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Sortir du nucléaire n°83

Automne 2019

Dossier : Déchets radioactifs, une gestion illusoire

Organiser la résistance aux transports nucléaires

Automne 2019




Tout est parti d’une réunion publique organisée par Stop-Bure et le Réseau “Sortir du nucléaire“, informés de la création de la base logistique Le Maréchal Célestin (LMC) sur la commune de Void-Vacon. L’émoi suscité par la proximité de la base, les risques encourus ainsi que l’engagement de certains contre le nucléaire a abouti à la création d’un collectif.



Premières étapes : création d’une liste riseup [1] , d’un calendrier de rencontres et premiers pas dans le monde du nucléaire. Il a fallu se former et observer la base : déchiffrer la réglementation ADR [2] , apprendre à différencier un tracteur, d’une remorque et d’un conteneur, connaître les panneaux, le code ONU [3] , savoir lire un numéro d’identification de conteneur, chercher à qui il appartient grâce au code BIC [4] , se plonger dans l’inventaire national des matières et déchets radioactifs et dans les rapports de l’ASN et de l’IRSN, se pencher sur le cycle du combustible et son ballet d’uranium naturel, appauvri, enrichi, à travers l’Europe.

Certains, à l’aise dans les relations publiques, font signer une pétition, rencontrent les habitants, tiennent un stand lors d’événements locaux, distribuent des tracts ; d’autres se concentrent sur l’observation des convois et organisent une vigie. Il faudra du temps pour découvrir que les convois se garent à un emplacement dédié, arrivent tard le soir, partent tôt le matin... combien de couchers tardifs, de levers à l’aube !

Et nous avons mené quelques actions médiatiques comme une réunion publique avec la Communauté de communes du Canton de Void-Vacon et une simulation d’accident nucléaire sur la place du village...

L’analyse des renseignements collectés permet d’interpeller le maire, le préfet, le Service départemental d’incendie et secours, la base LMC et l’ASN. Nous avons pu établir que si la base devait accueillir des pièces neuves pour les chantiers d’Iter et de Georges Besse 2, c’est finalement un véritable trafic de tous types de matières nucléaires qui y transitaient, sans déclaration et sans modification de la qualification de l’installation.

Cinq années intenses avec de belles rencontres, pendant lesquelles on aura appris que le nucléaire est un monde opaque et qu’il faut rester prudent. Ces difficultés nous ont plus soudés que dissuadés et nous sommes fiers d’avoir été tenaces. Par le Collectif d’Habitants Vigilants du secteur de Void-Vacon


Notes

[1Riseup est un collectif fournissant des comptes e-mail sécurisés, des listes de diffusion, des VPN, une messagerie instantanée, et d’autres services en ligne.

[2Accord européen relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route.

[3Les codes ONU sont utilisés pour identifier les transports de matières dangereuses.

[4Code établi par le Bureau international des containers.

Premières étapes : création d’une liste riseup [1] , d’un calendrier de rencontres et premiers pas dans le monde du nucléaire. Il a fallu se former et observer la base : déchiffrer la réglementation ADR [2] , apprendre à différencier un tracteur, d’une remorque et d’un conteneur, connaître les panneaux, le code ONU [3] , savoir lire un numéro d’identification de conteneur, chercher à qui il appartient grâce au code BIC [4] , se plonger dans l’inventaire national des matières et déchets radioactifs et dans les rapports de l’ASN et de l’IRSN, se pencher sur le cycle du combustible et son ballet d’uranium naturel, appauvri, enrichi, à travers l’Europe.

Certains, à l’aise dans les relations publiques, font signer une pétition, rencontrent les habitants, tiennent un stand lors d’événements locaux, distribuent des tracts ; d’autres se concentrent sur l’observation des convois et organisent une vigie. Il faudra du temps pour découvrir que les convois se garent à un emplacement dédié, arrivent tard le soir, partent tôt le matin... combien de couchers tardifs, de levers à l’aube !

Et nous avons mené quelques actions médiatiques comme une réunion publique avec la Communauté de communes du Canton de Void-Vacon et une simulation d’accident nucléaire sur la place du village...

L’analyse des renseignements collectés permet d’interpeller le maire, le préfet, le Service départemental d’incendie et secours, la base LMC et l’ASN. Nous avons pu établir que si la base devait accueillir des pièces neuves pour les chantiers d’Iter et de Georges Besse 2, c’est finalement un véritable trafic de tous types de matières nucléaires qui y transitaient, sans déclaration et sans modification de la qualification de l’installation.

Cinq années intenses avec de belles rencontres, pendant lesquelles on aura appris que le nucléaire est un monde opaque et qu’il faut rester prudent. Ces difficultés nous ont plus soudés que dissuadés et nous sommes fiers d’avoir été tenaces. Par le Collectif d’Habitants Vigilants du secteur de Void-Vacon



Thèmes
Luttes et actions Transports radioactifs