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Sortir du nucléaire n°111



Automne 2026
Crédit photo : ©️ Guillaume Reynard, pour EnR pour tous

Idée reçue : « La France n’a pas besoin d’énergies renouvelables »

Sur son site, l’association Énergies renouvelables pour tous s’attaque aux idées reçues sur les renouvelables. Nous reproduisons ici une partie de leur argumentaire démontant l’un des arguments préférés des pro-nucléaires selon lequel « La France n’a pas besoin d’énergies renouvelables car elle a des réacteurs nucléaires et un plan de relance de nouveau nucléaire ».

Alternatives et sortie du nucléaire Energies renouvelables Coût du nucléaire

La fiche complète de l’idée reçue "La France n’a pas besoin d’énergies renouvelables car elle a des réacteurs nucléaires et un plan de relance de nouveau nucléaire" est à retrouver sur enrpourtous.fr

Au niveau mondial, la fission nucléaire ne représente que 4% de la consommation primaire d’énergie mondiale et moins de 10% de la production d’électricité. À cette échelle globale, s’appuyer principalement sur le nucléaire pour résoudre l’équation climatique et énergétique apparaît irréaliste, pour des questions de disponibilité en uranium, de coût, de temps nécessaire, de ressources humaines limitées, ou d’acceptabilité sociale du risque, du démantèlement et du stockage des déchets. Ceci est corroboré par le 6ème rapport du GIEC ou les scénarios « zéro émission nette » de l’Agence Internationale de l’Énergie, qui voient au mieux une légère augmentation, et souvent une réduction de ces pourcentages, et dans tous les cas un rôle minoritaire et éloigné dans le temps du nucléaire…

La France est un cas à part dans le monde avec une part du nucléaire dans le mix électrique qui y est très importante : cette énergie représente de 60% à 70% de l’électricité produite, avec une nette tendance à la baisse ces dix dernières années.

Notre pays a, en raison du vieillissement de ses centrales nucléaires, un besoin d’investissement dans des nouvelles capacités de production d’électricité. Les différentes options doivent être jugées sur des critères neufs - efficacité carbone, rapidité de mise en œuvre, dépendance aux ressources et coût :

  • Le coût de l’électricité nucléaire est très sensible au coût du capital. Ainsi l’étude ADEME « Transition(s) 2050 » a une conclusion opposée à celle de RTE sur le futur électrique en 2050 [1] car l’ADEME constate un coût du capital plus élevé pour le nucléaire que pour les énergies renouvelables : « Les coûts d’investissement sont calculés avec un coût moyen pondéré du capital plus élevé pour les technologies perçues comme plus risquées par les investisseurs. Le coût du capital est de 5,25 % pour les investissements considérés comme faiblement risqués (EnR et interconnexions et réseau de transport interrégional) et de 7,5 % pour les autres investissements (nucléaire, CCGT et OCGT, batteries, STEP, power-to-H2). » [2]
  • Le nucléaire, s’il retarde l’adoption d’autres solutions, a un « coût d’opportunité ». Compte-tenu du délai important pour la mise en œuvre de nouveaux réacteurs nucléaires, le potentiel d’augmentation de l’hydraulique étant limité en France, ne restent, avec les économies d’énergie et pour de longues années, que le solaire et l’éolien pour décarboner massivement notre économie.
  • Le coût au MWh produit de l’EPR2 a subi une très forte augmentation depuis la publication de l’étude de RTE sur le futur électrique en 2050, là où les filières renouvelables et les technologies de stockage qui combinées, peuvent rendre un service similaire au nucléaire, continuent de connaître des baisses de coût conséquentes.

Retrouvez les fiches « idées reçues » sur www.enrpourtous.fr


Notes

[1] Comment en arriver à la conclusion qu’il est moins cher de relancer le nucléaire. Une relecture par Ghislain Dubois du rapport de RTE « Futurs énergétiques 2050 », enrpourtous.fr

[2] Transition(s) 2050, Feuilleton Mix électrique, ADEME, page 8



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