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Sortir du nucléaire n°107



Automne 2025
Crédit photo : Réseau "Sortir du nucléaire"

Agir

De l’urgence de revenir aux bases dans nos actions d’information et de sensibilisation

La lutte antinucléaire a été l’une des plus importantes dans le monde. En France, elle est à l’origine des mouvements écologistes. Elle est à la croisée des luttes décoloniales, féministes, anti-autoritaires, pacifistes et pour la protection de l’environnement. Elle est ingénieuse, riche de par les modes d’action qu’elle a développés, par les savoirs qu’elle a su capitaliser.

Luttes et actions Organisations antinucléaires françaises Culture antinucléaire

Malgré son passé glorieux, la lutte antinucléaire fait aujourd’hui le constat d’une énorme perte de terrain : le récit des lobbies pro-nucléaires a envahi l’espace public jusqu’aux cercles écologistes. Même le mouvement climat semble avoir oublié les luttes antinucléaires et les dangers et dégâts causés par la course à l’atome. Nos bases militantes excellent pourtant dans l’expertise technique, mais nous nous épuisons à l’opposer aux discours pro-nucléaires, pleins d’imprécisions et d’erreurs, soutenus par des moyens de diffusion plus puissants que nous.

Dans cette bataille, nous sommes paradoxalement devenus inaudibles pour la grande majorité du public. Les nouvelles générations militantes n’arrivent pas à retrouver le sens de cette lutte qui semble être devenue un débat complexe de chiffres et de calculs entre expert·es.

Plus grave encore, la mémoire collective des dangers du nucléaire s’efface collectivement. Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Fukushima ne résonnent plus aujourd’hui que comme des mots entendus vaguement, s’apparentant presque à de la science-fiction. Il en va de même pour les conséquences des radiations et des déchets nucléaires.

Retourner aux bases pour se réinventer

Il est urgent de récupérer le terrain perdu. De remplir nos rangs de nouveau et de reprendre la place dans les milieux militants. Quand on perd pied, il faut retrouver les bases : la plupart du temps, ce qui révolte les cœurs, ce qui donne envie de s’engager dans une lutte, ce ne sont pas des chiffres mais des atteintes à nos valeurs profondes. Cela nous demande de nous détacher en partie des débats techniques pour revenir à l’essentiel.

La lutte antinucléaire porte des valeurs nobles. Elle est née d’une révolte contre une industrie qui a créé l’arme la plus destructrice au monde, qui a polluée de manière quasi éternelle des écosystèmes entiers, et qui exploite les corps et condamne à la maladie et à la mort, particulièrement les populations non-blanches sur des territoires colonisés.

S’il est essentiel de conserver et transmettre les savoirs de nos militant·es, nous devons repenser la stratégie pour massifier la lutte antinucléaire. Nos discours doivent parler aux autres, et nous devons écouter ce que d’autres collectifs ont à nous apprendre : les jeunes militant·es sont plein·es de ressources et de créativité. Les mouvements antiracistes et décoloniaux ont beaucoup de choses à en dire. Laissons-les prendre de la place, et soutenons leurs démarches. Revenir aux bases dans nos actions de sensibilisation est essentiel pour que d’autres y retrouvent leur sens, et que cette lutte reprenne de plus belle.

Raquel Diaz Gonzalez

Malgré son passé glorieux, la lutte antinucléaire fait aujourd’hui le constat d’une énorme perte de terrain : le récit des lobbies pro-nucléaires a envahi l’espace public jusqu’aux cercles écologistes. Même le mouvement climat semble avoir oublié les luttes antinucléaires et les dangers et dégâts causés par la course à l’atome. Nos bases militantes excellent pourtant dans l’expertise technique, mais nous nous épuisons à l’opposer aux discours pro-nucléaires, pleins d’imprécisions et d’erreurs, soutenus par des moyens de diffusion plus puissants que nous.

Dans cette bataille, nous sommes paradoxalement devenus inaudibles pour la grande majorité du public. Les nouvelles générations militantes n’arrivent pas à retrouver le sens de cette lutte qui semble être devenue un débat complexe de chiffres et de calculs entre expert·es.

Plus grave encore, la mémoire collective des dangers du nucléaire s’efface collectivement. Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Fukushima ne résonnent plus aujourd’hui que comme des mots entendus vaguement, s’apparentant presque à de la science-fiction. Il en va de même pour les conséquences des radiations et des déchets nucléaires.

Retourner aux bases pour se réinventer

Il est urgent de récupérer le terrain perdu. De remplir nos rangs de nouveau et de reprendre la place dans les milieux militants. Quand on perd pied, il faut retrouver les bases : la plupart du temps, ce qui révolte les cœurs, ce qui donne envie de s’engager dans une lutte, ce ne sont pas des chiffres mais des atteintes à nos valeurs profondes. Cela nous demande de nous détacher en partie des débats techniques pour revenir à l’essentiel.

La lutte antinucléaire porte des valeurs nobles. Elle est née d’une révolte contre une industrie qui a créé l’arme la plus destructrice au monde, qui a polluée de manière quasi éternelle des écosystèmes entiers, et qui exploite les corps et condamne à la maladie et à la mort, particulièrement les populations non-blanches sur des territoires colonisés.

S’il est essentiel de conserver et transmettre les savoirs de nos militant·es, nous devons repenser la stratégie pour massifier la lutte antinucléaire. Nos discours doivent parler aux autres, et nous devons écouter ce que d’autres collectifs ont à nous apprendre : les jeunes militant·es sont plein·es de ressources et de créativité. Les mouvements antiracistes et décoloniaux ont beaucoup de choses à en dire. Laissons-les prendre de la place, et soutenons leurs démarches. Revenir aux bases dans nos actions de sensibilisation est essentiel pour que d’autres y retrouvent leur sens, et que cette lutte reprenne de plus belle.

Raquel Diaz Gonzalez



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