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Des accidents nucléaires partout

France : Gravelines : Près de 6 jours pour réparer un piège à iode




31 janvier 2019


Un piège à iode participe au confinement des matière radioactives dans une installation nucléaire. Il fait parti du système de ventilation des locaux et son efficacité est régulièrement testée. Étant donné son importance en terme de protection des travailleurs et de l’environnement, il doit être réparé sous 3 jours en cas de dysfonctionnement. Mais il en aura fallu près du double à Gravelines. Après 1 remplacement à neuf, plusieurs interventions et plusieurs essais de fonctionnement infructueux, l’exploitant s’est rendu compte qu’il fallait changer les vis du support et refaire le joint.


Le système de ventilation est régulièrement sujet à problèmes sur le site de Gravelines. Fin août 2018, une erreur commise lors d’une opération de maintenance a rendu une partie du système de ventilation du bâtiment réacteur 6 indisponible. Or à ce moment là, les portes du sas d’entrée du bâtiment étaient ouvertes, le réacteur 6 étant en visite décennale. Les règles qui régissent l’exploitation de l’installation nucléaire exigeaient que le système de ventilation soit alors pleinement opérationnel pour assurer un confinement du bâtiment en cas de montée de la radioactivité. L’indisponibilité partielle n’a été découverte que plusieurs heures après l’opération de maintenance.

Mi-décembre 2018, une erreur commise lors d’une opération de maintenance a eu pour conséquence de couper la ventilation du local où sont les pompes d’alimentation en eau de secours des générateurs de vapeur du réacteur 3 (circuit ASG). Les règles générales d’exploitation imposent que ce circuit, qui permet d’alimenter les générateurs de vapeur en eau pour évacuer la chaleur transmise par le circuit primaire, soit en pleinement opérationnel lors que le réacteur est en fonctionnement. Or l’absence de ventilation - et donc de refroidissement - du local où sont les pompes du circuit ASG le rend de fait indisponible. Il faudra 2 jours à l’exploitant pour se rende compte de la situation.

Ce que dit EDF :

Dépassement du délai de réparation d’un piège à iode

Publié le 31/01/2019

Le 22 janvier 2019, l’unité de production n°2 de la centrale de Gravelines est en fonctionnement. Des essais sont réalisés après le remplacement programmé d’un piège à iode [1]. Le test d’efficacité du piège à iode n’est pas satisfaisant. Le 22 janvier 2019, le piège à iode est alors considéré comme « hors service », le temps de procéder à sa réparation. Nos procédures d’exploitation demandent un délai de réparation sous 3 jours.

Après plusieurs interventions et des tests d’efficacité du piège à iode non satisfaisants, les équipes de la centrale réalisent une expertise. Les vis de serrage fixant le piège à iode sur son support sont remplacées et le joint refait. Le 27 janvier 2019, le test d’efficacité est réalisé avec succès et le piège à iode est à nouveau disponible. Pour respecter les procédures, le piège à iode aurait dû être réparé pour le 25 janvier 2019.

Cet écart à nos règles d’exploitation n’a pas eu de conséquences sur la sûreté des installations, l’environnement et la santé des intervenants. En effet, les conditions dans lesquelles se trouvait le réacteur ne nécessitaient pas l’utilisation du piège à iode.

Cependant, le dépassement du délai de réparation est redevable d’un événement significatif de sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES, qui compte 7 niveaux. La direction de la centrale de Gravelines l’a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire le 29 janvier 2019.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-gravelines/actualites/depassement-du-delai-de-reparation-d-un-piege-a-iode


[1Le piège à iode est un filtre absorbant, constitué de charbon actif. Il fait partie du circuit de ventilation et de confinement des locaux sensibles comme la salle de commande. En situation accidentelle, il assure les conditions de sécurité du personnel, en filtrant l’iode radioactive.