Agir
Faire entendre sa voix antinucléaire aux Municipales
Six ans après les municipales en plein covid, nous sommes à nouveau appelé·es aux urnes les 15 et 22 mars 2026. Les municipales sont des élections qui ne dérogent pas à la règle et pour lesquelles le taux d’abstention bat des records à chaque nouvelle échéance.
Les maires sont des éléments essentiels de notre vie démocratique au local tout d’abord mais également dans un cadre national. Rappelons qu’ils/elles font partie des collèges électoraux départementaux qui choisissent les sénateurs qui ont, entre autres, validé la fameuse loi Duplomb. Les votes des maires et mairesses ont un poids qu’on ne saurait dès lors ignorer, mais quel lien avec le nucléaire ? Les maires ont en effet bien des pouvoirs qui leur permettent d’encourager ou de décourager des industriels à planifier des installations nucléaires sur leurs territoires, et donc sur le territoire national dans son ensemble.
À La Hague, où Orano est déjà installé avec une usine de retraitement, l’entreprise souhaite prolonger la durée de vie des installations actuelles, s’étendre et créer trois piscines supplémentaires pour stocker les déchets nucléaires produits par l’industrie, ainsi qu’une nouvelle usine de fabrication du combustible MOX. Un projet qui ne pourrait pas avancer sans le soutien effectif du conseil municipal qui vient de vendre [1] des parcelles communales pour des prix invraisemblables et inaccessibles pour n’importe quel autre acteur·rice (agricole notamment) du territoire (35 €/m² pour des terres valorisées 100 fois moins), après les avoir déclassées en octobre dernier.
D’autre part il est logique qu’EDF se tourne en priorité vers des territoires où les politiques locaux sont favorables à l’atome et à son développement. Autour de la centrale du Bugey, choisie pour accueillir une des trois paires d’EPR2 annoncées par Emmanuel Macron en 2022, une grande partie des élus locaux sont des retraités d’EDF, ils soutiennent aujourd’hui activement le développement des centrales et les nouveaux projets sur leur territoire.
Exemple supplémentaire de l’action des communes et des intercommunalités pro-nucléaires sur un territoire : autour de la centrale nucléaire de Chinon. Le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine avait glissé une phrase dans sa charte (qui n’est pas contraignante) annonçant la volonté des signataires de réduire la part du fossile et du nucléaire sur le territoire, une aberration pour les élus locaux, qui ont réussi à faire supprimer toute mention de la réduction du nucléaire. Il est vrai que cela aurait fait mauvais genre pour une intercommunalité qui se mobilise pour accueillir deux nouveaux réacteurs à Chinon et se montre très interressée par les SMR de la start-up Newcleo. Mais quelle place alors pour le Parc Naturel Régional ? Œuvrer pour la préservation du paysage et du patrimoine naturel du territoire ou accompagner la nucléarisation de la zone ?
Au-delà de leur pouvoir effectif, les maires et mairesses ont aussi et surtout un pouvoir de représentation et d’influence. Certain·es militent activement pour l’installation de nouvelles centrales sur le territoire, avec des promesses de sommes folles reversées à la commune, d’emplois sur le territoire et, pour les plus aveuglé·es, de la chance d’avoir un ’fleuron de l’industrie et de la technologie françaises’ chez eux ! Les maires sont des politiques qui défendent leur vision du monde, de l’énergie, de la ’croissance’, ils/elles représentent les territoires et n’ont pas de mal à présenter leur propre agenda idéologique comme répondant aux ’besoins et envies’ de leurs administré·es. Nous vous invitons donc tous et toutes à comprendre quelle vision défendent les candidats et candidates qui se présentent près de chez vous et de vous rendre aux urnes les 15 et 22 mars pour faire entendre votre voix !
Maëlle Maraval Liénard
