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Sortir du nucléaire n°106



Été 2025
Crédit photo : Guy Pichard - Basta

Agir

Orano, tu n’auras pas nos landes !

La convoitise d’Orano pour les landes haguaises n’a d’équivalent que la quantité d’artifices et de contrevérités que l’industriel est prêt à employer pour imposer son projet “Aval du futur”. Face au géant du nucléaire, les opposant·es ne se laissent pas faire. Ils et elles ont récemment savouré une victoire, la première sur le chemin pour que ce projet délirant ne voit jamais le jour.

Nucléaire et démocratie Lobby nucléaire Déchets radioactifs La Hague

« Le plus grand chantier industriel du monde ». C’est par cette expression que Nicolas Ferrand, aménageur urbain, notamment des Jeux Olympiques de Paris, a qualifié le chantier du projet « Aval du Futur » [1] porté par Orano dans le Cotentin et dont il aura la direction. [2] Avec un chantier d’une telle ampleur et ses nouveaux projets d’installations, comment peut-on croire le directeur adjoint du site de La Hague qui jurait aux élu·es, syndicats et représentant·es d’associations présent·es lors de la Commission Locale d’Information de novembre 2024, que l’usine d’Orano ne s’étendrait pas au-delà de ses limites actuelles ?

Dans le même temps, des courriers rédigés par la Communauté d’Agglomération du Cotentin (CAC) parviennent aux agriculteur·ices du canton, les enjoignant à vendre leur terre pour « participer au dynamisme économique du Nord Cotentin ». Une tentative pour la CAC d’exclure les agriculteur·ices du développement économique du territoire, auquel iels ont pourtant toujours contribué... Une propagande intense est par ailleurs déversée ad nauseam dans le journal local La Presse de la Manche, vantant au moins une fois par semaine le funeste projet renommé « Ravale ton Futur » par ses opposant·es.

Si Orano tente d’imposer coûte que coûte son projet, les opposant·es lui rendent coup sur coup. En février 2025, le collectif Piscine nucléaire stop a ainsi déposé une requête mettant à jour l’illégalité de la vente de terrains actée entre le conseil Municipal de La Hague et l’industriel le 17 décembre dernier. Les 16 677m2 de landes primaires du plateau de La Hague ainsi que les chemins communaux avaient été cédés au prix indécent de 583 345 € (100 fois le prix du m² !) à Orano Recyclage. Outre le fait d’attaquer le symbole que ces landes constituent sur le territoire de La Hague, cette cession à tout prix impose le nucléaire comme unique acteur économique de la presqu’île : qui d’autre qu’Orano pour débourser une telle somme ? En avril 2025, suite à la requête déposée par le collectif, la vente a finalement été annulée. VICTOIRE ! La lutte contre ce projet gigantesque s’annonce rude, c’est pourquoi savourer cette première victoire a été pour toutes et tous les opposant·es un vrai délice.

Dans son roman L’Ensorcelée, publié en 1852 aux éditions Gallimard, Barbey d’Aurevilly écrivait : « Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les paysages maritimes, la mer et ses grèves, qui aient un caractère aussi expressif et qui vous émeuvent davantage. Elles sont comme les lambeaux, laissés sur le sol, d’une poésie primitive et sauvage que la main et la herse de l’homme ont déchirée. Haillons sacrés qui disparaîtront au premier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. »

Orano et le Conseil municipal de La Hague auraient été bien inspirés de le lire...

Delphine Giraud pour le collectif Piscine Nucléaire Stop


Notes

[1Le projet « Aval du futur » impliquerait la construction d’une nouvelle usine de traitement des combustibles usés à La Hague, la prolongation de la durée de vie des installations existantes au-delà de 2040 et la fabrication des combustibles MOX "nouvelle génération" sur le site.

« Le plus grand chantier industriel du monde ». C’est par cette expression que Nicolas Ferrand, aménageur urbain, notamment des Jeux Olympiques de Paris, a qualifié le chantier du projet « Aval du Futur » [1] porté par Orano dans le Cotentin et dont il aura la direction. [2] Avec un chantier d’une telle ampleur et ses nouveaux projets d’installations, comment peut-on croire le directeur adjoint du site de La Hague qui jurait aux élu·es, syndicats et représentant·es d’associations présent·es lors de la Commission Locale d’Information de novembre 2024, que l’usine d’Orano ne s’étendrait pas au-delà de ses limites actuelles ?

Dans le même temps, des courriers rédigés par la Communauté d’Agglomération du Cotentin (CAC) parviennent aux agriculteur·ices du canton, les enjoignant à vendre leur terre pour « participer au dynamisme économique du Nord Cotentin ». Une tentative pour la CAC d’exclure les agriculteur·ices du développement économique du territoire, auquel iels ont pourtant toujours contribué... Une propagande intense est par ailleurs déversée ad nauseam dans le journal local La Presse de la Manche, vantant au moins une fois par semaine le funeste projet renommé « Ravale ton Futur » par ses opposant·es.

Si Orano tente d’imposer coûte que coûte son projet, les opposant·es lui rendent coup sur coup. En février 2025, le collectif Piscine nucléaire stop a ainsi déposé une requête mettant à jour l’illégalité de la vente de terrains actée entre le conseil Municipal de La Hague et l’industriel le 17 décembre dernier. Les 16 677m2 de landes primaires du plateau de La Hague ainsi que les chemins communaux avaient été cédés au prix indécent de 583 345 € (100 fois le prix du m² !) à Orano Recyclage. Outre le fait d’attaquer le symbole que ces landes constituent sur le territoire de La Hague, cette cession à tout prix impose le nucléaire comme unique acteur économique de la presqu’île : qui d’autre qu’Orano pour débourser une telle somme ? En avril 2025, suite à la requête déposée par le collectif, la vente a finalement été annulée. VICTOIRE ! La lutte contre ce projet gigantesque s’annonce rude, c’est pourquoi savourer cette première victoire a été pour toutes et tous les opposant·es un vrai délice.

Dans son roman L’Ensorcelée, publié en 1852 aux éditions Gallimard, Barbey d’Aurevilly écrivait : « Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les paysages maritimes, la mer et ses grèves, qui aient un caractère aussi expressif et qui vous émeuvent davantage. Elles sont comme les lambeaux, laissés sur le sol, d’une poésie primitive et sauvage que la main et la herse de l’homme ont déchirée. Haillons sacrés qui disparaîtront au premier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. »

Orano et le Conseil municipal de La Hague auraient été bien inspirés de le lire...

Delphine Giraud pour le collectif Piscine Nucléaire Stop



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