Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°79

Automne 2018

Événement

S’organiser internationalement face à la menace nucléaire !

Automne 2018




Du lundi 6 au dimanche 12 août 2018, à Narbonne (France), a eu lieu le deuxième camp international d’été antinucléaire. Des groupes antinucléaires, des écologistes, des experts en justice écologique, des journalistes, des militants, des artistes de 17 pays s’y sont
retrouvés, partageant des expériences, cartographiant les conflits, planifiant des actions.




À travers des ateliers, nous nous sommes informés sur les situations au Japon, en Inde, en Turquie, en Belgique, en Allemagne, en France, en Espagne, en Amérique latine, aux États-Unis, en Russie, avec les mouvements antinucléaires et sur les luttes que nous avons à mener dans différents endroits de
la planète. Ce programme intense plein de débats, d’ateliers multilingues, d’actions, d’expositions et de concerts nous a apporté de l’optimisme pour l’avenir.

Coïncidant avec l’anniversaire du bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août, en
mémoire des victimes, une action symbolique et informative a été menée sur la plage de Narbonne (voir page 8). Les armes nucléaires représentent une menace énorme ; elles ne sont contrôlables ni dans l’espace ni dans le temps et ne sont comparables à aucune autre arme de destruction pour la Terre et pour toutes les espèces vivantes.

D’autres activités informatives ont également été menées sur les différents marchés de Narbonne, afin de soutenir les groupes locaux et de partager les connaissances sur les risques liés à la transformation de l’uranium, au fonctionnement habituel des réacteurs nucléaires et au transport des matériaux radioactifs et toxiques ainsi qu’au stockage des déchets radioactifs.

Toutes et tous, nous avons réaffirmé que l’exploitation de l’énergie nucléaire représente un danger réel aux mains de dirigeants irresponsables, mais qu’elle est également polluante, coûteuse et antidémocratique. Elle ne constitue pas une solution aux changements climatiques, mais un risque qu’on ne peut pas se permettre, encore moins aujourd’hui alors qu’il existe des emplois et des sources de
production d’électricité alternatives, renouvelables, viables et matures. Sur cette base, nous ne comprenons pas qu’il existe des gouvernements disposés à parier sur l’énergie nucléaire, bien qu’ils sachent quels dommages ils peuvent causer aux humains et à l’environnement. Il est donc plus que jamais nécessaire de s’organiser et de maintenir la pression.

Soulignons la participation active d’un groupe de militants japonais, parmi lesquels Toshiya Morita. Ce journaliste indépendant, rescapé de la deuxième génération de la bombe atomique a animé un atelier sur “Les dégâts cachés de la bombe atomique et la situation nucléaire actuelle au Japon“. Et Michiko Yoshii, professeur à l’Université d’Okinawa a offert un atelier “Comment avons-nous réussi à éviter l’exportation de centrales nucléaires du Japon vers le Vietnam“.

Leona Morgan et Eileen Shaughnessy, venues du Nouveau Mexique, ont partagé les luttes des
Amérindiens pour résister aux déchets radioactifs omniprésents aux États-Unis. Elles ont affirmé qu’il était primordial de travailler ensemble, au-delà des cultures, des langues et des frontières, pour faire d’un monde dénucléarisé une réalité. Eileen nous a même offert ses magnifiques chansons, pleines d’humanité et d’espoir.

En parlant du développement de l’électronucléaire en Inde, Sonali Huria, chercheuse, a évoqué la répression en Inde et nous a exhorté à agir en France pour dénoncer notamment le projet insensé de six EPR à Jaitapur.

Pinar Dermican, journaliste turque, (voir son interview page 23) nous a expliqué les projets électronucléaires en Turquie, pays pourtant fragile au plan sismique. Là encore, les dirigeants veulent imposer en force ces projets mégalomanes et peu sûrs.

Les militants allemands du collectif Don’t nuke the Climate ont rappelé que le nucléaire (même avec les SMR (Small Modular Reactors) n’était pas une solution au changement climatique.

Les espagnoles Yolanda et Teresa, ont mis en avant, pour la première fois lors des rencontres antinucléaires, l’éco féminisme. Les alternatives
à l’énergie nucléaire ont été au centre des préoccupations, soulignant la nécessité d’inclure les femmes comme co-protagonistes de la lutte antinucléaire, ainsi que dans la construction de la transition énergétique. Les militantes proposent d’accueillir le prochain camp international antinucléaire en Espagne au printemps prochain. Un moment-clé pour le pays pour réclamer le respect du calendrier de fermeture de tous les réacteurs nucléaires et l’arrêt des projets de mine d’uranium et de cimetières de déchets radioactifs.

Cette rencontre internationale a eu lieu dans un contexte nucléaire inquiétant, avec la menace des méthodes violentes de l’industrie et du lobby nucléaire dans le monde. Mais elle a apporté un élan d’espoir, nourri par les personnes courageuses venues du monde entier s’opposant fermement aux projets et aux taxes inutiles et défendant leurs territoires avec acharnement tout en favorisant une transition énergétique juste et écologique.
L’industrie nucléaire crée des problèmes qu’elle ne sait pas résoudre. Problèmes dont hériteront la Terre
et les générations futures. Cette question relève de la justice entre les générations et des droits de la nature ; de ce nouveau paradigme de la justice écologique, il nous faut oeuvrer pour libérer l’humanité de l’empreinte indélébile de l’industrie nucléaire.

Ces sept jours ont été l’occasion d’échanger des connaissances, des stratégies pour continuer à résister contre l’oppression et les intérêts de quelques personnes au détriment des autres et de l’environnement, de coordonner la lutte contre les criminels nucléaires qui se cachent à l’intérieur de ce lobby.

Yolanda Picazo, Teresa Vicente
et Bernard Cottier

Sur la plage de Narbonne, des militants jouent les prolongations

Dans le sillage des commémorations des 6 et 9 août, un groupe de
militants a choisi d’aller au plus proche des vacanciers. Pour sensibiliser sur les risques et les coûts de la dissuasion nucléaire et donner de la
visibilité au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), une vingtaine de militants ont sillonné la plage de Narbonne.

Au milieu des châteaux de sables et autres jeux de raquettes, ils
ont distribué tracts et accosté les vacanciers, tantôt intéressés, tantôt exaspérés. Signalé par la présence de son imposant ballon dirigeable de plusieurs mètres d’envergures et par les chasubles blanches estampillées ICAN, le groupe a déambulé sur le sable, remplaçant pour une après-midi le traditionnel marchand de beignets. Exit l’huile de palme suintante ; bonjour les arguments et les idées. La distribution de ballons à l’hélium pour les enfants et de brochures pour les plus grands auront permis d’enclencher des débats, sur une natte, sous un parasol ou les pieds dans l’eau. Par cette action, ADN 34, SDN 11 et le Réseau “Sortir
du nucléaire“ ont démontré que les réflexions sur la bombe étaient
compatibles avec l’atmosphère détendue des vacances estivales.


À travers des ateliers, nous nous sommes informés sur les situations au Japon, en Inde, en Turquie, en Belgique, en Allemagne, en France, en Espagne, en Amérique latine, aux États-Unis, en Russie, avec les mouvements antinucléaires et sur les luttes que nous avons à mener dans différents endroits de
la planète. Ce programme intense plein de débats, d’ateliers multilingues, d’actions, d’expositions et de concerts nous a apporté de l’optimisme pour l’avenir.

Coïncidant avec l’anniversaire du bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août, en
mémoire des victimes, une action symbolique et informative a été menée sur la plage de Narbonne (voir page 8). Les armes nucléaires représentent une menace énorme ; elles ne sont contrôlables ni dans l’espace ni dans le temps et ne sont comparables à aucune autre arme de destruction pour la Terre et pour toutes les espèces vivantes.

D’autres activités informatives ont également été menées sur les différents marchés de Narbonne, afin de soutenir les groupes locaux et de partager les connaissances sur les risques liés à la transformation de l’uranium, au fonctionnement habituel des réacteurs nucléaires et au transport des matériaux radioactifs et toxiques ainsi qu’au stockage des déchets radioactifs.

Toutes et tous, nous avons réaffirmé que l’exploitation de l’énergie nucléaire représente un danger réel aux mains de dirigeants irresponsables, mais qu’elle est également polluante, coûteuse et antidémocratique. Elle ne constitue pas une solution aux changements climatiques, mais un risque qu’on ne peut pas se permettre, encore moins aujourd’hui alors qu’il existe des emplois et des sources de
production d’électricité alternatives, renouvelables, viables et matures. Sur cette base, nous ne comprenons pas qu’il existe des gouvernements disposés à parier sur l’énergie nucléaire, bien qu’ils sachent quels dommages ils peuvent causer aux humains et à l’environnement. Il est donc plus que jamais nécessaire de s’organiser et de maintenir la pression.

Soulignons la participation active d’un groupe de militants japonais, parmi lesquels Toshiya Morita. Ce journaliste indépendant, rescapé de la deuxième génération de la bombe atomique a animé un atelier sur “Les dégâts cachés de la bombe atomique et la situation nucléaire actuelle au Japon“. Et Michiko Yoshii, professeur à l’Université d’Okinawa a offert un atelier “Comment avons-nous réussi à éviter l’exportation de centrales nucléaires du Japon vers le Vietnam“.

Leona Morgan et Eileen Shaughnessy, venues du Nouveau Mexique, ont partagé les luttes des
Amérindiens pour résister aux déchets radioactifs omniprésents aux États-Unis. Elles ont affirmé qu’il était primordial de travailler ensemble, au-delà des cultures, des langues et des frontières, pour faire d’un monde dénucléarisé une réalité. Eileen nous a même offert ses magnifiques chansons, pleines d’humanité et d’espoir.

En parlant du développement de l’électronucléaire en Inde, Sonali Huria, chercheuse, a évoqué la répression en Inde et nous a exhorté à agir en France pour dénoncer notamment le projet insensé de six EPR à Jaitapur.

Pinar Dermican, journaliste turque, (voir son interview page 23) nous a expliqué les projets électronucléaires en Turquie, pays pourtant fragile au plan sismique. Là encore, les dirigeants veulent imposer en force ces projets mégalomanes et peu sûrs.

Les militants allemands du collectif Don’t nuke the Climate ont rappelé que le nucléaire (même avec les SMR (Small Modular Reactors) n’était pas une solution au changement climatique.

Les espagnoles Yolanda et Teresa, ont mis en avant, pour la première fois lors des rencontres antinucléaires, l’éco féminisme. Les alternatives
à l’énergie nucléaire ont été au centre des préoccupations, soulignant la nécessité d’inclure les femmes comme co-protagonistes de la lutte antinucléaire, ainsi que dans la construction de la transition énergétique. Les militantes proposent d’accueillir le prochain camp international antinucléaire en Espagne au printemps prochain. Un moment-clé pour le pays pour réclamer le respect du calendrier de fermeture de tous les réacteurs nucléaires et l’arrêt des projets de mine d’uranium et de cimetières de déchets radioactifs.

Cette rencontre internationale a eu lieu dans un contexte nucléaire inquiétant, avec la menace des méthodes violentes de l’industrie et du lobby nucléaire dans le monde. Mais elle a apporté un élan d’espoir, nourri par les personnes courageuses venues du monde entier s’opposant fermement aux projets et aux taxes inutiles et défendant leurs territoires avec acharnement tout en favorisant une transition énergétique juste et écologique.
L’industrie nucléaire crée des problèmes qu’elle ne sait pas résoudre. Problèmes dont hériteront la Terre
et les générations futures. Cette question relève de la justice entre les générations et des droits de la nature ; de ce nouveau paradigme de la justice écologique, il nous faut oeuvrer pour libérer l’humanité de l’empreinte indélébile de l’industrie nucléaire.

Ces sept jours ont été l’occasion d’échanger des connaissances, des stratégies pour continuer à résister contre l’oppression et les intérêts de quelques personnes au détriment des autres et de l’environnement, de coordonner la lutte contre les criminels nucléaires qui se cachent à l’intérieur de ce lobby.

Yolanda Picazo, Teresa Vicente
et Bernard Cottier

Sur la plage de Narbonne, des militants jouent les prolongations

Dans le sillage des commémorations des 6 et 9 août, un groupe de
militants a choisi d’aller au plus proche des vacanciers. Pour sensibiliser sur les risques et les coûts de la dissuasion nucléaire et donner de la
visibilité au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), une vingtaine de militants ont sillonné la plage de Narbonne.

Au milieu des châteaux de sables et autres jeux de raquettes, ils
ont distribué tracts et accosté les vacanciers, tantôt intéressés, tantôt exaspérés. Signalé par la présence de son imposant ballon dirigeable de plusieurs mètres d’envergures et par les chasubles blanches estampillées ICAN, le groupe a déambulé sur le sable, remplaçant pour une après-midi le traditionnel marchand de beignets. Exit l’huile de palme suintante ; bonjour les arguments et les idées. La distribution de ballons à l’hélium pour les enfants et de brochures pour les plus grands auront permis d’enclencher des débats, sur une natte, sous un parasol ou les pieds dans l’eau. Par cette action, ADN 34, SDN 11 et le Réseau “Sortir
du nucléaire“ ont démontré que les réflexions sur la bombe étaient
compatibles avec l’atmosphère détendue des vacances estivales.



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