Publié le 7 juin 2018
Le conseil d’administration du Réseau “Sortir du nucléaire“ a préféré ne pas se mobiliser au niveau national sur ce débat, pour mieux se concentrer sur ses thématiques prioritaires (arrêt du chantier de l’EPR, abandon du projet CIGEO, non-prolongement des réacteurs existants, campagne pour que la France signe le traité d’interdiction des armes nucléaires).
Mais nous encourageons celles et ceux qui le souhaitent à y participer, même en quelques lignes, à répondre à nos adversaires, à apporter des idées nouvelles et à « mettre les pieds dans le plat » en réaction aux discours technocratiques et irresponsables des défenseurs de l’industrie nucléaire.
Pour participer au forum
Pour poser une question :
https://ppe.debatpublic.fr/questions-reponses?combine=&tid%5B%5D=108#edit-combine-wrapper"
Exemples d’arguments
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La PPE qu’est-ce que c’est ?
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Pour aller plus loin
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Si vous souhaitez participer au débat, nous vous encourageons à lire certaines contributions qui brossent bien les enjeux, comme celle de Bernard Laponche, physicien nucléaire et spécialiste des questions énergétiques :https://blogs.mediapart.fr/bernard-laponche/blog/070618/le-nucleaire-dans-la-programmation-pluriannuelle-de-lenergie
Voici également ci-dessous une trame d’argumentaire synthétique ("Nucléaire, danger immédiat"), que vous pouvez reprendre si vous le souhaitez. Si vous souhaitez développer plus, nous vous encourageons à consulter la rubrique "pour aller plus loin".
Pour envoyer votre contribution sur le site de la PPE :
Enfin, si vous vous intéressez au questionnaire proposé par la Commission Particulière du Débat Public, vous pouvez consulter ce document, réalisé par Joël Guerry, membre de Sortir du nucléaire Bugey, qui en explicite les enjeux :
Nucléaire, danger immédiat.
Dangers du nucléaire : La France est le pays le plus nucléarisé au monde par nombre d’habitants. Un accident nucléaire majeur est possible : même l’autorité de Sûreté nucléaire le reconnaît. Cela représente un danger pour la France et les pays voisins, un danger pour l’Europe.
Déchets nucléaires : les mines d’uranium polluent des territoires entiers pour des milliers d’années. Certains déchets radioactifs resteront dangereux pour des durées qui dépassent celles des civilisations humaines. EDF vend l’électricité ; nos descendants s’occuperont des déchets !
Dette financière : vieillissant, le parc nucléaire français ne pourra voir son fonctionnement prolongé qu’au prix de travaux aussi coûteux que hasardeux. Par sa stratégie à l’export, le groupe EDF, lourdement endetté, parie avec la garantie de l’Etat et l’argent des contribuables français (au point de faire alliance avec les Chinois pour les 2 réacteurs d’Hinkley Point et d’envisager de faire appel à des fonds de pension pour le financement de 2 EPR supplémentaires en Grande Bretagne)
Climat : Contrairement aux idées reçues, le nucléaire n’est pas une solution au dérèglement climatique. Polluant, dangereux, il ne peut apporter qu’une contribution extrêmement réduite à la réduction des émissions, à un prix beaucoup trop élevé. La nécessaire lutte contre l’effet de serre ne doit plus être utilisée comme prétexte pour poursuivre voire relancer le nucléaire en France, et dans le monde.
Nous dénonçons l’arrogance et le cynisme des dirigeants du groupe EDF et de leurs relais dans la haute administration et au sommet de l’Etat. D’un côté, EDF multiplie les campagnes de communication qui mettent en avant les énergies renouvelables et tente abusivement de récupérer les concepts de la transition énergétique (autoconsommation d’électricité photovoltaïque, lutte contre la précarité, participation des citoyens ....) ; de l’autre, l’industrie nucléaire impose une stratégie du fait accompli, en prétendant prolonger le fonctionnement des réacteurs existants jusqu’à 50, voire 60 ans, et construire de nouveaux réacteurs EPR ! Force est de constater - que la transition énergétique ne peut se développer en France du fait du "verrou nucléaire".
Ça suffit. En 2018, une PPE digne de ce nom se devrait de faire sauter ce verrou.
Pour libérer les énergies renouvelables et donner des perspectives industrielles claires aux entreprises du secteur, il est nécessaire de décider immédiatement la fermeture de nombreux réacteurs pour, a minima, respecter la loi de transition énergétique (ce qui implique l’arrêt d’une vingtaine de réacteurs d’ici 2025) et surtout aller vers une sortie complète du nucléaire. Nous demandons que la PPE intègre un planning de fermeture du plus grand nombre possible de réacteurs (autres que Fessenheim), en commençant par les plus dangereux et/ou les plus anciens.
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, qu’est-ce que c’est ?
Depuis la « loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte » (LTECV) votée en 2015, le ministère en charge de l’environnement doit régulièrement élaborer et réviser une « Programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), censée fixer les évolutions de la politique énergétique française.
Publiée en octobre 2016, a première PPE, couvrait les périodes 2016-2018 et 2019-2023. Si les évolutions prévues pour les énergies renouvelables et les énergies fossiles étaient exposées en détail, la réduction de la part du nucléaire prévue par la loi restait quant à elle dans le flou artistique (lire notre analyse) !
Le ministère doit maintenant réviser la période 2019-2023 et anticiper la période 2024-2028. L’un des principaux enjeux sera bien sûr la place du nucléaire dans la PPE, sachant que le gouvernement cherche à se débarrasser de l’échéance 2025, fixée par la loi de transition énergétique pour atteindre les 50% de nucléaire (contre 75% actuellement) dans la production d’électricité. Il ne cache pas son intention de repousser celle-ci à 2030, voire 2035.
En quoi consiste le débat public sur la PPE ?
Dans la perspective de la révision de la PPE, le ministère a décidé de solliciter la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Du 19 mars au 30 juin 2018, une Commission Particulière du Débat Public (CPDP) doit recueillir les avis du public sur la politique énergétique ; une plate-forme en ligne a été lancée, où chacun.e peut poser des questions, déposer un avis, consulter des documents et voir des vidéos… Cette plate-forme répertorie également les événements organisés autour du débat et labellisés par la Commission Particulière du Débat Public. En parallèle, un panel de 400 citoyen.ne.s a été tiré au sort ; ces personnes sont appelées à se prononcer sur différents sujets. Le gouvernement est censé tenir compte des conclusions du débat pour, ensuite, rédiger le texte de la nouvelle période de la PPE qui sera adoptée par décret d’ici au 31 décembre 2018.
Enfin un vrai débat pour nous permettre de décider des choix énergétiques dans notre pays ?
Les choses ne sont malheureusement pas si simples !
Pour commencer, il existe un décalage réel entre les attentes initiales de la CPDP et celles du gouvernement. Soucieuse d’un vrai débat, la première souhaitait au début n’occulter aucune question et ouvrir largement le débat, tout en le bornant au cadre légal défini par la loi de transition, qui prévoit d’atteindre 50% de nucléaire en 2025…
Or le ministère a choisi, lui, de restreindre le périmètre, en ne versant au dossier du débat que les deux scénarios les plus conservateurs en terme de réduction de la part du nucléaire (scénarios Volt et Ampère), dans lesquels, d’ici à 2035, on ne ferme respectivement que 9 ou 16 réacteurs (ce qui revient à prolonger la durée de fonctionnement de nombre d’entre eux au-delà de 50 ans !) voir ci-dessous les cartes des réacteurs en fonction de ces 2 scénarios.
Et le dossier proposé par le ministère pose question. Outre les deux scénarios proposés, à la fois dangereux et irréalistes, (lire ci-dessous une analyse), il véhicule un certain nombre d’idées reçues et occulte de très nombreux enjeux, notamment la question du risque nucléaire et des coûts (lire ici l’analyse du Réseau Action Climat, à laquelle nous avons contribué, ainsi que la tribune de Bernard Laponche et Benjamin Dessus, de l’association Global Chance). En outre,la question de la maîtrise de la demande d’énergie est absente du questionnaire soumis aux 400 citoyens tirés au sort . Évacuer cet enjeu, c’est laisser entendre qu’il serait nécessaire de remplacer la surproduction nucléaire par une production équivalente d’électricité : quoi de mieux pour faire passer toute perspective de sortie du nucléaire pour irréaliste ?
Et qu’adviendra-t-il des conclusions du débat public ? Si le gouvernement est censé en tenir compte pour rédiger la PPE, il semble que son objectif ne soit pas tant de mettre en débat une politique publique que de faire de la « pédagogie » envers les citoyens…
Notons enfin que parallèlement à cette consultation, EDF SA continue de pousser ses billes et de préparer la prolongation de la durée de fonctionnement des centrales, nous mettant devant le fait accompli ! Dans son cahier d’acteur, l’entreprise envisage de ne fermer aucun réacteur (hormis Fessenheim) d’ici à 2029 et souhaite « un engagement rapide [conduisant] à une première mise en service d’une centrale en 2030 ou peu après » !
Le fait qu’EDF SA prenne ses rêves pour des réalités au mépris de la sûreté, ne semble pas émouvoir l’État, pourtant actionnaire à 83,5% de l’entreprise. Au contraire : cette outrance permet au gouvernement de faire passer ses propres scénarios, pourtant extrêmement conservateurs, pour des scénarios « médians »…
Alors, simple dispositif de com’ pour faire avaliser des orientations déjà actées ? Ou occasion à saisir, sans se faire d’illusion, pour faire entendre dans tous les cas des arguments antinucléaires dans l’espace public et faire contrepoids aux affabulations de l’industrie ? C’est à chacun.e d’en décider !
Et parce que cela peut toujours être utile, dans ce contexte ou dans un autre, nous vous proposons ci-dessous des ressources et analyses pour argumenter et battre en brèche les idées reçues sur le nucléaire et l’énergie !