Réseau Sortir du nucléaire
Boutique Agenda Faire un donEN

Sortir du nucléaire n°87

Automne 2020

L’arrêt de Fessenheim n’est pas la catastrophe annoncée




Le lobby nucléaire a fustigé un arrêt “politique“ et “injustifié“, tragédie pour l’emploi, le climat… Revenons sur quelques arguments souvent entendus (un article plus détaillé est disponible à cette adresse : https://frama.link/Fessenheim-idees-recues).

© André Hatz


“L’arrêt de Fessenheim a mis des milliers de personnes au chômage“

Certes, il n’est pas question de nier les conséquences de la fermeture pour les personnes qui travaillaient à la centrale ou en vivaient (hôtellerie, restauration, etc.). Mais l’arrêt étant annoncé depuis des années et EDF n’ayant pas pu/voulu réaliser certains travaux indispensables, la reconversion du territoire était dans tous les cas incontournable.

Pour les travailleurs, l’enjeu de reconversion est là mais doit être relativisé. Les 738 salarié·es d’EDF bénéficient d’une garantie d’emploi. Mi-juin, 95% d’entre eux avaient retrouvé un poste dans le groupe. Quant aux sous-traitants, une partie d’entre eux naviguaient déjà entre plusieurs sites. Plus qualifiées que la moyenne des travailleurs industriels, les personnes travaillant dans le nucléaire peuvent se reconvertir plus facilement.

Cet arrêt ne videra pas le territoire de ses habitants : selon une étude de l’INSEE de 2014  [1], Fessenheim était seulement un “petit pôle d’emplois“ en Alsace. Dans cette région transfrontalière dynamique, les logements quittés par les travailleurs EDF trouvent déjà facilement repreneur. Enfin, une accélération de la transition énergétique en Alsace pourra aussi déboucher sur de nouveaux emplois, bien plus nombreux, dans la rénovation thermique, les énergies renouvelables  [2]

“Fermer Fessenheim, c’est 6 à 10 millions de tonnes de CO2 en plus par an !“

Produit par la Société Française d’Énergie Nucléaire, ce chiffre suppose un remplacement mécanique et intégral de la production de Fessenheim par une électricité produite par des centrales au charbon ou au gaz. Un raisonnement déconnecté des réalités, les énergies renouvelables ayant la priorité sur le réseau électrique européen ! Or, la part de ces dernières ne cesse d’augmenter, et celle des fossiles de baisser. Au 1er semestre 2020, la part des renouvelables dans la production d’électricité des 27 est montée à 40% (soit 11% de plus qu’en 2019 !) et celle des fossiles descendue à 34% (-18% par rapport à 2019)  [3].

Au niveau français, RTE  [4] prévoit que la réduction de la part du nucléaire ira de pair avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre d’origine électrique, du fait du développement des énergies renouvelables. Et pour réduire les émissions de CO2 françaises, la priorité est d’agir sur les transports et la rénovation des bâtiments, secteur où nous sommes très en retard  [5]. Pas de maintenir en fonctionnement une centrale vieillissante…

Charlotte Mijeon


Notes

[2En 2011, l’association Négawatt a réalisé une étude montrant que la mise en œuvre d’une transition énergétique ambitieuse était susceptible de créer plus de 600 000 emplois nets : https://negawatt.org/IMG/pdf/synthese_emploi_scenario-negawatt_29-03-2013.pdf

“L’arrêt de Fessenheim a mis des milliers de personnes au chômage“

Certes, il n’est pas question de nier les conséquences de la fermeture pour les personnes qui travaillaient à la centrale ou en vivaient (hôtellerie, restauration, etc.). Mais l’arrêt étant annoncé depuis des années et EDF n’ayant pas pu/voulu réaliser certains travaux indispensables, la reconversion du territoire était dans tous les cas incontournable.

Pour les travailleurs, l’enjeu de reconversion est là mais doit être relativisé. Les 738 salarié·es d’EDF bénéficient d’une garantie d’emploi. Mi-juin, 95% d’entre eux avaient retrouvé un poste dans le groupe. Quant aux sous-traitants, une partie d’entre eux naviguaient déjà entre plusieurs sites. Plus qualifiées que la moyenne des travailleurs industriels, les personnes travaillant dans le nucléaire peuvent se reconvertir plus facilement.

Cet arrêt ne videra pas le territoire de ses habitants : selon une étude de l’INSEE de 2014  [1], Fessenheim était seulement un “petit pôle d’emplois“ en Alsace. Dans cette région transfrontalière dynamique, les logements quittés par les travailleurs EDF trouvent déjà facilement repreneur. Enfin, une accélération de la transition énergétique en Alsace pourra aussi déboucher sur de nouveaux emplois, bien plus nombreux, dans la rénovation thermique, les énergies renouvelables  [2]

“Fermer Fessenheim, c’est 6 à 10 millions de tonnes de CO2 en plus par an !“

Produit par la Société Française d’Énergie Nucléaire, ce chiffre suppose un remplacement mécanique et intégral de la production de Fessenheim par une électricité produite par des centrales au charbon ou au gaz. Un raisonnement déconnecté des réalités, les énergies renouvelables ayant la priorité sur le réseau électrique européen ! Or, la part de ces dernières ne cesse d’augmenter, et celle des fossiles de baisser. Au 1er semestre 2020, la part des renouvelables dans la production d’électricité des 27 est montée à 40% (soit 11% de plus qu’en 2019 !) et celle des fossiles descendue à 34% (-18% par rapport à 2019)  [3].

Au niveau français, RTE  [4] prévoit que la réduction de la part du nucléaire ira de pair avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre d’origine électrique, du fait du développement des énergies renouvelables. Et pour réduire les émissions de CO2 françaises, la priorité est d’agir sur les transports et la rénovation des bâtiments, secteur où nous sommes très en retard  [5]. Pas de maintenir en fonctionnement une centrale vieillissante…

Charlotte Mijeon



Thèmes
Fessenheim Fessenheim