Cigéo, tous les signes d’une accélération au mépris de la sûreté !
La coordination Stop Cigéo alerte sur une expulsion imminente de la gare de Luméville-en-Ornois. Elle dénonce une dérive dangereuse sur fond d’échéance politique, la présidentielle 2027.
Un lieu hautement symbolique de la mobilisation locale et nationale expulsable sous peu
Depuis les années 2000, l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois (terrain arboré de 8ha et bâtiments), à quelques kms de Bure, est un lieu de lutte et de vie collective. De nombreuses activités militantes s’y sont déroulées : festivals et concerts ; camp anti-autoritaire, anticapitaliste et antinucléaire ; projections, débats, ateliers divers, etc.
Il est situé sur le tracé de la future voie ferrée qui acheminerait les déchets radioactifs vers le terminal de Saudron, le bâtiment de conditionnement des déchets en surface, avant la descenderie vers le stockage.
Ce lieu stratégique est donc menacé d’expulsion. Malgré de solides arguments juridiques développés par les propriétaires, le recours déposé vient d’être débouté : la gare est expulsable dès aujourd’hui, 23 mars 2026. La SCI propriétaire de La Gare et l’Assoce Tomate, sa gérante, se réservent la possibilité de faire appel de cette décision qui, nous l’espérons, ne sera pas appliquée dans la précipitation et dans la violence.
Les signes inquiétants d’un dossier expédié à grande vitesse
L’instruction de la demande d’autorisation de création (DAC) de Cigéo devait durer 5 ans, un minimum vu l’ampleur démesurée du projet. Le gouvernement a tout mis tout en œuvre pour la ramener à... 3 ans. Résultat : l’ASNR, en charge de la surveillance et de la protection des populations en matière de risque nucléaire a rendu un bilan "à la normande". Tout va bien, cette brave Andra a fait le taf... même si de nombreux volets restent incomplets, en matière de sûreté notamment. L’ASNR exige de l’agence des démonstrations majeures à apporter, avec un calendrier flou et totalement incohérent. En effet, le décret d’autorisation de création autorisant les premiers travaux est annoncé pour fin 2026, sur fond de doutes technologiques et financiers majeurs.
Une future enquête publique avancée et bâclée ?
L’enquête publique, dernier portique avant le début de la destruction de notre territoire devait être organisée à l’automne. Le préfet de la Meuse la joue rendez-vous éclair, l’annonçant pour mai/juin. Deux pauvres petits mois coincés entre installation des nouvelles municipalités et communautés de communes et trêve estivale, pour un chantier d’envergure internationale.
Mais de quoi ont-ils peur ?
Une telle précipitation masque des enjeux phénoménaux :
- Cigéo est le sésame indispensable pour affirmer que les déchets nucléaires les plus dangereux seraient enfouissables et gérables. Ce qui est faux ! En toile de fond, le projet délirant du gouvernement actuel qui relance un nouveau programme électronucléaire.
- Cigéo n’est pas une option responsable, en aucun cas une solution. Clamer que la radioactivité restera bien sagement au fond du trou à Bure est une énorme supercherie.
Chantier pluriséculaire à gérer et à financer ; risques d’explosion, d’incendie, de contamination de la ressource en eau, de dégradation des matériaux, risques pour les personnels travaillant sur le chantier, etc ; ou encore impossible transmission de la mémoire de cette "bombe atomique" enfouie... ces tares sont parfaitement identifiées. Quelle civilisation aurait osé léguer un tel "boulet" à ses descendants ?
Et pourtant les acteurs de ce projet, des industries aux politiciens au plus haut sommet de l’État, tentent tout pour les enfouir au plus vite. Un futur décret d’autorisation de Cigéo, fin 2026, serait d’une inconscience rare.
Pour autant la lutte continue, les lieux et les énergies ne manquent pas. La lucidité d’une partie d’une jeunesse non plus, qui place ailleurs que dans le profit immédiat et destructeur les perspectives d’avenir pour la vie sur notre planète.