Mardi 9 avril 2013
19h à l’Espace culturel de l’ambassade d’Ukraine, 22 av. de Messine, M° Miromesnil.
Entrée libre. Film en version française.
Suivi d’une intervention de Galia Ackerman, écrivaine, historienne et journaliste, auteure de Tchernobyl : retour sur un désastre (Folio Gallimard, 2007).
Dès le 14 mai, lorsque Gorbatchev déclare la situation sous contrôle, les autorités laissent les cinéastes pénétrer dans la zone interdite. Les équipes du réalisateur Volodymyr Chevtchenko et de Roland Serhienko sont les premières sur le site. Remarqué par son documentaire sur le voyage de Gorbatchev en Ukraine en 1985, Chevtchenko est le mieux placé et le plus à même de se lancer dans la fournaise comme simple cinéaste réserviste parmi les liquidateurs du rang ou appelés. Jusqu’au mois de septembre, il tourne avec ses fidèles cameramen Victor Kriptchenko (ce dernier avait filmé l’inauguration de la centrale lors de sa mise en service en 1977), Volodymyr Tarantchenko, Volodymyr Koukorentchouk, Igor Pyssanko et Anatoliï Khymytch, ne rentrant à Kiev que certaines nuits pour les travaux de montage, rendu difficile faute de plans concernant les premiers jours de la catastrophe. Franchissant les protections en béton, il lui arrive de prêter son épaule à la caméra du cadreur ou de la brandir lui-même devant le mastodonte. Il filme le ballet des hélicoptères, le réacteur détruit, en plongée verticale, les robots inopérants sur le toit jonché de graphite où les compteurs Geiger crépitent comme des pistolets-mitrailleurs, la construction du sarcophage où gît le corps de Valeriï Khodemtchouk, en service la nuit de la catastrophe. Il photographie les fameux robots verts, recrues envoyées de force vers une mort certaine, les donneurs de sang et de moelle épinière, la terre que l’on ensevelit, les maisons, les puits, les forêts, le drapeau rouge qui flotte au-dessus du quatrième bloc.
(Lubomir Hosejko)
Contact :
Tél. 01 43 59 03 53