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Sortir du nucléaire n°85

printemps 2020

S’ouvrir : International

Argentine : projet de méga-mines et de réacteur nucléaire

printemps 2020




En novembre dernier, les Argentins ont été invités à élire leur nouveau Parlement. Les ultra-libéralistes ayant une nouvelle fois plongé le pays dans la spirale inflationniste, les électeurs ont replacé une équipe péroniste au pouvoir. Hélas, les recettes gouvernementales ne changent guère, et, pire encore, sont annoncés la réactivation du projet de construction d’un réacteur nucléaire de forte puissance un ‘’grand programme’’ de développement minier, y compris des mines d’uranium.



Les nucléocrates argentins, toujours aussi jaloux de développer leur filière, admettent du bout des lèvres qu’ils ne peuvent seuls construire ce réacteur. Après avoir été approchés par les Russes, ils s’en remettent depuis 2013 aux Chinois qui leur promettent un financement initial total (début du remboursement après la mise en route).

Une première tentative d’implantation chinoise a eu lieu en 2017, près de Viedma, dans la province du Río Negro ; il s’agissait d’un réacteur type Hualong One (style EPR). Mais la forte mobilisation de la population régionale a eu raison de ce projet. L’alternative semblait donc évidente aux nucléocrates : implanter ce réacteur dans un site déjà nucléarisé, et il n’y en a qu’un seul de convenable, celui d’Atucha, à seulement 100 kilomètres au nord de la capitale Buenos Aires.

Aux dernières nouvelles, les Chinois seraient prêts à financer l’investissement estimé à 9 000 milliards de dollars ; en fait, ils comptent surtout engranger des bénéfices par la suite en vendant du combustible d’uranium enrichi pendant 60 ans.

© Wikimedia Commons/Mcukilo - Centrale nucléaire d’Embalse

Parallèlement, mus par une dynamique productiviste, les actuels gouvernants cherchent à répartir le territoire en lots à exploiter, notamment en Patagonie et dans les provinces andines, au profit d’entreprises étrangères. Ainsi, la société canadienne Blue Sky Uranium mène actuellement des recherches d’uranium près de Valcheta, province de Río Negro. Pour cela, le gouvernement fédéral est même prêt à supprimer les lois anti-extractivistes de certaines régions. Cependant, des dizaines de milliers de citoyens sont descendus dans les rues pour défendre ces lois et l’environnement.

Les nucléocrates de tous bords continuent donc à pousser leurs pions en Argentine. Et pourtant, en termes d’éthique, il y a beaucoup à dire sur le passif nucléaire argentin.

Des dizaines d’anciennes mines continuent à contaminer les eaux ; citons par exemple la mine ‘Los Gigantes’ située non loin du lac San Roque, source d’approvisionnement en eau essentielle dans la province de Córdoba.

Et dans la capitale même de Córdoba, seconde ville du pays, là où a longtemps fonctionné l’usine ‘Dioxitec’ (filiale de la Commission Nationale d’Énergie Atomique) qui fabrique du dioxyde d’uranium, subsistent 57 600 tonnes de résidus radioactifs.

À 60 kilomètres de là, après de lourds travaux de maintenance (plus de 2 milliards de dollars), la centrale nucléaire d’Embalse rejette tritium et autres particules radioactives. Depuis que des poissons à trois yeux ont été pêchés près du canal de rejet des eaux de la centrale, beaucoup se posent des questions sur la santé des personnes vivant dans cette région.

Il n’est donc pas étonnant que des citoyens et groupes antinucléaires existent. Nombre d’entre eux ont rejoint le Mouvement Antinucléaire de la République d’Argentine (MARA). Avec détermination, ils portent la lutte contre le nucléaire mortifère, mais ils comptent aussi sur le soutien des militants du monde entier qui luttent aussi contre ce fléau.

Bernard Cottier

Forum Social Mondial Antinucléaire en Argentine

Le prochain FSM-AN aura lieu à Buenos Aires du 22 au 25 octobre 2020.

Ses objectifs seront de favoriser les échanges entre activistes antinucléaires du monde entier, de dénoncer les impacts des filières nucléaires, les atteintes à l’environnement et aux Droits de l’homme, et de faire un gros plan sur la situation nucléaire en Amérique Latine.

Les nucléocrates argentins, toujours aussi jaloux de développer leur filière, admettent du bout des lèvres qu’ils ne peuvent seuls construire ce réacteur. Après avoir été approchés par les Russes, ils s’en remettent depuis 2013 aux Chinois qui leur promettent un financement initial total (début du remboursement après la mise en route).

Une première tentative d’implantation chinoise a eu lieu en 2017, près de Viedma, dans la province du Río Negro ; il s’agissait d’un réacteur type Hualong One (style EPR). Mais la forte mobilisation de la population régionale a eu raison de ce projet. L’alternative semblait donc évidente aux nucléocrates : implanter ce réacteur dans un site déjà nucléarisé, et il n’y en a qu’un seul de convenable, celui d’Atucha, à seulement 100 kilomètres au nord de la capitale Buenos Aires.

Aux dernières nouvelles, les Chinois seraient prêts à financer l’investissement estimé à 9 000 milliards de dollars ; en fait, ils comptent surtout engranger des bénéfices par la suite en vendant du combustible d’uranium enrichi pendant 60 ans.

© Wikimedia Commons/Mcukilo - Centrale nucléaire d’Embalse

Parallèlement, mus par une dynamique productiviste, les actuels gouvernants cherchent à répartir le territoire en lots à exploiter, notamment en Patagonie et dans les provinces andines, au profit d’entreprises étrangères. Ainsi, la société canadienne Blue Sky Uranium mène actuellement des recherches d’uranium près de Valcheta, province de Río Negro. Pour cela, le gouvernement fédéral est même prêt à supprimer les lois anti-extractivistes de certaines régions. Cependant, des dizaines de milliers de citoyens sont descendus dans les rues pour défendre ces lois et l’environnement.

Les nucléocrates de tous bords continuent donc à pousser leurs pions en Argentine. Et pourtant, en termes d’éthique, il y a beaucoup à dire sur le passif nucléaire argentin.

Des dizaines d’anciennes mines continuent à contaminer les eaux ; citons par exemple la mine ‘Los Gigantes’ située non loin du lac San Roque, source d’approvisionnement en eau essentielle dans la province de Córdoba.

Et dans la capitale même de Córdoba, seconde ville du pays, là où a longtemps fonctionné l’usine ‘Dioxitec’ (filiale de la Commission Nationale d’Énergie Atomique) qui fabrique du dioxyde d’uranium, subsistent 57 600 tonnes de résidus radioactifs.

À 60 kilomètres de là, après de lourds travaux de maintenance (plus de 2 milliards de dollars), la centrale nucléaire d’Embalse rejette tritium et autres particules radioactives. Depuis que des poissons à trois yeux ont été pêchés près du canal de rejet des eaux de la centrale, beaucoup se posent des questions sur la santé des personnes vivant dans cette région.

Il n’est donc pas étonnant que des citoyens et groupes antinucléaires existent. Nombre d’entre eux ont rejoint le Mouvement Antinucléaire de la République d’Argentine (MARA). Avec détermination, ils portent la lutte contre le nucléaire mortifère, mais ils comptent aussi sur le soutien des militants du monde entier qui luttent aussi contre ce fléau.

Bernard Cottier

Forum Social Mondial Antinucléaire en Argentine

Le prochain FSM-AN aura lieu à Buenos Aires du 22 au 25 octobre 2020.

Ses objectifs seront de favoriser les échanges entre activistes antinucléaires du monde entier, de dénoncer les impacts des filières nucléaires, les atteintes à l’environnement et aux Droits de l’homme, et de faire un gros plan sur la situation nucléaire en Amérique Latine.



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