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Des drones non identifiés au-dessus de plusieurs centrales

Survols de centrales par des drones - Point sur la situation fin octobre 2014




Depuis le 5 octobre 2014, des survols par des drones non identifiés se multiplient sur les sites nucléaires français. Alors que le mystère reste entier sur l’origine de ces drones et le but de ces opérations, le Réseau "Sortir du nucléaire" tire la sonnette d’alarme et alerte sur la vulnérabilité des installations. Ces survols à répétition sont un problème sérieux et posent de nombreuses questions. Retour sur la chronologie des évènements et analyse de la situation.

Dernières infos : un nouveau survol le 13 novembre à la centrale de Penly !



Chronologie des évènements

 5 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance du site nucléaire de Creys-Malville, qui comprend le réacteur en démantèlement Superphénix, ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur la zone d’interdiction aérienne de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Morestel, le 8 octobre 2014. [1]

 13 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale du Blayais ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blaye, le 16 octobre 2014.  [2]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. [3]

 14 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Cattenom ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande, le 17 octobre 2014. [4]

 19 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Gravelines ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès du commissariat de Gravelines, le 21 octobre 2014. [5]
  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Nogent-sur-Seine, le 21 octobre 2014. [6]
  • Les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale.  [7]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Chooz ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [8]

 20 octobre 2014

  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu, le 20 octobre 2014. [9]

 24 octobre 2014

  • Les équipes EDF du service Protection de site de la centrale du Bugey ont, une troisième fois, détecté la présence d’un drone. Une nouvelle plainte a été déposée. [10]

 30 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Golfech ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Auvillar. [11]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Penly et les forces de gendarmerie ont détecté la présence illégale d’aéronefs assimilables à des drones sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale de Penly a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Dieppe le 31 octobre 2014. [12]

 31 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [13]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Laurent ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Mer le 1er novembre. [14]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Flamanville ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de la ville des Pieux le samedi 1er novembre. [15]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Fessenheim ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blodelsheim le 1er novembre 2014. [16]
  • Un second survol des installations de la centrale de Penly ayant été détecté dans la nuit du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre, un nouveau depôt de plainte a été réalisé par la direction de la centrale de Penly. [17]
  • Un drone se serait également approché de la centrale de Belleville-sur-Loire, mais sans survoler à proprement parler la centrale ni son périmètre de sécurité.

 2 novembre 2014

  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Sully-sur-Loire. [18]

 3 novembre 2014

  • Les gendarmes du Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie ayant détecté, pour la seconde fois, la présence d’un aéronef sur le site nucléaire de Creys-Malville, une nouvelle plainte a été déposée. [19]

 5 novembre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Alban ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie des transports aériens de Grenoble, le 06/11. [20]
  • Trois personnes ont été interpellées en possession d’au moins un drone à une centaine de mètres de la centrale de Belleville-sur-Loire. Les trois suspects ont été placés en garde à vue en milieu d’après-midi pour « survol volontaire par pilote d’un aéronef d’une zone interdite » et devaient être entendus par les gendarmes. Ils ne sont toutefois pas pas soupçonnés d’être les auteurs de survols d’autres centrales nucléaires.

 6 novembre 2014

  • Pour la quatrième fois, la centrale du Bugey a été survolée par un drone non identifiée. La direction de la centrale a de nouveau déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu. [21]

 7 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Alban ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie des transports aériens de Grenoble, le 07/11. [22]

 11 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, les équipes EDF de la protection de la centrale de Cattenom ont détecté la présence d’un aéronef dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 novembre 2014. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande. [23]

 12 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, les équipes EDF du service protection de la centrale de Golfech ont détecté la présence d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Auvillar. [24]
  • Pour la troisième fois, les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Sully-sur-Loire. [25]
  • Pour la troisième fois, les équipes de surveillance de la centrale de Penly et les forces de gendarmerie ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [26]

 14 novembre 2014

  • Un drone a survolé l’usine Areva La Hague.

 Plusieurs sites nucléaire du CEA, dont celui de Saclay et de Marcoule, ont été victimes de ces survols et le CEA a porté plainte.

 D’autres sites nucléaires seraient également concernés, et notamment ceux d’Areva.

En résumé, 14 centrales nucléaires ont été survolées par des drones entre le 5 octobre et le 12 novembre 2014 : Creys-Malville (2 fois), Blayais, Nogent (2 fois), Cattenom (2 fois), Gravelines, Bugey (4 fois), Chooz, Golfech (2 fois), Penly (3 fois), Dampierre (3 fois), Saint-Laurent, Flamanville, Fessenheim, Saint-Alban (2 fois). La centrale de Belleville aurait également été approchée. Plusieurs sites nucléaires du CEA sont aussi concernés, et également l’usine Areva La Hague.

Nous complèterons ces informations au fur et à mesure, si ces survols continuent à se multiplier.


Quelles questions cette affaire soulève-t-elle ?

 Des survols à répétition : le problème est sérieux !

Depuis le 5 octobre, ce sont donc de nombreux sites nucléaires qui ont été survolés par des drones, certains plusieurs fois et d’autres, pourtant séparés par des centaines de kilomètres, le même jour. Depuis la sortie publique de l’affaire, deux sites ont à nouveau été survolés. Les événements ne sont donc pas le fruit du hasard et sont on ne peut plus coordonnés.

Bien qu’EDF et les pouvoirs publics démentent la gravité de ces incidents, les plaintes que l’exploitant a déposées indiquent qu’il semble démuni face à cette situation inédite et sérieuse.

Que dire également du délai entre les faits et le dépôt de plainte ? Et du fait que les survols aient pu se reproduire sur plusieurs sites ? EDF ne s’est-il rendu compte qu’après coup que pendant 16 jours, des aéronefs télécommandés avaient pu ainsi aller et venir au-dessus de sites nucléaires ?

 Origine de ces survols : le mystère reste entier

Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine de ces survols, mais pour le moment le mystère reste entier.

Toutes les associations antinucléaires contactées ont démenti être impliquées. Opération de com, canular, coup politique, campagne de mesures de radioactivité, espionnage industriel ou pire, repérage de personnes mal intentionnées, pour le moment toutes les hypothèses restent ouvertes, mais les faits sont inquiétants.

 L’espace aérien autour des sites : une zone sensible

Le droit français interdit de survoler un site nucléaire à moins de 1000 mètres d’altitude dans un périmètre de cinq kilomètres. Et pourtant les drones ont pu pénétrer dans l’espace aérien des centrales sans être repérés.

Alors que l’utilisation de ces engins se multiplie, le fait qu’ils ne soient pas repérés par des radars pose question. Quand on sait que ni l’EPR (voir le document confidentiel défense révélés par le Réseau en 2006), ni les piscines de combustible usé [27] ne résisteraient à un crache d’avion, quels seraient les impacts en cas de largage de charges explosives par un drone ? Les piscines de combustibles étant de simples hangars, les dégâts causés pourraient rapidement se transformer en catastrophe nucléaire.

 Les installations nucléaires sont vulnérables

Ces survols simultanés de plusieurs sites démontrent, par ailleurs, que les 19 centrales nucléaires et les nombreuses usines de combustible réparties dans tout l’Hexagone constituent autant de points de vulnérabilité. Présentée comme un atout pour la France, l’industrie nucléaire constitue en réalité son tendon d’Achille.

Ce risque d’agression externe ne fait d’ailleurs que s’ajouter aux nombreux faits qui justifient une sortie en urgence du nucléaire : vieillissement des installations (la majorité des réacteurs ayant dépassé les 30 ans de fonctionnement), production de déchets ingérables, rejets toxiques...


Notes

[27www.largeassociates.com/LA reports & papers/3205 French NPP Vulnerability/vulnérabilité_avions_Large_résumé.pdf

Chronologie des évènements

 5 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance du site nucléaire de Creys-Malville, qui comprend le réacteur en démantèlement Superphénix, ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur la zone d’interdiction aérienne de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Morestel, le 8 octobre 2014. [1]

 13 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale du Blayais ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blaye, le 16 octobre 2014.  [2]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. [3]

 14 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Cattenom ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande, le 17 octobre 2014. [4]

 19 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Gravelines ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès du commissariat de Gravelines, le 21 octobre 2014. [5]
  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Nogent-sur-Seine, le 21 octobre 2014. [6]
  • Les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale.  [7]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Chooz ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [8]

 20 octobre 2014

  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu, le 20 octobre 2014. [9]

 24 octobre 2014

  • Les équipes EDF du service Protection de site de la centrale du Bugey ont, une troisième fois, détecté la présence d’un drone. Une nouvelle plainte a été déposée. [10]

 30 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Golfech ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Auvillar. [11]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Penly et les forces de gendarmerie ont détecté la présence illégale d’aéronefs assimilables à des drones sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale de Penly a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Dieppe le 31 octobre 2014. [12]

 31 octobre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [13]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Laurent ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Mer le 1er novembre. [14]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Flamanville ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de la ville des Pieux le samedi 1er novembre. [15]
  • Les équipes de surveillance de la centrale de Fessenheim ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blodelsheim le 1er novembre 2014. [16]
  • Un second survol des installations de la centrale de Penly ayant été détecté dans la nuit du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre, un nouveau depôt de plainte a été réalisé par la direction de la centrale de Penly. [17]
  • Un drone se serait également approché de la centrale de Belleville-sur-Loire, mais sans survoler à proprement parler la centrale ni son périmètre de sécurité.

 2 novembre 2014

  • Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Sully-sur-Loire. [18]

 3 novembre 2014

  • Les gendarmes du Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie ayant détecté, pour la seconde fois, la présence d’un aéronef sur le site nucléaire de Creys-Malville, une nouvelle plainte a été déposée. [19]

 5 novembre 2014

  • Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Alban ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie des transports aériens de Grenoble, le 06/11. [20]
  • Trois personnes ont été interpellées en possession d’au moins un drone à une centaine de mètres de la centrale de Belleville-sur-Loire. Les trois suspects ont été placés en garde à vue en milieu d’après-midi pour « survol volontaire par pilote d’un aéronef d’une zone interdite » et devaient être entendus par les gendarmes. Ils ne sont toutefois pas pas soupçonnés d’être les auteurs de survols d’autres centrales nucléaires.

 6 novembre 2014

  • Pour la quatrième fois, la centrale du Bugey a été survolée par un drone non identifiée. La direction de la centrale a de nouveau déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu. [21]

 7 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, Les équipes de surveillance de la centrale de Saint-Alban ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie des transports aériens de Grenoble, le 07/11. [22]

 11 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, les équipes EDF de la protection de la centrale de Cattenom ont détecté la présence d’un aéronef dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 novembre 2014. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande. [23]

 12 novembre 2014

  • Pour la seconde fois, les équipes EDF du service protection de la centrale de Golfech ont détecté la présence d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Auvillar. [24]
  • Pour la troisième fois, les équipes de surveillance de la centrale de Dampierre-en-Burly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Sully-sur-Loire. [25]
  • Pour la troisième fois, les équipes de surveillance de la centrale de Penly et les forces de gendarmerie ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [26]

 14 novembre 2014

  • Un drone a survolé l’usine Areva La Hague.

 Plusieurs sites nucléaire du CEA, dont celui de Saclay et de Marcoule, ont été victimes de ces survols et le CEA a porté plainte.

 D’autres sites nucléaires seraient également concernés, et notamment ceux d’Areva.

En résumé, 14 centrales nucléaires ont été survolées par des drones entre le 5 octobre et le 12 novembre 2014 : Creys-Malville (2 fois), Blayais, Nogent (2 fois), Cattenom (2 fois), Gravelines, Bugey (4 fois), Chooz, Golfech (2 fois), Penly (3 fois), Dampierre (3 fois), Saint-Laurent, Flamanville, Fessenheim, Saint-Alban (2 fois). La centrale de Belleville aurait également été approchée. Plusieurs sites nucléaires du CEA sont aussi concernés, et également l’usine Areva La Hague.

Nous complèterons ces informations au fur et à mesure, si ces survols continuent à se multiplier.


Quelles questions cette affaire soulève-t-elle ?

 Des survols à répétition : le problème est sérieux !

Depuis le 5 octobre, ce sont donc de nombreux sites nucléaires qui ont été survolés par des drones, certains plusieurs fois et d’autres, pourtant séparés par des centaines de kilomètres, le même jour. Depuis la sortie publique de l’affaire, deux sites ont à nouveau été survolés. Les événements ne sont donc pas le fruit du hasard et sont on ne peut plus coordonnés.

Bien qu’EDF et les pouvoirs publics démentent la gravité de ces incidents, les plaintes que l’exploitant a déposées indiquent qu’il semble démuni face à cette situation inédite et sérieuse.

Que dire également du délai entre les faits et le dépôt de plainte ? Et du fait que les survols aient pu se reproduire sur plusieurs sites ? EDF ne s’est-il rendu compte qu’après coup que pendant 16 jours, des aéronefs télécommandés avaient pu ainsi aller et venir au-dessus de sites nucléaires ?

 Origine de ces survols : le mystère reste entier

Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine de ces survols, mais pour le moment le mystère reste entier.

Toutes les associations antinucléaires contactées ont démenti être impliquées. Opération de com, canular, coup politique, campagne de mesures de radioactivité, espionnage industriel ou pire, repérage de personnes mal intentionnées, pour le moment toutes les hypothèses restent ouvertes, mais les faits sont inquiétants.

 L’espace aérien autour des sites : une zone sensible

Le droit français interdit de survoler un site nucléaire à moins de 1000 mètres d’altitude dans un périmètre de cinq kilomètres. Et pourtant les drones ont pu pénétrer dans l’espace aérien des centrales sans être repérés.

Alors que l’utilisation de ces engins se multiplie, le fait qu’ils ne soient pas repérés par des radars pose question. Quand on sait que ni l’EPR (voir le document confidentiel défense révélés par le Réseau en 2006), ni les piscines de combustible usé [27] ne résisteraient à un crache d’avion, quels seraient les impacts en cas de largage de charges explosives par un drone ? Les piscines de combustibles étant de simples hangars, les dégâts causés pourraient rapidement se transformer en catastrophe nucléaire.

 Les installations nucléaires sont vulnérables

Ces survols simultanés de plusieurs sites démontrent, par ailleurs, que les 19 centrales nucléaires et les nombreuses usines de combustible réparties dans tout l’Hexagone constituent autant de points de vulnérabilité. Présentée comme un atout pour la France, l’industrie nucléaire constitue en réalité son tendon d’Achille.

Ce risque d’agression externe ne fait d’ailleurs que s’ajouter aux nombreux faits qui justifient une sortie en urgence du nucléaire : vieillissement des installations (la majorité des réacteurs ayant dépassé les 30 ans de fonctionnement), production de déchets ingérables, rejets toxiques...




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Risque nucléaire Sites nucléaires