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Sortir du nucléaire n°86

Été 2020

28 mai : une journée pour exiger la fermeture de Tricastin 1

Été 2020




Le 31 mai 2020, c’était l’anniversaire de la connexion du réacteur 1 de la centrale nucléaire du Tricastin (26) au réseau électrique. À cette date, le réacteur mis en service en 1980 a officiellement atteint les 40 ans de fonctionnement. Or EDF aimerait prolonger sa durée de vie jusqu’à 50 voire 60 ans. Quelques mois en arrière, une coalition très large d’associations locales et nationales s’était mise autour de la table, afin de préparer une grande manifestation dans la ville de Montélimar, située à moins de 30 kilomètres de la centrale vieillissante. Mais le Covid-19 et les mesures sanitaires ont forcé les participants à revoir leur plan.



Mobilisation virtuelle, lutte bien réelle

Le jeudi 28 mai, de nombreux militants ont répondu à l’appel lancé par le rassemblement inter-organisations opposé à la prolongation de Tricastin 1. L’objectif était que les personnes puissent interpeller EDF, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et le gouvernement, afin qu’ils ferment le réacteur 1 de la centrale située à la frontière de la Drôme et du Vaucluse. Certains ont choisi de rédiger de longs mails dans lesquels ils développent les arguments, le plus souvent à l’attention du gendarme du nucléaire, sensé valider la prolongation à l’issue de la quatrième visite décennale.

D’autres ont choisi une démarche plus visible, en interpellant par des tweets, tantôt humoristiques, tantôt assassins, des personnalités du gouvernement ou EDF. Certains activistes ont joint une photo à leur message, en piochant parmi la cinquantaine de photos reçues par le Réseau “Sortir du nucléaire“ dans le cadre de l’action photo “40 ans ça suffit ! Débranchez la centrale nucléaire du Tricastin“. En photo, les militants ont fait preuve de beaucoup de créativité pour affirmer qu’il faut “débrancher“ le réacteur 1 de Tricastin.

Sur le terrain

La dynamique, de marquer le coup à l’occasion du quarantième anniversaire, trois actions ont été maintenues sur le terrain, dans le respect strict des gestes barrières. Trois groupes de 10 personnes ont assuré une présence symbolique en trois lieux stratégiques et symboliquement forts. Devant le siège parisien d’EDF, le petit groupe a souhaité un joyeux anniversaire au réacteur 1 avec des confettis et des applaudissements. Puis les militants ont déposé devant la porte du grand bâtiment vitré une maquette du réacteur 1 de Tricastin fissuré, duquel s’échappait une épaisse fumée verdâtre. “Par cette mise en scène, on a tenu à venir rendre son réacteur pourri à EDF. On estime que prolonger ce réacteur au-delà de 40 ans, c’est augmenter le risque d’accidents ou celui de rejets radioactifs non maîtrisés. En somme, c’est rogner sur les marges de sûreté“, explique un militant.

À Lyon, le petit groupe s’est placé devant le bâtiment qui abrite la division régionale de l’ASN, censée donner son feu vert pour autoriser EDF à prolonger l’utilisation de ce réacteur. Une fois la grande banderole aux couleurs vives dépliée, une militante a redit pourquoi une coalition si large d’associations s’était formée pour exiger la fermeture de ce réacteur. Et de rajouter : “Nous sommes ici en petit comité à cause des conditions sanitaires“. En effet, sur le communiqué commun, on peut lire que “pour des raisons de sûreté, nous, associations, collectifs et syndicats, nous nous opposons à la prolongation de ce réacteur vétuste, polluant et dangereux, et exigeons sa fermeture“. Et ce texte a été signé par Alternatiba Valence, Arrêt du nucléaire 34, Attac France, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard, Extinction Rebellion Vallée de la Drôme, Frapna Drôme Nature Environnement, Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, RadiAction, Réaction en Chaîne Humaine, Réseau “Sortir du nucléaire“, Rhône-Alpes Sans Nucléaire, Sortir du nucléaire 38, Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche, Stop nucléaire Drôme Ardèche, STOP Tricastin.

Devant la centrale nucléaire du Tricastin, un autre groupe a mené une action similaire. Munis de masques portant le message “Stop Tricastin“, les militants accompagnés de journalistes se sont placés devant les quatre réacteurs de 900MW, puis l’un d’eux a, de nouveau, développé les arguments qui rassemblent le collectif. Là encore, l’accent a été mis sur les enjeux de sûreté. Mais l’action a été interrompue par des gendarmes lourdement armés, qui ont confisqué la banderole et verbalisé les véhicules.  [1]

Des arguments contre la prolongation du Tricastin

Le même jour à 18h30, une conférence de fond a été diffusée en direct sur plusieurs pages Facebook. Bernard Laponche et Roland Desbordes ont développé leurs analyses sur les défauts du réacteur 1, l’impact environnemental de l’installation, les pollutions radioactives et les failles de sûreté. Les intervenants ont également insisté sur les conditions de travail des salariés du nucléaire, et particulièrement celles des sous-traitants, et sur les problèmes de maintenance liés à la course à la rentabilité.

Julien Baldassarra


Notes

[1Depuis, la banderole a été restituée aux militants et les amendes levées pour les véhicules.

Mobilisation virtuelle, lutte bien réelle

Le jeudi 28 mai, de nombreux militants ont répondu à l’appel lancé par le rassemblement inter-organisations opposé à la prolongation de Tricastin 1. L’objectif était que les personnes puissent interpeller EDF, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et le gouvernement, afin qu’ils ferment le réacteur 1 de la centrale située à la frontière de la Drôme et du Vaucluse. Certains ont choisi de rédiger de longs mails dans lesquels ils développent les arguments, le plus souvent à l’attention du gendarme du nucléaire, sensé valider la prolongation à l’issue de la quatrième visite décennale.

D’autres ont choisi une démarche plus visible, en interpellant par des tweets, tantôt humoristiques, tantôt assassins, des personnalités du gouvernement ou EDF. Certains activistes ont joint une photo à leur message, en piochant parmi la cinquantaine de photos reçues par le Réseau “Sortir du nucléaire“ dans le cadre de l’action photo “40 ans ça suffit ! Débranchez la centrale nucléaire du Tricastin“. En photo, les militants ont fait preuve de beaucoup de créativité pour affirmer qu’il faut “débrancher“ le réacteur 1 de Tricastin.

Sur le terrain

La dynamique, de marquer le coup à l’occasion du quarantième anniversaire, trois actions ont été maintenues sur le terrain, dans le respect strict des gestes barrières. Trois groupes de 10 personnes ont assuré une présence symbolique en trois lieux stratégiques et symboliquement forts. Devant le siège parisien d’EDF, le petit groupe a souhaité un joyeux anniversaire au réacteur 1 avec des confettis et des applaudissements. Puis les militants ont déposé devant la porte du grand bâtiment vitré une maquette du réacteur 1 de Tricastin fissuré, duquel s’échappait une épaisse fumée verdâtre. “Par cette mise en scène, on a tenu à venir rendre son réacteur pourri à EDF. On estime que prolonger ce réacteur au-delà de 40 ans, c’est augmenter le risque d’accidents ou celui de rejets radioactifs non maîtrisés. En somme, c’est rogner sur les marges de sûreté“, explique un militant.

À Lyon, le petit groupe s’est placé devant le bâtiment qui abrite la division régionale de l’ASN, censée donner son feu vert pour autoriser EDF à prolonger l’utilisation de ce réacteur. Une fois la grande banderole aux couleurs vives dépliée, une militante a redit pourquoi une coalition si large d’associations s’était formée pour exiger la fermeture de ce réacteur. Et de rajouter : “Nous sommes ici en petit comité à cause des conditions sanitaires“. En effet, sur le communiqué commun, on peut lire que “pour des raisons de sûreté, nous, associations, collectifs et syndicats, nous nous opposons à la prolongation de ce réacteur vétuste, polluant et dangereux, et exigeons sa fermeture“. Et ce texte a été signé par Alternatiba Valence, Arrêt du nucléaire 34, Attac France, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard, Extinction Rebellion Vallée de la Drôme, Frapna Drôme Nature Environnement, Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, RadiAction, Réaction en Chaîne Humaine, Réseau “Sortir du nucléaire“, Rhône-Alpes Sans Nucléaire, Sortir du nucléaire 38, Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche, Stop nucléaire Drôme Ardèche, STOP Tricastin.

Devant la centrale nucléaire du Tricastin, un autre groupe a mené une action similaire. Munis de masques portant le message “Stop Tricastin“, les militants accompagnés de journalistes se sont placés devant les quatre réacteurs de 900MW, puis l’un d’eux a, de nouveau, développé les arguments qui rassemblent le collectif. Là encore, l’accent a été mis sur les enjeux de sûreté. Mais l’action a été interrompue par des gendarmes lourdement armés, qui ont confisqué la banderole et verbalisé les véhicules.  [1]

Des arguments contre la prolongation du Tricastin

Le même jour à 18h30, une conférence de fond a été diffusée en direct sur plusieurs pages Facebook. Bernard Laponche et Roland Desbordes ont développé leurs analyses sur les défauts du réacteur 1, l’impact environnemental de l’installation, les pollutions radioactives et les failles de sûreté. Les intervenants ont également insisté sur les conditions de travail des salariés du nucléaire, et particulièrement celles des sous-traitants, et sur les problèmes de maintenance liés à la course à la rentabilité.

Julien Baldassarra



Thèmes
Luttes et actions Tricastin