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Sortir du nucléaire n°79

Automne 2018

“Ô brave New World ! Ô splendide Nouveau Monde !“

Automne 2018




Emmanuel Macron a plusieurs fois évoqué le nouveau monde dans lequel nous devrions rentrer, où le mantra “en même temps“ est psalmodié pour éviter de voir la réalité des choix. Plutôt pour dissimuler que, dans les faits, les choix ne vont que dans une seule direction, celle des industriels.



Fin des illusions !

N. Hulot ne voulait plus donner d’illusions sur son action et celle du gouvernement : une semaine après sa démission, tout est clair !

Deux jours après sa démission fracassante, un rapport rédigé par le sérail pronucléaire tant civil que militaire préconise la construction rapide de six EPR en France (voir article en p.20 de cette revue).

Huit jours après, le président et le premier ministre à la sortie du séminaire gouvernemental du 5 septembre rappellent le cap qu’EDF a tracé : la France n’atteindra son objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité qu’à un “horizon de 2035”. Les axes de la préparation de cette PPE [1] sont connus, l’engagement pris par le président.

À François de Rugy, nommé la veille à la succession de Nicolas Hulot, de ravaler ses convictions antinucléaires derrière sa cravate de ministre.

Cette domination du nucléaire sur la production électrique – bâtie en 10 ans pour l’essentiel entre 1975 et 1985, avec des réacteurs prévus pour durer au plus 30 ans – ne sera finalement écornée que dans 18 ans : en 2035, Macron sera alors devenu vieux... et après nous le déluge… ou la tempête !

D’ici là, EDF, dans une vision de court terme, essaiera de faire fonctionner au maximum les vieux réacteurs amortis… au prix d’un lourd rafistolage qui ne fera qu’avancer l’échéance de la faillite ! Scénario hautement probable au vu de la dette d’EDF et du mur d’investissements qui s’annonce, surtout si l’énergéticien fait le forcing pour démarrer en même temps la construction de nouveaux EPR.

D’autant qu’en même temps EDF aura bien du mal à exporter son surplus d’électricité vers nos voisins [2]qui eux s’équipent en énergies renouvelables. Peut-être qu’elle s’acharnera à faire fonctionner au ralenti un EPR fragilisé pour essayer en même temps d’en vendre quelque uns à des pays lointains.

En même temps, les déchets nucléaires supplémentaires continueraient de s’accumuler et déborderaient des piscines de la Hague et partiraient sur les routes et les voies ferrées françaises pour un repos provisoire dans la nouvelle piscine de Belleville, puis en vacances éternelles dans le sous-sol lorrain à Bure.... où aujourd’hui en même temps que le pouvoir matraque et réprime toute opposition par la répression, il achète les consciences en arrosant le territoire d’une manne financière indécente et qu’il ose lancer une nouvelle consultation publique.

Brave new world ! Vraiment quel beau nouveau monde ...

Vacances de Monsieur Hulot ? À nous de faire le boulot !

À nous, citoyens et associations, Un ministre seul ne peut pas tout... Seul un sursaut citoyen rendra ce nouveau monde à nouveau vivable, à l’exemple du succès spontané des Marches pour le Climat du 8 septembre, où nombre d’entre nous y ont affirmé que le nucléaire ne sauverait pas le climat. Cette mobilisation citoyenne, qu’appelait de ses vœux Nicolas Hulot, devra évidemment s’amplifier, et notamment avec une coordination des associations, telle que déjà réalisée le 30 août dernier par l’appel de dix associations écologistes dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron.

Philippe Lambersens


Notes

[1PPE : Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Fin des illusions !

N. Hulot ne voulait plus donner d’illusions sur son action et celle du gouvernement : une semaine après sa démission, tout est clair !

Deux jours après sa démission fracassante, un rapport rédigé par le sérail pronucléaire tant civil que militaire préconise la construction rapide de six EPR en France (voir article en p.20 de cette revue).

Huit jours après, le président et le premier ministre à la sortie du séminaire gouvernemental du 5 septembre rappellent le cap qu’EDF a tracé : la France n’atteindra son objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité qu’à un “horizon de 2035”. Les axes de la préparation de cette PPE [1] sont connus, l’engagement pris par le président.

À François de Rugy, nommé la veille à la succession de Nicolas Hulot, de ravaler ses convictions antinucléaires derrière sa cravate de ministre.

Cette domination du nucléaire sur la production électrique – bâtie en 10 ans pour l’essentiel entre 1975 et 1985, avec des réacteurs prévus pour durer au plus 30 ans – ne sera finalement écornée que dans 18 ans : en 2035, Macron sera alors devenu vieux... et après nous le déluge… ou la tempête !

D’ici là, EDF, dans une vision de court terme, essaiera de faire fonctionner au maximum les vieux réacteurs amortis… au prix d’un lourd rafistolage qui ne fera qu’avancer l’échéance de la faillite ! Scénario hautement probable au vu de la dette d’EDF et du mur d’investissements qui s’annonce, surtout si l’énergéticien fait le forcing pour démarrer en même temps la construction de nouveaux EPR.

D’autant qu’en même temps EDF aura bien du mal à exporter son surplus d’électricité vers nos voisins [2]qui eux s’équipent en énergies renouvelables. Peut-être qu’elle s’acharnera à faire fonctionner au ralenti un EPR fragilisé pour essayer en même temps d’en vendre quelque uns à des pays lointains.

En même temps, les déchets nucléaires supplémentaires continueraient de s’accumuler et déborderaient des piscines de la Hague et partiraient sur les routes et les voies ferrées françaises pour un repos provisoire dans la nouvelle piscine de Belleville, puis en vacances éternelles dans le sous-sol lorrain à Bure.... où aujourd’hui en même temps que le pouvoir matraque et réprime toute opposition par la répression, il achète les consciences en arrosant le territoire d’une manne financière indécente et qu’il ose lancer une nouvelle consultation publique.

Brave new world ! Vraiment quel beau nouveau monde ...

Vacances de Monsieur Hulot ? À nous de faire le boulot !

À nous, citoyens et associations, Un ministre seul ne peut pas tout... Seul un sursaut citoyen rendra ce nouveau monde à nouveau vivable, à l’exemple du succès spontané des Marches pour le Climat du 8 septembre, où nombre d’entre nous y ont affirmé que le nucléaire ne sauverait pas le climat. Cette mobilisation citoyenne, qu’appelait de ses vœux Nicolas Hulot, devra évidemment s’amplifier, et notamment avec une coordination des associations, telle que déjà réalisée le 30 août dernier par l’appel de dix associations écologistes dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron.

Philippe Lambersens



Thèmes
Politique énergétique