industriel sous-traite et confie des activités à d’autres sociétés, c’est à lui qu’incombe la responsabilité de s’assurer que tout est conforme (fabrications de pièces, validation des essais, résultats de tests, réalisation des contrôles, etc.).
Mieux vaut tard que jamais ? Il était temps que l’ASN révèle au grand jour ces malversations.
Notre association dénonce depuis longtemps trop de manquements, tant dans la qualité de fabrications de pièces destinées aux centrales nucléaires que dans le suivi des activités confiées aux sous-traitants.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le Réseau "Sortir du nucléaire" a porté plainte contre EDF le 11 septembre 2023. Une plainte fondée des éléments que nous avons découvert grâce à notre travail constant de surveillance des installations nucléaires.