Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°84

Hiver 2020

Agir : la campagne sur le terrain

Sur le terrain, convaincre les citoyenn·es et les élu·es

Hiver 2020




Dans le cadre de la campagne “Le nucléaire tue l’avenir, arrêtons-le“, plusieurs actions ont été entreprises, afin d’informer et de mobiliser nos concitoyen·ne·s contre la prolongation d’usines et de réacteurs vieillissants et contre les projets de nouvelles installations, qu’il s’agisse de réacteurs EPR, d’usines ou de lieux de stockage des déchets radioactifs. On retiendra deux temps forts de cette séquence visant à stopper l’entêtement du gouvernement et des industriels dans une voie énergétique qui ruine le contribuable et met en danger les populations sur le (très) long terme.



Nucléaire, fais-moi peur !

© Jean-Noël Portmann

Du 23 octobre au 4 novembre, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a appelé les groupes locaux et les associations qui sont adhérents à se mobiliser un peu partout en France pendant 13 jours. L’objectif ? Profiter de la période d’Halloween et de la Toussaint pour alerter de façon ludique, en pointant les risques inconsidérés que fait peser l’industrie nucléaire sur l’environnement et la santé. L’autre objectif était de sensibiliser les habitant·e·s les plus proches d’une INB (Installation nucléaire de base) sur l’augmentation du risque d’accident qu’induit la prolongation de réacteurs et d’usines vieillissantes. Enfin, il s’agissait de créer une opposition forte aux nouvelles installations nucléaires en chantier ou en projet. Pour ce faire, plusieurs modalités d’actions étaient proposées.

Parmi elles, les distributions de pilules d’iode factices, munies d’un mode d’emploi rappelant la protection lacunaire qu’elles offrent en cas d’accident nucléaire. Certaines actions ont eu lieu devant les pharmacies, les mairies ou les préfectures, pour interpeller les usagers et les professionnels de santé sur les Plans particuliers d’intervention (PPI) et sonder leur degré d’information sur les distributions de pastilles d’iode et comment celles-ci fournissent une protection minimale en cas d’accident nucléaire.

© Jean-Noël Portmann

Sans prétendre que ces pastilles sont inutiles, l’objectif était de dévoiler comment la possibilité d’un accident nucléaire majeur et sa gestion est envisagée par les autorités, et de déplier ensuite au fil de la discussion les conséquences d’un accident majeur en France.

Samedi 14 décembre, plusieurs militant·e·s du CANO ( Collectif anti-nucléaire Ouest) ont posé leur table info et leurs fausses boîtes de pilules d’iode géantes sur le marché de Saint-Lô (50).

À Bar-le-Duc, des militant·e·s se sont emparé·e·s de cette idée d’action de façon originale. En combinant les distributions des fausses boîtes d’iode avec une déambulation macabre…de poubelles ! Depuis la gare de Bar-le-Duc - préfecture de la Meuse - une soixantaine de personnes déguisées se sont alors élancées dans les rues, munies de poubelles grimées pour l’occasion. “Bure fais-moi peur“, masques d’Halloween, démarche de zombie, tenues de liquidateurs et slogans contre le projet de méga-poubelle atomique Cigéo ont ainsi permis d’attiser la curiosité, et de débattre d’un sujet souvent perçu comme rébarbatif puisque trop sérieux.

Autre façon d’interpeller nos concitoyen·ne·s sur l’augmentation du risque d’accident qui découle mécaniquement de la prolongation d’usines et de réacteurs vétustes : l’action “Zone à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur“. Conceptualisée par l’association Sortir du nucléaire Bugey, cette action a été entreprise à l’autre bout de la France.

En Alsace, l’association Stop Fessenheim a réalisé un travail remarquable de sorte que, dès le matin du mercredi 30 octobre, de nombreux automobilistes ont pu constater un panneau supplémentaire à l’entrée de leur commune. D’une redoutable efficacité, la petite équipe de Stop Fessenheim est parvenue à apposer une centaine de panneaux aux entrées de 39 communes sur les 54 désormais concernées par le nouveau PPI. Dans un communiqué de presse, l’association alsacienne a précisé que “Tout en se réjouissant de la fermeture annoncée de la centrale alsacienne, Stop Fessenheim tient à alerter les populations riveraines des risques qui perdureront ; appelle les Autorités à organiser de réels exercices d’alerte ; demande instamment à l’ASN d’agir en responsabilité pour la sécurité des populations, notamment par la mise à l’arrêt conservatoire du GV 335 (Fessenheim 2) ; réaffirme son refus de toute nouvelle installation nucléaire (notamment de tout Technocentre) ; appelle l’État français à une sortie progressive mais réelle et déterminée du nucléaire, assortie d’un développement massif des énergies renouvelables qui sont réellement décarbonnées (contrairement au nucléaire).“

Le 9 novembre, SDN Bugey remettait le couvert à son tour sur plusieurs communes de l’Ain, et précisait son action : “Ce panneau comporte un message objectif “ZONE À ÉVACUER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR“. En effet, cette centrale du Bugey, pour deux de ses réacteurs, a dépassé les 40 ans d’activité et cumule incidents, anomalies et fuites diverses, sans parler des 271 irrégularités constatées sur l’ensemble des réacteurs.“

Élu·e·s, refusez la nucléarisation de vos territoires !

Jeudi 21 novembre, des militant·e·s ont mené une action devant le Congrès et le Salon des maires et des collectivités locales afin d’interpeller les acteurs des territoires. Puisqu’ils étaient réunis dans un salon qui met en relation les maires, les attachés territoriaux et bien d’autres acteurs locaux, un groupe de militant·e·s a décidé d’aller les interpeller, à Paris, afin qu’ils s’engagent à refuser tout nouveau projet d’installation nucléaire. La vingtaine de militant·e·s a distribué des tracts informatifs qui cartographient les nouvelles installations nucléaires en chantier ou en projet et incitent les élu·es· à s’y opposer.

Certain·e·s élu·e·s ont signé la pétition pour marquer leur refus du nucléaire. D’autres se sont arrêtés pour tantôt affirmer leur accord et donner du courage à la lutte, tantôt pour critiquer les opinions antinucléaires et qualifier les manifestants de “doux rêveurs“. Finalement, la plupart des personnes ont été touchées par les arguments diffusés sur le tract. D’autres ont ri à l’écoute du slogan : “on boycotte le stand d’EDF à l’intérieur du salon !“.

Julien Baldassarra

Nucléaire, fais-moi peur !

© Jean-Noël Portmann

Du 23 octobre au 4 novembre, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a appelé les groupes locaux et les associations qui sont adhérents à se mobiliser un peu partout en France pendant 13 jours. L’objectif ? Profiter de la période d’Halloween et de la Toussaint pour alerter de façon ludique, en pointant les risques inconsidérés que fait peser l’industrie nucléaire sur l’environnement et la santé. L’autre objectif était de sensibiliser les habitant·e·s les plus proches d’une INB (Installation nucléaire de base) sur l’augmentation du risque d’accident qu’induit la prolongation de réacteurs et d’usines vieillissantes. Enfin, il s’agissait de créer une opposition forte aux nouvelles installations nucléaires en chantier ou en projet. Pour ce faire, plusieurs modalités d’actions étaient proposées.

Parmi elles, les distributions de pilules d’iode factices, munies d’un mode d’emploi rappelant la protection lacunaire qu’elles offrent en cas d’accident nucléaire. Certaines actions ont eu lieu devant les pharmacies, les mairies ou les préfectures, pour interpeller les usagers et les professionnels de santé sur les Plans particuliers d’intervention (PPI) et sonder leur degré d’information sur les distributions de pastilles d’iode et comment celles-ci fournissent une protection minimale en cas d’accident nucléaire.

© Jean-Noël Portmann

Sans prétendre que ces pastilles sont inutiles, l’objectif était de dévoiler comment la possibilité d’un accident nucléaire majeur et sa gestion est envisagée par les autorités, et de déplier ensuite au fil de la discussion les conséquences d’un accident majeur en France.

Samedi 14 décembre, plusieurs militant·e·s du CANO ( Collectif anti-nucléaire Ouest) ont posé leur table info et leurs fausses boîtes de pilules d’iode géantes sur le marché de Saint-Lô (50).

À Bar-le-Duc, des militant·e·s se sont emparé·e·s de cette idée d’action de façon originale. En combinant les distributions des fausses boîtes d’iode avec une déambulation macabre…de poubelles ! Depuis la gare de Bar-le-Duc - préfecture de la Meuse - une soixantaine de personnes déguisées se sont alors élancées dans les rues, munies de poubelles grimées pour l’occasion. “Bure fais-moi peur“, masques d’Halloween, démarche de zombie, tenues de liquidateurs et slogans contre le projet de méga-poubelle atomique Cigéo ont ainsi permis d’attiser la curiosité, et de débattre d’un sujet souvent perçu comme rébarbatif puisque trop sérieux.

Autre façon d’interpeller nos concitoyen·ne·s sur l’augmentation du risque d’accident qui découle mécaniquement de la prolongation d’usines et de réacteurs vétustes : l’action “Zone à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur“. Conceptualisée par l’association Sortir du nucléaire Bugey, cette action a été entreprise à l’autre bout de la France.

En Alsace, l’association Stop Fessenheim a réalisé un travail remarquable de sorte que, dès le matin du mercredi 30 octobre, de nombreux automobilistes ont pu constater un panneau supplémentaire à l’entrée de leur commune. D’une redoutable efficacité, la petite équipe de Stop Fessenheim est parvenue à apposer une centaine de panneaux aux entrées de 39 communes sur les 54 désormais concernées par le nouveau PPI. Dans un communiqué de presse, l’association alsacienne a précisé que “Tout en se réjouissant de la fermeture annoncée de la centrale alsacienne, Stop Fessenheim tient à alerter les populations riveraines des risques qui perdureront ; appelle les Autorités à organiser de réels exercices d’alerte ; demande instamment à l’ASN d’agir en responsabilité pour la sécurité des populations, notamment par la mise à l’arrêt conservatoire du GV 335 (Fessenheim 2) ; réaffirme son refus de toute nouvelle installation nucléaire (notamment de tout Technocentre) ; appelle l’État français à une sortie progressive mais réelle et déterminée du nucléaire, assortie d’un développement massif des énergies renouvelables qui sont réellement décarbonnées (contrairement au nucléaire).“

Le 9 novembre, SDN Bugey remettait le couvert à son tour sur plusieurs communes de l’Ain, et précisait son action : “Ce panneau comporte un message objectif “ZONE À ÉVACUER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR“. En effet, cette centrale du Bugey, pour deux de ses réacteurs, a dépassé les 40 ans d’activité et cumule incidents, anomalies et fuites diverses, sans parler des 271 irrégularités constatées sur l’ensemble des réacteurs.“

Élu·e·s, refusez la nucléarisation de vos territoires !

Jeudi 21 novembre, des militant·e·s ont mené une action devant le Congrès et le Salon des maires et des collectivités locales afin d’interpeller les acteurs des territoires. Puisqu’ils étaient réunis dans un salon qui met en relation les maires, les attachés territoriaux et bien d’autres acteurs locaux, un groupe de militant·e·s a décidé d’aller les interpeller, à Paris, afin qu’ils s’engagent à refuser tout nouveau projet d’installation nucléaire. La vingtaine de militant·e·s a distribué des tracts informatifs qui cartographient les nouvelles installations nucléaires en chantier ou en projet et incitent les élu·es· à s’y opposer.

Certain·e·s élu·e·s ont signé la pétition pour marquer leur refus du nucléaire. D’autres se sont arrêtés pour tantôt affirmer leur accord et donner du courage à la lutte, tantôt pour critiquer les opinions antinucléaires et qualifier les manifestants de “doux rêveurs“. Finalement, la plupart des personnes ont été touchées par les arguments diffusés sur le tract. D’autres ont ri à l’écoute du slogan : “on boycotte le stand d’EDF à l’intérieur du salon !“.

Julien Baldassarra