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Déclaration de l’ancien premier Ministre japonais Naoto Kan

"vers le zéro nucléaire"




Au mois de mars 2021, cela fera 10 ans qu’est survenu, alors que j’étais Premier ministre, l’accident nucléaire de la Centrale de Fukushima n°1 exploitée par TEPCO .

Naoto Kan lors de son passage en France en 2018


Le 11 mars 2011, à 14h46, s’est produit un grand tremblement de terre au nord-est du Japon. Les pylônes apportant l’électricité à la centrale n°1 de Fukushima s’effondrèrent, provoquant l’interruption de l’alimentation électrique en provenance de l’extérieur. Les générateurs d’urgence fonctionnant au diesel furent immédiatement activés mais, submergés par le tsunami survenu une heure après le séisme, ils tombèrent en panne et la centrale fut privée de toute alimentation électrique. Avec le manque de refroidissement, les cœurs des réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale entrèrent en fusion (melt down) et les combustibles transpercèrent les parois des cuves. Ce fut la première fois qu’un accident nucléaire avec “fusion transperçante“ (melt threw) se produisait dans le monde. Ce melt threw a provoqué l’accumulation à l’intérieur de l’enceinte de confinement des débris effondrés au fond de la cuve du réacteur, auxquels il est très difficile d’avoir accès à cause de leur très forte radiation. On considère qu’il faudra une durée supérieure à 100 années pour arriver à un démantèlement complet de ces réacteurs.

Deux semaines après l’accident, j’ai reçu un rapport établi par Shunsuke Kondo, le président de la Commission de l’énergie nucléaire, selon lequel, dans “le pire des scénarios“, la contamination aurait rendu tout le Japon oriental, y compris Tokyo, inhabitable pendant plusieurs dizaines d’années. Si ce scénario s’était accompli, le Japon aurait été anéanti.

Avant l’accident, j’étais convaincu qu’un Three Miles ou un Tchernobyl ne se produirait jamais au Japon dont les ingénieurs étaient de haut niveau mais je me trompais complètement. Après l’accident, j’ai changé du tout au tout et, ayant compris qu’il était extrêmement risqué d’avoir des centrales nucléaires dans un pays comme le Japon, archipel où le nombre de séismes et de tsunami est le plus élevé du monde, j’ai pensé qu’il fallait démanteler tous les réacteurs.

Je suis convaincu que, même sans l’énergie nucléaire, non seulement le Japon mais aussi le monde entier peuvent trouver dans les énergies renouvelables telles que l’éolien ou le solaire assez d’énergie pour les besoins de l’humanité. Ma dernière tâche de Premier ministre fut de créer le système FIT de fixation du prix d’achat des kilowatts d’énergie renouvelable. En conséquence, la production électrique en “ renouvelables“ centrée sur le développement du photovoltaïque a doublé depuis l’accident.

Des 54 réacteurs japonais en activité au moment de l’accident, il a été décidé d’en fermer définitivement la moitié et il n’en existe pas un seul nouveau. Le gouvernement du Parti Libéral Démocrate qui a repris le pouvoir en 2012 souhaite le redémarrage des centrales survivantes mais celui-ci nécessite l’autorisation de l’Autorité de régulation nucléaire nouvellement mise en place après l’accident et l’accord de l’opinion locale. Ainsi seulement cinq réacteurs ont pu redémarrer. Si lors des prochaines élections législatives prévues en 2021, les partis d’opposition, unis autour du Parti Démocrate Constitutionnel auquel j’appartiens, obtiennent la majorité des sièges, nous reprendrons le pouvoir et le Japon sera alors en mesure de renoncer totalement au nucléaire.

Naoto KAN

ancien Premier ministre du Japon,

actuellement député au Parlement japonais

Le 11 mars 2011, à 14h46, s’est produit un grand tremblement de terre au nord-est du Japon. Les pylônes apportant l’électricité à la centrale n°1 de Fukushima s’effondrèrent, provoquant l’interruption de l’alimentation électrique en provenance de l’extérieur. Les générateurs d’urgence fonctionnant au diesel furent immédiatement activés mais, submergés par le tsunami survenu une heure après le séisme, ils tombèrent en panne et la centrale fut privée de toute alimentation électrique. Avec le manque de refroidissement, les cœurs des réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale entrèrent en fusion (melt down) et les combustibles transpercèrent les parois des cuves. Ce fut la première fois qu’un accident nucléaire avec “fusion transperçante“ (melt threw) se produisait dans le monde. Ce melt threw a provoqué l’accumulation à l’intérieur de l’enceinte de confinement des débris effondrés au fond de la cuve du réacteur, auxquels il est très difficile d’avoir accès à cause de leur très forte radiation. On considère qu’il faudra une durée supérieure à 100 années pour arriver à un démantèlement complet de ces réacteurs.

Deux semaines après l’accident, j’ai reçu un rapport établi par Shunsuke Kondo, le président de la Commission de l’énergie nucléaire, selon lequel, dans “le pire des scénarios“, la contamination aurait rendu tout le Japon oriental, y compris Tokyo, inhabitable pendant plusieurs dizaines d’années. Si ce scénario s’était accompli, le Japon aurait été anéanti.

Avant l’accident, j’étais convaincu qu’un Three Miles ou un Tchernobyl ne se produirait jamais au Japon dont les ingénieurs étaient de haut niveau mais je me trompais complètement. Après l’accident, j’ai changé du tout au tout et, ayant compris qu’il était extrêmement risqué d’avoir des centrales nucléaires dans un pays comme le Japon, archipel où le nombre de séismes et de tsunami est le plus élevé du monde, j’ai pensé qu’il fallait démanteler tous les réacteurs.

Je suis convaincu que, même sans l’énergie nucléaire, non seulement le Japon mais aussi le monde entier peuvent trouver dans les énergies renouvelables telles que l’éolien ou le solaire assez d’énergie pour les besoins de l’humanité. Ma dernière tâche de Premier ministre fut de créer le système FIT de fixation du prix d’achat des kilowatts d’énergie renouvelable. En conséquence, la production électrique en “ renouvelables“ centrée sur le développement du photovoltaïque a doublé depuis l’accident.

Des 54 réacteurs japonais en activité au moment de l’accident, il a été décidé d’en fermer définitivement la moitié et il n’en existe pas un seul nouveau. Le gouvernement du Parti Libéral Démocrate qui a repris le pouvoir en 2012 souhaite le redémarrage des centrales survivantes mais celui-ci nécessite l’autorisation de l’Autorité de régulation nucléaire nouvellement mise en place après l’accident et l’accord de l’opinion locale. Ainsi seulement cinq réacteurs ont pu redémarrer. Si lors des prochaines élections législatives prévues en 2021, les partis d’opposition, unis autour du Parti Démocrate Constitutionnel auquel j’appartiens, obtiennent la majorité des sièges, nous reprendrons le pouvoir et le Japon sera alors en mesure de renoncer totalement au nucléaire.

Naoto KAN

ancien Premier ministre du Japon,

actuellement député au Parlement japonais



Dt

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