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Des accidents nucléaires partout

Russie : Mer de Barents : La mer de Barents est une poubelle nucléaire




16 août 2000


La Mer de Barents, où vient de couler le sous-marin russe « Koursk », est la plus importante poubelle nucléaire au monde, digne d’un inventaire à la Prévert : 21 000 m3 de déchets radioactifs solides, plus de 7 000 m3 de déchets liquides contaminés, plus de 20 000 objets irradiés, quelque 250 réacteurs nucléaires et surtout 88 sous-marins déclassés, dont 52 encore chargés en combustible.


La mer de Barents est une poubelle nucléaire

Jacqueline Meillon | Publié le 16.08.2000

Le tout réparti le long de la presqu’île de Kola, plus précisément dans la région de Mourmansk, où l’ex-URSS entretenait sept bases militaires secrètes, aujourd’hui inemployées.

Un « Tchernobyl au ralenti »

Abandonnés sans protection, tels quels, ou dans des conteneurs aux parois à peine étanches, ces décombres radioactifs ont été jetés là avant la fin du communisme. Le combustible inutilisé aurait même servi à alimenter en énergie certains villages venus s’installer autour des bases pour en vivre et qui en meurent aujourd’hui. Une fois les marins du Koursk sauvés, il est sans doute probable que le bâtiment, pourtant de conception récente, restera au fond, alourdissant encore plus qu’il ne faut un bilan déjà bien chargé. C’est en 1996 que le monde découvre avec stupeur ce qu’il pressentait déjà, sans en connaître l’ampleur : la réalité de la menace nucléaire soviétique d’origine militaire. A l’origine, le rapport d’une association écologiste norvégienne, Bellona, présenté lors de la réunion du G 7 qui se tient cette année-là à Moscou. Proche de la frontière scandinave, le site pollué de Kola intéresse en effet directement Oslo. Un des auteurs du rapport, Thomas Nilsen, parle à l’époque d’un « Tchernobyl au ralenti », évoquant les risques de contamination de l’océan Atlantique par la mer de Norvège.

Nécessaire coopération

Il y a trois ans, un amiral russe, s’exprimant dans le quotidien « Nezavissimaïa Azeta », ne donnait que cinq ans à vivre à la marine de son pays. La description qu’il en faisait était proche de l’apocalypse : une flotte mal en point, rouillée, inutilisée par manque de carburant, parfois irrécupérable. Et l’impossibilité financière de traiter les déchets provenant aussi bien de la région de Mourmansk que de la baie de Vladivostok, déclarée zone interdite, et qui abrite, elle aussi, des épaves de sous-marins atomiques. La seule solution aujourd’hui semble venir de la coopération internationale. Un accord entre Paris et Moscou serait sur le point de se conclure. Il prévoirait notamment le démantèlement des sous-marins abandonnés de la presqu’île de Kola.

https://www.leparisien.fr/faits-divers/la-mer-de-barents-est-une-poubelle-nucleaire-16-08-2000-2001568117.php


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