Week-end antimilitariste réussi en Loire-Atlantique
Un grand week-end de mobilisation contre le nouveau porte-avions que le gouvernement prétend faire construire à Saint-Nazaire a été organisé les 8 et 9 mai 2026. L’événement très unitaire a été élaboré par des militant·es venu·es d’horizons très différents qui ont pu raviver l’antimilitarisme autour de la coalition Guerre à la guerre Grand-Ouest.
Le 8 mai 2026, les forces de police étaient sur le pont pour leur mission bien assumée maintenant de police politique et surtout pour éviter tout crime de lèse-majesté. On retient que le carnaval est plus que jamais subversif et qu’une grosse tête de Macron en papier mâché peut être très prisée [1]. À retenir pour de prochaines occasions : en faire, et en faire plusieurs.
Un cortège mélangé de 1 500 personnes a donc parcouru les rues de cette cité portuaire largement détruite lors de la Seconde Guerre mondiale au cri de "Saint-Nazaire, ville ouvrière, pas militaire !", et portant un superbe porte-avions nommé "France liberticide" qui s’est finalement frayé un chemin vers la plage, où il a fini en proie aux flammes alors que la police impuissante transpirait sous ses cuirasses noires, perchée sur une mini-dune, au milieu des serviettes de bain et des baigneurs médusés par ce déploiement.
Saint-Nazaire est le seul chantier naval qui peut accueillir la construction de ce projet de porte-avions plus gros que le Charles de Gaulle qu’il est censé remplacer. Il faut bien se réserver un tel mastodonte quand on – enfin Sarkozy et Juppé – y a signé en grande pompe en 2011 un contrat de vente de porte-hélicoptères avec la Russie de Poutine qui venait alors d’envahir la Géorgie, et qu’on devra les brader à un autre régime quand la livraison deviendra trop embarrassante dans le contexte d’annexion de la Crimée [2]. Ou alors on arrête la surenchère ?
Le lendemain, un pique-nique était organisé en bord de Loire, à Indret, en face de l’usine Naval Group qui est censée fournir les réacteurs nucléaires de propulsion du projet de porte-avions. Là aussi, la folie des grandeurs voit la taille des réacteurs augmenter de 50 %. Pour le coup, un nouveau quai de 900 m² est envisagé sur la Loire. Et un espace boisé classé est censé être détruit. Le PLU de Nantes métropole ne l’a pas prévu donc les élu·es sont prié·es de trouver un intérêt général à ce projet afin de tordre les documents d’urbanisme selon les intérêts de Naval Group.
Ce pique-nique a permis de faire connaître les lieux à une assistance venue notamment en vélo de Nantes. Une AG a convenu de continuer à faire connaître que la guerre est fabriquée partout près de chez nous et à mettre la pression sur les élu·es.
Rappelons que des réacteurs nucléaires, ce sont des effluents radioactifs et chimiques, dans l’eau et dans l’air. Un projet de porte-avions (ou de sous-marin), c’est une pollution éternelle et une menace permanente jusqu’en 2080. Plus le monde autoritaire qui va avec.
Le porte-avions actuel Charles de Gaulle constitue la composante aéronavale de l’arme atomique française et peut emporter des Rafale porteurs de missiles ASMP-A dotés d’ogives nucléaires TNA d’une puissance de 300 kt chacune, soit vingt fois la puissance de la bombe d’Hiroshima : gardons en tête que ce sont les populations civiles qui font les frais de ce type d’armes.
- Damien Renault
Voir également le récit de manif et des photos sur contre-attaque.net : Saint-Nazaire : la vague antimilitariste monte !
Notes
[1] Crime de lèse-majesté : une attaque policière contre une caricature de Macron, Contre Attaque, 9 mai 2026
[2] Les images existent, voir Paris et Moscou signent pour 4 Mistral, La Dépêche, 25 janvier 2011
