Jeudi 21 mai 2026
Le 2026-05-21 à partir de 16:45
Lieu : Musée de l’Homme - 17 place du Trocadéro à Paris (75016)
Reprise des films primés de la sélection internationale de 2026 :
Nous vivons ici, de Zhanana Kurmasheva
Kazakhstan | 2025 | 80 min | vostf
Prix Gaïa 2026
Nous vivons ici interroge les effets du site d’essais nucléaires Semipalatinsk et des réactions de ses habitants : dévastation et beauté, désespoir et persévérance, silence et échos de la vie. Le film pose des questions qui résonnent au-delà des frontières : comment vivons-nous avec les conséquences de nos actes ? La vie peut-elle perdurer là où la mort a rôdé ?
« Certains endroits sur Terre portent un poids presque impossible à exprimer avec des mots. J’ai voyagé dans quelques endroits, au Kazakhstan et au-delà, mais nulle part ailleurs je n’ai ressenti le spectre d’émotions que j’ai éprouvé sur le site d’essai de Semipalatinsk. C’est un lieu d’une immense beauté et d’une profonde tristesse — un paradoxe gravé dans la terre elle-même. La vaste steppe porte un sentiment étrange d’intemporalité, comme si elle était prise dans une boucle où les nuages ne se lèvent jamais complètement de l’horizon. La radiation semble presque vivante, une force sinistre qui s’infiltre silencieusement dans les maisons, attirant les gens avec une force invisible au cœur de la nuit comme les sirènes du mythe grec. Aujourd’hui encore, les habitants parlent de la honte et de la peur liées à leurs origines. Le monde les voit comme des gens abîmés, marqués par les radiations qui hantent encore leur terre. C’est pourquoi je ne pouvais pas abandonner cette histoire. » Zhanana Kurmasheva
Commentaire du jury :
Pour son engagement,Pour le défi de rendre visible l’invisible,Et de rendre perceptibles les liens organiques entre toutes les formes du vivant et un territoire dévasté,Pour l’attention respectueuse portée aux survivants, et la proximité pudique avec trois générations d’une famille en lutte contre l’oubli, la maladie et le déni des autorités,Pour la détermination à arpenter, habiter, cultiver et continuer de faire vivre une terre contaminée,Pour sa puissance dramaturgique, qui ne perd jamais de vue l’intime,Pour l’éthique et la sensibilité de la narration et du montage face au désastre,Pour l’espoir de justice et de réparation porté par le film,Et parce que nous pensons que le cinéma a un rôle à jouer face aux silences institutionnels entourant les contaminations humaines et la tragédie des essais nucléaires, au Kazakhstan comme ailleurs,Nous avons décidé de décerner le prix GAÏA de la section Cap sur l’environnement au film Nous vivons ici, réalisé par Zhanana Kurmasheva.
Contact organisation :
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