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Des accidents nucléaires partout

France : Cattenom : Le réacteur 3 avec un diesel en moins : manque d’entretien et détection tardive




2 janvier 2019


En novembre et en décembre 2018, des problèmes ont été constatés sur un des diesels du réacteur 3 de Cattenom. Celui-ci refusait de fonctionner correctement, mais l’exploitant ne l’a pas considéré comme indisponible pour autant. Fin décembre, après un nouvel incident lors d’un essai de fonctionnement, l’origine du problème a enfin été identifiée : un bouchon de graisse, durci, bloquait la fermeture d’une vanne, ce qui empêchait le démarrage du moteur. La mauvaise maintenance de l’équipement est donc à la source du problème. Mauvaise maintenance qui a eu comme conséquence une réduction du nombre de sources électrique de secours disponibles sur le site nucléaire. Non seulement l’exploitant a mal entretenu le moteur, mais il n’a réalisé le problème que 2 mois après. Ce qui pourrait laisser planer des doutes quant à ses affirmations de bon fonctionnement des autres équipements.


Ce que dit EDF :

Indisponibilité d’un des moteurs diesels de secours de l’unité de production n°3

Le 02/01/2019

Vendredi 28 décembre 2018, lors d’un essai périodique réalisé sur un des moteurs diesels [1] situé en partie non nucléaire de l’unité de production n°3, une des vannes d’air permettant le démarrage du moteur est restée ouverte et a engendré une survitesse du moteur et son arrêt automatiquement. L’origine de cet événement est un amas de graisse durci qui a bloqué cette vanne en position ouverte. Après un nettoyage et un graissage, le moteur diesel a été rapidement remis en conformité.

L’alimentation électrique principale a toujours été opérationnelle durant cette période. Le deuxième diesel de l’unité de production n°3 qui assure la redondance, a également toujours été disponible. Chaque unité de production dispose en effet de deux diesels qui alimentent les auxiliaires de sauvegarde en cas de perte de l’alimentation électrique principale.

Cet événement n’a donc eu aucune conséquence sur la sûreté de l’installation et sur l’environnement.

De manière conservative le CNPE de Cattenom considère que ce moteur diesel n’était potentiellement plus disponible depuis le dernier essai (réalisé le 2 novembre 2018). Le délai de détection de l’événement est évalué rétrospectivement supérieur à ce qui est défini dans nos règles d’exploitation, la direction de la centrale a donc déclaré le 2 janvier 2019, à l’Autorité de Sûreté Nucléaire un évènement significatif sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES qui en compte 7.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-cattenom/actualites/indisponibilite-d-un-des-moteurs-diesels-de-secours-de-l-unite-de-production-ndeg3


Ce que dit l’ASN :

Détection tardive de l’indisponibilité d’un des deux diesels de secours du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cattenom

Le 04/01/2019

Le 2 janvier 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif relatif à la sûreté concernant l’indisponibilité d’un des deux groupes électrogènes de secours à la suite du blocage d’une vanne empêchant le démarrage du moteur.

Chaque réacteur à eau sous pression est équipé de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel. Ces derniers, redondants, sont utilisés en cas de perte des alimentations électriques normales du réacteur. Dans cette situation, un seul groupe électrogène suffit à assurer le fonctionnement des systèmes de sauvegarde qui seraient mis en œuvre en cas d’accident.

Le 2 novembre 2018, lors d’un essai périodique de démarrage du moteur diesel, un défaut non identifié a provoqué son arrêt. Ce phénomène ne s’est pas reproduit lors de plusieurs essais de démarrages suivants. Le diesel a été ainsi considéré comme disponible par l’exploitant, qui a néanmoins mis en place une instrumentation particulière afin de suivre plus en détail les paramètres de démarrage.

Le 28 décembre 2018, lors d’un nouvel essai périodique, le même phénomène est apparu et l’instrumentation mise en place a permis à l’exploitant de diagnostiquer l’origine du dysfonctionnement.

L’expertise réalisée par la suite a identifié, au niveau d’une vanne du système de démarrage, un amas de graisse durci bloquant celle-ci en position ouverte. Les actions de réparation engagées ont permis le retour à la disponibilité du diesel le 29 décembre.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le fonctionnement de l’installation. Néanmoins, il a conduit à diminuer temporairement le nombre de ressources électriques disponibles pour faire face à une situation accidentelle liée à une perte du réseau électrique externe.

En raison de la détection tardive de l’indisponibilité du diesel, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-des-deux-diesels-de-secours-du-reacteur-3


[1les moteurs diesels de secours assurent l’alimentation électrique des systèmes de sauvegarde de l’installation en cas de perte de l’alimentation électrique principale. Dans une centrale nucléaire, les circuits contribuant à la sûreté des installations sont redondants et régulièrement éprouvés par des essais de bon fonctionnement. Chaque unité de production dispose ainsi de 4 alimentations électriques de secours pour garantir le maintien des fonctions de sûreté du réacteur : 1 source électrique externe située sur une ligne très haute tension séparée redondante à l’alimentation normale, 2 sources internes à l’unité (diesels de secours), ainsi qu’une turbine à combustion commune à l’ensemble des réacteurs


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