Un aperçu mondial des mines d’uranium abandonnées et en activité, ainsi que des luttes menées par les peuples autochtones concernés par les sites d’extraction ; un survol du marché mondial de l’uranium et des enjeux géopolitiques qui l’entourent, marqués par le passé colonial ; un état des lieux des stocks de matières radioactives dans le monde… Telles sont les informations présentées dans cet Atlas de l’uranium, au moyen d’articles détaillés et de nombreuses cartes et infographies.
« La France ne compte plus aucune mine d’uranium en activité depuis 2001 et doit importer massivement cette matière première », souligne Charlotte Mijeon, du Réseau "Sortir du nucléaire". « La fameuse « indépendance énergétique » de notre pays grâce au nucléaire est un pur cliché ».
Sans l’exploitation minière de l’uranium, il n’y a ni électricité nucléaire ni armes atomiques. Mais ses conséquences radiologiques sont totalement ignorées du public. L’extraction a lieu loin des regards, notamment au Niger, en Namibie, au Kazakhstan, au Canada, en Australie. « Orano a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’elle se moque complètement des conséquences de l’extraction de l’uranium », critique Franza Drechsel, conseillère principale du département Afrique de l’Ouest de la Fondation Rosa Luxemburg. « Au Niger, elle ferme certes la mine COMINAK, mais les mesures d’assainissement sont insuffisantes. Les résidus radioactifs vont polluer l’environnement et les lieux de vie pour les prochains millénaires ». Dans le monde entier, l’exploitation minière de l’uranium a déjà laissé derrière elle un héritage radioactif d’environ deux milliards de tonnes de stériles et de boues contaminés. Des droits humains fondamentaux sont bafoués, en particulier ceux des personnes les moins écoutées, les peuples autochtones.
Plus que jamais, ces aspects méritent d’être connus, alors que la plupart des candidat.es à l’élection présidentielle s’enthousiasment pour la construction de nouveaux réacteurs et que la France, par ses coups de pression, tente à tout prix de faire rentrer le nucléaire dans la taxonomie européenne. Une aberration alors que le prix des énergies renouvelables ne cesse de baisser au niveau mondial. « L’électricité éolienne et solaire est désormais si bon marché que s’accrocher à l’électricité nucléaire s’apparente à un suicide économique », explique Horst Hamm, directeur de la Nuclear Free Future Foundation. « Je suis convaincu que, dans de nombreux cas, l’utilisation civile de l’énergie nucléaire n’est qu’une feuille de vigne pour l’utilisation militaire ».
« Nous espérons que cet atlas apportera une contribution aux débats, surtout en cette période de campagne électorale française », conclut Charlotte Mijeon.
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Contact : Dr Horst Hamm, Nuclear Free Future Foundation (anglais/allemand), +49/1577/1543231, h.hamm@nuclear-free.com
Charlotte Mijeon, Réseau Sortir du Nucléaire, +33 6 64 66 01 23, charlotte.mijeon@sortirdunucleaire.fr