Publié le 1er avril 2007
Le matériel de la Criirad est saisi à l’arrivée à l’aéroport et rendu… le jour du départ. De l’aveu même des autorités locales, "C’est Areva qui décide". La mission parvient quand même a faire un travail de qualité… et édifiant. Compte rendu de mission CRIIRAD.
L’association locale Aghir In Man, et son Président Almoustapha Alhacen, font preuve d’un grand courage en demandant la vérité et en continuant depuis à se battre malgré les pressions.
Sur le plateau de France europe express (France 3), Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire" accuse Mme Lauvergeon, PDG d’Areva, de graves contaminations au Niger, et de pressions pour empêcher que la vérité ne soit faite
Areva écrit au Réseau "Sortir du nucléaire" pour l’inviter à visiter les mines d’uranium du Niger. Le Réseau "Sortir du nucléaire" refuse naturellement de se rendre au Niger "dans l’avion d’Areva" mais lance une souscription pour organiser une inspection indépendante.
La Cogéma-Areva organise un grand voyage de presse au Niger pour "prouver" que tout va pour le mieux dans ses mines. Malgré une mise en scène bien huilée, une partie de la vérité est perçue par certains journalistes (extrait : "Ce jour-là, au moins trois ouvriers travaillent sans leur dosimètre. « Il est cassé », dit l’un d’eux. « Je l’ai oublié en haut », dit un autre. Quand on le fait remarquer à un responsable de la mine, celui-ci dit : « C’est la preuve que l’on doit encore s’améliorer. » Un ouvrier affirme : « Avant dans les années 80, c’était bien pire. Il y avait un règlement mais personne ne le respectait. » Libération, 9 mars 2005)
L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), organisme scientifique d’Etat, censé faire la transparence sur les questions touchant au nucléaire, publie un rapport complaisant sur les mines d’uranium de la Cogéma au Niger. Il est vrai que cette étude a été… payée par Areva ! Toujours la même conception de la transparence dans le nucléaire français…
Le magazine "90 minutes" de Canal + diffuse un reportage au cours duquel sont rendus publics des documents, gardés secrets par Areva, qui reconnaissent depuis des années que l’eau "potable" servie aux habitants d’Arlit est contaminée par l’uranium ( "les critères de potabilité des eaux retenus par la directive européenne du 3 novembre 1998 et repris dans la réglementation française (décret nº 2001-1220) ne sont pas respectés"). Suite à la diffusion de ce reportage explosif, et à la publication le 26 avril par Le Monde d’un article explicitant l’affaire, il ne se passe… rien !
L’association locale Aghir In Man écrit au Ministère nigérien des mines un courrier explicité titré : "Pollution durable de la ville d’arlit. Enrichir Areva , appauvrir le Niger".
Le coût d’une mission indépendante s’avérant prohibitif, le Réseau "Sortir du nucléaire" verse à l’ONG Aghir In Man le produit de la souscription, soit 3152 euros, afin qu’elle puisse s’équiper matériellement (ordinateur, connexion Internet, etc).
Le bimensuel local Aïr-infos titre "Manifestations à Arlit contre Cogéma et Aréva : les raisons de la colère".
Des représentants associatifs nigériens apportent courageusement leur soutien à Almoustapha Alhacen, président de l’ONG locale Aghir In Man, qui subit des pressions de la part de la Cogéma pour avoir osé dire la vérité publiquement.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce l’embauche par Areva de Fodé Sylla, ancien président de SOS Racisme : Areva, qui signe à cet occasion la "Charte de la diversité dans l’entreprise", entend "prouver" qu’elle respecte la diversité. M. Sylla, tout à son rôle (certainement grassement rémunéré) de caution, ne semble pas préoccupé par ce qui se passe au Niger…
Nouvelles accusations, rapports édifiants à l’appui, portées par La Criirad et Sherpa contre la Cogéma-Areva au Niger mais aussi au Gabon. On attend toujours que les autorités françaises reconnaissent les exactions commises en Afrique par l’industrie nucléaire hexagonale. Il est vrai que cette affaire contrarie l’Etat et les partis dominants qui essaient, pour imposer la construction de nouveaux réacteurs, d’imposer l’idée que le nucléaire est "propre"…