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Sortir du nucléaire n°78

Été 2018

Un été pour faire bouger les lignes

Été 2018




Cet été, des jeûnes-actions sont organisés dans plusieurs villes de France. Du 6 au 9 août, des milliers de personnes convergeront pour commémorer la mémoire des victimes
d’Hiroshima et de Nagasaki et demander l’abolition des armes nucléaires. À Paris,
Cherbourg, Dijon, Montpellier, Brest et Tours, les jeûneurs.ses et leurs soutiens auront une raison supplémentaire de se mobiliser. L’année dernière, ICAN (Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire) a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir favorisé la conception d’un traité international d’interdiction des armes nucléaires. Si le TIAN a été approuvé par l’ONU, c’est maintenant au tour des États de s’en saisir.



L’année qui vient sera une année charnière pour le désarmement. En 2017, la société civile a convaincu les pays des Nations unies de concevoir un texte juridiquement contraignant pour éliminer les armes nucléaires. En 2018, c’est au tour des citoyen.nes de s’approprier le texte et de rendre sa signature par la France inévitable. Dans cette tâche, le Réseau “Sortir du nucléaire“ prend sa part : en mars 2018, il a lancé une campagne pour que la France signe et ratifie le TIAN.

Le samedi 7 juillet, une grande action décentralisée était organisée dans toute la France. À l’occasion du premier anniversaire de l’adoption du TIAN par 122 pays-membres de l’ONU, le Réseau “Sortir du nucléaire“, le MAN et les autres partenaires de la campagne ont lancé un appel à mobilisation invitant militant.es et sympathisant.es à se rassembler devant les permanences parlementaires de leurs député.es. L’objectif : faire signer la pétition Pour que la France signe et ratifie le TIAN et ainsi mettre un coup de projecteur sur l’enjeu du désarmement.
Parallèlement, une action était lancée sur les réseaux sociaux pour interpeller les élu.es et l’Élysée sur le TIAN. En plus de mettre les député.es et le Président face à leurs responsabilités, cette mobilisation a permis de diffuser le matériel de la campagne dans une multitude de villes. Ainsi, les distributions de brochures et de cartes postales par des militant.es vêtu.es de tee-shirts aux couleurs de la campagne ont permis d’augmenter sa visibilité et de sensibiliser les curieux.ses sur le désarmement nucléaire.

À l’heure où nous bouclons cette revue, ce sont plus de 13 600 personnes qui ont signé la pétition. C’est en deçà de l’objectif fixé de 20 000, mais avec de
la détermination, de plus en plus de personnes prêteront une oreille attentive au discours que nous portons. De détermination, les militant.es en font preuve, lorsque chaque mois, ils et elles tiennent une vigie devant le ministère des Armées pour protester contre la politique de dissuasion. Irréductibles Gaulois, leur présence est importante. Symboliquement d’abord, car sinon qui ? Pratiquement ensuite, car en plus d’être un moment d’échanges toujours enrichissant, ces petits groupes d’infatigables agitent, attisent et remuent : les fonctionnaires et les gradés d’abord. Les passant.es, les automobilistes et toutes celles et ceux qui aperçoivent la fameuse banderole ensuite.

À ces actions récurrentes s’en rajoute une, qui s’est, elle aussi, hissée au rang d’institution : les jeûnes-actions du 6 au 9 août. Au programme de ces quatre
jours en France, en Allemagne et en Angleterre  : projections de films, conférences, ateliers-débats, actions de rue, etc. dans une ambiance conviviale. À coup sûr, les participant.es les plus courageux.ses achèveront ces quatre jours le ventre vide, mais
la tête pleine. Si ces jeûnes sont organisés par “Abolition des armes nucléaires“ depuis 30 ans, cette année, ils auront une saveur particulière. L’année dernière, ICAN, dont est membre “Abolition des armes nucléaires“, a reçu le prix Nobel de la paix.

En ayant favorisé les discussions sur un traité d’interdiction international, ICAN a tendu une perche qu’une majorité de pays progressistes a su saisir. Par son travail de lobbying et de diplomatie, ICAN est parvenue à mettre au vote un texte historique. C’est maintenant au tour des citoyen.nes de se mobiliser pour faire que ce traité devienne une réalité. Car sans un mouvement populaire en faveur de la signature du texte, le gouvernement d’Emmanuel Macron choisira toujours de ne pas le signer.

Cette mobilisation est possible : un sondage datant de juillet 2018 a montré que 67% des Français sont favorables à ce que la France signe le TIAN et 76% souhaitent que la France s’engage dans un processus international d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par l’ONU.

Le prix Nobel de la paix est l’aboutissement d’un travail acharné de militant.es qui, par leur abnégation et leur présence sur le terrain, ont permis de faire évoluer les mentalités concernant la dissuasion. Il vient récompenser le travail accompli
en même temps qu’il rappelle les ambitions du mouvement : mettre concrètement en place cet outil “juridiquement contraignant“. Pour qu’enfin advienne la “norme sans équivoque contre les armes nucléaires“ que la présidente d’ICAN Beatrice Fihn appelait de ses vœux lors du discours de remise.

Julien Baldassarra

L’année qui vient sera une année charnière pour le désarmement. En 2017, la société civile a convaincu les pays des Nations unies de concevoir un texte juridiquement contraignant pour éliminer les armes nucléaires. En 2018, c’est au tour des citoyen.nes de s’approprier le texte et de rendre sa signature par la France inévitable. Dans cette tâche, le Réseau “Sortir du nucléaire“ prend sa part : en mars 2018, il a lancé une campagne pour que la France signe et ratifie le TIAN.

Le samedi 7 juillet, une grande action décentralisée était organisée dans toute la France. À l’occasion du premier anniversaire de l’adoption du TIAN par 122 pays-membres de l’ONU, le Réseau “Sortir du nucléaire“, le MAN et les autres partenaires de la campagne ont lancé un appel à mobilisation invitant militant.es et sympathisant.es à se rassembler devant les permanences parlementaires de leurs député.es. L’objectif : faire signer la pétition Pour que la France signe et ratifie le TIAN et ainsi mettre un coup de projecteur sur l’enjeu du désarmement.
Parallèlement, une action était lancée sur les réseaux sociaux pour interpeller les élu.es et l’Élysée sur le TIAN. En plus de mettre les député.es et le Président face à leurs responsabilités, cette mobilisation a permis de diffuser le matériel de la campagne dans une multitude de villes. Ainsi, les distributions de brochures et de cartes postales par des militant.es vêtu.es de tee-shirts aux couleurs de la campagne ont permis d’augmenter sa visibilité et de sensibiliser les curieux.ses sur le désarmement nucléaire.

À l’heure où nous bouclons cette revue, ce sont plus de 13 600 personnes qui ont signé la pétition. C’est en deçà de l’objectif fixé de 20 000, mais avec de
la détermination, de plus en plus de personnes prêteront une oreille attentive au discours que nous portons. De détermination, les militant.es en font preuve, lorsque chaque mois, ils et elles tiennent une vigie devant le ministère des Armées pour protester contre la politique de dissuasion. Irréductibles Gaulois, leur présence est importante. Symboliquement d’abord, car sinon qui ? Pratiquement ensuite, car en plus d’être un moment d’échanges toujours enrichissant, ces petits groupes d’infatigables agitent, attisent et remuent : les fonctionnaires et les gradés d’abord. Les passant.es, les automobilistes et toutes celles et ceux qui aperçoivent la fameuse banderole ensuite.

À ces actions récurrentes s’en rajoute une, qui s’est, elle aussi, hissée au rang d’institution : les jeûnes-actions du 6 au 9 août. Au programme de ces quatre
jours en France, en Allemagne et en Angleterre  : projections de films, conférences, ateliers-débats, actions de rue, etc. dans une ambiance conviviale. À coup sûr, les participant.es les plus courageux.ses achèveront ces quatre jours le ventre vide, mais
la tête pleine. Si ces jeûnes sont organisés par “Abolition des armes nucléaires“ depuis 30 ans, cette année, ils auront une saveur particulière. L’année dernière, ICAN, dont est membre “Abolition des armes nucléaires“, a reçu le prix Nobel de la paix.

En ayant favorisé les discussions sur un traité d’interdiction international, ICAN a tendu une perche qu’une majorité de pays progressistes a su saisir. Par son travail de lobbying et de diplomatie, ICAN est parvenue à mettre au vote un texte historique. C’est maintenant au tour des citoyen.nes de se mobiliser pour faire que ce traité devienne une réalité. Car sans un mouvement populaire en faveur de la signature du texte, le gouvernement d’Emmanuel Macron choisira toujours de ne pas le signer.

Cette mobilisation est possible : un sondage datant de juillet 2018 a montré que 67% des Français sont favorables à ce que la France signe le TIAN et 76% souhaitent que la France s’engage dans un processus international d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par l’ONU.

Le prix Nobel de la paix est l’aboutissement d’un travail acharné de militant.es qui, par leur abnégation et leur présence sur le terrain, ont permis de faire évoluer les mentalités concernant la dissuasion. Il vient récompenser le travail accompli
en même temps qu’il rappelle les ambitions du mouvement : mettre concrètement en place cet outil “juridiquement contraignant“. Pour qu’enfin advienne la “norme sans équivoque contre les armes nucléaires“ que la présidente d’ICAN Beatrice Fihn appelait de ses vœux lors du discours de remise.

Julien Baldassarra



Thèmes
Luttes et actions Nucléaire militaire