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Transition énergétique allemande : et si on s’informait vraiment ?

Article issu du n°87 de la revue Sortir du nucléaire - Automne 2020

La lutte contre le charbon liée au mouvement antinucléaire

Article publié le 1er octobre 2020



En Allemagne, le collectif “Ende Gelände“ [1] organise depuis 2015 des actions de désobéissance civile où des milliers de personnes bloquent pendant plusieurs jours des mines de charbon. Sina Reisch, une de ses porte-paroles, revient sur les liens entre les mouvements anti-charbon et antinucléaire.

© Ende Gelände


En 2011, des milliers de personnes de tous les horizons ont bloqué pendant 5 jours un convoi de déchets radioactifs en Allemagne. Une des actions avait pour slogan “Ende Gelände !“. Un lien avec votre mouvement ?

Le mouvement allemand contre le charbon est étroitement lié au mouvement antinucléaire. Ce n’est pas un hasard si nous portons toujours les combinaisons blanches utilisées lors des actions contre les transports. Nos campagnes pour la sortie du nucléaire ou du charbon reposent sur le même principe : ne comptons pas sur le gouvernement ou les entreprises pour changer le monde, c’est entre nos mains que ça se passe.

Nous avons aussi des adversaires communs. Les lobbies fissiles et fossiles sont à l’origine du Traité sur la Charte de l’Énergie, qui leur permet maintenant d’exiger des milliards d’euros de dédommagement quand les États veulent fermer des centrales. Qu’il s’agisse des intérêts financiers des entreprises du nucléaire, du charbon ou de n’importe quelle ressource, il s’agit de manifestations différentes du même problème : le capitalisme.

Pour définir votre stratégie contre le charbon, l’expérience du mouvement antinucléaire est-elle utile ?

Absolument, aussi bien pour les techniques de blocages que l’expérience des médias ou les relations avec d’autres acteurs comme les ONG et les partis. Et élaborer une communication solidaire ! La pire erreur de nos mouvements est de se monter les uns contre les autres quand nos choix de mode d’action ou de priorité divergent.

© Ende Gelände

Le lobby nucléaire cherche à opposer les antinucléaires au mouvement pour le climat…

Nous ne sommes pas idiots, le nucléaire n’est pas une solution mais accroît les injustices liées au changement climatique. L’extraction de l’uranium empoisonne des territoires, principalement ceux des peuples indigènes. En Allemagne, aux côtés des antinucléaires, nous exigeons la fermeture immédiate de toutes les installations nucléaires dans le monde entier. Nous nous battons pour un changement de système, pour dépasser le capitalisme fossile et nucléaire et donner la priorité au social et à l’écologie. C’est possible et urgent !

Quelle est votre vision d’un avenir désirable ?

100% renouvelable, bien sûr ! Avec l’électricité fossile et nucléaire, on impose aux États d’assumer la plupart des coûts de long terme. Nous voulons un monde où les besoins de l’humanité – et de toute l’humanité ! – aient la priorité sur les profits à court terme. Mettre fin à une exploitation néocoloniale exige d’arrêter de gaspiller les ressources au Nord et d’en faire un usage raisonné et soutenable. Une société qui priorise les besoins humains et la justice climatique, cela va même plus loin : il s’agit de dépasser l’individualisme néolibéral dans lequel nous baignons. C’est ce que nous essayons déjà de vivre dans nos actions. Nous produisons du collectif, renforçons notre pouvoir d’agir et acceptons d’être responsable des un·es et des autres.

Propos recueillis et traduits par Charlotte Mijeon

En 2011, des milliers de personnes de tous les horizons ont bloqué pendant 5 jours un convoi de déchets radioactifs en Allemagne. Une des actions avait pour slogan “Ende Gelände !“. Un lien avec votre mouvement ?

Le mouvement allemand contre le charbon est étroitement lié au mouvement antinucléaire. Ce n’est pas un hasard si nous portons toujours les combinaisons blanches utilisées lors des actions contre les transports. Nos campagnes pour la sortie du nucléaire ou du charbon reposent sur le même principe : ne comptons pas sur le gouvernement ou les entreprises pour changer le monde, c’est entre nos mains que ça se passe.

Nous avons aussi des adversaires communs. Les lobbies fissiles et fossiles sont à l’origine du Traité sur la Charte de l’Énergie, qui leur permet maintenant d’exiger des milliards d’euros de dédommagement quand les États veulent fermer des centrales. Qu’il s’agisse des intérêts financiers des entreprises du nucléaire, du charbon ou de n’importe quelle ressource, il s’agit de manifestations différentes du même problème : le capitalisme.

Pour définir votre stratégie contre le charbon, l’expérience du mouvement antinucléaire est-elle utile ?

Absolument, aussi bien pour les techniques de blocages que l’expérience des médias ou les relations avec d’autres acteurs comme les ONG et les partis. Et élaborer une communication solidaire ! La pire erreur de nos mouvements est de se monter les uns contre les autres quand nos choix de mode d’action ou de priorité divergent.

© Ende Gelände

Le lobby nucléaire cherche à opposer les antinucléaires au mouvement pour le climat…

Nous ne sommes pas idiots, le nucléaire n’est pas une solution mais accroît les injustices liées au changement climatique. L’extraction de l’uranium empoisonne des territoires, principalement ceux des peuples indigènes. En Allemagne, aux côtés des antinucléaires, nous exigeons la fermeture immédiate de toutes les installations nucléaires dans le monde entier. Nous nous battons pour un changement de système, pour dépasser le capitalisme fossile et nucléaire et donner la priorité au social et à l’écologie. C’est possible et urgent !

Quelle est votre vision d’un avenir désirable ?

100% renouvelable, bien sûr ! Avec l’électricité fossile et nucléaire, on impose aux États d’assumer la plupart des coûts de long terme. Nous voulons un monde où les besoins de l’humanité – et de toute l’humanité ! – aient la priorité sur les profits à court terme. Mettre fin à une exploitation néocoloniale exige d’arrêter de gaspiller les ressources au Nord et d’en faire un usage raisonné et soutenable. Une société qui priorise les besoins humains et la justice climatique, cela va même plus loin : il s’agit de dépasser l’individualisme néolibéral dans lequel nous baignons. C’est ce que nous essayons déjà de vivre dans nos actions. Nous produisons du collectif, renforçons notre pouvoir d’agir et acceptons d’être responsable des un·es et des autres.

Propos recueillis et traduits par Charlotte Mijeon



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