Paru dans Sortir du nucléaire n°109, Printemps 2026. Mis en ligne le 31 août 2026
Ces dernières années, nous assistons à une mutation du déni climatique. Terminé, les climato-sceptiques niant l’existence du réchauffement climatique d’origine anthropique, place à la remise en cause des solutions et de leurs sympathisants. Désormais, le nouveau déni climatique met en doute la faisabilité, l’efficacité ou les conséquences des solutions de la transition. Malgré une couverture médiatique de l’énergie en baisse en 2025 par rapport à 2023, les narratifs de désinformations autour des énergies renouvelables sont les plus nombreux parmi ceux dénombrés dans les médias.
D’après l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OMÉ), parmi les secteurs de la transition écologique, l’énergie est le 3e secteur le plus couvert médiatiquement (13,8 %) derrière les écosystèmes (27,6 %) et l’agriculture (21,3 %). Pourtant, des 665 fake news climatiques propagées à la télévision et sur les radios françaises en 2025, les narratifs de désinformation les plus récurrents ciblent toujours les énergies renouvelables.
D’après le bilan de l’OMÉ 2025, dans le "top 3" des narratifs de désinformation, on retrouve notamment l’attribution trompeuse de la hausse récente du coût de l’électricité au déploiement des renouvelables. Sur le total des 125 utilisations de ce narratif au cours de l’année 2025, la moitié des mentions (62) ont été dites sur CNews. Les données montrent que le pic de désinformation entre juin et juillet 2025 (75 cas) basé sur ce narratif coïncide avec l’examen et le vote de la loi de Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. Ce timing démontre l’utilisation des narratifs pour manipuler l’opinion publique à des moments stratégiques clés.
Une même tendance est observée sur les réseaux sociaux au niveau mondial. En 2025, l’analyse de 200 000 tweets datant de 2021 à 2023 par une équipe de chercheur·euses de l’université de Cambridge [1] a mis en évidence la reprise massive des arguments courants de l’extrême droite, accusant à tort les solutions climatiques d’être inefficaces et attaquant les partisans des solutions climatiques. L’un des narratifs de désinformation soutient que les énergies renouvelables entraînent une augmentation des déchets et de la pollution en raison de l’exploitation minière et de la dégradation de l’environnement. D’autres récits affirment que le solaire et l’éolien sont nuisibles pour l’environnement, malgré leur potentiel bas carbone. Ces narratifs exagèrent également l’intensité des ressources nécessaires à la fabrication des panneaux solaires ou des éoliennes et l’impact environnemental de ces solutions.
La désinformation climatique est extrêmement préoccupante sur les réseaux sociaux et les médias de masse, qui façonnent les comportements du public. L’ensemble des vérifications des narratifs de désinformation climatique peuvent se retrouver sur le site de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, ou sur le site de Science Feedback. À partager massivement.
[1] Nicolosi, E., Medina, R., Brewer, S., Vorkink, M., Allred, A. (2025). The new denial : climate solution misinformation on social media.