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Revue de presse

Novembre 2011 / L’Alsace

Nucléaire Arrêt de Fessenheim en 2012 : le PS provoque une grande polémique



Des antinucléaires devant la centrale de Fessenheim : fermeture programmée pour 2012 en cas de victoire à la présidentielle du candidat socialiste François Hollande. Photo Thierry Gachon
L’accord électoral entre le Parti socialiste et Europe Écologie- Les verts prévoyant notamment la fermeture « immédiate » de la centrale de Fessenheim, en cas de victoire, l’an prochain, de François Hollande à la présidentielle, place le nucléaire au cœur du débat en Alsace.

« La centrale de Fessenheim peut encore servir 10 à 20 ans. Sa fermeture prématurée constituerait un gaspillage d’argent et d’énergie », estime Michel Habig (UMP), président de la Commission locale d’information et de surveillance (Clis) mise en place par le conseil général du Haut-Rhin. « L’énergie nucléaire est un des seuls secteurs compétitifs en France et on veut le casser », déplore-t-il.

Le PS et Europe Écologie-Les Verts sont parvenus mardi à un accord global qui prévoit en cas de victoire de François Hollande « la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique » de 75 % à 50 %. ( L’Alsace du 16 novembre).

Cette décision se traduirait par la fermeture, d’ici 2025, de 24 réacteurs sur un total de 58 dont l’arrêt « immédiat » de Fessenheim, la doyenne des centrales françaises mise en service commercial en décembre 1977.

« Je n’ose pas y croire. Il n’y a pas de problème de sûreté ou de sécurité », a déclaré Fabienne Stich, maire de Fessenheim, interrogée hier par L’Alsace. « C’est purement et simplement une décision politique qui ne prend pas en compte les retombées économiques dans notre bassin de vie », a-t-elle souligné.

« C’est un scandale, une décision irresponsable. On veut sacrifier une industrie de pointe pour des raisons politiques », renchérit François Béringer, maire de Blodelsheim, village voisin de Fessenheim, également membre de la Clis et agent EDF travaillant à la centrale nucléaire. « On maîtrise le sujet, c’est la centrale la plus expérimentée, affirme-t-il. Les Suisses vont laisser tourner leurs centrales jusqu’à l’âge de 50 ans et pas nous ? »

Les représentants syndicaux des 678 agents EDF employés à la centrale de Fessenheim se disent « révoltés » par cette mesure. « C’est inadmissible. On ne peut pas fermer du jour au lendemain, mais seulement quand on aura une meilleure solution que le nucléaire », commente Denis Kuppel (CGT). Ancien mineur de charbon en Lorraine, il a été marqué par la fermeture « sous Mitterrand et le PS » des mines et des aciéries. « Que fera-t-on après la fermeture de Fessenheim ? Du pédalo sur le Canal d’Alsace ? »

« On ne laissera pas fermer la centrale sans réagir », prévient son collègue Jean-Luc Cardoso (CGT). « Nous sommes aussi pour un mix énergétique, mais contre une décision dogmatique dans un contexte électoraliste », explique-t-il. « Comment va-t-on alimenter les voitures électriques ? Il y a un besoin énergétique important qui ne pourra pas être couvert par les énergies renouvelables. »

« Cet accord nous permet de préparer l’alternance dans de bonnes conditions, se réjouit de son côté Antoine Homé, porte-parole du groupe socialiste au conseil régional. Il est normal que l’on commence à fermer la plus ancienne des centrales qui, de plus, est située dans une zone sismique. »

Pour préserver l’emploi, le PS, propose, comme les Verts, de reconvertir Fessenheim en site pilote de démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie.

Dans un communiqué interne diffusé hier, la direction a cherché à calmer l’inquiétude des salariés en leur demandant de se « c entrer sur notre métier pour perdurer ».

le 17/11/2011 à 05:01 par Adrien Dentz

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