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Fukushima, la catastrophe nucléaire continue

Archives > Fukushima, suivi de la catastrophe - Archives 2011-2015

Chronologie du mois de mars 2012

8 mars 2012 |




Chronologie réalisée par Michel Bernard pour la revue Silence ! https://www.revuesilence.net

Mardi 27 mars


 TEPCO annonce avoir détecté une nouvelle fuite d’eau dans la mer avec notamment une pollution au strontium.

 Le quotidien japonais Asahi publie de nouvelles mesures de radioactivité réalisées après décontamination dans des villes évacuées autour de Fukushima. Malgré des travaux importants de décontamination effectués dans le cadre d’un programme pilote lancé en novembre 2011, le résultat est très souvent décevant et de nombreuses mesures dépassent encore la limite maximale fixée à 20 millisieverts par an.

 Le site https://fukushima.over-blog.fr se fait l’écho d’une polémique dans les médias japonais sur ce qui se passe dans le réacteur n°2 : s’il n’y a vraiment que 60 cm d’eau, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas augmentation de la température… sauf si le cœur fondu (94 tonnes) se trouve ailleurs. Dans la piscine de récupération des liquides sous le réacteur ? Encore plus bas ?

Lundi 26 mars 2012

 Les autorités internationales rendent publique un incident grave qui s’est passé le 9 février 2012 à la centrale de Gori en Corée du Sud : le gouvernement coréen a essayé de masquer l’incident : un arrêt incontrôlé du réacteur n°1 qui a été privé d’alimentation électrique pendant 12 minutes. Pendant ces 12 minutes sans contrôle, la température du cœur à l’arrêt a augmenté de 20°C. Le réacteur de 556 MW, datant de 1978, devait être arrêté en 2007, mais le gouvernement l’a autorisé à fonctionner dix ans de plus. Les médias coréens ont ironisés sur le fait que la demande de prolongation faite en 2007 s’appuyait sur la décision du Japon de poursuivre l’activité du réacteur n°1 de Fukushima !

 Le site spécialisé Enerzine donne les chiffres suivants : d’avril 2011 à janvier 2012, le nombre de demande de raccordement au réseau d’installation photovoltaïques au Japon a progressé de 140 % pour atteindre 215 178. Il s’agit d’installations sur des maisons individuelles. Par ailleurs, 30 centrales solaires plus importantes sont en projet pour une puissance de 140 MW. Enfin, le gouvernement japonais devrait mettre en place à partir de juillet 2012 des tarifs plus intéressant pour le rachat de l’électricité provenant des énergies renouvelables.

Dimanche 25 mars 2012

 Un 53e réacteur (le dernier pour TEPCO) est mis à l’arrêt. Il n’en reste plus qu’un… qui devrait être fermé avant fin avril.

 Selon TEPCO, une nouvelle mesure complète du réacteur n°2 par détection thermique indique qu’il n’y a pas de zones chaudes supérieures à 60°C dans le réacteur n°2. Ceci est censé mettre un terme aux débats provoqués par les données d’un thermomètre qui semblait annoncer une reprise d’activité. Les injections d’eau qui étaient monté jusqu’à 17 tonnes/heure le 12 février sont quand même encore de 9 tonnes/heure, ce qui reste bien supérieur à ce qui était injecté en janvier dernier. TEPCO a aussi découvert qu’il ne restait plus que 60 cm d’eau dans le cœur alors qu’il en faut 3 m, ce qui signifie qu’il y a toujours un évaporation intense… ou des fuites non détectées. Ou autre chose…

Mercredi 21 mars 2012

La situation est bien loin d’être complètement sous contrôle en cas de réplique sismique.

"Si la piscine de l’unité 4 fuit, c’est LA FIN ! "

Un message alarmant concernant la piscine de combustible du réacteur n°4 lancé par le Professeur Koide lors de l’émission TV en direct d’informations matinales intitulé "Morning Bird" de TV Asahi, diffusé le 8 Mars 2012.

Lundi 19 mars 2012

 La ville d’Osaka, l’une des plus importantes du Japon, a demandé à sa compagnie électrique Kansai Electric Power Co de mettre un terme "aussi rapide que possible" au recours à l’énergie nucléaire.

 Une enquête réalisée à Fukushima ville par les autorités auprès de 225 enfants ayant entre six et 11 ans, évacués de la région proche du réacteur, montre que 40 % ne comprennent rien à la pollution radioactive. Beaucoup n’ont qu’une compréhension très relative de la question. Seuls 7 % (surtout les plus âgés) connaissent les précautions à prendre quand on sort ou quand on choisit un aliment. Dans ce contexte, les autorités s’interrogent sur les risques que cela représente pour leur santé… puisque la plupart ne prennent aucune précaution particulière.

Dimanche 18 mars 2012

 Nouveau sondage au Japon : 80 % des Japonais sont favorables au maintien à l’arrêt des réacteurs nucléaires et à la sortie du nucléaire.

 The Yomiuri Shimbun annonce que l’institut pour la recherche océanographique de l’université de Tokyo a mesuré le césium 137 dans des échantillons de plancton marin depuis la côte jusqu’à 600 km. A 600 km à l’est du Japon, on dépasse encore les 500 bq/kg. Ces taux de césium vont ensuite se concentrer le long des chaînes alimentaires… et donc dans le poisson sur de très grandes distances.

Jeudi 15 mars

 Une délégation japonaise est en Bretagne pour rencontrer une couveuse d’activités qui travaille sur les possibilités de créer des éoliennes offshore flottantes (actuellement, les éoliennes en mer sont posées sur le fond). Le gouvernement japonais pourrait lancer un vaste programme de ce type d’éoliennes.

 Des scientifiques (Michel Fernex, Yves Lenoir…) qui soutiennent l’association Les enfants de Tchernobyl rappellent des données sur Tchernobyl : ont été évacuées les zones dépassant 5mSv/an… et aujourd’hui, 80 % des enfants vivant dans des zones non évacuées à seulement 550 bq/m2 (soit 1000 fois moins que dans la zone évacuée) sont malades. Au Japon, pour le moment, les zones évacuées sont celles à plus de 2 microsieverts/heure soit environ 17 mSv/an. Soit des doses plus du triple qu’à Tchernobyl. Ils en concluent donc que dans les années à venir, la situation sanitaire au Japon va devenir dramatique.

 A la veille de son arrivée au salon du livre de Paris, Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature, très engagé dans la mobilisation antinucléaire au Japon, est interviewé dans Le Monde. Il explique son engagement ancien contre l’arme nucléaire et comment les médecins spécialisés d’Hiroshima ont tout de suite alerté sur les conséquences sanitaires que va avoir l’accident. Pour Kenzaburô Ôé, le drame est aussi dans le domaine politique : c’est la fragilité de la démocratie qui est rendu visible. Les mensonges succèdent aux mensonges et alors que la population demande la sortie du nucléaire, le gouvernement cherche par tous les moyens à relancer les réacteurs.

 Le Figaro annonce que le Wall Street journal table sur la construction de 258 centrales électriques entre 2011 et 2015… et qu’elles seront toutes au gaz du fait de l’abondance des extractions de gaz de schiste. Titre de l’article : "Le gaz a tué le nucléaire aux USA".

Mercredi 14 mars 2012

 Nouvel important séisme dans le nord du Japon (magnitude 6,8). Les populations littorales de trois préfectures sont évacuées après une alerte au tsunami. Deux centrales nucléaires se trouvent dans le secteur : heureusement, elles sont à l’arrêt. Ces réacteurs, au nord de Fukushima avaient suscité bien des inquiétudes le 11 mars 2011.

Mardi 13 mars 2012

 L’AIEA, organisme pronucléaire dépendant de l’ONU publie un rapport sur le vieillissement du parc nucléaire mondial. Rappelant que 80 % des réacteurs ont plus de 20 ans, 32 % plus de 30 ans, 5 % plus de 40 ans, l’AIEA affirme qu"il y a des inquiétudes concernant la capacité de cette flotte nucléaire vieillissante à remplir ces attentes". L’AIEA exprime son doute sur la possibilité de maintenir les réacteurs anciens à des niveaux de sûreté suffisants… et se prononce pour la construction de nouveaux réacteurs.

 Global Chance, groupe d’experts indépendants, avec Bernard Laponche, ancien du CEA, Benjamin Dessus, ancien d’EDF… publie une contre expertise sur le rapport Energie 2050 remis il y a peu à Eric Besson. Selon eux, il s’agit d’un tour de passe-passe idéologique s’appuyant sur des biais méthodologiques indignes d’un scientifique. Premier oubli : le potentiel des économies d’énergie… sauf pour les discréditer ! Le nucléaire est classé dans les énergies primaires… ce qui occulte la place particulière de l’uranium que l’on importe à 100 %. Le rapport omet les engagements internationaux de la France (20 % de réduction de la consommation d’énergie en 2020). Bizarrement, cette contre-expertise n’a pas le même écho que le rapport.

Lundi 12 mars 2012

 Dans Le Monde, un article rappelle que Fukushima fait oublier un peu vite le drame de Tchernobyl. 26 ans après l’accident, 2 millions de personnes vivent toujours dans des zones fortement contaminées en Biélorussie. Dans cette zone, une grossesse sur deux est interrompue avant terme et malgré cela, le nombre de malformations augmente. Les habitants autour de Fukushima peuvent s’attendre au pire… 2 millions de Japonais vont devoir être suivis médicalement.

 Le gouvernement japonais indique que ses importations de pétrole n’ont augmenté que de 4 % en un an. Sachant que le nucléaire fournissait 28 % de l’électricité du pays, cela confirme bien que l’essentiel de la sortie du nucléaire a été possible… simplement en économisant, car aucun projet d’envergure n’a vu le jour dans le domaine des énergies renouvelables.

Dimanche 11 mars 2012

 Un an après l’accident, 70 % des Japonais sont pour l’abandon de l’énergie nucléaire. Dans son discours pour le premier anniversaire de l’accident, le premier ministre japonais Yoshihiko Noda, a promis d’intensifier ses efforts… pour convaincre les élus locaux d’accepter le redémarrage des réacteurs nucléaires ! Encore un grand démocrate !

 Combien d’évacués un an après ? Les médias s’emmêlent les pinceaux entre les personnes évacuées suite au tremblement de terre, suite à l’accident nucléaire… et celles qui sont parties sans être évacuées par les autorités. Il y a 110 000 personnes évacuées par les autorités concernant l’accident nucléaire et 60 000 de plus du fait du tremblement de terre. Sur le nombre de personnes totales qui sont parties, par contre les estimations sont plus floues, mais c’est plus de 300 000 et cela continue tous les jours.

Une contamination durable et une population dangereusement exposée

Dans la préfecture de Fukushima, les populations restent exposées à des doses extrêmement élevées de radiation. Les enfants ne sont plus autorisés à jouer dehors. Depuis avril dernier, le gouvernement a relevé le seuil maximum d’exposition à 20 mSv (millisieverts) par an pour tous, adultes et enfants, un seuil qui ne devrait normalement concerner que les travailleurs du nucléaire. Face aux protestations, il a été fixé comme objectif de « viser », un maximum de 1 mSv par an, mais les mesures de décontamination mises en œuvre pour l’atteindre sont dérisoires. On se contente de retirer la terre des cours de récréation, mais un fort taux de radioactivité persiste malgré ces travaux, les réacteurs continuant à disperser leurs poisons dans l’environnement. Pour protéger les populations, la seule solution serait de pouvoir évacuer de larges zones, mais le gouvernement s’y refuse. Rappelons qu’à Tchernobyl, tout territoire présentant une contamination supérieure à 5 mSv/an avait été évacué.

Des campagnes de mesures montrent que plusieurs enfants et femmes enceintes auront absorbé plus de 20 mSv/an cette année. Par ailleurs, on ne se soucie pas de la contamination interne par ingestion de particules radioactives. Les seuils ont ainsi été relevés à 500 Becquerels/kg pour les aliments, ce qui, de l’avis des experts qui ont travaillé au Bélarus suite à la catastrophe de Tchernobyl, est beaucoup trop élevé pour des enfants. On autorise la culture du riz dans des zones contaminées au Césium 137. Enfin, un nouveau risque s’ajoute avec l’accumulation dans tout le pays de gravats et débris radioactifs. Malheureusement, la durée de vie des radioéléments concernés (comme le césium, qui mettra plus de 30 ans à perdre la moitié de sa radioactivité), prédit une contamination durable.

La catastrophe de Fukushima représente une crise très grave pour de nombreuses familles japonaises. Les mères, qui ne savent plus quels aliments donner à leurs enfants et ne peuvent plus les laisser jouer dehors, sont dans un grand désarroi. Certaines se sont résolues à partir vivre avec eux dans des régions moins contaminées, laissant derrière elles dans bien des cas leurs maris, qui ne peuvent se résoudre à une telle remise en question.

Face à ce désarroi, les autorités sont dans le déni le plus cynique, perpétuant le mythe de la radiophobie qui avait déjà été abondamment débité à Tchernobyl. Shunichi Yamashita, le responsable de l’étude sanitaire qui doit concerner tous les habitants de la préfecture de Fukushima, a ainsi déclaré publiquement que les effets des radiations ne touchaient pas les personnes gaies et heureuses, mais uniquement les faibles d’esprit.

Situation inquiétante à Fukushima et sortie accélérée du nucléaire

Malgré la proclamation officielle de l’ « arrêt à froid » des réacteurs, la situation n’est toujours pas stabilisée à Fukushima. Dernièrement, la température est remontée de manière inquiétante dans le réacteur n°2, et les réacteurs éventrés continuent de recracher en permanence des radioéléments dans l’environnement. Selon plusieurs scientifiques, le réacteur n°1 aurait rejeté à lui tout seul 40 millions de milliards de Becquerels de Césium 137 depuis le début de la catastrophe. Par ailleurs, le Japon vit toujours sous la menace imminente d’un nouveau tsunami ou tremblement de terre, qui aboutirait à une dispersion plus grave encore de la contamination.

De nombreux réacteurs avaient été mis à l’arrêt lors du séisme ; les uns après les autres, ceux restant sont arrêtés pour maintenance. Les autorités locales et les citoyens, qui ont pris au sérieux la menace nucléaire, refusent qu’ils soient redémarrés. Le gouvernement a certes décidé d’allonger de 20 nouvelles années le fonctionnement des centrales, mais cette décision, de fait, ne sera peut-être pas suivie d’effets. En effet, le Japon, qui tirait 28 % de son électricité de l’atome, pourrait bien connaître une sortie du nucléaire accélérée en l’espace d’un an : début mars, il ne reste plus que deux réacteurs japonais en activité sur 54 !

Cette réduction spectaculaire de la part du nucléaire a été réalisée en partie grâce à une augmentation des importations de gaz, mais surtout par la mise en œuvre généralisée de mesures d’économie d’énergie souvent très simples. Les Japonais apprennent à se passer de la climatisation, optant pour des tenues plus légères. Une partie des équipements électriques (escalators, portes automatiques) sont à l’arrêt. Une réduction importante – et semble-t-il pérenne – de la pointe de consommation électrique a ainsi été effectuée. Ces mesures sont bien acceptées par la population, qui préfère une légère diminution de son confort à la poursuite de la menace nucléaire.

La société civile japonaise réagit

Les mensonges de Tepco et la censure des médias, qui relaient peu les positions des antinucléaires, se poursuivent. Mais la majorité des Japonais ne fait plus confiance au gouvernement, ni aux firmes électriques, et souhaite la sortie du nucléaire.
La société civile japonaise réagit face au déni. Dans les zones contaminées, les citoyens se mettent à mesurer eux-mêmes la radioactivité. Un réseau a été mis en place pour protéger et éventuellement évacuer les enfants de Fukushima.
En septembre, 60 000 personnes ont manifesté à Tokyo. Mi-janvier, à Yokohama, une grande conférence pour un monde sans nucléaire a rassemblé près de 10 000 participants du Japon et du monde entier. A l’automne, des femmes ont initié un sit-in devant le siège du Ministère de l’industrie. Depuis décembre, elles se relaient en permanence pour y rester jusqu’au 11 septembre 2012.
Des intellectuels se mobilisent, comme l’écrivain Kenzaburo Oé, le reporter Satochi Kamata et le musicien Ryuichi Sakamoto, qui ont initié la pétition « Action des 10 millions de citoyens pour dire adieu au nucléaire », dont le nombre de signataires dépasse maintenant les 3,9 millions.

Plus jamais ça !

Pour éviter que ne se reproduise la tragédie de Fukushima, mobilisons-nous et faisons-nous entendre. Il a fallu un des accidents les plus graves de l’histoire pour que le Japon ferme ses réacteurs. Avec ses 58 réacteurs et ses nombreuses usines, la France est extrêmement exposée au risque. N’attendons pas qu’une catastrophe y survienne pour que soit enfin adoptée une décision politique de sortie du nucléaire !

Samedi 10 mars 2012


 Le Figaro publie un tableau présentant la situation des réacteurs par rapport au risque d’inondation (données de l’ASN de 2001). Pour rappel, sont construites plus bas que les crues millénaires les centrales de Chinon (0,35 m), Gravelines (0,46), Belleville (0,5), Le Blayais (0,96) et Dampierre (1,77).

 A Fessenheim, une manifestation réunit un millier de personnes devant la centrale. Les syndicats avaient appelé à une contre manifestation qui n’a réuni qu’une soixantaine de salariés (sur 770 salariés et 200 prestataires de services).

 Le Parti socialiste répond par la négative à l’invitation qui lui a été faite de participer à la chaîne humaine pour la sortir du nucléaire dans la vallée du Rhône.

Vendredi 09 mars 2012

Le journal Les Echos revient dans un article sur la complexité de la contamination du territoire et l’évacuation des zones habitées. Certaines personnes habitant à proximité de la centrale peuvent encore résider dans leur habitation tandis que d’autres zones beaucoup plus éloignées sont devenus de véritables points chauds ou il devient dangereux de vivre. La contamination des sols correspond aux endroits où le nuage de poussières radioactives issues de l’explosion est passé.

Les contours de la zone interdite restent très difficiles à tracer.

https://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201938115278-un-an-apres-au-japon-le-combat-contre-la-radioactivite-299900.php

Jeudi 08 mars 2012

 Arte : Enquête sur une supercatastrophe nucléaire (à voir jusqu’au 13 mars 2012)

Mercredi 06 mars 2012

 L’ACRO vient de mettre à disposition du public de nouveaux résultats concernant les analyses d’urines effectuées sur des enfants japonais. Ces analyses révèlent que l’organisme de ces enfants est toujours gravement contaminé par des substances radioactives et ce jusqu’à 200 km de la centrale. Des analyses sur des poussières provenant de sac d’aspirateurs en deviennent inquiétantes , en effet leur teneur en particules radioactives est telle que ces simples objets de la vie quotidienne mériteraient d’être classés dans la catégorie des déchets radioactifs.

https://acro.eu.org

 Un contrôle sanitaire sur plus de 2 millions de personnes va être effectué par la préfecture de Fukushima sur des habitants n’ayant pas quitté la région depuis le séisme ; celui-ci se résumera pour l’instant à un simple questionnaire permettant d’estimer les doses reçues. La préfecture va également mettre en place un contrôle thyroïdien sur près de 360 000 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident.

Mardi 05 mars 2012

Fukushima : un préfet en colère

 Eisaku Sato, ancien préfet de Fukushima, l’avait prédit. Cela faisait des années qu’il tirait la sonnette d’alarme sur les risques d’accident dans la centrale nucléaire. Un an après la catastrophe du 11 mars, il est venu hier à Paris, à l’invitation d’Europe Ecologie-Les Verts, dénoncer les pressions du lobby nucléaire, qui "fonctionne comme un rouleau compresseur".

"Le Premier ministre a donné le feu vert au redémarrage de certains réacteurs. Je suis surpris, car à Fukushima, les réacteurs sont loin d’être sous contrôle" Eisaku Sato

"Des voleurs travaillent avec des policiers" Elu pendant dix-huit ans, Eisaku Sato était un fervent pro-nucléaire. Mais un accident mortel en 1999, dans une autre centrale, ébranle ses certitudes. En 2002, un scandale éclate au sein de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima : des rapports faisant état de fissures ont été dissimulés aux autorités. Rien de surprenant, selon Eisaku Sato. "L’agence de sûreté du nucléaire dépend du ministère de l’Economie. C’est comme si les voleurs travaillaient avec les policiers."

Contraint à démissionner Le préfet continue à avertir les autorités et les médias des dangers de sa centrale. En 2006, il est accusé de corruption par un hebdomadaire et contraint à démissionner. "L’auteur de ce scoop était un spécialiste du nucléaire", dénonce-t-il.

Plus audible à l’étranger qu’au Japon Depuis le 11 mars 2011, Eisaku Sato est devenu une star à l’étranger. Pourtant, au Japon, sa voix reste discrète. "Je n’ai pas beaucoup de contacts avec des journalistes japonais, car la presse reçoit beaucoup d’argent de Tepco."

Dimanche 03 mars 2012

 « Il est tout à fait probable que nul réacteur nucléaire ne sera remis en marche même cet été, a déclaré au parlement Yukio Edano, ministre japonais de l’Economie, du commerce et de l’industrie. Les tensions possibles provoquées par la demande d’énergie électrique n’influeront pas sur notre prise de conscience de la sécurité de l’énergie atomique ».

Deux réacteurs nucléaires sur 54 fonctionnent actuellement au Japon. L’un d’entre eux sera arrêté provisoirement fin mars et l’autre, fin avril.

 Fraudes à l’étiquetage Des fraudes ont rendu les consommateurs japonais très méfiants vis-à-vis des produits présents dans leur assiette. En effet, divers produits de la préfecture de Fukushima comme de la viande bovine, du lait, des champignons et certains légumes verts, ont été interdits à la vente car ils présentaient des niveaux de radioactivité supérieurs à la limite fixée par les autorités. Or, le riz cultivé dans cette région avait d’abord été déclaré consommable, avant que des tests complémentaires ne révèlent une contamination excessive de nombreux lots finalement interdits.

 Chute des exportations La question se pose également sur l’exportation des produits japonais à l’étranger. Ainsi, les exportations d’aliments ont diminué de 7,4% en 2011 par rapport au niveau de 2010 et celles de produits de la mer ont chuté de 10,9%. Huit pays, dont la Chine et la Corée du Sud, bloquent toujours l’importation de légumes provenant de régions du nord et de l’est de l’archipel.

 Avec la levée de l’interdiction de survol, les hélicoptères transportant des caméras se succèdent à Fukushima.


Message de Katsutaka Idogawa, Maire de la ville... par kna60

 « Nous ne devons plus utiliser l’énergie nucléaire » C’est le message adressé par Katsuaka Idogawa, maire de Futaba (ville fantôme depuis la catastophe) à l’auditoire de la Berlinale 2012. Lors de ce ce festival du film, une documentaire sur les réfugiés de Futaba : nuclear nation a été dévoilé au public. Le maire de Futaba vit actuellement dans un lycée désaffecté de Tokyo...

Chronologie réalisée par Michel Bernard pour la revue Silence ! https://www.revuesilence.net

Mardi 27 mars


 TEPCO annonce avoir détecté une nouvelle fuite d’eau dans la mer avec notamment une pollution au strontium.

 Le quotidien japonais Asahi publie de nouvelles mesures de radioactivité réalisées après décontamination dans des villes évacuées autour de Fukushima. Malgré des travaux importants de décontamination effectués dans le cadre d’un programme pilote lancé en novembre 2011, le résultat est très souvent décevant et de nombreuses mesures dépassent encore la limite maximale fixée à 20 millisieverts par an.

 Le site https://fukushima.over-blog.fr se fait l’écho d’une polémique dans les médias japonais sur ce qui se passe dans le réacteur n°2 : s’il n’y a vraiment que 60 cm d’eau, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas augmentation de la température… sauf si le cœur fondu (94 tonnes) se trouve ailleurs. Dans la piscine de récupération des liquides sous le réacteur ? Encore plus bas ?

Lundi 26 mars 2012

 Les autorités internationales rendent publique un incident grave qui s’est passé le 9 février 2012 à la centrale de Gori en Corée du Sud : le gouvernement coréen a essayé de masquer l’incident : un arrêt incontrôlé du réacteur n°1 qui a été privé d’alimentation électrique pendant 12 minutes. Pendant ces 12 minutes sans contrôle, la température du cœur à l’arrêt a augmenté de 20°C. Le réacteur de 556 MW, datant de 1978, devait être arrêté en 2007, mais le gouvernement l’a autorisé à fonctionner dix ans de plus. Les médias coréens ont ironisés sur le fait que la demande de prolongation faite en 2007 s’appuyait sur la décision du Japon de poursuivre l’activité du réacteur n°1 de Fukushima !

 Le site spécialisé Enerzine donne les chiffres suivants : d’avril 2011 à janvier 2012, le nombre de demande de raccordement au réseau d’installation photovoltaïques au Japon a progressé de 140 % pour atteindre 215 178. Il s’agit d’installations sur des maisons individuelles. Par ailleurs, 30 centrales solaires plus importantes sont en projet pour une puissance de 140 MW. Enfin, le gouvernement japonais devrait mettre en place à partir de juillet 2012 des tarifs plus intéressant pour le rachat de l’électricité provenant des énergies renouvelables.

Dimanche 25 mars 2012

 Un 53e réacteur (le dernier pour TEPCO) est mis à l’arrêt. Il n’en reste plus qu’un… qui devrait être fermé avant fin avril.

 Selon TEPCO, une nouvelle mesure complète du réacteur n°2 par détection thermique indique qu’il n’y a pas de zones chaudes supérieures à 60°C dans le réacteur n°2. Ceci est censé mettre un terme aux débats provoqués par les données d’un thermomètre qui semblait annoncer une reprise d’activité. Les injections d’eau qui étaient monté jusqu’à 17 tonnes/heure le 12 février sont quand même encore de 9 tonnes/heure, ce qui reste bien supérieur à ce qui était injecté en janvier dernier. TEPCO a aussi découvert qu’il ne restait plus que 60 cm d’eau dans le cœur alors qu’il en faut 3 m, ce qui signifie qu’il y a toujours un évaporation intense… ou des fuites non détectées. Ou autre chose…

Mercredi 21 mars 2012

La situation est bien loin d’être complètement sous contrôle en cas de réplique sismique.

"Si la piscine de l’unité 4 fuit, c’est LA FIN ! "

Un message alarmant concernant la piscine de combustible du réacteur n°4 lancé par le Professeur Koide lors de l’émission TV en direct d’informations matinales intitulé "Morning Bird" de TV Asahi, diffusé le 8 Mars 2012.

Lundi 19 mars 2012

 La ville d’Osaka, l’une des plus importantes du Japon, a demandé à sa compagnie électrique Kansai Electric Power Co de mettre un terme "aussi rapide que possible" au recours à l’énergie nucléaire.

 Une enquête réalisée à Fukushima ville par les autorités auprès de 225 enfants ayant entre six et 11 ans, évacués de la région proche du réacteur, montre que 40 % ne comprennent rien à la pollution radioactive. Beaucoup n’ont qu’une compréhension très relative de la question. Seuls 7 % (surtout les plus âgés) connaissent les précautions à prendre quand on sort ou quand on choisit un aliment. Dans ce contexte, les autorités s’interrogent sur les risques que cela représente pour leur santé… puisque la plupart ne prennent aucune précaution particulière.

Dimanche 18 mars 2012

 Nouveau sondage au Japon : 80 % des Japonais sont favorables au maintien à l’arrêt des réacteurs nucléaires et à la sortie du nucléaire.

 The Yomiuri Shimbun annonce que l’institut pour la recherche océanographique de l’université de Tokyo a mesuré le césium 137 dans des échantillons de plancton marin depuis la côte jusqu’à 600 km. A 600 km à l’est du Japon, on dépasse encore les 500 bq/kg. Ces taux de césium vont ensuite se concentrer le long des chaînes alimentaires… et donc dans le poisson sur de très grandes distances.

Jeudi 15 mars

 Une délégation japonaise est en Bretagne pour rencontrer une couveuse d’activités qui travaille sur les possibilités de créer des éoliennes offshore flottantes (actuellement, les éoliennes en mer sont posées sur le fond). Le gouvernement japonais pourrait lancer un vaste programme de ce type d’éoliennes.

 Des scientifiques (Michel Fernex, Yves Lenoir…) qui soutiennent l’association Les enfants de Tchernobyl rappellent des données sur Tchernobyl : ont été évacuées les zones dépassant 5mSv/an… et aujourd’hui, 80 % des enfants vivant dans des zones non évacuées à seulement 550 bq/m2 (soit 1000 fois moins que dans la zone évacuée) sont malades. Au Japon, pour le moment, les zones évacuées sont celles à plus de 2 microsieverts/heure soit environ 17 mSv/an. Soit des doses plus du triple qu’à Tchernobyl. Ils en concluent donc que dans les années à venir, la situation sanitaire au Japon va devenir dramatique.

 A la veille de son arrivée au salon du livre de Paris, Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature, très engagé dans la mobilisation antinucléaire au Japon, est interviewé dans Le Monde. Il explique son engagement ancien contre l’arme nucléaire et comment les médecins spécialisés d’Hiroshima ont tout de suite alerté sur les conséquences sanitaires que va avoir l’accident. Pour Kenzaburô Ôé, le drame est aussi dans le domaine politique : c’est la fragilité de la démocratie qui est rendu visible. Les mensonges succèdent aux mensonges et alors que la population demande la sortie du nucléaire, le gouvernement cherche par tous les moyens à relancer les réacteurs.

 Le Figaro annonce que le Wall Street journal table sur la construction de 258 centrales électriques entre 2011 et 2015… et qu’elles seront toutes au gaz du fait de l’abondance des extractions de gaz de schiste. Titre de l’article : "Le gaz a tué le nucléaire aux USA".

Mercredi 14 mars 2012

 Nouvel important séisme dans le nord du Japon (magnitude 6,8). Les populations littorales de trois préfectures sont évacuées après une alerte au tsunami. Deux centrales nucléaires se trouvent dans le secteur : heureusement, elles sont à l’arrêt. Ces réacteurs, au nord de Fukushima avaient suscité bien des inquiétudes le 11 mars 2011.

Mardi 13 mars 2012

 L’AIEA, organisme pronucléaire dépendant de l’ONU publie un rapport sur le vieillissement du parc nucléaire mondial. Rappelant que 80 % des réacteurs ont plus de 20 ans, 32 % plus de 30 ans, 5 % plus de 40 ans, l’AIEA affirme qu"il y a des inquiétudes concernant la capacité de cette flotte nucléaire vieillissante à remplir ces attentes". L’AIEA exprime son doute sur la possibilité de maintenir les réacteurs anciens à des niveaux de sûreté suffisants… et se prononce pour la construction de nouveaux réacteurs.

 Global Chance, groupe d’experts indépendants, avec Bernard Laponche, ancien du CEA, Benjamin Dessus, ancien d’EDF… publie une contre expertise sur le rapport Energie 2050 remis il y a peu à Eric Besson. Selon eux, il s’agit d’un tour de passe-passe idéologique s’appuyant sur des biais méthodologiques indignes d’un scientifique. Premier oubli : le potentiel des économies d’énergie… sauf pour les discréditer ! Le nucléaire est classé dans les énergies primaires… ce qui occulte la place particulière de l’uranium que l’on importe à 100 %. Le rapport omet les engagements internationaux de la France (20 % de réduction de la consommation d’énergie en 2020). Bizarrement, cette contre-expertise n’a pas le même écho que le rapport.

Lundi 12 mars 2012

 Dans Le Monde, un article rappelle que Fukushima fait oublier un peu vite le drame de Tchernobyl. 26 ans après l’accident, 2 millions de personnes vivent toujours dans des zones fortement contaminées en Biélorussie. Dans cette zone, une grossesse sur deux est interrompue avant terme et malgré cela, le nombre de malformations augmente. Les habitants autour de Fukushima peuvent s’attendre au pire… 2 millions de Japonais vont devoir être suivis médicalement.

 Le gouvernement japonais indique que ses importations de pétrole n’ont augmenté que de 4 % en un an. Sachant que le nucléaire fournissait 28 % de l’électricité du pays, cela confirme bien que l’essentiel de la sortie du nucléaire a été possible… simplement en économisant, car aucun projet d’envergure n’a vu le jour dans le domaine des énergies renouvelables.

Dimanche 11 mars 2012

 Un an après l’accident, 70 % des Japonais sont pour l’abandon de l’énergie nucléaire. Dans son discours pour le premier anniversaire de l’accident, le premier ministre japonais Yoshihiko Noda, a promis d’intensifier ses efforts… pour convaincre les élus locaux d’accepter le redémarrage des réacteurs nucléaires ! Encore un grand démocrate !

 Combien d’évacués un an après ? Les médias s’emmêlent les pinceaux entre les personnes évacuées suite au tremblement de terre, suite à l’accident nucléaire… et celles qui sont parties sans être évacuées par les autorités. Il y a 110 000 personnes évacuées par les autorités concernant l’accident nucléaire et 60 000 de plus du fait du tremblement de terre. Sur le nombre de personnes totales qui sont parties, par contre les estimations sont plus floues, mais c’est plus de 300 000 et cela continue tous les jours.

Une contamination durable et une population dangereusement exposée

Dans la préfecture de Fukushima, les populations restent exposées à des doses extrêmement élevées de radiation. Les enfants ne sont plus autorisés à jouer dehors. Depuis avril dernier, le gouvernement a relevé le seuil maximum d’exposition à 20 mSv (millisieverts) par an pour tous, adultes et enfants, un seuil qui ne devrait normalement concerner que les travailleurs du nucléaire. Face aux protestations, il a été fixé comme objectif de « viser », un maximum de 1 mSv par an, mais les mesures de décontamination mises en œuvre pour l’atteindre sont dérisoires. On se contente de retirer la terre des cours de récréation, mais un fort taux de radioactivité persiste malgré ces travaux, les réacteurs continuant à disperser leurs poisons dans l’environnement. Pour protéger les populations, la seule solution serait de pouvoir évacuer de larges zones, mais le gouvernement s’y refuse. Rappelons qu’à Tchernobyl, tout territoire présentant une contamination supérieure à 5 mSv/an avait été évacué.

Des campagnes de mesures montrent que plusieurs enfants et femmes enceintes auront absorbé plus de 20 mSv/an cette année. Par ailleurs, on ne se soucie pas de la contamination interne par ingestion de particules radioactives. Les seuils ont ainsi été relevés à 500 Becquerels/kg pour les aliments, ce qui, de l’avis des experts qui ont travaillé au Bélarus suite à la catastrophe de Tchernobyl, est beaucoup trop élevé pour des enfants. On autorise la culture du riz dans des zones contaminées au Césium 137. Enfin, un nouveau risque s’ajoute avec l’accumulation dans tout le pays de gravats et débris radioactifs. Malheureusement, la durée de vie des radioéléments concernés (comme le césium, qui mettra plus de 30 ans à perdre la moitié de sa radioactivité), prédit une contamination durable.

La catastrophe de Fukushima représente une crise très grave pour de nombreuses familles japonaises. Les mères, qui ne savent plus quels aliments donner à leurs enfants et ne peuvent plus les laisser jouer dehors, sont dans un grand désarroi. Certaines se sont résolues à partir vivre avec eux dans des régions moins contaminées, laissant derrière elles dans bien des cas leurs maris, qui ne peuvent se résoudre à une telle remise en question.

Face à ce désarroi, les autorités sont dans le déni le plus cynique, perpétuant le mythe de la radiophobie qui avait déjà été abondamment débité à Tchernobyl. Shunichi Yamashita, le responsable de l’étude sanitaire qui doit concerner tous les habitants de la préfecture de Fukushima, a ainsi déclaré publiquement que les effets des radiations ne touchaient pas les personnes gaies et heureuses, mais uniquement les faibles d’esprit.

Situation inquiétante à Fukushima et sortie accélérée du nucléaire

Malgré la proclamation officielle de l’ « arrêt à froid » des réacteurs, la situation n’est toujours pas stabilisée à Fukushima. Dernièrement, la température est remontée de manière inquiétante dans le réacteur n°2, et les réacteurs éventrés continuent de recracher en permanence des radioéléments dans l’environnement. Selon plusieurs scientifiques, le réacteur n°1 aurait rejeté à lui tout seul 40 millions de milliards de Becquerels de Césium 137 depuis le début de la catastrophe. Par ailleurs, le Japon vit toujours sous la menace imminente d’un nouveau tsunami ou tremblement de terre, qui aboutirait à une dispersion plus grave encore de la contamination.

De nombreux réacteurs avaient été mis à l’arrêt lors du séisme ; les uns après les autres, ceux restant sont arrêtés pour maintenance. Les autorités locales et les citoyens, qui ont pris au sérieux la menace nucléaire, refusent qu’ils soient redémarrés. Le gouvernement a certes décidé d’allonger de 20 nouvelles années le fonctionnement des centrales, mais cette décision, de fait, ne sera peut-être pas suivie d’effets. En effet, le Japon, qui tirait 28 % de son électricité de l’atome, pourrait bien connaître une sortie du nucléaire accélérée en l’espace d’un an : début mars, il ne reste plus que deux réacteurs japonais en activité sur 54 !

Cette réduction spectaculaire de la part du nucléaire a été réalisée en partie grâce à une augmentation des importations de gaz, mais surtout par la mise en œuvre généralisée de mesures d’économie d’énergie souvent très simples. Les Japonais apprennent à se passer de la climatisation, optant pour des tenues plus légères. Une partie des équipements électriques (escalators, portes automatiques) sont à l’arrêt. Une réduction importante – et semble-t-il pérenne – de la pointe de consommation électrique a ainsi été effectuée. Ces mesures sont bien acceptées par la population, qui préfère une légère diminution de son confort à la poursuite de la menace nucléaire.

La société civile japonaise réagit

Les mensonges de Tepco et la censure des médias, qui relaient peu les positions des antinucléaires, se poursuivent. Mais la majorité des Japonais ne fait plus confiance au gouvernement, ni aux firmes électriques, et souhaite la sortie du nucléaire.
La société civile japonaise réagit face au déni. Dans les zones contaminées, les citoyens se mettent à mesurer eux-mêmes la radioactivité. Un réseau a été mis en place pour protéger et éventuellement évacuer les enfants de Fukushima.
En septembre, 60 000 personnes ont manifesté à Tokyo. Mi-janvier, à Yokohama, une grande conférence pour un monde sans nucléaire a rassemblé près de 10 000 participants du Japon et du monde entier. A l’automne, des femmes ont initié un sit-in devant le siège du Ministère de l’industrie. Depuis décembre, elles se relaient en permanence pour y rester jusqu’au 11 septembre 2012.
Des intellectuels se mobilisent, comme l’écrivain Kenzaburo Oé, le reporter Satochi Kamata et le musicien Ryuichi Sakamoto, qui ont initié la pétition « Action des 10 millions de citoyens pour dire adieu au nucléaire », dont le nombre de signataires dépasse maintenant les 3,9 millions.

Plus jamais ça !

Pour éviter que ne se reproduise la tragédie de Fukushima, mobilisons-nous et faisons-nous entendre. Il a fallu un des accidents les plus graves de l’histoire pour que le Japon ferme ses réacteurs. Avec ses 58 réacteurs et ses nombreuses usines, la France est extrêmement exposée au risque. N’attendons pas qu’une catastrophe y survienne pour que soit enfin adoptée une décision politique de sortie du nucléaire !

Samedi 10 mars 2012


 Le Figaro publie un tableau présentant la situation des réacteurs par rapport au risque d’inondation (données de l’ASN de 2001). Pour rappel, sont construites plus bas que les crues millénaires les centrales de Chinon (0,35 m), Gravelines (0,46), Belleville (0,5), Le Blayais (0,96) et Dampierre (1,77).

 A Fessenheim, une manifestation réunit un millier de personnes devant la centrale. Les syndicats avaient appelé à une contre manifestation qui n’a réuni qu’une soixantaine de salariés (sur 770 salariés et 200 prestataires de services).

 Le Parti socialiste répond par la négative à l’invitation qui lui a été faite de participer à la chaîne humaine pour la sortir du nucléaire dans la vallée du Rhône.

Vendredi 09 mars 2012

Le journal Les Echos revient dans un article sur la complexité de la contamination du territoire et l’évacuation des zones habitées. Certaines personnes habitant à proximité de la centrale peuvent encore résider dans leur habitation tandis que d’autres zones beaucoup plus éloignées sont devenus de véritables points chauds ou il devient dangereux de vivre. La contamination des sols correspond aux endroits où le nuage de poussières radioactives issues de l’explosion est passé.

Les contours de la zone interdite restent très difficiles à tracer.

https://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201938115278-un-an-apres-au-japon-le-combat-contre-la-radioactivite-299900.php

Jeudi 08 mars 2012

 Arte : Enquête sur une supercatastrophe nucléaire (à voir jusqu’au 13 mars 2012)

Mercredi 06 mars 2012

 L’ACRO vient de mettre à disposition du public de nouveaux résultats concernant les analyses d’urines effectuées sur des enfants japonais. Ces analyses révèlent que l’organisme de ces enfants est toujours gravement contaminé par des substances radioactives et ce jusqu’à 200 km de la centrale. Des analyses sur des poussières provenant de sac d’aspirateurs en deviennent inquiétantes , en effet leur teneur en particules radioactives est telle que ces simples objets de la vie quotidienne mériteraient d’être classés dans la catégorie des déchets radioactifs.

https://acro.eu.org

 Un contrôle sanitaire sur plus de 2 millions de personnes va être effectué par la préfecture de Fukushima sur des habitants n’ayant pas quitté la région depuis le séisme ; celui-ci se résumera pour l’instant à un simple questionnaire permettant d’estimer les doses reçues. La préfecture va également mettre en place un contrôle thyroïdien sur près de 360 000 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident.

Mardi 05 mars 2012

Fukushima : un préfet en colère

 Eisaku Sato, ancien préfet de Fukushima, l’avait prédit. Cela faisait des années qu’il tirait la sonnette d’alarme sur les risques d’accident dans la centrale nucléaire. Un an après la catastrophe du 11 mars, il est venu hier à Paris, à l’invitation d’Europe Ecologie-Les Verts, dénoncer les pressions du lobby nucléaire, qui "fonctionne comme un rouleau compresseur".

"Le Premier ministre a donné le feu vert au redémarrage de certains réacteurs. Je suis surpris, car à Fukushima, les réacteurs sont loin d’être sous contrôle" Eisaku Sato

"Des voleurs travaillent avec des policiers" Elu pendant dix-huit ans, Eisaku Sato était un fervent pro-nucléaire. Mais un accident mortel en 1999, dans une autre centrale, ébranle ses certitudes. En 2002, un scandale éclate au sein de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima : des rapports faisant état de fissures ont été dissimulés aux autorités. Rien de surprenant, selon Eisaku Sato. "L’agence de sûreté du nucléaire dépend du ministère de l’Economie. C’est comme si les voleurs travaillaient avec les policiers."

Contraint à démissionner Le préfet continue à avertir les autorités et les médias des dangers de sa centrale. En 2006, il est accusé de corruption par un hebdomadaire et contraint à démissionner. "L’auteur de ce scoop était un spécialiste du nucléaire", dénonce-t-il.

Plus audible à l’étranger qu’au Japon Depuis le 11 mars 2011, Eisaku Sato est devenu une star à l’étranger. Pourtant, au Japon, sa voix reste discrète. "Je n’ai pas beaucoup de contacts avec des journalistes japonais, car la presse reçoit beaucoup d’argent de Tepco."

Dimanche 03 mars 2012

 « Il est tout à fait probable que nul réacteur nucléaire ne sera remis en marche même cet été, a déclaré au parlement Yukio Edano, ministre japonais de l’Economie, du commerce et de l’industrie. Les tensions possibles provoquées par la demande d’énergie électrique n’influeront pas sur notre prise de conscience de la sécurité de l’énergie atomique ».

Deux réacteurs nucléaires sur 54 fonctionnent actuellement au Japon. L’un d’entre eux sera arrêté provisoirement fin mars et l’autre, fin avril.

 Fraudes à l’étiquetage Des fraudes ont rendu les consommateurs japonais très méfiants vis-à-vis des produits présents dans leur assiette. En effet, divers produits de la préfecture de Fukushima comme de la viande bovine, du lait, des champignons et certains légumes verts, ont été interdits à la vente car ils présentaient des niveaux de radioactivité supérieurs à la limite fixée par les autorités. Or, le riz cultivé dans cette région avait d’abord été déclaré consommable, avant que des tests complémentaires ne révèlent une contamination excessive de nombreux lots finalement interdits.

 Chute des exportations La question se pose également sur l’exportation des produits japonais à l’étranger. Ainsi, les exportations d’aliments ont diminué de 7,4% en 2011 par rapport au niveau de 2010 et celles de produits de la mer ont chuté de 10,9%. Huit pays, dont la Chine et la Corée du Sud, bloquent toujours l’importation de légumes provenant de régions du nord et de l’est de l’archipel.

 Avec la levée de l’interdiction de survol, les hélicoptères transportant des caméras se succèdent à Fukushima.


Message de Katsutaka Idogawa, Maire de la ville... par kna60

 « Nous ne devons plus utiliser l’énergie nucléaire » C’est le message adressé par Katsuaka Idogawa, maire de Futaba (ville fantôme depuis la catastophe) à l’auditoire de la Berlinale 2012. Lors de ce ce festival du film, une documentaire sur les réfugiés de Futaba : nuclear nation a été dévoilé au public. Le maire de Futaba vit actuellement dans un lycée désaffecté de Tokyo...