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Sortir du nucléaire n°86

Été 2020

Après Fessenheim et avant 2035, fermer des réacteurs : un risque de pénurie ? Vraiment ?




C’était juste avant la crise du coronavirus et le premier réacteur de Fessenheim venait enfin de fermer ce 21 février. Une certaine presse [1] relayait les longs sanglots des pauvres élus nucléocrates, emmenés par Julien Aubert (LR) : ils se lamentaient de perdre le beurre et l’argent du beurre nucléaire dont étaient gavés leurs communes depuis 40 ans. Ah les belles piscines olympiques... en plus de celles de refroidissement des combustibles usés, ah les vastes salles polyvalentes “qui servent à tout, qui servent à rien“... et n’imaginaient pas que leurs chers réacteurs vieillissent inéluctablement et qu’il faudra bien les fermer un jour...



Et sur certains sites internet, tous de crier à la pénurie d’électricité qui menacerait la France et combien scandaleux il est de fermer de si beaux réacteurs en si bon état de marche et que ces écolos irresponsables “avec leur puissant lobby antinucléaire“ (sic !) allaient renvoyer la France à la bougie (resic !) à moins d’obliger ces écolos rétrogrades à pédaler pour produire notre dose d’électricité (reresic !).

Mais cette presse-là et ces sites-là avaient ils informé leurs lecteurs que la centrale de Flamanville était à l’arrêt, sans produire d’électricité depuis plus de 18 mois, après avoir été placée sous surveillance renforcée  [2] par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) depuis septembre 2019 ? Non pas le futur EPR – avec ses 10 ans de retard et son coût multiplié par 4,5 – mais bien les deux réacteurs Westinghouse bien traditionnels et qui ne sont pas parmi les plus vieux avec 34 et 33 ans d’âge : tous deux sont à l’arrêt. En décembre, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a estimé que la situation de la centrale de Flamanville était “très préoccupante“ étant donné les “écarts majeurs sur différents équipements classés de sûreté“ et que les deux réacteurs ne pouvaient être redémarrés en l’état. Non, non, ce n’est pas du “délire d’écolo“, il suffit de lire l’Usine Nouvelle du 4 mars 2020  [3] “EDF enchaîne les problèmes sur les troisièmes visites décennales des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire à Flamanville (Manche) qui ont débuté respectivement en janvier 2018 et janvier 2019. Aucun électron ne sortira de la centrale nucléaire EDF de Flamanville (Manche) avant le 31 mai 2020, prévient EDF. Cela fera 18 mois que la centrale n’a quasiment rien produit“. Et le 16 avril, EDF annonce que ces deux réacteurs ne redémarreront pas avant le 31 octobre prochain : un nouveau retard lié au fait que les interventions techniques sur le site sont perturbées par le confinement.

Plus globalement sur l’ensemble des centrales, en consultant le site de l’ASN, on pouvait constater qu’au 4è trimestre 2019, ce n’était pas moins de 14 réacteurs qui furent à l’arrêt entre 3 et 7 mois pour maintenance, rechargement de combustible, vérifications post-séisme, visites décennales (qui durent comme à Flamanville ou Tricastin).

Nucléophiles, avez-vous sorti vos pitoyables bougies ou avez-vous pédalé à l’entrée de l’hiver entre le 15 novembre et le 9 décembre 2019 quand ces 14 réacteurs étaient TOUS ARRÊTÉS EN MÊME TEMPS ?!

Tiens, 14 réacteurs, c’est exactement le nombre de réacteurs à arrêter pour l’officielle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie mais à l’horizon de 2035 !

Ah, vraiment avec ce confinement, on ne sait plus dans quel espace temps on se trouve !?

Philippe Lambersens

Et sur certains sites internet, tous de crier à la pénurie d’électricité qui menacerait la France et combien scandaleux il est de fermer de si beaux réacteurs en si bon état de marche et que ces écolos irresponsables “avec leur puissant lobby antinucléaire“ (sic !) allaient renvoyer la France à la bougie (resic !) à moins d’obliger ces écolos rétrogrades à pédaler pour produire notre dose d’électricité (reresic !).

Mais cette presse-là et ces sites-là avaient ils informé leurs lecteurs que la centrale de Flamanville était à l’arrêt, sans produire d’électricité depuis plus de 18 mois, après avoir été placée sous surveillance renforcée  [1] par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) depuis septembre 2019 ? Non pas le futur EPR – avec ses 10 ans de retard et son coût multiplié par 4,5 – mais bien les deux réacteurs Westinghouse bien traditionnels et qui ne sont pas parmi les plus vieux avec 34 et 33 ans d’âge : tous deux sont à l’arrêt. En décembre, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a estimé que la situation de la centrale de Flamanville était “très préoccupante“ étant donné les “écarts majeurs sur différents équipements classés de sûreté“ et que les deux réacteurs ne pouvaient être redémarrés en l’état. Non, non, ce n’est pas du “délire d’écolo“, il suffit de lire l’Usine Nouvelle du 4 mars 2020  [2] “EDF enchaîne les problèmes sur les troisièmes visites décennales des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire à Flamanville (Manche) qui ont débuté respectivement en janvier 2018 et janvier 2019. Aucun électron ne sortira de la centrale nucléaire EDF de Flamanville (Manche) avant le 31 mai 2020, prévient EDF. Cela fera 18 mois que la centrale n’a quasiment rien produit“. Et le 16 avril, EDF annonce que ces deux réacteurs ne redémarreront pas avant le 31 octobre prochain : un nouveau retard lié au fait que les interventions techniques sur le site sont perturbées par le confinement.

Plus globalement sur l’ensemble des centrales, en consultant le site de l’ASN, on pouvait constater qu’au 4è trimestre 2019, ce n’était pas moins de 14 réacteurs qui furent à l’arrêt entre 3 et 7 mois pour maintenance, rechargement de combustible, vérifications post-séisme, visites décennales (qui durent comme à Flamanville ou Tricastin).

Nucléophiles, avez-vous sorti vos pitoyables bougies ou avez-vous pédalé à l’entrée de l’hiver entre le 15 novembre et le 9 décembre 2019 quand ces 14 réacteurs étaient TOUS ARRÊTÉS EN MÊME TEMPS ?!

Tiens, 14 réacteurs, c’est exactement le nombre de réacteurs à arrêter pour l’officielle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie mais à l’horizon de 2035 !

Ah, vraiment avec ce confinement, on ne sait plus dans quel espace temps on se trouve !?

Philippe Lambersens



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