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Projet Ethos

Une pseudo-étude pour forcer le retour des populations en zone contaminée




Mis en place après la catastrophe de Tchernobyl, le programme ETHOS refait surface à Fukushima. Si ses promoteurs le présentent volontiers comme un complément à la stratégie des autorités pour améliorer la qualité de vie des personnes vivant dans des territoires contaminés, il s’agit plutôt de banaliser les risques liés au retour des populations dans des zones qui présentent encore un risque sanitaire important.



Mais, qu’est-ce que le projet Ethos ?

Dix ans après l’accident de Tchernobyl, ce projet du Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire (CEPN), s’est développé en Biélorussie de 1996 à 2001  [1]. Le véritable objectif d’Ethos, qui est accompagné par une équipe d’universitaires, n’est pas une simple mission humanitaire, ni une formation à la culture de radioprotection comme le prétendent ses promoteurs. Il s’agit en réalité d’amener la population des zones contaminées à long terme à accepter, de plein gré, des conditions insoutenables de la vie dans ces zones et d’y rester vivre. Il s’agit d’un programme d’éducation élaboré tel un lavage de cerveau. Les effets des faibles doses sont niés. C’est d’ailleurs la position des organisations internationales qui prônent l’innocuité des doses inférieures à 100 mSv, réfutant toute cause de maladies graves telles que des cancers potentiellement mortels. Ethos, bien loin de sa prétendue prophylaxie, donne aux populations les recettes d’adaptation pour vivre joyeusement en milieu radioactif (sic).

Ethos à Fukushima

À la tête de ce programme se trouve l’actuel vice-président de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), Jacques Lochard, qui s’est rendu à Tokyo en novembre 2011. Il y a tenu une conférence sur Ethos-Core-Sage  [2] et a émis des recommandations au “ Groupe de travail sur la gestion des risques liés à l’exposition à de faibles doses“ du Cabinet gouvernemental japonais. Ce groupe est composé exclusivement d’experts pro nucléaires. Curieusement, un mois plus tard, Ando Ryoko, se présentant comme la femme ordinaire d’un jardiner  [3] a formé un groupe appelé “ Ethos in Fukushima“ pour accueillir Jacques Lochard et la variante du programme Ethos pour Fukushima. Suite à cela, Lochard présidera, en collaboration avec un de ses acolytes, Thierry Schneider des dizaines de séminaires nommés “ Dialogue Seminar“ sous l’égide de la CIPR. Il a participé à de nombreux Congrès internationaux d’experts à Fukushima, organisés par la Fondation Sasakawa (Nippon Foundation, d’extrême droite)  [4]. Il a également été invité en tant que professeur à l’Université d’Hiroshima et à l’Université de Nagasaki sous le titre de docteur en économie  [5].

C’est ainsi que l’équipe Ethos, a su se forger une réputation européenne et internationale, et qu’elle est parvenue à renforcer sa position désormais inébranlable dans la galaxie nucléaire mondiale.

L’emprise de Lochard et du projet Ethos est telle que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a lancé le site internet “ KOTOBA“  [6] afin de promouvoir l’esprit du projet Ethos. Quelques experts de cet Institut ont prétendu qu’il n’y avait pas de plutonium à Fukushima et aucune preuve de nocivité en dessous de 100 mSv... Dans le même temps, l’AIEA a établi sa base de recherches à Miharu/Fukushima, après la signature de six conventions avec le gouvernement japonais, la préfecture de Fukushima et l’université de médecine de Fukushima. Cette dernière entreprend actuellement des tests dans le but d’utiliser des terres contaminées dans les sols servant à l’agriculture. Récemment au Japon, un scandale a éclaté après la révélation de thèses écrites par deux scientifiques affiliés à Ethos. Il s’agit des physiciens du nucléaire Ryugo Hayano, professeur émérite de l’Université de Tokyo et Makoto Miyazaki de l’Université médicale de Fukushima qui ont écrit deux thèses visant à affirmer la possibilité de vivre dans la zone de Fukushima sans risques et postées dans la revue de “Radiation Protection Society (JRP)“ entre 2016 et 2017. Ces thèses ont été sévèrement critiquées par le professeur Shinichi Kurokawa  [7], à cause des données utilisées illégalement et de chiffres falsifiés. Suite à cette découverte, le JRP les a supprimé sans explication  [8]. Toutefois, elles ont été utilisées comme référence officielle par le ministère de l’Environnement. On soupçonne une complicité entre la Revue scientifique et la Ville de Daté qui aurait frauduleusement fourni des données dans cette affaire  [9].

Enfin en juin 2019, avec Ando Ryoko, Lochard s’efforce de fonder une nouvelle association “ Fukushima Dialogue“ 10, afin de renforcer l’implantation d’Ethos au Japon. Ainsi, la stratégie de l’ignorance d’Ethos et le règne de l’AIEA à Fukushima se poursuivent toujours aujourd’hui, 10 ans après.

Kolin Kobayashi


Notes

[2Pour plus de détails voir l’article sur notre site : Catastrophe nucleaire quelle sante-choisir ?

[3En réalité Madame Ando Ryoko est diplômée d’études supérieures et proche de scientifiques pro nucléaires.

[5Entré en 1977 au CEPN crée un an avant, il n’est ni biologiste, ni médecin, ni physicien, ni docteur en économie, mais seulement le titre de la maîtrise et spécialiste de l’optimisation entre coûts et avantages.

[8À cause de la frauduleuse thèse de Hayano, France24 informe : https://frama.link/France24-fukushima

Mais, qu’est-ce que le projet Ethos ?

Dix ans après l’accident de Tchernobyl, ce projet du Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire (CEPN), s’est développé en Biélorussie de 1996 à 2001  [1]. Le véritable objectif d’Ethos, qui est accompagné par une équipe d’universitaires, n’est pas une simple mission humanitaire, ni une formation à la culture de radioprotection comme le prétendent ses promoteurs. Il s’agit en réalité d’amener la population des zones contaminées à long terme à accepter, de plein gré, des conditions insoutenables de la vie dans ces zones et d’y rester vivre. Il s’agit d’un programme d’éducation élaboré tel un lavage de cerveau. Les effets des faibles doses sont niés. C’est d’ailleurs la position des organisations internationales qui prônent l’innocuité des doses inférieures à 100 mSv, réfutant toute cause de maladies graves telles que des cancers potentiellement mortels. Ethos, bien loin de sa prétendue prophylaxie, donne aux populations les recettes d’adaptation pour vivre joyeusement en milieu radioactif (sic).

Ethos à Fukushima

À la tête de ce programme se trouve l’actuel vice-président de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), Jacques Lochard, qui s’est rendu à Tokyo en novembre 2011. Il y a tenu une conférence sur Ethos-Core-Sage  [2] et a émis des recommandations au “ Groupe de travail sur la gestion des risques liés à l’exposition à de faibles doses“ du Cabinet gouvernemental japonais. Ce groupe est composé exclusivement d’experts pro nucléaires. Curieusement, un mois plus tard, Ando Ryoko, se présentant comme la femme ordinaire d’un jardiner  [3] a formé un groupe appelé “ Ethos in Fukushima“ pour accueillir Jacques Lochard et la variante du programme Ethos pour Fukushima. Suite à cela, Lochard présidera, en collaboration avec un de ses acolytes, Thierry Schneider des dizaines de séminaires nommés “ Dialogue Seminar“ sous l’égide de la CIPR. Il a participé à de nombreux Congrès internationaux d’experts à Fukushima, organisés par la Fondation Sasakawa (Nippon Foundation, d’extrême droite)  [4]. Il a également été invité en tant que professeur à l’Université d’Hiroshima et à l’Université de Nagasaki sous le titre de docteur en économie  [5].

C’est ainsi que l’équipe Ethos, a su se forger une réputation européenne et internationale, et qu’elle est parvenue à renforcer sa position désormais inébranlable dans la galaxie nucléaire mondiale.

L’emprise de Lochard et du projet Ethos est telle que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a lancé le site internet “ KOTOBA“  [6] afin de promouvoir l’esprit du projet Ethos. Quelques experts de cet Institut ont prétendu qu’il n’y avait pas de plutonium à Fukushima et aucune preuve de nocivité en dessous de 100 mSv... Dans le même temps, l’AIEA a établi sa base de recherches à Miharu/Fukushima, après la signature de six conventions avec le gouvernement japonais, la préfecture de Fukushima et l’université de médecine de Fukushima. Cette dernière entreprend actuellement des tests dans le but d’utiliser des terres contaminées dans les sols servant à l’agriculture. Récemment au Japon, un scandale a éclaté après la révélation de thèses écrites par deux scientifiques affiliés à Ethos. Il s’agit des physiciens du nucléaire Ryugo Hayano, professeur émérite de l’Université de Tokyo et Makoto Miyazaki de l’Université médicale de Fukushima qui ont écrit deux thèses visant à affirmer la possibilité de vivre dans la zone de Fukushima sans risques et postées dans la revue de “Radiation Protection Society (JRP)“ entre 2016 et 2017. Ces thèses ont été sévèrement critiquées par le professeur Shinichi Kurokawa  [7], à cause des données utilisées illégalement et de chiffres falsifiés. Suite à cette découverte, le JRP les a supprimé sans explication  [8]. Toutefois, elles ont été utilisées comme référence officielle par le ministère de l’Environnement. On soupçonne une complicité entre la Revue scientifique et la Ville de Daté qui aurait frauduleusement fourni des données dans cette affaire  [9].

Enfin en juin 2019, avec Ando Ryoko, Lochard s’efforce de fonder une nouvelle association “ Fukushima Dialogue“ 10, afin de renforcer l’implantation d’Ethos au Japon. Ainsi, la stratégie de l’ignorance d’Ethos et le règne de l’AIEA à Fukushima se poursuivent toujours aujourd’hui, 10 ans après.

Kolin Kobayashi



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