Un recours contre le permis de construire modificatif d’Unitech
Unitech a déposé en avril 2025 un dossier de permis de construire modificatif (PCM) que la mairie de Suzannecourt a délivré fin juillet. Nous constatons qu’il est entaché de nombreuses irrégularités, en particulier au niveau de son affichage qui ne nous semble pas avoir été réalisé conformément aux normes applicables. A l’appui, nous avons fait constater par voie d’huissier que les inscriptions sur ce PCM n’étaient pas suffisamment visibles. L’arrêté pris par la mairie ne mentionne pas les voies de recours aux tiers, et les délais habituels ne sont donc pas applicables en l’espèce. Nous considérons en particulier que ce PCM est illégal puisqu’en raison du changement de nature du projet, après l’abandon de la blanchisserie nucléaire, Unitech aurait dû déposer une nouvelle demande de permis de construire et pas seulement une demande de PCM (permis de construire modificatif). En effet, le projet a intégralement changé de nature et porte désormais sur les seules activités d’entreposage et de maintenance de matériels et d’outillages contaminés par des substances radioactives. Cet avis était d’ailleurs partagé par les services instructeurs de la Communauté d’agglomération du Grand Saint-Dizier Der et Vallée qui avaient considéré au printemps dernier que le bâtiment projeté et la nature de l’activité étaient sans rapport avec le projet initial, et que les modifications projetées étaient tellement importantes qu’un nouveau permis de construire était en tout état de cause nécessaire.
Un référé-suspension en réaction aux travaux qui ont commencé sur la Joinchère
En complément du recours contre le permis de construire modificatif, nos associations ont déposé fin décembre un référé-suspension pour tenter de suspendre les effets de ce PCM. En effet, en cette fin d’année, les riverain-es nous ont alerté-es de la présence d’engins sur le terrain de la Joinchère. Unitech ne perd pas de temps : après plusieurs années d’absence, elle commence du jour au lendemain des travaux qui anticipent les futures décisions de justice. Unitech compte certainement sur le fait accompli, méthode qui ne nous surprend en rien puisque cette société a toujours fait preuve d’une absence de transparence et fait fi de la démocratie locale. L’audience en référé aura lieu vendredi 16 janvier 2026 à 11h30 au tribunal administratif de Chalons-en-Champagne.
Le recours contre l’autorisation environnementale en attente d’une date d’audience
Nos associations ont fait appel des décisions du Tribunal Administratif de Châlons concernant l’autorisation environnementale. La récente décision du TA - particulièrement lapidaire - qui considère que la présentation des garanties financières a été suffisante et que l’autorisation environnementale a bien été régularisée, n’est pas compréhensible. Nous maintenons tous nos arguments en appel et persistons à dire que les impacts environnementaux et sanitaires de cette activité, sur lesquels nous manquons d’informations, restent flous et ainsi, peu maîtrisés.
Il est important de visibiliser et célébrer le travail de ce mouvement citoyen qui s’est créé contre l’installation, et qui a obtenu une première victoire avec l’abandon de la laverie nucléaire ! Aujourd’hui nous ne nous arrêtons pas là et poursuivons, heureux de cette première avancée, la lutte contre le projet. Les collectifs mobilisés restent vigilants à l’avancée des travaux et sont là pour contester chaque nouvelle étape franchie par Unitech : que ce soit pour l’autorisation environnementale ou pour le permis de construire, le futur exploitant devra se justifier à nouveau devant la justice concernant les lacunes procédurales que nous lui reprochons.