"Le Parlement de l’eau", chronique d’une lecture rafraîchissante
Après quelques dizaines d’ouvrages féministes, écologistes, anticapitalistes lus au prisme de la lutte antinucléaire, c’est toujours une agréable surprise de voir des auteur·ices questionner le nucléaire et les conséquences de cette industrie sur le vivant dans son ensemble. Plongez avec nous dans Le Parlement de l’eau, roman de Wendy Delorme, paru le 3 septembre 2025 aux éditions Cambourakis.
En prêtant des voix et des personnalités aux eaux de la région lyonnaise, Wendy Delorme créé le fameux "Parlement de l’eau" qui donne son titre à l’ouvrage. Roman polyphonique, Le Parlement de l’Eau est divisé en trois histoires qui s’entremêlent par moments et dont les personnages luttent pour faire advenir une société plus juste, égalitaire et connectée au vivant, dans leurs formes, leurs époques et leurs moyens d’action propres.
En lisant le Parlement de l’eau, on se surprend à prêter une attention accrue au bruit de la pluie, aux inscriptions qui signifient la présence de cours d’eau enfouis (comme la Bièvre dans Paris ou la Rize à Lyon), aux mouvements et évolutions des fleuves avec lesquels on vit. On sort des pages de ce roman plus attentifs et attentives aux fleuves, nappes phréatiques, rivières enterrées et lacs qui nous entourent, et, par extension, plus attentifs et attentives à tout le vivant qui dépend de ces eaux.
Sans en faire le cœur de son ouvrage, Wendy Delorme aborde la question du nucléaire et de ses impacts sur l’eau.
"C’est peut-être à cause des rejets thermiques des centrales nucléaires en circuit ouvert que [le Delta du Rhône] est malade et pue la palourde crevée (elle note pour plus tard : investiguer le lien entre le nucléaire et le réchauffement des Eaux)." [1]
Le roman peut amener les citoyen·nes à se poser les questions que l’industrie nucléaire préfère écarter : comment les centrales nucléaires participent-elles au réchauffement des fleuves et des mers qui leur servent à se refroidir ? Quelles sont les conséquences d’un rejet de plutonium dans un cours d’eau suite à un accident nucléaire et ses effets sur les écosystèmes ?
Défendre l’Eau, c’est défendre le vivant. Se battre pour limiter sa pollution et garantir son accès à tous et toutes est central à l’heure des privatisations, des accaparements et des arbitrages en faveur des plus riches, de l’industrie et de l’agro-business. Il est temps de respecter les eaux qui nous entourent, de les considérer à leur juste valeur (vitale).
Maëlle Maraval-Liénard
