Faire un don

Transition énergétique allemande : et si on s’informait vraiment ?

Article issu du n°96 de la revue Sortir du nucléaire - Hiver 2022/2023

Allemagne : une sortie du nucléaire repoussée mais pas annulée

Article publié le 13 février 2022



Censées fermer fin 2022, les dernières centrales nucléaires allemandes ne seront définitivement arrêtées qu’en avril 2023. Une sortie du nucléaire qui ne veut pas dire retour au charbon !

11 nov. 2022 : action devant le Bundestag. "Centrales nucléaires dangereuses et superflues. Arrêtez les bêtises !"

Crédit : Uwe Hiksch - Flickr - CC BY 2.0


Pour le mouvement antinucléaire allemand, le 31 décembre 2022 devait être l’occasion de fêter l’arrêt tant attendu des trois derniers réacteurs en fonctionnement du pays, Emsland, Isar-2 et Neckarwestheim-2. Mais la crise ukrainienne a changé la donne du paysage énergétique allemand, raréfiant le gaz russe et fissurant le consensus transpartisan autour de la sortie du nucléaire.

À lire : En Allemagne, on a – presque – tourné la page du nucléaire

S’engouffrant dans la brèche, la CDU (droite), l’AFD (extrême-droite), et même les Libéraux du FDP, membres de la coalition gouvernementale, ont plaidé pour relancer les réacteurs récemment arrêtés et annuler les dernières fermetures.

Présentées comme pragmatiques, en opposition à un maintien "dogmatique" de la sortie du nucléaire, de telles propositions s’avéraient pourtant hors-sol, et en premier lieu pour les exploitants des centrales eux-mêmes. En effet, ceux-ci avaient déjà planifié leur arrêt et leur démantèlement et pris leurs dispositions en termes de gestion du personnel. Surtout, il leur aurait fallu commander et faire fabriquer de nouveaux éléments de combustible, qui n’auraient pas pu être disponibles avant 18 à 24 mois, n’apportant aucune réponse aux problèmes de l’hiver.

Dès le printemps, un rapport commandé par les ministères de l’économie, du climat, de l’environnement et de la sûreté nucléaire avait conclu que la prolongation du fonctionnement des trois derniers réacteurs conduisait à des risques trop élevés pour une contribution à la réduction de la consommation de gaz de 1 % au plus. Mais en septembre, un deuxième rapport ministériel invoquait les tensions sur le réseau électrique européen, et notamment les défaillances sur le parc nucléaire français et la pénurie d’électricité qui en résultait, pour justifier leur maintien en fonctionnement !

Au final, la décision poussée par le chancelier Olaf Scholz et validée par le Bundestag le 11 novembre consiste à laisser en fonctionnement les trois derniers réacteurs jusqu’au 15 avril 2023, en tirant sur le combustible restant pour passer l’hiver. L’État prendra en charge le coût entraîné par ce report pour les entreprises. Quant au mouvement antinucléaire allemand, il demeure mobilisé pour que cette date butoir reste définitive.

Non, l’Allemagne n’est pas "revenue au charbon" pour sortir du nucléaire !

"Pour sortir du nucléaire, l’Allemagne a dû revenir au charbon !" : qui n’a jamais entendu cette affirmation aussi courante que fausse ? La décision de sortie du nucléaire, en 2011, n’a pas été effectuée grâce à un renfort du charbon, mais a donné l’impulsion pour une montée en puissance décisive des énergies renouvelables, qui a plus que compensé le déclin de l’atome.

En parallèle, malgré l’extension de mines de charbon destructrices, de nombreux projets de centrales à charbon ont été abandonnés et une baisse du recours aux énergies fossiles a été constatée.

Pour le mouvement climat allemand, lui-même issu du mouvement antinucléaire, le choix n’est plus entre nucléaire et charbon, mais énergies du passé et énergies d’avenir :

  • maintenir la sortie de l’atome,
  • accélérer la fin du charbon
  • et atteindre au plus vite le 100 % renouvelable.

À lire : La lutte contre le charbon liée au mouvement antinucléaire, Sortir du nucléaire n°87, automne 2020

Pour le mouvement antinucléaire allemand, le 31 décembre 2022 devait être l’occasion de fêter l’arrêt tant attendu des trois derniers réacteurs en fonctionnement du pays, Emsland, Isar-2 et Neckarwestheim-2. Mais la crise ukrainienne a changé la donne du paysage énergétique allemand, raréfiant le gaz russe et fissurant le consensus transpartisan autour de la sortie du nucléaire.

À lire : En Allemagne, on a – presque – tourné la page du nucléaire

S’engouffrant dans la brèche, la CDU (droite), l’AFD (extrême-droite), et même les Libéraux du FDP, membres de la coalition gouvernementale, ont plaidé pour relancer les réacteurs récemment arrêtés et annuler les dernières fermetures.

Présentées comme pragmatiques, en opposition à un maintien "dogmatique" de la sortie du nucléaire, de telles propositions s’avéraient pourtant hors-sol, et en premier lieu pour les exploitants des centrales eux-mêmes. En effet, ceux-ci avaient déjà planifié leur arrêt et leur démantèlement et pris leurs dispositions en termes de gestion du personnel. Surtout, il leur aurait fallu commander et faire fabriquer de nouveaux éléments de combustible, qui n’auraient pas pu être disponibles avant 18 à 24 mois, n’apportant aucune réponse aux problèmes de l’hiver.

Dès le printemps, un rapport commandé par les ministères de l’économie, du climat, de l’environnement et de la sûreté nucléaire avait conclu que la prolongation du fonctionnement des trois derniers réacteurs conduisait à des risques trop élevés pour une contribution à la réduction de la consommation de gaz de 1 % au plus. Mais en septembre, un deuxième rapport ministériel invoquait les tensions sur le réseau électrique européen, et notamment les défaillances sur le parc nucléaire français et la pénurie d’électricité qui en résultait, pour justifier leur maintien en fonctionnement !

Au final, la décision poussée par le chancelier Olaf Scholz et validée par le Bundestag le 11 novembre consiste à laisser en fonctionnement les trois derniers réacteurs jusqu’au 15 avril 2023, en tirant sur le combustible restant pour passer l’hiver. L’État prendra en charge le coût entraîné par ce report pour les entreprises. Quant au mouvement antinucléaire allemand, il demeure mobilisé pour que cette date butoir reste définitive.

Non, l’Allemagne n’est pas "revenue au charbon" pour sortir du nucléaire !

"Pour sortir du nucléaire, l’Allemagne a dû revenir au charbon !" : qui n’a jamais entendu cette affirmation aussi courante que fausse ? La décision de sortie du nucléaire, en 2011, n’a pas été effectuée grâce à un renfort du charbon, mais a donné l’impulsion pour une montée en puissance décisive des énergies renouvelables, qui a plus que compensé le déclin de l’atome.

En parallèle, malgré l’extension de mines de charbon destructrices, de nombreux projets de centrales à charbon ont été abandonnés et une baisse du recours aux énergies fossiles a été constatée.

Pour le mouvement climat allemand, lui-même issu du mouvement antinucléaire, le choix n’est plus entre nucléaire et charbon, mais énergies du passé et énergies d’avenir :

  • maintenir la sortie de l’atome,
  • accélérer la fin du charbon
  • et atteindre au plus vite le 100 % renouvelable.

À lire : La lutte contre le charbon liée au mouvement antinucléaire, Sortir du nucléaire n°87, automne 2020



Le saviez-vous ?
Le Réseau "Sortir du nucléaire" est un véritable contre-pouvoir citoyen. Totalement indépendants de l’État, nous dépendons exclusivement du soutien de nos donateurs. C’est grâce à votre soutien financier que nous pouvons nous permettre de tout mettre en œuvre pour offrir aux générations futures l’espoir d’un avenir sans risques nucléaires. Aidez-nous à obtenir cet objectif et à nous permettre de continuer la lutte au quotidien contre cette énergie mortifère et pour promouvoir la sobriété énergétique et les alternatives renouvelables.

Faire un don


Thèmes
 Sortie du nucléaire  Politique énergétique