Paru dans Sortir du nucléaire n°98, Été 2023. Mis en ligne le 11 décembre 2023
Si l’invasion de l’Ukraine par la Russie a mené à des sanctions européennes sur le gaz et le charbon russe, le nucléaire, quant à lui, ne semble pas inquiété. Et pour cause : l’industrie russe occupe un rôle stratégique majeur dans le nucléaire mondial, fournissant combustibles et infrastructures à de nombreux États.
Depuis mars 2022, la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhia est sous occupation russe.
La demande du Parlement européen d’inclure l’industrie nucléaire dans les sanctions contre la Russie après l’agression de l’Ukraine le 24 février 2022 est restée sans suite.
L’accord stratégique de coopération, signé en décembre 2021, entre Framatome et Rosatom n’a pas été dénoncé. Il se concrétise en particulier par des fournitures par l’entreprise française de composants essentiels pour les réacteurs construits par l’entreprise russe Rosatom, pour un montant avoisinant le milliard d’euros.
Pourtant un embargo sur le nucléaire russe, vu le faible nombre d’entreprises du secteur nucléaire, serait beaucoup moins facile à contourner que ne le sont les embargos contre le pétrole et gaz russe.
Les industries nucléaires civiles et militaires étant très liées, un embargo sur le nucléaire impacterait aussi le nucléaire militaire, armes atomiques et réacteurs de propulsion des navires et sous-marins.
Pourquoi cette absence d’embargo ? L’importation de Russie de près du tiers des combustibles nucléaires neufs indispensables au fonctionnement des centrales nucléaires en France et aux USA ne serait-elle pas la raison ? Surtout qu’aucune alternative immédiate de production n’étant disponible au monde, des réacteurs se retrouveraient à l’arrêt faute de combustible.
Martial Chateau
https://www.sortirdunucleaire.org/Atlas-mondial-de-l-uranium
https://s.42l.fr/ouestfrance-sanctions-nucleaire-russe
https://www.global-chance.org/La-triple-dependance-francaise-en-combustible-nucleaire
https://s.42l.fr/greenpeace-rapport-uranium
https://www.acro.eu.org/dou-vient-luranium-importe-en-france
[1] Quelques semaines après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une livraison à la Slovaquie de combustible neuf a été effectuée par avion à partir de la Russie avec autorisation de survol de la Biélorussie et de la Pologne !