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Crédit photo : Lukas Lehotsky - unsplash

Investir dans l’énergie nucléaire est mauvais pour le climat, selon les ONG

Communiqué commun Bureau européen de l’environnement (UE), Fondation pour l’environnement et l’agriculture (Bulgarie), France Nature Environnement (France), Global Chance (France), Klimaticka Koalicia (Slovaquie), Réseau "Sortir du Nucléaire" (France), Virage Énergie (France), NOAH - Les Amis de la Terre Danemark, Védegylet/Protect the Future (Hongrie), Estonian Green Movement - Les Amis de la Terre Estonie, MKG - Bureau suédois des ONG pour l’évaluation sur les déchets nucléaires (Suède), Milkas - Secrétariat des déchets nucléaires du Mouvement suédois pour l’environnement (Suède)

Communiqué du 7 novembre 2023



Traduit de l’anglais à partir du communiqué disponible ici.

Aujourd’hui, les acteurs de l’énergie nucléaire de l’Union européenne se réunissent dans le cadre du Forum européen de l’énergie nucléaire. L’industrie nucléaire et certains pays de l’UE réclament davantage de soutien et de subventions pour l’énergie nucléaire, en particulier pour les petits réacteurs modulaires (SMR), au nom de la réalisation des objectifs climatiques de l’UE.

Les ONG environnementales s’unissent pour contester cette demande, estimant que l’investissement dans de nouvelles centrales nucléaires retardera la décarbonation et que les SMR ne répondent pas aux problèmes de l’industrie. Les gouvernements devraient plutôt se concentrer sur les énergies renouvelables peu coûteuses et le développement des réseaux électriques et des moyens de stockage de l’énergie.

Lors du Forum européen sur l’énergie nucléaire, les ONG appellent l’UE et ses États membres à subventionner les sources d’énergie capables d’atteindre nos objectifs climatiques de manière fiable et à moindre coût, et non l’énergie nucléaire. Au contraire, investir dans de nouvelles centrales nucléaires pourrait s’avérer préjudiciable aux objectifs climatiques de l’UE :

  • Retards prolongés : Les dernières centrales nucléaires construites en Europe ont connu des retards de plus de dix ans. Nous ne pouvons pas risquer de tels retards sur notre chemin vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • Dépassement des coûts : Les centrales nucléaires ont connu d’énormes dépassements de coûts. L’industrie nucléaire cherche à répercuter ces coûts élevés sur les contribuables et les ménages par le biais de subventions de l’État et de l’UE. À noter que l’industrie nucléaire française a été nationalisée.
  • Intérêts géostratégiques : L’énergie nucléaire est poussée par de puissants lobbies et des intérêts géostratégiques. L’énergie nucléaire de plusieurs États de l’UE dépend de l’entreprise nucléaire russe Rosatom, qui importe de l’uranium de pays instables situés en dehors de l’UE.
  • Transition décentralisée : Pour décarboner rapidement, nous devons choisir des technologies peu coûteuses, faciles à déployer à grande échelle, comme les panneaux solaires et les éoliennes. L’énergie nucléaire contredit la vision d’un système énergétique décentralisé impliquant l’engagement des citoyens.
  • Impact environnemental : Selon le rapport du GIEC publié en mars 2023, l’énergie nucléaire est l’une des deux options d’atténuation les moins efficaces (comme le captage et le stockage du carbone). C’est une option inefficace qui pose de sérieux risques de pollutions pendant l’utilisation et pour les générations futures en raison des déchets nucléaires dont la durée de vie est longue.

Les petits réacteurs modulaires (SMR) ne répondent à aucun des problèmes fondamentaux de l’industrie :

  • Une technologie non aboutie : Même les modèles les plus simples utilisés aujourd’hui dans les sous-marins ne seront pas disponibles à grande échelle avant la fin de la prochaine décennie, si tant est qu’ils le soient.
  • Des risques de déchets et de prolifération : Les modèles de SMR ne résolvent pas le problème persistant des déchets nucléaires et posent de nouveaux risques liés à la prolifération des matières nucléaires.

Citations

Luke Haywood, du Bureau européen de l’environnement, a déclaré :

"Il est très peu probable que les petits réacteurs modulaires changent quoi que ce soit à la mauvaise rentabilité des investissements dans l’énergie nucléaire. Nous devrions nous concentrer sur ce que nous savons être efficace pour réduire rapidement les émissions : les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Chaque euro investi dans le nucléaire pourrait contribuer à remplacer les combustibles fossiles plus rapidement et à moindre coût s’il était consacré aux énergies renouvelables et au développement des réseaux électriques et des moyens de stockage de l’énergie. Cela permettrait également de réduire la pollution de l’air, les déchets radioactifs et les factures d’énergie tout en permettant une plus grande participation des citoyens".

Marion Rivet, du Réseau "Sortir du nucléaire", a déclaré :

"Les projets de nouvelles centrales nucléaires en France sont estimés à environ 52 milliards d’euros. Tout cet argent devrait être investi dans des solutions immédiates et efficaces pour une véritable transition énergétique. La réduction des gaz à effet de serre produits par nos pays doit être effective dans les 10 prochaines années et doit provenir d’une source totalement durable (c’est-à-dire qui ne crée pas de déchets à long terme, qui ne dépend pas de l’uranium...)".

Antoine Bonduelle, de Virage Énergie, a déclaré :

"Les petits réacteurs ne sont pas une option pour la crise climatique. Au mieux, ils coûtent le double ou plus par kWh que les autres options nucléaires, et même beaucoup plus que l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables, comme le montrent largement les scénarios et le consensus du récent rapport AR6 du GIEC. Les petits réacteurs produiraient plus de déchets que les réacteurs classiques et utiliseraient plus de matériaux et de combustibles. Les accidents restent possibles et les risques de prolifération sont beaucoup plus élevés. En France, plusieurs projets proposés sont des arrangements douteux visant à utiliser plus d’argent public ou à justifier des équipes de recherche inutiles. Au final, c’est une impasse coûteuse, une perte de temps et d’argent public".

Antoine Gatet, de France Nature Environnement, a déclaré :

"Pour France Nature Environnement, les choix énergétiques doivent être discutés démocratiquement en prenant en compte les citoyens en général et la société civile organisée en particulier. Les discussions doivent être basées sur des données économiques, sociales et environnementales transparentes. Les discussions doivent inclure l’ensemble du cycle de vie, de l’extraction minière à la gestion des déchets. À ce jour, la relance du nucléaire s’est toujours soldée par un échec, tandis que les options 100 % renouvelables l’emportent. Quand passerons-nous à la démocratie environnementale ?"

Signataires

Bureau européen de l’environnement (UE), Fondation pour l’environnement et l’agriculture (Bulgarie), France Nature Environnement (France), Global Chance (France), Klimaticka Koalicia (Slovaquie), Réseau "Sortir du Nucléaire" (France), Virage Énergie (France), NOAH - Les Amis de la Terre Danemark, Védegylet/Protect the Future (Hongrie), Estonian Green Movement - Les Amis de la Terre Estonie, MKG - Bureau suédois des ONG pour l’évaluation sur les déchets nucléaires (Suède), Milkas - Secrétariat des déchets nucléaires du Mouvement suédois pour l’environnement (Suède).

Personnes référentes à Bratislava

  • Luke Haywood, Bureau européen de l’environnement, Luke.Haywood@eeb.org
  • Albena Simeonova, Fondation pour l’environnement et l’agriculture (Bulgarie), ealbenas@gmail.com, agroecobg@gmail.com
  • Antoine Bonduelle, Virage Énergie (France), contact@ee-consultant.fr
  • Jan Haverkamp, WISE (Pays-Bas), jan@wisenederland.org
  • Lucia Szabová, Klimaticka Koalicia (Slovaquie), luia.szabova@gmail.com

FIN

Notes aux rédacteurs

Traduit de l’anglais à partir du communiqué disponible ici.

Aujourd’hui, les acteurs de l’énergie nucléaire de l’Union européenne se réunissent dans le cadre du Forum européen de l’énergie nucléaire. L’industrie nucléaire et certains pays de l’UE réclament davantage de soutien et de subventions pour l’énergie nucléaire, en particulier pour les petits réacteurs modulaires (SMR), au nom de la réalisation des objectifs climatiques de l’UE.

Les ONG environnementales s’unissent pour contester cette demande, estimant que l’investissement dans de nouvelles centrales nucléaires retardera la décarbonation et que les SMR ne répondent pas aux problèmes de l’industrie. Les gouvernements devraient plutôt se concentrer sur les énergies renouvelables peu coûteuses et le développement des réseaux électriques et des moyens de stockage de l’énergie.

Lors du Forum européen sur l’énergie nucléaire, les ONG appellent l’UE et ses États membres à subventionner les sources d’énergie capables d’atteindre nos objectifs climatiques de manière fiable et à moindre coût, et non l’énergie nucléaire. Au contraire, investir dans de nouvelles centrales nucléaires pourrait s’avérer préjudiciable aux objectifs climatiques de l’UE :

  • Retards prolongés : Les dernières centrales nucléaires construites en Europe ont connu des retards de plus de dix ans. Nous ne pouvons pas risquer de tels retards sur notre chemin vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • Dépassement des coûts : Les centrales nucléaires ont connu d’énormes dépassements de coûts. L’industrie nucléaire cherche à répercuter ces coûts élevés sur les contribuables et les ménages par le biais de subventions de l’État et de l’UE. À noter que l’industrie nucléaire française a été nationalisée.
  • Intérêts géostratégiques : L’énergie nucléaire est poussée par de puissants lobbies et des intérêts géostratégiques. L’énergie nucléaire de plusieurs États de l’UE dépend de l’entreprise nucléaire russe Rosatom, qui importe de l’uranium de pays instables situés en dehors de l’UE.
  • Transition décentralisée : Pour décarboner rapidement, nous devons choisir des technologies peu coûteuses, faciles à déployer à grande échelle, comme les panneaux solaires et les éoliennes. L’énergie nucléaire contredit la vision d’un système énergétique décentralisé impliquant l’engagement des citoyens.
  • Impact environnemental : Selon le rapport du GIEC publié en mars 2023, l’énergie nucléaire est l’une des deux options d’atténuation les moins efficaces (comme le captage et le stockage du carbone). C’est une option inefficace qui pose de sérieux risques de pollutions pendant l’utilisation et pour les générations futures en raison des déchets nucléaires dont la durée de vie est longue.

Les petits réacteurs modulaires (SMR) ne répondent à aucun des problèmes fondamentaux de l’industrie :

  • Une technologie non aboutie : Même les modèles les plus simples utilisés aujourd’hui dans les sous-marins ne seront pas disponibles à grande échelle avant la fin de la prochaine décennie, si tant est qu’ils le soient.
  • Des risques de déchets et de prolifération : Les modèles de SMR ne résolvent pas le problème persistant des déchets nucléaires et posent de nouveaux risques liés à la prolifération des matières nucléaires.

Citations

Luke Haywood, du Bureau européen de l’environnement, a déclaré :

"Il est très peu probable que les petits réacteurs modulaires changent quoi que ce soit à la mauvaise rentabilité des investissements dans l’énergie nucléaire. Nous devrions nous concentrer sur ce que nous savons être efficace pour réduire rapidement les émissions : les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Chaque euro investi dans le nucléaire pourrait contribuer à remplacer les combustibles fossiles plus rapidement et à moindre coût s’il était consacré aux énergies renouvelables et au développement des réseaux électriques et des moyens de stockage de l’énergie. Cela permettrait également de réduire la pollution de l’air, les déchets radioactifs et les factures d’énergie tout en permettant une plus grande participation des citoyens".

Marion Rivet, du Réseau "Sortir du nucléaire", a déclaré :

"Les projets de nouvelles centrales nucléaires en France sont estimés à environ 52 milliards d’euros. Tout cet argent devrait être investi dans des solutions immédiates et efficaces pour une véritable transition énergétique. La réduction des gaz à effet de serre produits par nos pays doit être effective dans les 10 prochaines années et doit provenir d’une source totalement durable (c’est-à-dire qui ne crée pas de déchets à long terme, qui ne dépend pas de l’uranium...)".

Antoine Bonduelle, de Virage Énergie, a déclaré :

"Les petits réacteurs ne sont pas une option pour la crise climatique. Au mieux, ils coûtent le double ou plus par kWh que les autres options nucléaires, et même beaucoup plus que l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables, comme le montrent largement les scénarios et le consensus du récent rapport AR6 du GIEC. Les petits réacteurs produiraient plus de déchets que les réacteurs classiques et utiliseraient plus de matériaux et de combustibles. Les accidents restent possibles et les risques de prolifération sont beaucoup plus élevés. En France, plusieurs projets proposés sont des arrangements douteux visant à utiliser plus d’argent public ou à justifier des équipes de recherche inutiles. Au final, c’est une impasse coûteuse, une perte de temps et d’argent public".

Antoine Gatet, de France Nature Environnement, a déclaré :

"Pour France Nature Environnement, les choix énergétiques doivent être discutés démocratiquement en prenant en compte les citoyens en général et la société civile organisée en particulier. Les discussions doivent être basées sur des données économiques, sociales et environnementales transparentes. Les discussions doivent inclure l’ensemble du cycle de vie, de l’extraction minière à la gestion des déchets. À ce jour, la relance du nucléaire s’est toujours soldée par un échec, tandis que les options 100 % renouvelables l’emportent. Quand passerons-nous à la démocratie environnementale ?"

Signataires

Bureau européen de l’environnement (UE), Fondation pour l’environnement et l’agriculture (Bulgarie), France Nature Environnement (France), Global Chance (France), Klimaticka Koalicia (Slovaquie), Réseau "Sortir du Nucléaire" (France), Virage Énergie (France), NOAH - Les Amis de la Terre Danemark, Védegylet/Protect the Future (Hongrie), Estonian Green Movement - Les Amis de la Terre Estonie, MKG - Bureau suédois des ONG pour l’évaluation sur les déchets nucléaires (Suède), Milkas - Secrétariat des déchets nucléaires du Mouvement suédois pour l’environnement (Suède).

Personnes référentes à Bratislava

  • Luke Haywood, Bureau européen de l’environnement, Luke.Haywood@eeb.org
  • Albena Simeonova, Fondation pour l’environnement et l’agriculture (Bulgarie), ealbenas@gmail.com, agroecobg@gmail.com
  • Antoine Bonduelle, Virage Énergie (France), contact@ee-consultant.fr
  • Jan Haverkamp, WISE (Pays-Bas), jan@wisenederland.org
  • Lucia Szabová, Klimaticka Koalicia (Slovaquie), luia.szabova@gmail.com

FIN

Notes aux rédacteurs


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