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Nos communiqués de presse

EPR2 : 24 collectifs et associations antinucléaires s’opposent à de futurs travaux
Communiqué commun : Réseau "Sortir du Nucleaire", France nature Environnement, Stop Tricastin, Sortir du nucléaire 27, France Nature Environnement Normandie, Arrêt du nucléaire 26-07, Sortir du nucléaire Bugey, STOP-EPR Ni À Penly, Ni Ailleurs, Collectif Antinucléaire Dieppois, Sortir du nucléaire 72, Sortir du nucléaire Pays Nantais, Alternatiba-Rouen, Collectif Anti Nucléaire Ouest, Stop nucléaire 56 Trawalc’h, Arrêt Du Nucléaire 79, Nucléaire en Questions, Sortir du nucléaire 41, Virage Énergie, Arrêt du nucléaire 34,Groupe Local de Greenpeace Rouen, Environnement Développement Alternatif de Lille, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (CHANG-ADN), Tchernoblaye-ADN33, Effet de Serre Toi-Même, Les Amis de la Terre - groupe local de Dunkerque, ADELFA.

Le jeudi 29 juin 2023, EDF annonce engager les procédures d’autorisation nécessaires au lancement de la construction d’une première paire de réacteurs EPR2 à Penly, et que d’autres suivront à Gravelines, au Bugey ou au Tricastin [1]. La loi d’accélération du nucléaire, promulguée le 23 juin, prétend aplanir toutes les difficultés administratives devant le rouleau compresseur d’EDF. En posant cette première pierre administrative, l’entreprise cherche maintenant à nous mettre au pied du mur d’un projet aux fondations toujours aussi dangereusement fragiles.

Crédit photo : André Paris (image modifiée)

EPR : encore et toujours de multiples problèmes structurels

La technologie des réacteurs nucléaires EPR2 est sensiblement la même que celle de réacteurs EPR. Or, ceux-ci présentent de nombreuses défaillances dont la prise en compte par EDF pour ses futures constructions est plus qu’incertaine.

Le 28 juin 2023, le Canard Enchaîné révèle que l’EPR de Taishan est de nouveau à l’arrêt et ce depuis le 1er février. En cause : les gaines de combustible contenant des pastilles d’uranium sont détériorées et menacent la sécurité du réacteur. Après un silence éloquent, EDF a fini par s’exprimer sur le sujet. Mais à ce jour, elle n’a pas fait la preuve de la prise en compte de ses expériences pour de futures construction [2]. Dans ses Réponses aux recommandations de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) publiées également le 28 juin [3], EDF justifie le niveau de sûreté des EPR2 en s’appuyant sur une expertise qui ne fait pas mention des expériences internationales [4].

Quant à l’EPR de Flamanville, il n’est évidemment pas possible de tirer un retour d’expérience de son fonctionnement... puisqu’il ne fonctionne toujours pas ! Le retour d’expérience sur sa construction est quant à lui, catastrophique. Et alors que pour EDF le problème est d’ordre organisationnel, les défaillances sont pour nous d’ordre structurel [5] pourraient bien se reproduire à l’avenir.

Un écran de fumée sur les vrais coûts du nucléaire

En ce qui concerne le coût des futurs EPR2, EDF n’essaie même pas de faire bonne figure et assume l’incertitude et la possibilité qu’il soit pris en charge par le contribuable [6]. Mais rassurez-vous, le public sera informé quand tout ceci aura été défini ! Or comment être rassuré alors que l’évolution du prix du MWh nucléaire à l’échelle nationale et internationale montre, si ce n’est l’envolée de celui-ci, du moins sa stagnation à un niveau élevé [7] alors que celui des EnR dégringole d’année en année [8] ?

EDF justifie son programme de construction avec le scénario N03 de l’étude "Futurs énergétiques 2050" de RTE [9]. Or, la FNH (Fondation pour la Nature et l’Homme) a intégré les différents scénarios de RTE dans un rapport sorti en février 2023 : elle conclut qu’il est impossible de certifier qu’un scénario impliquant la relance du nucléaire soit moins coûteux que les autres [10], et surtout, que de nombreuses inconnues demeurent : accès à des financements privés, durée de construction... qui impacteront le coût réel des EPR2.

Aucune étude sérieuse quant au changement climatique

"Le changement climatique est pris en compte dans l’étude d’impact environnemental du réacteur EPR2" [11]. Et l’a même été avant, selon EDF, qui cite son projet ADAPT présenté le 18 avril 2023 à l’ASN [12]. Or, suite à celui-ci, la Cour des Comptes avait pointé du doigt les études qu’il restait à mener, notamment en ce qui concernait les impacts des rejets thermiques sur l’écosystème aquatique en particulier sur le long terme [13]. EDF a-t-elle eu le temps d’intégrer ces retours dans son étude d’impact ? Si oui, pourquoi ne pas la publier ?

EDF semble plutôt vouloir adapter l’écosystème aux contraintes de fonctionnement des EPR : c’est "à la suite de l’instruction de l’étude d’impact que des autorisations de prélèvements d’eau et rejets (notamment les rejets thermiques) sont accordées pour le fonctionnement normal de l’installation." Tout ceci fera par ailleurs l’objet d’un rapport à venir dans des conditions à définir [14]. De quoi faire craindre le pire dans un futur au climat incertain.

Des demandes d’autorisation ont été faites pour des travaux annexes aux réacteurs. Et nous savons que la filière nucléaire est coutumière d’engager des travaux pour mieux les justifier ensuite ... Nous ne les laisserons pas nous mettre une nouvelle fois au pied du mur pour des dizaines d’années d’un programme nucléaire cher et déconnecté des enjeux actuels et futurs !



Notes

[4Un rapport de l’IRSN commandé par la CNDP qui ne mentionne aucunement les expériences d’EPR à l’international https://www.irsn.fr/sites/default/files/documents/expertise/rapports_expertise/surete/IRSN%202022%20Rapport%20technique%20CNDP%20Alternatives%20au%20r%C3%A9acteur%20EPR2.pdf

[6"Le coût du MWh [nucléaire] est sensible aux modes de financements et de régulation encore non connus à ce jour" [p.47] et "La nécessité et les conditions d’un partage des risques, notamment le risque d’éventuels dépassements des coûts résultant du non-respect des délais, sont encore à l’étude." [p.13] https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2023-07/EPR2-Penly_Note-accompagnement-EDF_Vdef%2028-06-2023.pdf

[7Selon l’International Energy Agency, le prix du Kwh nucléaire a augmenté de 28% entre 2009 et 2019 et pourrait doubler d’ici à 2030 : https://www.iea.org/reports/projected-costs-of-generating-electricity-2020

[9Qui inclut une part de nucléaire et implique une relance de la filière. RTE compare les différents scénarios et conclut que celui-ci est le moins coûteux

[11p.19 des Réponses aux recommandations de la Commission Particulière du Débat Public

[12p.49 des Réponses

[14p. 20 des Réponses.

Le jeudi 29 juin 2023, EDF annonce engager les procédures d’autorisation nécessaires au lancement de la construction d’une première paire de réacteurs EPR2 à Penly, et que d’autres suivront à Gravelines, au Bugey ou au Tricastin [1]. La loi d’accélération du nucléaire, promulguée le 23 juin, prétend aplanir toutes les difficultés administratives devant le rouleau compresseur d’EDF. En posant cette première pierre administrative, l’entreprise cherche maintenant à nous mettre au pied du mur d’un projet aux fondations toujours aussi dangereusement fragiles.

Crédit photo : André Paris (image modifiée)

EPR : encore et toujours de multiples problèmes structurels

La technologie des réacteurs nucléaires EPR2 est sensiblement la même que celle de réacteurs EPR. Or, ceux-ci présentent de nombreuses défaillances dont la prise en compte par EDF pour ses futures constructions est plus qu’incertaine.

Le 28 juin 2023, le Canard Enchaîné révèle que l’EPR de Taishan est de nouveau à l’arrêt et ce depuis le 1er février. En cause : les gaines de combustible contenant des pastilles d’uranium sont détériorées et menacent la sécurité du réacteur. Après un silence éloquent, EDF a fini par s’exprimer sur le sujet. Mais à ce jour, elle n’a pas fait la preuve de la prise en compte de ses expériences pour de futures construction [2]. Dans ses Réponses aux recommandations de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) publiées également le 28 juin [3], EDF justifie le niveau de sûreté des EPR2 en s’appuyant sur une expertise qui ne fait pas mention des expériences internationales [4].

Quant à l’EPR de Flamanville, il n’est évidemment pas possible de tirer un retour d’expérience de son fonctionnement... puisqu’il ne fonctionne toujours pas ! Le retour d’expérience sur sa construction est quant à lui, catastrophique. Et alors que pour EDF le problème est d’ordre organisationnel, les défaillances sont pour nous d’ordre structurel [5] pourraient bien se reproduire à l’avenir.

Un écran de fumée sur les vrais coûts du nucléaire

En ce qui concerne le coût des futurs EPR2, EDF n’essaie même pas de faire bonne figure et assume l’incertitude et la possibilité qu’il soit pris en charge par le contribuable [6]. Mais rassurez-vous, le public sera informé quand tout ceci aura été défini ! Or comment être rassuré alors que l’évolution du prix du MWh nucléaire à l’échelle nationale et internationale montre, si ce n’est l’envolée de celui-ci, du moins sa stagnation à un niveau élevé [7] alors que celui des EnR dégringole d’année en année [8] ?

EDF justifie son programme de construction avec le scénario N03 de l’étude "Futurs énergétiques 2050" de RTE [9]. Or, la FNH (Fondation pour la Nature et l’Homme) a intégré les différents scénarios de RTE dans un rapport sorti en février 2023 : elle conclut qu’il est impossible de certifier qu’un scénario impliquant la relance du nucléaire soit moins coûteux que les autres [10], et surtout, que de nombreuses inconnues demeurent : accès à des financements privés, durée de construction... qui impacteront le coût réel des EPR2.

Aucune étude sérieuse quant au changement climatique

"Le changement climatique est pris en compte dans l’étude d’impact environnemental du réacteur EPR2" [11]. Et l’a même été avant, selon EDF, qui cite son projet ADAPT présenté le 18 avril 2023 à l’ASN [12]. Or, suite à celui-ci, la Cour des Comptes avait pointé du doigt les études qu’il restait à mener, notamment en ce qui concernait les impacts des rejets thermiques sur l’écosystème aquatique en particulier sur le long terme [13]. EDF a-t-elle eu le temps d’intégrer ces retours dans son étude d’impact ? Si oui, pourquoi ne pas la publier ?

EDF semble plutôt vouloir adapter l’écosystème aux contraintes de fonctionnement des EPR : c’est "à la suite de l’instruction de l’étude d’impact que des autorisations de prélèvements d’eau et rejets (notamment les rejets thermiques) sont accordées pour le fonctionnement normal de l’installation." Tout ceci fera par ailleurs l’objet d’un rapport à venir dans des conditions à définir [14]. De quoi faire craindre le pire dans un futur au climat incertain.

Des demandes d’autorisation ont été faites pour des travaux annexes aux réacteurs. Et nous savons que la filière nucléaire est coutumière d’engager des travaux pour mieux les justifier ensuite ... Nous ne les laisserons pas nous mettre une nouvelle fois au pied du mur pour des dizaines d’années d’un programme nucléaire cher et déconnecté des enjeux actuels et futurs !


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