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Fukushima, la catastrophe nucléaire continue

Archives > Fukushima, suivi de la catastrophe - Archives 2011-2015

Chronologie du mois de mai

9 mai 2011 |




31 mai

  • 2h, des associations de défense des droits de l’homme dénonce la répression qui sévit contre les manifestants au Japon, en lien avec les évacuations et les suites du tremblement de terre : 13 responsables syndicaux ont ainsi été arrêtés le 11 mai et 50 militants paysans le 20 mai suite à des manifestations à Tokyo qui rassemblaient des personnes mises au chômage depuis le 11 mars 2011.
  • 4h, Les fortes pluies qui se sont abattues la journée d’hier sur Fukushima ont fait monter le niveau des eaux radioactives dans le sous-sol du réacteur n°1 de 37 cm et dans de 9 cm dans le réacteur n°2.
  • 7h, Le gouvernement japonais estime que pour le dernier jour d’évacuation de la zone d’Iitate, il reste encore 1427 personnes dans la commune auxquelles il faut ajouter 349 personnes sur la commune de Kawamata, 26 à Namie et 4 à Katsurao. Ces 1800 personnes doivent avoir déménagé ce soir.
  • 13h, TEPCO annonce avoir réussi à mettre en place un système de refroidissement partiel sur le réacteur n°2. Ceci fait que l’eau qui est injectée pour refroidir le combustible peut alors tourner en circuit fermé. L’installation reste toutefois partielle et fragile.
  • 13h, alors que le gouvernement japonais annonce un recours accru aux énergies renouvelables, le Global Wind Energy Council, syndicat des industriels de l’éolien, annonce qu’il est possible de passer rapidement des 2300 MW éoliens d’aujourd’hui à 50 000 MW, pour moitié sur terre et pour moitié en mer. Ceci remplacerait sensiblement la capacité des actuels réacteurs nucléaires. Il indique que le potentiel éolien du pays est de l’ordre de 1 900 000 MW… soit environ 40 fois plus !
  • 18h, la Commission de Sûreté nucléaire des Etats-Unis publie une première estimation des coûts à venir de l’accident de Fukushima : cela dépassera les 250 milliards de dollars dans les dix ans à venir. Par comparaison, la construction des 55 réacteurs japonais a coûté environ le même prix. Et cela continuera ensuite… comme pour Tchernobyl qui a déjà dépassé les 1000 milliards de dollars.
  • 22h, France3 Haute-Normandie annonce que l’enquête publique pour la construction d’un EPR à Penly, enquête qui devait démarrer le 1er juin 2011, est annulée suite à une décision à l’unanimité de la Commission locale d’information.
  • 23h, TEPCO annonce que des taux importants de strontium 89 et 90 ont été mesurés dans un rayon de 500 m autour des réacteurs : environ 100 fois les doses limites autorisées. On détecterait du strontium au moins jusqu’à 30 km du site. Le strontium se fixe dans les os et y déclenche des cancers.

30 mai

  • 9h, Tepco annonce qu’il lui faudra plus de neuf mois pour arrêter l’accident en cours. On veut bien le croire : à Tchernobyl, ce n’est toujours pas fini !
  • 9h, Les décisions suisses et allemandes provoquent une baisse des valeurs boursières liées au nucléaire.
  • 10h, Le gouvernement japonais, faute de trouver des volontaires pour aller travailler sur le site de Fukushima, décide de revoir à la hausse les limites d’exposition de ceux qui y sont déjà. Alors que la limite était de 50 mSv sur cinq ans avant l’accident, on est ensuite passé à 50 mSv sur un an… puis à 100 mSv sur un an puis aujourd’hui à 250 mSv. Soit déjà une multiplication par 25 ! Nul doute que les liquidateurs vont devenir plus résistants !
  • 11h, Le gouvernement allemand confirme la sortie du nucléaire d’ici 2022. Sur RTL, Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, déclare à propose de la sortie du nucléaire en Allemagne : "Moi j’y suis, pour la France, totalement défavorable. La situation de la France et de l’Allemagne vis-à-vis de l’indépendance énergétique n’est pas la même sur le nucléaire. 85 % de notre énergie est produite par le nucléaire (...) C’est aujourd’hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France". Evidemment, c’est un gros mensonge, le nucléaire c’est 85 % de l’électricité… et donc seulement 16 % de notre énergie !
  • 12h, Tepco annonce que deux salariés présentent une grave contamination au niveau de la thyroïde. L’agence Reuters les présente comme les premiers irradiés du site oubliant que quelques jours plus tôt, des examens sur 6000 intervenants avaient montré des contaminations sur les trois quarts d’entre eux !
  • 15h, Benoît Hamon, porte-parole du PS, interrogé lors du point-presse hebdomadaire, pense qu’il faut rendre la France moins dépendante du nucléaire, que la France doit rattraper son retard dans le domaine des énergies renouvelables et qu’à terme, il faudra débattre de la sortie du nucléaire. Pour lui ces questions doivent être débattues lors des élections présidentielles de 2012.
  • 16h, Alors que la droite ment une nouvelle fois en ironisant sur le fait qu’avec les renouvelables et l’arrêt du nucléaire, l’Allemagne va devoir nous acheter de l’électricité nucléaire, le Réseau Sortir du nucléaire rappelle que c’est la France qui importe chaque année du courant de l’Allemagne du fait de notre abus de consommation par le chauffage électrique en hiver : 6,7 TWh (soit 6,7 milliards de kWh) importés en 2010.
  • 17h, L’Agence fédérale allemande de l’environnement (équivalent de l’Ademe en France) rappelle que la sortie du nucléaire en 2022 est issue d’un compromis et qu’elle avait réalisé un plan de sortie… pour 2017 qui ne nécessitait aucune construction de centrale au charbon, aucune importation d’électricité, pas de hausse d’émission de gaz à effet de serre, une hausse de prix très modérée et de nombreux emplois.
  • 20h, Le gouvernement polonais annonce qu’il pourrait renoncer à construire sa première centrale nucléaire jusqu’alors prévue en 2020.
  • 20h30, Martine Aubry, en réunion publique aux Lilas (région parisienne) estime que "la méthode allemande pour sortir du nucléaire est à suivre". Il faut "foncer sur les énergies renouvelables, travailler avec les experts et les scientifiques pour voir dans combien de temps nous pouvons arriver à produire suffisamment pour notre propre indépendance et il faut continuer le travail sur le danger de certaines centrales, parce que j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on a laissé cela un peu sous le boisseau".

 

29 mai

  • 7h, Un sondage réalisé en Suisse indique que 80 % des sondés sont favorables à la sortie du nucléaire, et 64 % accepteraient une hausse du prix de l’électricité de 15 %. Le même sondage il y a deux mois, juste après l’accident de Fukushima donnait déjà 74 % pour la sortie. L’idée de la sortie est majoritaire dans toutes les tendances politiques, gauche, droite, écologiste.
  • 9h, Un Japonais résidant en France transmet au Réseau Sortir du nucléaire les affiches gagnantes d’un concours sur le développement durable organisé chaque année depuis 1994 par le ministère de l’éducation. Une affiche primée l’année dernière montre un train rapide avec comme slogan "L’énergie nucléaire nous mène à notre avenir". L’autre montre un globe terrestre qui a trop chaud avec comme slogan "Contre le réchauffement climatique, une énergie propre : le nucléaire".

 

28 mai

  • 0h, selon le quotidien Asahi, Areva propose le retraitement des eaux radioactives à 210 yens le litre (1,83 euro). Sachant qu’il faudra en traiter au moins 250 000 tonnes, TEPCO annonce un coût de 460 millions d’euros.
  • 1h, le Ministère de l’éducation japonais annonce que tout va être mis en œuvre dans les écoles pour éviter une exposition des enfants supérieure à 1mSv par an (au lieu de 20 accordé avant par dérogation). Cela ne résout toutefois pas la question de ce que prennent les enfants quand ils ne sont pas à l’école !
  • 1h, le gouvernement de la préfecture de Fukushima annonce la mise en place d’un Centre pour la réhabilitation de la faune et la flore. Celui-ci a pour but de suivre le niveau de contamination dans la région… pour les dix prochaines années. Rappelons que le césium-137 qui a largement contaminé cette région ne perd la moitié de sa radioactivité qu’en 30 ans.
  • 6h, les services météo japonais alertent sur l’arrivé d’un typhon qui doit toucher les Japon le lundi 30 mai 2011. Ils craignent que les fortes pluies et les vents violents provoquent de nouveaux désordres sur le site de Fukushima.
  • 11h, des associations écologistes et Greenpeace publient une carte des fonds marins le long du littoral japonais, ceci sur 300 km de part et d’autres de Fukushima. Ils alertent sur la nécessité de ne pas consommer des produits tirés de la mer sur cette zone… et sur le fait que cette zone va s’agrandir et la pollution se fixer pour de nombreuses années. Les autorités confirment cette pollution et répondent que la pêche est officiellement interdite sur un large rayon.
  • 15h, une enquête journalistique au Japon révèle que 22 des 23 capteurs de radioactivité installé autour de la centrale de Fukushima sont tombés en panne au moment du séisme. Certains ont été détruits, d’autres se sont retrouvés sans courant suite à la panne électrique générale. Ceci fait que l’on ne saura jamais clairement ce qui a été émis dans les premiers jours de l’accident.
  • 15h, 160 000 personnes au moins ont de nouveau manifesté en Allemagne pour une sortie rapide du nucléaire, dont 25 000 à Berlin et Munich, 20 000 à Hambourg, 10 000 à Fribourg…
  • 22h, TEPCO annonce une panne de refroidissement des piscines de combustible du réacteur n°5. Le réacteur lui-même est à l’arrêt. La réparation est annoncée quelques heures plus tard. En quelques heures, la température du combustible est monté de 68° à 87°C.

27 mai

  • 4h, TEPCO annonce qu’il cherche toujours à stopper une fuite sous le réacteur n°3. Au moins 75 tonnes d’eau très radioactive ont été récupérées dans un fossé creusé en protection. TEPCO assure contrôler que l’eau ne puisse pas atteindre la nappe phréatique.
  • 8h, incendie dans le sous-sol de le réacteur n°1 à Fukushima. Officiellement vite arrêté et sans conséquence.
  • 8h, les organisations agricoles estiment que les pertes pour la période du 21 mars au 8 avril 2011, dans les cinq préfectures où des productions ont été détruites se montent à 10 milliards de yens (87 millions d’euros).
  • 8h, Nathalie Kosciusko-Morizet lance un concours en faveur de l’efficacité énergétique. Le texte de présentation du Ministère indique qu’il s’agit de faire face à la montée du prix du pétrole qui a augmenté de 13,7 % en un an. Il ne s’agit évidemment pas de critiquer le nucléaire.
  • 9h30, nouvelle manifestation à Tokyo : "Protégeons les enfants de Fukushima contre la radioactivité", "plus jamais ça !".
  • 10h, aux Etats-Unis, General electric annonce le lancement industriel de nouvelles photopiles ayant un rendement de 12,8 % pour un prix assez faible. La firme estime que la baisse du coût des photopiles est si rapide que d’ici seulement 2 ou 3 ans, le solaire photoélectrique devrait pouvoir concurrencer les autres modes de production d’électricité.
  • l’European photovoltaic Industry association fait le même pronostic : d’ici 2020, les photopiles seront concurrentielles vis-à-vis de toutes les autres formes de production électrique.
  • 11h, au Japon, des entreprises interviennent dans 26 cours d’écoles de la préfecture de Fukushima pour gratter 5 cm de sol contaminé et le remplacer par 5 cm de terre non contaminée. Le gouvernement annonce la distribution d’un compteur à chacun des 1200 établissements scolaires présents en zone contaminée. Les établissements sont appelés à publier eux-mêmes les résultats des mesures.
  • 15h, deux fonds d’investissement suisses annoncent avoir racheter l’un 8 fermes éoliennes allemandes (88 machines), l’autre deux fermes éoliennes italiennes (62 MW). Le capitalisme sait où placer son argent !
  • 18h, en Allemagne, les ministres régionaux de l’environnement ont fait une demande à l’Etat pour que les sept réacteurs les plus vieux, à l’arrêt, le soient définitivement.
  • 18h, les députés socialistes de Genève demandent au canton d’agir pour empêcher la construction d’un centre de déchets radioactifs prévus à Bugey, à moins de 120 km de la frontière.
  • 20h, Thomas O’Malley, PDG d’Energy Group, l’un des principaux opérateurs du nucléaire aux Etats-Unis, annonce que pour lui le "nucléaire est grillé" car cette énergie "est devenue trop chère". Il annonce que son groupe renonce à tout nouveau projet de réacteur nucléaire et va maintenant développer des centrales au gaz.
  • 20h, dans la Tribune  à paraître le 28 mai, François Levêque, économiste spécialisé, estime qu’actuellement le cap des 100 milliards de dollars est déjà dépassé pour la gestion de l’accident de Fukushima. Pour rappel, après 25 ans, à Tchernobyl, on en est à 1000 milliards de dollars.

 

26 mai

  • 5h, Greenpace publie les résultats des mesures effectués par son navire Rainbow warrior sur des algues, poissons et crustacés prélevées en dehors des eaux territoriales (donc à plus de 22 km de côtes) : les taux de radioactivité y sont 50 fois plus important que les limites autorisées. Ils appellent à des contrôles sérieux sur les produits de la mer destinés à l’alimentation.
  • 6h, le gouvernement japonais présente de nouvelles cartes : il y a maintenant les territoires "d’alerte" (zone interdite), "d’évacuation planifiée" (où l’évacuation des personnes est en cours) et "d’évacuation d’urgence" (les prochaines zones à évacuer d’urgence). La première correspond au 20 km autour de la centrale avec une extension vers le nord-est jusqu’à 40 km. La deuxième correspond sensiblement à la zone des 30 km avec toujours une extension nord-est qui dépasse les 40 km ; la dernière zone va jusqu’à 80 km vers le nord-est. Cette dernière s’agrandira sans doute au fur et à mesure que l’on arrivera à évacuer les gens.
  • 15h30, selon le site Boursorama, les fonds d’investissement sont particulièrement intéressés par les placements dans les énergies renouvelables en Asie du Sud-Est : le Japon a annoncé l’arrêt de son programme nucléaire, la Chine la remise à plat du sien, la Corée également, ce qui laisse prévisible de forts investissements dans les renouvelables.
  • 16h30, activation d’une cellule de crise en France : la sécheresse entraîne déjà une baisse de 25 % de la production hydroélectrique et pourrait provoquer l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires pendant l’été : 44 sur 58 sont refroidis par de l’eau douce, seuls 14 sont en bord de mer.
  • 17h30, la commission énergie du parlement européen propose que l’Europe puisse exporter ses déchets nucléaires. Pays du Sud, bientôt une nouvelle forme d’aide au développement ?
  • 17h30, en Suisse, malgré la décision de sortie du nucléaire… en 2034, les antinucléaires qui campent devant le siège de FMB à Berne, opérateur de la centrale de Mühleberg, décident de maintenir le camp et demande toujours l’arrêt du réacteur maintenant.
  • 19h, le site Rue89 annonce que la mairie de Saint-Michel-sur-Orge interdit à une troupe de théâtre de jouer deux pièces prévues dans le cadre du festival local Dedans-Dehors, programmées les 3 et 4 juin. Motif officiel : domaine trop sensible. Les deux pièces parlent du danger du nucléaire.

 

25 mai

  • 8h, dans un entretien accordé au Financial Times, Naoto Kan, premier ministre japonais, estime qu’il n’y aura plus jamais de construction de réacteurs nucléaires au Japon.
  • 9h, 160 ingénieurs du nucléaire à la retraite annonce leur volonté d’aller renforcer les équipes sur place. Ils estiment que les "vétérans" ont deux avantages : ils ont construit les réacteurs et les connaissent bien ; ils ne craignent plus de mourir prématurément des radiations. Des députés ont proposé de faire passer une loi pour autoriser ce recours aux plus anciens.
  • 9h, La Japan Atomic Energy Commission publie des mesures de radioactivité et indique qu’environ 600 km2 autour de la centrale présente un taux de radioactivité comparable à la zone interdite de Tchernobyl. Cette zone est probablement définitivement perdue. Une deuxième zone de 700 km2 nécessite le maintien de l’évacuation des populations, mais il serait peut-être possible de la décontaminer…
  • 14h, c’est à Paris que General Electric présente une nouvelle centrale thermique au gaz qui sera fabriquée à Belfort. Celle-ci d’une puissance de 510 MW (un demi-réacteur nucléaire) aura l’avantage d’avoir un bon rendement et une excellente flexibilité : elle a été particulièrement conçue dans l’optique de compléter des offres éoliennes variables : elle peut varier de puissance à raison de 50 MW par minute, ce qui est deux fois plus rapide que les centrales existantes.
  • 15h30, le conseil fédéral Suisse annonce la sortie du nucléaire. Le plan de sortie prévoit la fin de l’exploitation des réacteurs existants d’ici 2034 et un recours provisoire accru au gaz. La Suisse espère que d’ici 2034, elle aura une énergie 100 % renouvelables. Les opposants au nucléaire ne sont guère satisfaits : alors que les réacteurs étaient prévus pour durer 30 ans et que le débat portait sur leur prolongation à 40 ans, cette décision entérine le fait qu’ils pourraient fonctionner 50 ans !
  • 19H, l’OCDE annonce que les conséquences de l’accident de Fukushima pourraient être "plus sérieuses qu’annoncé".

 

24 mai

  • 12h, une équipe de la CRII-Rad emmenée par Bruno Charayron s’installe à Tokyo pour mener une campagne de mesures indépendantes dans la région. Un premier rapport sera rendu public le 30 mai à Fukushima (la ville) et à Tokyo (le 2 juin).
  • 14h, un millier de lycéens et étudiants ont manifesté à Berne (Suisse) pour la fermeture des centrales nucléaires. La manifestation non annoncée et non autorisée s’est terminée devant le siège de FMB, exploitant de la centrale de Mühleberg. La manifestation avait été lancée par les réseaux sociaux sur internet.
  • 19h, le gouvernement français demande aux gestionnaires des barrages de Naussac (Lozère) et de Villerest (Loire) de stocker le maximum d’eau pour pouvoir soutenir le débit de la Loire cet été, celui-ci risquant d’être trop faible pour pouvoir refroidir les quatre centrales en aval : Belleville-sur-Loire (Cher), Dampierre (Loiret), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire).
  • 19h, dans une interview mise en ligne sur le site internet de Terre.tv, Jeremy Rufkin, futurologue et conseiller d’un groupe de 120 grandes entreprises dans le monde estime que "le nucléaire est mort". Cette technologie "est complètement dépassée, d’un autre siècle". Elle coûte trop cher, produits des déchets dont on ne sait que faire, est trop dangereuse, l’uranium va manquer et consomme trop d’eau. 
  • 13h,l’édition du Monde  titre sur les ambitions nucléaires d’EDF au niveau mondial. Mais quand on lit les déclarations d’Henri Proglio, on s’aperçoit que ce n’est pas ce que dit le PDG d’EDF. Celui-ci dit qu’en 2020, EDF veut atteindre 200 GW avec 50 % de nucléaire, 25 % de thermique et 25 % de renouvelables dont l’hydraulique… contre 150 GW aujourd’hui avec 75,4 % de nucléaire. Calcul : aujourd’hui 75,4 % de 150 = 113 GW. En 2020, 50 % de 200 GW = 100 GW. Il prévoit donc bien une baisse du nucléaire ! Une baisse de 13 %.
  • 16h, selon TEPCO, les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 ont complètement fondu selon les dernières études réalisées. Ces fusions ont eu lieu entre 60 et 100 h après le tremblement de terre. Pas vraiment une surprise.
  • 19h30, le parlement italien vote officiellement l’annulation du référendum sur le nucléaire qui devait se tenir le 12 juin 2011. Référendum visant à annuler celui de 1988 qui avait interdit le nucléaire dans le pays.
  • 20h30, l’Union européenne annonce un accord sur les tests à faire sur les réacteurs nucléaires. Les négociateurs ont annoncé que le terrorisme et le sabotage ne seraient pas pris en compte.

23 mai

  • 4h, la chaîne de télévision NHK indique qu’environ la moitié des personnes qui doivent déménager avant la fin mai ne l’ont pas encore fait. Il s’agit des communes d’Iitate et Kawamata. Cela représente environ 4000 personnes.
  • 5h, TEPCO annonce le démarrage de travaux sur le réacteur n°4. Dans celui-ci plusieurs incendies ont eu lieu dans les piscines de stockage du combustible et ont fragilisé la structure. Les travaux visent à consolider les piscines pour pouvoir y maintenir le combustible sous l’eau.
  • 10h, TEPCO annonce que les pompages d’eau dans les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3 est stoppé : il n’y a plus de lieu de stockage disponible pour l’eau radioactive, malgré la venue récente d’une barge géante qui a été remplie en deux jours. Il y aurait plus de 80 000 tonnes d’eau dans les sous-sols des réacteurs et comme il faut continuer à arroser les réacteurs… eh bien TEPCO ne communique pas sur ce qui se passe : probablement l’eau va aller à la mer.
  • 10h, le gouvernement annonce que neuf entreprises de la ville d’Iitate, en cours d’évacuation, vont être autorisées à poursuivre leurs activités : les 60 salariés concernés devront habiter en dehors de la zone de contamination et se rendre au travail équipé d’un dosimètre. Chaque entreprise devra construire un local pour permettre aux salariés de se laver et de changer de vêtements à l’arrivée et au départ de leur travail. Et c’est ainsi que l’on s’adapte à la catastrophe. Qui paiera ensuite les cancers ? L’entreprise ou le gouvernement ?
  • 13h, au Japon, des associations de parents d’élèves de la préfecture de Fukushima remettent aux autorités une pétition signée par 15 000 personnes demandant le rétablissement des normes d’avant l’accident au moins en ce qu concerne les enfants (soir revenir à 1 mSv d’exposition par an au lieu de 20).
  • 16h, publication d’un nouveau rapport de l’IRSN, Institut de radioprotection et de Sûreté nucléaire. Dans celui-ci sont repris des mesures données par le Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, de science et technologie (MEXT) du Japon. Selon ce dernier, il y a une dizaine de jours, les taux de césium-137 atteignent par endroit des taux équivalent à ceux mesurés autour de Tchernobyl… et ceci bien au-delà de la zone évacuée des 20 km. Le rapport insiste sur le rapport qu’il y a entre la vitesse d’évacuation des populations et les conséquences ensuite sur la santé. Selon ce rapport, au moins 7000 personnes devraient être évacuées immédiatement (celle de la commune d’Iitate et Kawamata, en cours), puis encore 70 000 autres personnes un peu moins exposées (limite d’exposition à 20 mSv par an), puis les autres (si l’on veut redescendre à 2 mSv par an, il faut au nord-est aller jusqu’à 80 km du site)… Il faut aussi tenir compte que l’augmentation de la pollution se poursuit. A noter que sur les cartes présentées par le MEXT, la zone de forte pollution est dirigée vers le nord-est, mais qu’il existe une contamination plus faible qui descend largement vers le sud-est, jusqu’aux portes de Tokyo.

 

22 mai

  • 5h, l’AIEA annonce l’envoi d’un inspection sur le site de Fukushima du 24 mai au 2 juin.
  • 10h, manifestation antinucléaire devant la centrale de Beznau (canton d’Argovie). Environ 20 000 personnes (le double de ce qui était attendu) ont manifesté sous le soleil, battant le record de la plus grosse manifestation en Suisse (18 000 personnes en 1986 après l’accident de Tchernobyl). Pour les médias suisses, cela marque la fin du nucléaire dans le pays.
  • 12h, François Fillon charge officiellement la Cour des Comptes de réaliser un nouveau chiffrage des coûts de la filière nucléaire. Ce rapport doit être rendu avant le 31 janvier 2012. En 2005, la cour des Comptes avait déjà fait un tel travail pour le gouvernement Jospin.
  • 20h, le quotidien allemand Handelsblatt annonce que Siemens, leader du nucléaire pendant des années en Allemagne, arrêterait définitivement ses activités dans ce secteur. Siemens qui a développé son savoir dans le domaine des turbines à gaz, des éoliennes et du solaire, estime que le nucléaire nuit à son image commerciale.

 

21 mai

  • 6h, TEPCO annonce qu’une fuite sous le réacteur n°3 a libéré l’équivalent de 20 terabecquerels d’eau radioactive dans la mer. Cela représente 100 fois ce qui est autorisé annuellement. Rappelons que le réacteur n°3 est le plus dangereux car contenant un combustible MOX, donc avec du plutonium.
  • 15h, le gouvernement japonais annonce qu’au 16 mai 2011, au moins 4 956 ouvriers (dont 4 766 salariés de TEPCO) intervenus sur le site de Fukushima depuis l’accident, souffrent maintenant d’irradiation interne (ils ont avalé ou respiré des particules radioactives), preuve qu’ils ne travaillent pas avec des protections suffisantes. 1 193 ont en ingéré à des doses importantes. Suite à ces révélations, de nombreux élus de la préfecture de Fukushima demandent que des analyses médicales soient faites sur toutes les personnes qui sont encore à proximité de la centrale.
  • 19h, Réunis à Paris pour les Etats généraux du nucléaire, Michèle Rivasi, Cécile Duflot, Nicolas Hulot et Eva Joly ont réaffirmé que la sortir du nucléaire serait un des axes forts de la campagne d’Europe-Ecologie-Les Verts et un point incontournable dans les accords négociés avec le parti socialiste.

 

20 mai

  • 10h, la préfecture de Fukushima a transmis aux écoles l’interdiction des cours de natation dans les cours d’eau du département. Ceci pour tout l’été.
  • 11h, le directeur général de TEPCO, Masataka Shimizu, a démissionné de son poste. Le président du groupe Tsunehisa Katsumata, a annoncé qu’il quitterait son poste quand "la crise serait terminée". Avec la pollution des sols au plutonium, il n’est donc pas près de prendre sa retraite ! TEPCO a annoncé une perte de 10,7 milliards pour son exercice comptable qui s’arrête au 31 mars 2011.
  • 11h, le gouvernement japonais espère pouvoir évacuer encore 80 000 personnes d’ici la fin du mois, ceci dans une zone nord-est qui va jusqu’à 80 km du site nucléaire. On en serait alors à plus de 160 000 personnes déplacées. Bien peu par rapport à ce qui serait nécessaire.
  • 11h, le premier ministre japonais reconnaît que les informations qu’il a transmise dans les premiers jours après l’accident étaient fausses, selon lui par la faute de TEPCO qui n’a pas donné des informations exactes. Officiellement, les personnes qui habitent entre 20 et 30 km de la centrale sont toujours invitées à rester enfermées chez elles… Pendant encore une trentaine d’années ?
  • 14h, le gouvernement allemand annonce la mise en révision de la centrale d’Emsland pour une durée d’au moins dix jours. Il ne reste que 4 réacteurs en fonctionnement sur 17.
  • 14h, l’ACRO, association de contrôle de la radioactivité, domiciliée en Normandie, a mis en place avec des associations japonaises, un réseau de mesures de la radioactivité. Dans un rapport publié ce jour, elle annonce qu’elle a détecté des niveaux significatifs de Césium 137 jusqu’à 270 km de la centrale. Si on prenait les mêmes normes que pour Tchernobyl, la préfecture de Fukushima (2 millions d’habitants) devrait être totalement évacuée, tout comme la préfecture de Miyagi (capitale Sendai, 2,3 millions d’habitants), plus au nord.`
  • 18h, la société de sécurité informatique NSS publie un rapport aux Etats-Unis montrant que de nombreuses failles existent concernant les risques d’attaques terroristes par informatique. La société a notamment mis en cause des programmes de Siemens, annonçant qu’il était possible pour certains de les reprogrammer depuis l’extérieur d’un site. NSS a communiqué aux exploitants les résultats de son étude… qui concerne tous les réacteurs au niveau mondial.
  • 19h, le gouvernement français (!) annonce que le premier EPR construit en Chine pourrait commencer à fonctionner en octobre 2013. Selon Pierre Lellouche, secrétaire d’État au Commerce extérieur, le chantier ne rencontrerait pas de difficulté contrairement à ce qui se passe à Flamanville (France) et Olkiluoto (Finlande). Ces deux derniers, commencé en 2007 et 2005, pourraient ne pas encore fonctionner à cette date !
  • 20h, en visite sur le site de Flamanville, le député pro-nucléaire Christian Bataille reconnaît que les coûts de la sûreté nucléaire sont sous-estimés et qu’il va sans doute falloir revoir à la hausse le coût de l’EPR actuellement en construction. Celui-ci estimé en 2005 à 3 milliards est déjà aujourd’hui estimé à plus de 5 milliards. Marie-Christine Blandin, sénatrice verte, également présente, a elle dénoncé la fragilité des toits des piscines de stockage du combustible : ceux-ci sont pour le moment en tôle ondulée !

 

19 mai

  • 12h, le gouvernement japonais annonce que le Produit intérieur brut (PIB) a baissé de 0,9 % au premier trimestre 2011. Une récession que partiellement provoquée par le tremblement de terre et ses suites, celui-ci ayant eu lieu en fin de trimestre. Le gouvernement s’attend à une récession plus importante pour le deuxième trimestre.
  • 12h, Quatre maires de communes allemandes de la région de Sarre, proches de la centrale de Cattenom, ont remis au consul de France à Sarrebourg, une pétition réunissant 70 000 signatures et demandant la fermeture de la centrale.
  • 12h, deux employés de TEPCO ont pénétré dans le réacteur n°3 pour y faire des mesures. Ils n’ont pu rester que 10 minutes dans le réacteur, lequel a la caractéristique d’être le plus pollué par le plutonium du fait du combustible MOX utilisé.
  • 14h, la centrale de Civaux, près de Poitiers, manque d’eau : du fait de la sécheresse, le débit de la Vienne n’est plus que de 14,5 m3 à la seconde. Si le débit descend à 13 m3/seconde, il faudra arrêter le réacteur. Celui-ci a encore besoin de 15 jours d’eau pour se refroidir et dispose pour cela de la réserve du lac de Vassivière… mais celui-ci compte actuellement 20 % d’eau en moins que d’habitude.
  • 17h30, l’Autorité de sûreté nucléaire publie un rapport sur les incidents à l’usine Areva de la Hague (Manche). L’ANC déclare qu’Areva minimise ces incidents et que les déclarations ne sont pas satisfaisantes. Trois fois en 2010, des incidents ont été annoncés au niveau 0 par Areva alors qu’ensuite l’ASN les a classés au niveau 1. Le nombre d’incidents déclarés est passé de 25 en 2009 à 58 en 2010.
  • 20h, les élus écologistes ont voté contre la subvention à un meeting international d’athlétisme, protestant contre le sponsoring d’Areva pour cette rencontre sportive.
  • 6h, TEPCO annonce qu’il y a deux mètres d’eau contaminée dans la salle des machines du réacteur n°6. D’où vient-elle ? Mystère ! Les réacteurs 5 et 6 étant à l’écart des quatre autres, l’eau ne peut pas venir des arrosages de ces derniers.
  • 7h, TEPCO annonce son inquiétude pour la gestion de l’eau contaminée. En vingt jours, seules 1700 tonnes ont pu être pompées et évacuées, beaucoup moins que ce qui est projeté sur les réacteurs. L’eau s’accumule pour le moment dans les sous-sols (probablement fissurés).
  • 8h, le ministère de la santé demande à TEPCO de mieux contrôler les doses de radioactivité auxquelles sont exposés les travailleurs sur le site nucléaire. En effet, TEPCO n’a pu fournir que très peu de données faute de matériel de contrôle. De même, TEPCO a renoncé à installer des appareils de mesure à l’intérieur des réacteurs, car faire des relevés semblent difficile du fait des hauts taux de radioactivité. Un test réalisé sur un salarié indique qu’il a été exposé à des doses plus de 30 fois supérieures à ce qui est autorisé. Actuellement, 6 300 personnes se relaient sur le site.
  • 12h, Le Monde (daté du 20 mai) raconte que Sarkozy a très mal vécu l’arrêt de la centrale de Hamaoka. Cela compromet le message qu’il voulait faire passer lors du G8 sur la nécessité de poursuivre le nucléaire. Le journaliste raconte que le voyage de Sarkozy au Japon le 31 mars 2011 avait surtout pour but de demander aux Japonais d’essayer de minimiser les conséquences de l’accident.

 

18 mai

  • 8h, publication d’une carte officielle estimant les zones contaminées en Césium134 et 137. Cette carte montre que dans la direction nord-ouest, la zone dangereuse marquée en rouge va jusqu’à 80 km du site. Mais les spécialistes notent que ce trait rouge correspond à un seuil d’exposition 13 Curies par an et par km2, alors que Tchernobyl, les autorités russes avait adopté une limite de 1 Curie, soit 13 fois moins. Ils notent également, qu’ici ne sont pas mesurées les autres sources de radioactivité, hors l’on sait que lors de l’explosion du réacteur n°3, du plutonium et de l’uranium ont été projeté très haut puisque des retombées ont eu lieu jusqu’aux Etats-Unis. Cette carte, bien qu’inférieure donc à la réalité, indique clairement que dans la direction nord-ouest, il faudrait déjà avoir évacué à 80 km. On en est loin.
  • 8h, la compagnie Chubu Electric annonce que lors de l’arrêt du réacteur n°5 d’Hamaoka, une fuite radioactive d’arsenic-76 a été détectée.
  • 9h, des scientifiques japonais estiment que les réacteurs de Fukushima se sont enfoncés de 30 cm et se sont déplacés de 2,20 m lors du tremblement de terre.
  • 12h, première excursion d’humains à l’intérieur du réacteur n°2. Les employés de TEPCO n’ont pu rester que 14 min à l’intérieur, suffisamment de temps pour se rendre compte que les dégâts sont plus importants que ce qui avait été estimé jusqu’alors.
  • 13h30, conférence de presse du premier ministre japonais Naoto Kan. Il annonce que le Japon ne renonce pas à l’énergie nucléaire, mais que les réacteurs arrêtés actuellement ne redémarreront que lorsqu’ils seront sûrs. Chacun donnera le sens qu’il veut à ce mot ! Il est probable que les industriels et les banques seront plus vite rassurés que les populations ! Seuls 15 réacteurs sur 53 fonctionnent actuellement.
  • 14h, le ministère de l’agriculture japonais annonce que 20 000 éleveurs, de sept préfectures (l’équivalent de nos départements) ne doivent plus faire sortir leur bêtes dans les pâturages, ceux-ci ayant des taux de contamination trop important. Cela représente 700 000 vaches qui devront être nourries avec du fourrage importé d’autres régions.
  • 16h, des experts suisse en hydrauliques, estiment que l’on pourrait rehausser une douzaine de barrages dans le pays pour un gain de 10 à 15 % de la production hydroélectrique. Cette hausse est programmée pour 2030. Selon les experts, cela serait plus efficace que de multiplier les petites installations.
  • 16h, le gouvernement britannique annonce vouloir continuer à construire de nouveaux réacteurs nucléaires. Evidemment, le peuple n’a pas son mot à dire dans une démocratie.

 

17 mai

  • 8h, TEPCO présente une reconstitution de l’accident faite à partir de l’analyses des mesures effectuées depuis le début. Il en ressort que depuis le début, TEPCO savait qu’une fusion des cœurs 1, 2 et 3 étaient en cours. La situation est plus confuse sur le réacteur n°4 : les incendies ont pu être provoqués par le stockage des barres de combustibles… ou par les explosions du réacteur n°3. TEPCO savait depuis le début que le cœur du réacteur n°1 était en fusion : tout était déjà joué 5h après le passage du tsunami (ceci explique sans doute pourquoi à l’époque les ingénieurs d’Areva ont quitté si vite le Japon !).
  • 8h, TEPCO indique des variations importantes de température dans le réacteur n°3 et annonce augmenter les déversements d’eau. TEPCO semble craindre une reprise de la criticité. L’idée de noyer le réacteur ne semble pas être un bon scénario. Les réactions nucléaires en cours pourraient encore durer des semaines… et les émissions radioactives tout autant.
  • 8h, TEPCO annonce l’injection d’hydrazine dans la piscine du réacteur n°2, sans doute pour ralentir la corrosion.
  • 9h, Les Verts suisse lancent une campagne de signatures pour obtenir un référendum sur la sortie du nucléaire. Ils ont légalement 18 mois pour collecter 100 000 signatures. Ils espèrent aller beaucoup plus vite que cela.
  • 10h, l’Europe n’arrive pas à se mettre d’accord pour valider les futurs tests sur les réacteurs nucléaires : le commissaire allemand à l’énergie, Günther Oettinger, soutenu par l’Allemagne et l’Autriche, demande toujours que soient intégrés les risques terroristes (crash aériens, cyberattaques…)
  • 10h30, Paul Magnette, ministre socialiste de l’énergie en Belgique, propose que la responsabilité des exploitants de centrales nucléaires ne soit plus plafonnée comme c’est actuellement le cas à 300 millions d’euros.
  • 14h, le ministre de l’environnement allemand reconnaît, sans même à avoir faire de tests, que les 7 réacteurs les plus anciens du pays ne résisterait même pas à la chute d’un avion léger. Il pense qu’aucun réacteur ne pourrait résister à la chute, accidentelle ou non, d’un avion de la taille d’un Airbus A380.
  • 16h, les grandes banques japonaises sont inquiètes : TEPCO avait déjà une dette de 700 milliards de Yens (6 milliards d’euros) avant l’accident. Celui-ci pourrait coûter plus de 4000 milliards de Yens supplémentaires (35 milliards d’euros). En s’effondrant, le titre de TEPCO leur a déjà fait perdre beaucoup d’argent… et le gouvernement leur demande d’effacer une partie de la dette.

 

16 mai

  • 7h, des journaux coréens publient des données sur la contamination à Tokyo. Les données sont celles du 10 au 20 avril : les mesures faites dans les districts de Koto et Chiyoda indiquent des taux de contaminations en césium-137 (période de trente ans) compris entre 2 000 et 3 200 bq/kg.
  • 16h, l’arrêt du réacteur n°5 de la centrale d’Hamaoka a réservé une surprise : la découverte de 400 tonnes d’eau de mer dans une partie du réacteur. L’eau, qui n’avait pas été détectée, provenait sans doute du tsunami du 12 mars 2011.
  • 22h, le gouvernement japonais annonce que le délai pour évacuer la zone des 30 km est reporté d’un mois : de fin mai à fin juin, la complexité de la tâche étant énorme.

 

15 mai

  • 16h, NHK, chaîne de télévision japonaise, annonce que c’est le tremblement de terre et non le tsunami qui a provoqué la perte de contrôle des réacteurs de Fukushima : quand le tsunami est arrivé sur le site, les réacteurs étaient déjà hors de contrôle et le taux de radioactivité avait déjà énormément augmenté.
  • 16h, selon les médias japonais, au moins 7800 personnes ont déménagé pendant le week-end de zones situées au nord de la zone des 30 km (pour rappel : jusqu’à 20 km, zone interdite ; entre 20 et 30 km : obligation de déménager avant fin mai). La plupart se retrouvent dans des camps de logement provisoires, faute de trouver à se loger ailleurs… et aussi parce que le gouvernement leur laisse espérer un retour possible. Plus de 100 000 personnes vivent déjà dans des camps.

 

14 mai

  • 8h, un ouvrier est décédé sur le site de Fukushima après un malaise. Il était âgé de 60 ans. Selon TEPCO ceci ne serait pas en lien avec la radioactivité reçue ! C’est bien connue que le nucléaire ne tue pas ! C’est au moins le 3e mort parmi les "liquidateurs" auxquels il faut ajouter au moins 2 morts au moment de l’accident.
  • 11h, polémique sur les doses reçues par les enfants dans la région de Fukushima : alors que le ministre de l’éducation estime que les enfants maintenus dans les villes environnantes ne recevront pas plus de 10 millisieverts par an, soit la moitié de la nouvelle norme autorisée, des scientifiques rappellent que la dose actuelle mesurée dans certaines cours d’école posera sans doute des problèmes de santé d’ici quelques années. De nombreuses associations demandent le retour des anciennes normes et que le maximum soit fait pour protéger les enfants des radiations.
  • 11h, autre polémique : que faire des eaux contaminées ? Le plus simple semble être de les faire évaporer, la radioactivité restant piégée dans les boues. Mais que faire de ces boues hautement radioactives ? Elles devraient être stockées sur place dans un premier temps… mais pas trop prêt de la mer pour éviter des fuites et un risque de nouveau tsunami. A plus long terme, le gouvernement a annoncé qu’elles pourraient être recyclées en étant diluées dans du ciment ou dans d’autres matériaux… ce qui a provoqué une protestation d’association sur le risque de dispersion. La question se pose aussi pour les produits alimentaires contaminés : ils sont actuellement incinérés… en oubliant que cela ne change rien à la quantité de radioactivité : soit celle-ci reste bloquée dans les filtres de l’incinérateur, soit elle s’échappe dans l’atmosphère provoquant une nouvelle pollution. L’espèce humaine sait créer de la radioactivité, mais ne sait pas la détruire !
  • 12h, EDF annonce que sa production hydroélectrique a déjà baissé de 20 %, conséquence de la sécheresse qui touche une bonne partie de l’Europe. Les barrages sont déjà au niveau où ils devraient être en août. Cela pose aussi un problème pour le refroidissement des réacteurs : certains cours d’eau comme la Vienne ont un débit déjà faible, tout comme le Rhin.
  • 12h, TEPCO annonce que probablement les cuves des réacteurs n°2 et n°3 sont également percées. De pire en pire !
  • 13h, une entreprise de collecte du riz a réalisé ses propres mesures sur les rizières de la région pour savoir où elle continuait à se fournir. Résultat : les normes fixées par le gouvernement (qui ont été multipliées par 10 rappelons le : 5 000 bq par kilo au lieu de 500) sont dépassées dans certaines rizières à plus de 50 km de la centrale. L’entreprise affirme avoir mesuré de nombreux radionucléides… dont du plutonium !
  • 14h, Europe Ecologie Les Verts annonce que dans ces conditions d’accord avec le PS, il y a deux principes incontournable : se mettre d’accord sur un scénario de sortie du nucléaire et mettre la proportionnelle pour les élections législatives.
  • 14h, inquiétude après la découverte de boues de stations d’épuration de la banlieue de Tokyo présentant des taux de radioactivité énormes. La radioactivité pourrait provenir du nettoyage d"éléments d’incinérateurs, ceux-ci ayant été utilisés pour brûler des objets contaminés.

 

13 mai

  • 6h, avec seulement une quinzaine de réacteurs en fonctionnement pour cet été, le gouvernement annonce que, malgré l’utilisation maximale des centrales thermiques, le pays va devoir limiter au maximum la climatisation, première cause de la hausse de consommation à cette saison.
  • 8h, TEPCO annonce le lancement d’un chantier pour construire un premier sarcophage autour du réacteur n°1. Celui-ci aura pour but de confiner la radioactivité gazeuse sur place, mais cela pose un problème pour les opérateurs qui de fait devront travailler dans une atmosphère plus radioactive.
  • 10h, publication d’un appel de José Bové, Eva Joly, Nicolas Hulot et Daniel Cohn-Bendit pour demander un référendum : Les Français sont-ils d’accord pour prendre en connaissance de cause, le risque d’une catastrophe nucléaire sur leur territoire ?
  • 19h, Libération publie sur son site la liste des bêtes qui vont être abattues dans la zone interdite : 3 400 vaches, 31 500 porcs, 630 000 poulets… soit déjà 665 000 morts !
  • 19h, de nouvelles mesures faites sur des feuilles de thé indiquent de nombreux foyers de contamination autour de Tokyo. D’autres analyses réalisées sur l’herbe dans les prés confirment cette contamination.
  • 19h, la commission européenne s’inquiète de certains manquent dans les déclarations recueillis auprès des opérateurs des 143 réacteurs en fonctionnement en Europe. Elle note par exemple que pour 25 réacteurs français la question d’un crash aérien malveillant n’est même pas évoquée.

12 mai

  • 6h30 : des feuilles de thé sont retirées de la vente. Elles contiennent trop de césium. Le problème est qu’elles ont été cueillies dans la préfecture de Kanagawa, au sud-ouest de Tokyo. Fukushima étant au nord-est, ceci prouve à l’évidence que la capitale est lourdement contaminée par le césium !
  • 10h, TEPCO annonce que la fuite en mer à partir du réacteur n°3 est stoppée.
  • 11h, TEPCO annonce que la cuve en inox du réacteur n°1 est percée. TEPCO estime que ce sont des soudures où passent les tuyauteries qui auraient cédé. Le niveau d’eau a baissé de 4 m montrant qu’il y a d’importantes fuites : il faut ajouter 7 tonnes d’eau par heure et cela ne suffit pas. Cela laisse les barres de combustibles hors d’eau. Celles-ci n’ont plus leur forme originale, preuve que le cœur est en train de fondre. La matière fissile s’est concentrée dans le fond de la cuve qui est en train de fondre. L’eau qui sort du réacteur est très radioactive : 18 000 fois supérieure aux limites pour le césium, et cela va vite poser des problèmes de stockage. Le risque est que la cuve s’ouvre maintenant complètement, ce qui ferait que la réaction nucléaire se passerait ensuite à l’air libre.C’est l’un des pires scénarios ! TEPCO indique qu’il va sans doute devoir revoir ses interventions sur le site.
  •  14h, l’Orchestre national de Lyon devait faire une tournée au Japon, dans la région de Tokyo, du 5 au 14 juin. La direction annonce l’annulation des concerts, un nombre important de musiciens refusant de faire le voyage.

 

11 mai

  • 6h, L’empereur du Japon se rend dans un camp de réfugiés dans la préfecture de Fukushima, deux mois après le début de l’accident.
  • 9h, Tepco annonce une prévision de perte de 9 milliards pour 2011. Ce n’est que le début de l’effondrement financier !
  • 10h, le gouvernement japonais annonce une campagne d’abattage pour les animaux d’élevage qui sont restés dans la zone interdite et qui déambulent librement dans les champs. Plus de 10 000 vaches seront abattues.
  • 14h, Inquiétude sur le site : le niveau de radioactivité est remonté autour du réacteur n°1, signalant une probable nouvelle fuite. De l’eau radioactive s’est également déversée en mer, preuve d’une fuite au niveau du réacteur n°3.
  • 14h, Les Philippines ont construit un seul réacteur nucléaire. Celui-ci a été achevé en 1984. Il aurait dû produire 620 MW. Mais après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos, la nouvelle présidente Corazon Aquino a refusé de donner le feu vert à sa mise en route, doutant de sa sécurité. Le réacteur est resté ainsi en inactivité depuis. Après l’accident de Fukushima, les autorités ont décidé de l’ouvrir au tourisme pour que les nombreux voyageurs puissent découvrir un réacteur de l’intérieur. Des explications sont données pour expliquer ce qui se passe à Fukushima.
  • 16h, action de Greenpeace devant le siège de la BNP pour dénoncer les investissements de cette banque dans le nucléaire. Avec au moins 13 milliards prêtés entre 2000 et 2009, c’est le premier financeur au monde de ce secteur. Greenpeace dénonce les prêts accordés pour la construction d’EPR en Inde, alors que le site de Jaïtapur est sur une faille séismique et en bord de mer.
  • 19h, le chantier de l’EPR à Flamanville prend du retard pour de nombreuses raisons : difficultés de coordination, difficultés techniques, grèves, vérification de la sécurité suite à l’accident de Fukushima… et le réacteur qui devait démarrer en 2009 est prévu maintenant pour démarrer fin 2014 (5 ans de retard).

 

10 mai

  • 7h, Tepco demande de l’aide au gouvernement japonais. Estimant qu’il ne peut plus suivre financièrement, il justifie cette aide en expliquant que sa faillite provoquerait l’arrêt d’autres centrales (nucléaires ou non) dans le pays et provoquerait une perturbation du réseau électrique de grande ampleur.
  • 8h, Le Frankfurter Rundschau signale qu’outre les sept réacteurs arrêtés après le 11 mars, quatre autres sont actuellement à l’arrêt pour maintenance… et que donc seuls six fonctionnent. Il suggère de les arrêter aussi puisque l’arrêt des 11 premiers ne provoque pas de rupture d’approvisionnement. Contrairement aux déclarations mensongères de Sarkozy ("le prix de l’électricité serait multiplié par quatre si on arrêtait le nucléaire", 3 mai 2011 à Gravelines), le quotidien signale qu’il n’y aucune hausse du prix de l’électricité sur le marché industriel.
  • 8h, La préfecture de Fukushima annonce qu’elle veut procéder à l’enlèvement d’une couche de terre dans les cours d’une dizaine d’écoles où les taux de radioactivité sont trop élevés pour que les enfants puissent jouer dehors.
  • 8h45, Petit tremblement de terre en Normandie, de magnitude 3,2, épicentre au large de La Breche-d’Hermanville (au nord de Caen) ; à mi-chemin entre Penly et Flamanville.
  • 9h, Le Chili qui a annoncé l’arrêt de ses engagements dans le nucléaire après le 11 mars 2011, annonce le lancement d’un projet de cinq barrages en Patagonie pour une puissance de 2750 MW. La croissance de la consommation d’électricité dans le pays est de 6,5 % par an… mais 60 % des Chiliens sont contre la construction de ces barrages dans une zone naturelle.
  • 14h, Le gouvernement japonais annonce l’annulation de son plan énergétique qui prévoyait de monter de 30 % à 50 % le nucléaire dans la production d’électricité. Il annonce ouvrir le débat en souhaitant aller en direction des énergies renouvelables.
  • 14h, Le premier ministre japonais annonce renoncer à son salaire tant que la crise de Fukushima-Daiichi ne serait pas résolue. Huit dirigeants de Tepco suivent le mouvement.
  • 17h, Les autorités russes annoncent avoir maîtrisé un feu de forêt qui s’est tenu en zone contaminée près de l’usine de traitements des déchets de Maïak, dans l’Oural. A chaque fois, ces incendies provoquent une dispersion de cendres radioactives… même si l’accident remonte à 1957 ! Les associations écologistes russes rappellent qu’à cette époque 260 000 personnes ont été évacuées… et qu’elles le sont toujours.
  • 20h, Un pointage fait par des journalistes japonais indique que seuls 15 réacteurs nucléaires sur 53 sont actuellement en fonctionnement dans le pays.
  • 20h, Le commissaire européen à l’énergie, Günter Oettinger, refuse que Bruxelles valide les démarches de tests engagés si ceux-ci n’incluent pas les risques humains et les actes terroristes.
  • 22h, Le gouvernement japonais annonce que l’on a dépassé le cap des 100 000 personnes évacuées, deux mois après le début de l’accident. Il en reste huit millions à reloger ! Il demande aux Japonais de cesser les mesures de discriminations observées contre ces réfugiés… souvent trahis par la plaque d’immatriculation de leur voiture.
  • 22h, Le port de Rotterdam annonce l’interception de 19 conteneurs provenant du Japon présentant un taux de radioactivité trop important.
  • 22h, Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, annonce la tenue d’une conférence internationale sur le nucléaire le 22 septembre 2011 à New-York, au moment de l’assemblée générale des Nations Unies.

 

9 mai

  • 9h, le Japon et les Etats-Unis signent un accord pour essayer de convaincre la Mongolie d’ouvrir un site de stockage pour les déchets nucléaires. Sachant la dangerosité des transports, c’est pour le moins une très mauvaise idée… d’autant plus que la Mongolie n’a aucune expérience dans le domaine du nucléaire.
  • 10h, la Chine annonce une révision complète de ses procédures d’urgence et de ses normes en matière de construction : actuellement les 13 centrales du pays sont toutes en bord de mer. Tous les chantiers en cours restent arrêtés en attendant.
  • 15h, l’ASN, Autorité de sûreté nucléaire publie un cahier des charges pour les tests à réaliser sur les réacteurs français. N’y figurent pas les risques terroristes, le risque de chute d’un avion, le facteur humain (première cause d’accident) et oublie les transports où peuvent se concentrer des quantités de radioactivité supérieures à celles d’un réacteur. Pour clore, le manque de sérieux de ces propositions, les tests sont à effectuer par les exploitants eux-mêmes (donc par EDF).
  • 20h, selon une revue automobile, le prochain salon de la voiture de Tokyo a complètement supprimé toute référence à la voiture électrique. Il y a en effet un retournement de situation depuis l’accident nucléaire : alors que jusqu’alors la voiture électrique était perçue comme propre, elle est maintenant associée au nucléaire.
  • 21h, la majorité UMP du conseil général du Haut-Rhin repousse une motion présentée par une élue EELV demandant l’arrêt de la centrale de Fessenheim. 32 élus ont votés contre (UMP), 13 pour (écologistes, socialistes et une indépendante) et 4 abstentions (centristes et indépendants).

 

8 mai

  • 14h, un millier de personnes manifestent à Madrid pour demander la fermeture des derniers réacteurs du pays. Le plus ancien, à Garona, date de 1971 et est de même type que Fukushima.
  • 15h, le gouvernement américain renouvelle sa demande au gouvernement japonais d’étendre à 80 km la zone d’extension de l’évacuation des populations, en particulier dans la direction nord-ouest particulièrement touchée. Le département d’Etat à l’énergie des Etats-Unis a publié une nouvelle carte montrant des taches de radioactivité dans la zone située entre 60 et 80 km du site qui atteignent entre 3 et 14,7 millions de becquerels/m2 en césium 137. Il rappelle qu’au moment de Tchernobyl, les personnes ont été évacuées dans les zones où cette contamination atteignait seulement 0,550 millions de bq/m2. Le problème pour le gouvernement japonais est que pour déjà évacuer à 60 km, il faudrait évacuer plus de 8 millions de personnes.

 

7 mai

  • 12h, un projet de nouveau rapport du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (Giec) est rendu public par l’AFP. Ce rapport de 1 500 pages doit encore être soumis aux Etats avant validation. Dans les données, il y est dit que charbon, pétrole et gaz représentent 85 % de notre consommation énergétique mondiale, les renouvelables 13 % et le nucléaire… 2 %. Le rapport compare 164 scénarios. Selon les choix qui sont faits, la part du renouvelable devrait, d’ici 2050, augmenter de 3 à 20 fois. Le GIEC insiste pour qu’il y ait une modification des subventions en leur direction au détriment des énergies fossiles. Même dans le cas le plus favorable (77 % de renouvelables en 2050), les gaz à effet de serre ne baisseraient que de 30 % ce qui est insuffisant. Evidemment, ce rapport n’envisage pas des situations décroissantes où la consommation d’énergie serait de plus en plus limitée, pourtant la seule manière d’arriver à stabiliser le climat et limiter la destruction de la planète. Ce rapport intermédiaire devrait conduire à un 5e grand rapport en 2014.

 

6 mai

  • 7h, environ 10 000 manifestants ont manifesté sous la pluie à Tokyo pour demander une sortie du nucléaire.
  • 8h, manifestation de sous-traitants polonais devant le chantier de l’EPR. Ils dénoncent le non-respect de la législation sur le travail, avec le soutien de la CGT.
  • 13h30, le gouvernement japonais demande à la compagnie Chubu Electric, l’arrêt des réacteurs de la centrale d’Hamaola située à 200 km au sud-ouest de Tokyo. Cette centrale est dans une zone fortement séismique et également proche de la mer. La fermeture serait pour le temps de construire une digue anti-tsunami et une vérification des capacités à résister à un séisme important. La centrale compte 2 réacteurs à l’arrêt et 3 autres en fonctionnement. Cela représente une perte de 3360 MW de puissance supplémentaire (en plus des 11 réacteurs arrêtés le 11 mars et de 3 autres toujours arrêtés depuis le séisme de 2007).
  • 15h, une cinquantaine de manifestants des Jeunes écologistes manifestent à la défense pour — faussement — défendre les groupes industriels victimes des normes vertes liberticides.

 

5 mai

  • 7h30, pour la première fois depuis le 11 mars 2011, deux ouvriers ont pénétré dans le réacteur n°1 pour essayer de rebrancher des systèmes de ventilation. Ils sont habillés avec des tenues de protection maximales, le taux de rayonnement, 700 millisieverts par heure, ne permettant de rester que quelques minutes.
  • 8h, le site Altermonde reprend un entretien diffusé le 27 avril sur la chaîne de télévision belge 7sur7. La physicienne australienne Helen Caldicott, experte en armes nucléaires depuis trente ans, y explique pourquoi Fukushima est pire que Tchernobyl : pour elle, si Tchernobyl a déjà tué environ un million de personnes et contaminé 40 % des sols européens, elle estime que Fukushima est encore pire : 6 réacteurs d’un coup et ceci dans une zone très densément peuplée. Il y avait 250 kg de plutonium dans ces six réacteurs et les piscines de stockage. Même si on ne sait pas encore quel pourcentage est parti dans l’atmosphère, elle rappelle que sa toxicité est énorme et pourra contaminer d’autant plus de gens que la contamination circule par les produits alimentaires.
  • 9h, la température du combustible dans le réacteur n°3 est remonté à 143°C soit 33°C de plus en une semaine. TEPCO cherche l’explication et craint un nouvel incendie.
  • 10h, polémique au Japon sur l’état des réacteurs nucléaires. Selon un rapport de la JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), un organisme de promotion du nucléaire, les scénarios communiqués par TEPCO et par le gouvernement sont erronés. Pour son directeur, Mishio Ishikawa, ancien conseille de l’AIEA, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu à 100 %.
  • 15h, le gouvernement bulgare annonce que la moitié des gaines de protection du réacteur n°5 de la centrale nucléaire de Kozlodoui sont fissurées, libérant un gaz radioactif (le xénon 133) sans émission hors du réacteur. Cela a été découvert lors d’une opération de maintenance. Les mêmes défauts avaient déjà été trouvés dans le réacteur n°6. Seuls les réacteurs 5 et 6 sont encore en fonctionnement. Les 4 premiers ont été fermés entre 2002 et 2006.
  • 15h, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire suisse reconnaît que les piscines de combustibles des cinq réacteurs suisses ne résisteraient pas à un fort séisme. Elles ne sont pas non plus sûre en cas de forte inondation. Les exploitants ont jusqu’à fin août pour proposer des solutions.
  • 17h, devant l’Assemblée nationale, Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, affirme "Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables". Non, merci, vraiment, on préfèrerait se passer du nucléaire.

 

4 mai

  • 9h, TEPCO annonce que l’eau de mer, à 15 km de la centrale, présente un taux de radioactivité 600 fois supérieur à la normale : 1 400 bq/l de césium 137, 1300 bq/l de césium 134 et 190 bq/l d’iode 131. Les antinucléaires s’inquiètent que les mesures ne soient faites que sur quelques radionucléides alors qu’il y en a des milliers dont certains sont encore plus toxiques (uranium, plutonium, américium…).
  • 12h, polémique autour de la présence de femmes parmi les travailleurs exposés sur le site de Fukushima. TEPCO n’a pas tenu compte de leur plus grande sensibilité aux radiations et plusieurs femmes sont gravement contaminées.
  • 12h, lancement d’un appel international des "Mères pour sauver les enfants des radiations" qui protestent contre le relèvement des taux de radioactivité admissible pour les enfants… au niveau des travailleurs du nucléaire (voir site https://mscr2011.jugem.jp)
  • 12h, le gouvernement estime le coût de l’accident à plus de 4000 milliards de yen (33 milliards d’euros) et demande que TEPCO en paie la moitié, que les huit autres électriciens paient le reste. TEPCO entame un lobbying pour essayer de bloquer tout projet de nouvelle loi qui irait dans ce sens.
  • 16h, huit associations (Greenpeace, WEFC, Hespul, Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, Les Amis de la terre, le CLER et le Réseau action climat) ont adressé une fin de non recevoir à Nicolas Sarkozy concernant l’organisation d’un Grenelle de la sobriété énergétique qui ne prendrait pas en compte le nucléaire.
  • 16h, à Besançon, en soutien au mouvement Independent Who (voir ci-après), une exposition des portraits de 270 liquidateurs de Tchernobyl est installée place Pasteur par le collectif antinucléaire bisontin.
  • 18h, après quatre ans de présence devant l’entrée de l’OMS, six militants d’"Independent Who - OMS indépendante" et un représentant de la ville de Genève sont reçus pour la première fois par Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. L’entretien a duré deux heures, mais les promesses concernant la publication des documents disponibles sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont restées floues. La directrice s’est retranchée derrière le manque de personnel et d’expertise dans ce domaine, pour justifier le manque d’implication dans le domaine nucléaire. Elle a annoncée la mise en place d’une étude épidémiologique pour le suivi de l’accident de Fukushima, mais ne s’est engagé en rien concernant la publication des données. Elle a refusé toute révision de l’accord entre l’OMS et l’AIEA, estimant que cela ne nuisait pas à l’indépendance de l’OMS.
  • 19h, Christophe de Margerie, P-DG de Total qui a, pour la première fois, pris 8 % dans la capital de l’EPR de Penly (Seine-Maritime) annonce dans un entretien à Challenges que le projet pour ce 2e EPR est stoppé. Eric Besson, pour le gouvernement, a vivement réagi contre cette affirmation. Mais c’est bien Total qui paie, pas Eric Besson ! Dans le même entretien, Christophe de Margerie déclare : "Avant même Fukushima, la situation n’était pas très encourageante. Les Allemands, les Italiens et les Britanniques étaient incertains. Il y avait une envie de faire, mais rien de concret, sauf en Chine, peut-être en Inde et à Abou Dhabi. Depuis l’accident japonais, l’hésitation de l’Allemagne s’est fixée sur le retrait du nucléaire. En Italie, c’est la même chose. Aux Etats-Unis, c’est pareil".
  • 19h, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de Sûreté nucléaire, s’inquiète du calendrier prévu pour faire les tests sur les réacteurs nucléaires : seulement deux mois et demi à la rentrée 2011, cela lui semble insuffisant pour faire correctement les vérifications nécessaires. Il reconnaît qu’il n’est pas possible d’être transparent sur des questions comme les chutes d’avion ou les risques terroristes. Il répond aussi au vœu de l’AIEA que les normes internationales soient contraignantes : pour lui, ce n’est pas possible car plusieurs Etats dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde s’y opposent.
  • 20h, le gouvernement autrichien dénonce le laxisme des tests envisagés sur les réacteurs européens. Il demande notamment que soient envisagés des attentats terroristes. Le groupe des Verts au Parlement européen estime que la Grande-Bretagne et la France ont tout fait pour en arriver là. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung révèle que ces deux pays ont tout fait pour que l’on évite de parler de la chute d’un avion… car aucun réacteur ne pourrait résister à cela et logiquement, il faudrait donc tous les fermer ! Des élus Verts révèlent que la cybercriminalité n’est pas — officiellement du moins — prise en compte… alors que le projet de réacteur iranien a été récemment stoppé par un sabotage informatique.

 

3 mai

  • 8h, premier jour de production pour la centrale éolienne Baltic 1 construite en mer au large du nord de l’Allemagne. Cette centrale offshore de 40 MW appartient à Siemens qui communique en se présentant comme "leader dans le domaine de l’éolien". Il y a quelques années, elle était leader dans le domaine du nucléaire. Le vent tourne… Pour le moment, il y a 21 éoliennes, mais il est prévu progressivement de monter à des centaines de machines pour atteindre plusieurs milliers de MW.
  • 10h, TEPCO explique qu’avec le temps qui passe, le site de Fukushima devient de plus en plus radioactif et les zones où les humains ne peuvent pénétrer s’étendent. TEPCO lance donc un appel aux fabricants pour récupérer des robots commandables à distance pour pouvoir effectuer la suite des opérations. L’armée américaine pourrait fournir en partie ce type de matériel, le Japon n’ayant pas de robots programmés pour ce genre d’interventions.
  • 12h, environ 400 petits actionnaires de TEPCO ont déposé une motion pour l’assemblée générale de la société demandant que celle-ci renonce à l’énergie nucléaire. 232 actionnaires ont fait la même demande à la société Tohoku Electric. 
  • 14h, le gouvernement japonais a décidé de créer une provision de 33 milliards d’euros pour indemniser les populations déplacées.
  • 17h, Sarkozy en visite à Gravelines, fustige les antinucléaires : "si on arrête le nucléaire, le prix de l’électricité sera multiplié par 4 (…) Il faudrait dépenser 45 milliards d’euros pour fermer le parc nucléaire". Pour le prix, il n’y a qu’à regarder les prix dans les pays sans nucléaire : c’est sensiblement le même qu’en France. Quant au prix pour arrêter le nucléaire, il se trompe également : c’est beaucoup plus car le démantèlement des réacteurs actuels (qu’il faudra bien faire un jour de toute manière) coûtera sans doute entre 100 et 200 milliards. Greenpeace lui répond que maintenir le nucléaire a aussi un prix : remplacer les 58 réacteurs actuels vieillissants coûterait au bas mot 200 milliards… les remplacer par des éoliennes ne coûterait pas aussi cher. Cécile Duflot pour EELV a répondu également : "Nicolas Sarkozy a servi aux Français une soupe caricaturale, mensongère et méprisante au sujet de l’énergie nucléaire (…) Nicolas Sarkozy se comporte aujourd’hui en camelot et débite des poncifs", "le nécessaire débat sur le nucléaire et l’énergie mérite une posture plus digne de la part du président français".

 

2 mai

  • 4h15, cinquante manifestants de Greenpeace bloquent l’entrée du chantier de l’EPR à Flamanville à l’aide de deux camions placés en travers des portails d’entrée. D’autres manifestants ont réussi à pénétrer sur le site et trois grues sont occupées.
  • 5h, TEPCO annonce la construction d’une digue au large de Fukushima pour éviter les risques de tsunami au moment où les réacteurs ont leur cœur à l’air libre. La digue sera construite d’ici la mi-juin.
  • 7h, TEPCO s’inquiète d’une remontée de la radioactivité en iode 131 (30 % plus haute ce matin que jeudi dernier, craignant l’apparition d’une nouvelle fuite sur le réacteur n°2.
  • 17h, les forces de police ont réussi à aller décrocher les militants de Greenpeace et à libérer les grues du chantier de l’EPR occupées. Quatre militants ont été molestés. 42 placés en garde à vue. Ils sont convoqués au tribunal de Cherbourg le 16 juin.
  • 19h, Suite à une rencontre post-Grenelle, Sarkozy propose un Grenelle de l’efficacité énergétique… sans aborder la question du nucléaire. Greenpeace, FNE et WWF rejettent la proposition. Par contre les associations obtiennent la promesse d’un audit de la Cour des comptes sur les coûts de l’ensemble de la filière nucléaire.

 

1er mai

  • 13h, François Chérèque aborde la question de la sortie du nucléaire à l’issu du défilé du 1er mai. Pour lui, si la sortie du nucléaire n’est pas possible dans l’immédiat, on peut au moins chercher à en diminuer l’importance, cela passe par l’arrêt de la construction de nouveaux réacteurs et la fermeture des réacteurs les plus dangereux.

 

31 mai

  • 2h, des associations de défense des droits de l’homme dénonce la répression qui sévit contre les manifestants au Japon, en lien avec les évacuations et les suites du tremblement de terre : 13 responsables syndicaux ont ainsi été arrêtés le 11 mai et 50 militants paysans le 20 mai suite à des manifestations à Tokyo qui rassemblaient des personnes mises au chômage depuis le 11 mars 2011.
  • 4h, Les fortes pluies qui se sont abattues la journée d’hier sur Fukushima ont fait monter le niveau des eaux radioactives dans le sous-sol du réacteur n°1 de 37 cm et dans de 9 cm dans le réacteur n°2.
  • 7h, Le gouvernement japonais estime que pour le dernier jour d’évacuation de la zone d’Iitate, il reste encore 1427 personnes dans la commune auxquelles il faut ajouter 349 personnes sur la commune de Kawamata, 26 à Namie et 4 à Katsurao. Ces 1800 personnes doivent avoir déménagé ce soir.
  • 13h, TEPCO annonce avoir réussi à mettre en place un système de refroidissement partiel sur le réacteur n°2. Ceci fait que l’eau qui est injectée pour refroidir le combustible peut alors tourner en circuit fermé. L’installation reste toutefois partielle et fragile.
  • 13h, alors que le gouvernement japonais annonce un recours accru aux énergies renouvelables, le Global Wind Energy Council, syndicat des industriels de l’éolien, annonce qu’il est possible de passer rapidement des 2300 MW éoliens d’aujourd’hui à 50 000 MW, pour moitié sur terre et pour moitié en mer. Ceci remplacerait sensiblement la capacité des actuels réacteurs nucléaires. Il indique que le potentiel éolien du pays est de l’ordre de 1 900 000 MW… soit environ 40 fois plus !
  • 18h, la Commission de Sûreté nucléaire des Etats-Unis publie une première estimation des coûts à venir de l’accident de Fukushima : cela dépassera les 250 milliards de dollars dans les dix ans à venir. Par comparaison, la construction des 55 réacteurs japonais a coûté environ le même prix. Et cela continuera ensuite… comme pour Tchernobyl qui a déjà dépassé les 1000 milliards de dollars.
  • 22h, France3 Haute-Normandie annonce que l’enquête publique pour la construction d’un EPR à Penly, enquête qui devait démarrer le 1er juin 2011, est annulée suite à une décision à l’unanimité de la Commission locale d’information.
  • 23h, TEPCO annonce que des taux importants de strontium 89 et 90 ont été mesurés dans un rayon de 500 m autour des réacteurs : environ 100 fois les doses limites autorisées. On détecterait du strontium au moins jusqu’à 30 km du site. Le strontium se fixe dans les os et y déclenche des cancers.

30 mai

  • 9h, Tepco annonce qu’il lui faudra plus de neuf mois pour arrêter l’accident en cours. On veut bien le croire : à Tchernobyl, ce n’est toujours pas fini !
  • 9h, Les décisions suisses et allemandes provoquent une baisse des valeurs boursières liées au nucléaire.
  • 10h, Le gouvernement japonais, faute de trouver des volontaires pour aller travailler sur le site de Fukushima, décide de revoir à la hausse les limites d’exposition de ceux qui y sont déjà. Alors que la limite était de 50 mSv sur cinq ans avant l’accident, on est ensuite passé à 50 mSv sur un an… puis à 100 mSv sur un an puis aujourd’hui à 250 mSv. Soit déjà une multiplication par 25 ! Nul doute que les liquidateurs vont devenir plus résistants !
  • 11h, Le gouvernement allemand confirme la sortie du nucléaire d’ici 2022. Sur RTL, Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, déclare à propose de la sortie du nucléaire en Allemagne : "Moi j’y suis, pour la France, totalement défavorable. La situation de la France et de l’Allemagne vis-à-vis de l’indépendance énergétique n’est pas la même sur le nucléaire. 85 % de notre énergie est produite par le nucléaire (...) C’est aujourd’hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France". Evidemment, c’est un gros mensonge, le nucléaire c’est 85 % de l’électricité… et donc seulement 16 % de notre énergie !
  • 12h, Tepco annonce que deux salariés présentent une grave contamination au niveau de la thyroïde. L’agence Reuters les présente comme les premiers irradiés du site oubliant que quelques jours plus tôt, des examens sur 6000 intervenants avaient montré des contaminations sur les trois quarts d’entre eux !
  • 15h, Benoît Hamon, porte-parole du PS, interrogé lors du point-presse hebdomadaire, pense qu’il faut rendre la France moins dépendante du nucléaire, que la France doit rattraper son retard dans le domaine des énergies renouvelables et qu’à terme, il faudra débattre de la sortie du nucléaire. Pour lui ces questions doivent être débattues lors des élections présidentielles de 2012.
  • 16h, Alors que la droite ment une nouvelle fois en ironisant sur le fait qu’avec les renouvelables et l’arrêt du nucléaire, l’Allemagne va devoir nous acheter de l’électricité nucléaire, le Réseau Sortir du nucléaire rappelle que c’est la France qui importe chaque année du courant de l’Allemagne du fait de notre abus de consommation par le chauffage électrique en hiver : 6,7 TWh (soit 6,7 milliards de kWh) importés en 2010.
  • 17h, L’Agence fédérale allemande de l’environnement (équivalent de l’Ademe en France) rappelle que la sortie du nucléaire en 2022 est issue d’un compromis et qu’elle avait réalisé un plan de sortie… pour 2017 qui ne nécessitait aucune construction de centrale au charbon, aucune importation d’électricité, pas de hausse d’émission de gaz à effet de serre, une hausse de prix très modérée et de nombreux emplois.
  • 20h, Le gouvernement polonais annonce qu’il pourrait renoncer à construire sa première centrale nucléaire jusqu’alors prévue en 2020.
  • 20h30, Martine Aubry, en réunion publique aux Lilas (région parisienne) estime que "la méthode allemande pour sortir du nucléaire est à suivre". Il faut "foncer sur les énergies renouvelables, travailler avec les experts et les scientifiques pour voir dans combien de temps nous pouvons arriver à produire suffisamment pour notre propre indépendance et il faut continuer le travail sur le danger de certaines centrales, parce que j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on a laissé cela un peu sous le boisseau".

 

29 mai

  • 7h, Un sondage réalisé en Suisse indique que 80 % des sondés sont favorables à la sortie du nucléaire, et 64 % accepteraient une hausse du prix de l’électricité de 15 %. Le même sondage il y a deux mois, juste après l’accident de Fukushima donnait déjà 74 % pour la sortie. L’idée de la sortie est majoritaire dans toutes les tendances politiques, gauche, droite, écologiste.
  • 9h, Un Japonais résidant en France transmet au Réseau Sortir du nucléaire les affiches gagnantes d’un concours sur le développement durable organisé chaque année depuis 1994 par le ministère de l’éducation. Une affiche primée l’année dernière montre un train rapide avec comme slogan "L’énergie nucléaire nous mène à notre avenir". L’autre montre un globe terrestre qui a trop chaud avec comme slogan "Contre le réchauffement climatique, une énergie propre : le nucléaire".

 

28 mai

  • 0h, selon le quotidien Asahi, Areva propose le retraitement des eaux radioactives à 210 yens le litre (1,83 euro). Sachant qu’il faudra en traiter au moins 250 000 tonnes, TEPCO annonce un coût de 460 millions d’euros.
  • 1h, le Ministère de l’éducation japonais annonce que tout va être mis en œuvre dans les écoles pour éviter une exposition des enfants supérieure à 1mSv par an (au lieu de 20 accordé avant par dérogation). Cela ne résout toutefois pas la question de ce que prennent les enfants quand ils ne sont pas à l’école !
  • 1h, le gouvernement de la préfecture de Fukushima annonce la mise en place d’un Centre pour la réhabilitation de la faune et la flore. Celui-ci a pour but de suivre le niveau de contamination dans la région… pour les dix prochaines années. Rappelons que le césium-137 qui a largement contaminé cette région ne perd la moitié de sa radioactivité qu’en 30 ans.
  • 6h, les services météo japonais alertent sur l’arrivé d’un typhon qui doit toucher les Japon le lundi 30 mai 2011. Ils craignent que les fortes pluies et les vents violents provoquent de nouveaux désordres sur le site de Fukushima.
  • 11h, des associations écologistes et Greenpeace publient une carte des fonds marins le long du littoral japonais, ceci sur 300 km de part et d’autres de Fukushima. Ils alertent sur la nécessité de ne pas consommer des produits tirés de la mer sur cette zone… et sur le fait que cette zone va s’agrandir et la pollution se fixer pour de nombreuses années. Les autorités confirment cette pollution et répondent que la pêche est officiellement interdite sur un large rayon.
  • 15h, une enquête journalistique au Japon révèle que 22 des 23 capteurs de radioactivité installé autour de la centrale de Fukushima sont tombés en panne au moment du séisme. Certains ont été détruits, d’autres se sont retrouvés sans courant suite à la panne électrique générale. Ceci fait que l’on ne saura jamais clairement ce qui a été émis dans les premiers jours de l’accident.
  • 15h, 160 000 personnes au moins ont de nouveau manifesté en Allemagne pour une sortie rapide du nucléaire, dont 25 000 à Berlin et Munich, 20 000 à Hambourg, 10 000 à Fribourg…
  • 22h, TEPCO annonce une panne de refroidissement des piscines de combustible du réacteur n°5. Le réacteur lui-même est à l’arrêt. La réparation est annoncée quelques heures plus tard. En quelques heures, la température du combustible est monté de 68° à 87°C.

27 mai

  • 4h, TEPCO annonce qu’il cherche toujours à stopper une fuite sous le réacteur n°3. Au moins 75 tonnes d’eau très radioactive ont été récupérées dans un fossé creusé en protection. TEPCO assure contrôler que l’eau ne puisse pas atteindre la nappe phréatique.
  • 8h, incendie dans le sous-sol de le réacteur n°1 à Fukushima. Officiellement vite arrêté et sans conséquence.
  • 8h, les organisations agricoles estiment que les pertes pour la période du 21 mars au 8 avril 2011, dans les cinq préfectures où des productions ont été détruites se montent à 10 milliards de yens (87 millions d’euros).
  • 8h, Nathalie Kosciusko-Morizet lance un concours en faveur de l’efficacité énergétique. Le texte de présentation du Ministère indique qu’il s’agit de faire face à la montée du prix du pétrole qui a augmenté de 13,7 % en un an. Il ne s’agit évidemment pas de critiquer le nucléaire.
  • 9h30, nouvelle manifestation à Tokyo : "Protégeons les enfants de Fukushima contre la radioactivité", "plus jamais ça !".
  • 10h, aux Etats-Unis, General electric annonce le lancement industriel de nouvelles photopiles ayant un rendement de 12,8 % pour un prix assez faible. La firme estime que la baisse du coût des photopiles est si rapide que d’ici seulement 2 ou 3 ans, le solaire photoélectrique devrait pouvoir concurrencer les autres modes de production d’électricité.
  • l’European photovoltaic Industry association fait le même pronostic : d’ici 2020, les photopiles seront concurrentielles vis-à-vis de toutes les autres formes de production électrique.
  • 11h, au Japon, des entreprises interviennent dans 26 cours d’écoles de la préfecture de Fukushima pour gratter 5 cm de sol contaminé et le remplacer par 5 cm de terre non contaminée. Le gouvernement annonce la distribution d’un compteur à chacun des 1200 établissements scolaires présents en zone contaminée. Les établissements sont appelés à publier eux-mêmes les résultats des mesures.
  • 15h, deux fonds d’investissement suisses annoncent avoir racheter l’un 8 fermes éoliennes allemandes (88 machines), l’autre deux fermes éoliennes italiennes (62 MW). Le capitalisme sait où placer son argent !
  • 18h, en Allemagne, les ministres régionaux de l’environnement ont fait une demande à l’Etat pour que les sept réacteurs les plus vieux, à l’arrêt, le soient définitivement.
  • 18h, les députés socialistes de Genève demandent au canton d’agir pour empêcher la construction d’un centre de déchets radioactifs prévus à Bugey, à moins de 120 km de la frontière.
  • 20h, Thomas O’Malley, PDG d’Energy Group, l’un des principaux opérateurs du nucléaire aux Etats-Unis, annonce que pour lui le "nucléaire est grillé" car cette énergie "est devenue trop chère". Il annonce que son groupe renonce à tout nouveau projet de réacteur nucléaire et va maintenant développer des centrales au gaz.
  • 20h, dans la Tribune  à paraître le 28 mai, François Levêque, économiste spécialisé, estime qu’actuellement le cap des 100 milliards de dollars est déjà dépassé pour la gestion de l’accident de Fukushima. Pour rappel, après 25 ans, à Tchernobyl, on en est à 1000 milliards de dollars.

 

26 mai

  • 5h, Greenpace publie les résultats des mesures effectués par son navire Rainbow warrior sur des algues, poissons et crustacés prélevées en dehors des eaux territoriales (donc à plus de 22 km de côtes) : les taux de radioactivité y sont 50 fois plus important que les limites autorisées. Ils appellent à des contrôles sérieux sur les produits de la mer destinés à l’alimentation.
  • 6h, le gouvernement japonais présente de nouvelles cartes : il y a maintenant les territoires "d’alerte" (zone interdite), "d’évacuation planifiée" (où l’évacuation des personnes est en cours) et "d’évacuation d’urgence" (les prochaines zones à évacuer d’urgence). La première correspond au 20 km autour de la centrale avec une extension vers le nord-est jusqu’à 40 km. La deuxième correspond sensiblement à la zone des 30 km avec toujours une extension nord-est qui dépasse les 40 km ; la dernière zone va jusqu’à 80 km vers le nord-est. Cette dernière s’agrandira sans doute au fur et à mesure que l’on arrivera à évacuer les gens.
  • 15h30, selon le site Boursorama, les fonds d’investissement sont particulièrement intéressés par les placements dans les énergies renouvelables en Asie du Sud-Est : le Japon a annoncé l’arrêt de son programme nucléaire, la Chine la remise à plat du sien, la Corée également, ce qui laisse prévisible de forts investissements dans les renouvelables.
  • 16h30, activation d’une cellule de crise en France : la sécheresse entraîne déjà une baisse de 25 % de la production hydroélectrique et pourrait provoquer l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires pendant l’été : 44 sur 58 sont refroidis par de l’eau douce, seuls 14 sont en bord de mer.
  • 17h30, la commission énergie du parlement européen propose que l’Europe puisse exporter ses déchets nucléaires. Pays du Sud, bientôt une nouvelle forme d’aide au développement ?
  • 17h30, en Suisse, malgré la décision de sortie du nucléaire… en 2034, les antinucléaires qui campent devant le siège de FMB à Berne, opérateur de la centrale de Mühleberg, décident de maintenir le camp et demande toujours l’arrêt du réacteur maintenant.
  • 19h, le site Rue89 annonce que la mairie de Saint-Michel-sur-Orge interdit à une troupe de théâtre de jouer deux pièces prévues dans le cadre du festival local Dedans-Dehors, programmées les 3 et 4 juin. Motif officiel : domaine trop sensible. Les deux pièces parlent du danger du nucléaire.

 

25 mai

  • 8h, dans un entretien accordé au Financial Times, Naoto Kan, premier ministre japonais, estime qu’il n’y aura plus jamais de construction de réacteurs nucléaires au Japon.
  • 9h, 160 ingénieurs du nucléaire à la retraite annonce leur volonté d’aller renforcer les équipes sur place. Ils estiment que les "vétérans" ont deux avantages : ils ont construit les réacteurs et les connaissent bien ; ils ne craignent plus de mourir prématurément des radiations. Des députés ont proposé de faire passer une loi pour autoriser ce recours aux plus anciens.
  • 9h, La Japan Atomic Energy Commission publie des mesures de radioactivité et indique qu’environ 600 km2 autour de la centrale présente un taux de radioactivité comparable à la zone interdite de Tchernobyl. Cette zone est probablement définitivement perdue. Une deuxième zone de 700 km2 nécessite le maintien de l’évacuation des populations, mais il serait peut-être possible de la décontaminer…
  • 14h, c’est à Paris que General Electric présente une nouvelle centrale thermique au gaz qui sera fabriquée à Belfort. Celle-ci d’une puissance de 510 MW (un demi-réacteur nucléaire) aura l’avantage d’avoir un bon rendement et une excellente flexibilité : elle a été particulièrement conçue dans l’optique de compléter des offres éoliennes variables : elle peut varier de puissance à raison de 50 MW par minute, ce qui est deux fois plus rapide que les centrales existantes.
  • 15h30, le conseil fédéral Suisse annonce la sortie du nucléaire. Le plan de sortie prévoit la fin de l’exploitation des réacteurs existants d’ici 2034 et un recours provisoire accru au gaz. La Suisse espère que d’ici 2034, elle aura une énergie 100 % renouvelables. Les opposants au nucléaire ne sont guère satisfaits : alors que les réacteurs étaient prévus pour durer 30 ans et que le débat portait sur leur prolongation à 40 ans, cette décision entérine le fait qu’ils pourraient fonctionner 50 ans !
  • 19H, l’OCDE annonce que les conséquences de l’accident de Fukushima pourraient être "plus sérieuses qu’annoncé".

 

24 mai

  • 12h, une équipe de la CRII-Rad emmenée par Bruno Charayron s’installe à Tokyo pour mener une campagne de mesures indépendantes dans la région. Un premier rapport sera rendu public le 30 mai à Fukushima (la ville) et à Tokyo (le 2 juin).
  • 14h, un millier de lycéens et étudiants ont manifesté à Berne (Suisse) pour la fermeture des centrales nucléaires. La manifestation non annoncée et non autorisée s’est terminée devant le siège de FMB, exploitant de la centrale de Mühleberg. La manifestation avait été lancée par les réseaux sociaux sur internet.
  • 19h, le gouvernement français demande aux gestionnaires des barrages de Naussac (Lozère) et de Villerest (Loire) de stocker le maximum d’eau pour pouvoir soutenir le débit de la Loire cet été, celui-ci risquant d’être trop faible pour pouvoir refroidir les quatre centrales en aval : Belleville-sur-Loire (Cher), Dampierre (Loiret), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire).
  • 19h, dans une interview mise en ligne sur le site internet de Terre.tv, Jeremy Rufkin, futurologue et conseiller d’un groupe de 120 grandes entreprises dans le monde estime que "le nucléaire est mort". Cette technologie "est complètement dépassée, d’un autre siècle". Elle coûte trop cher, produits des déchets dont on ne sait que faire, est trop dangereuse, l’uranium va manquer et consomme trop d’eau. 
  • 13h,l’édition du Monde  titre sur les ambitions nucléaires d’EDF au niveau mondial. Mais quand on lit les déclarations d’Henri Proglio, on s’aperçoit que ce n’est pas ce que dit le PDG d’EDF. Celui-ci dit qu’en 2020, EDF veut atteindre 200 GW avec 50 % de nucléaire, 25 % de thermique et 25 % de renouvelables dont l’hydraulique… contre 150 GW aujourd’hui avec 75,4 % de nucléaire. Calcul : aujourd’hui 75,4 % de 150 = 113 GW. En 2020, 50 % de 200 GW = 100 GW. Il prévoit donc bien une baisse du nucléaire ! Une baisse de 13 %.
  • 16h, selon TEPCO, les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 ont complètement fondu selon les dernières études réalisées. Ces fusions ont eu lieu entre 60 et 100 h après le tremblement de terre. Pas vraiment une surprise.
  • 19h30, le parlement italien vote officiellement l’annulation du référendum sur le nucléaire qui devait se tenir le 12 juin 2011. Référendum visant à annuler celui de 1988 qui avait interdit le nucléaire dans le pays.
  • 20h30, l’Union européenne annonce un accord sur les tests à faire sur les réacteurs nucléaires. Les négociateurs ont annoncé que le terrorisme et le sabotage ne seraient pas pris en compte.

23 mai

  • 4h, la chaîne de télévision NHK indique qu’environ la moitié des personnes qui doivent déménager avant la fin mai ne l’ont pas encore fait. Il s’agit des communes d’Iitate et Kawamata. Cela représente environ 4000 personnes.
  • 5h, TEPCO annonce le démarrage de travaux sur le réacteur n°4. Dans celui-ci plusieurs incendies ont eu lieu dans les piscines de stockage du combustible et ont fragilisé la structure. Les travaux visent à consolider les piscines pour pouvoir y maintenir le combustible sous l’eau.
  • 10h, TEPCO annonce que les pompages d’eau dans les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3 est stoppé : il n’y a plus de lieu de stockage disponible pour l’eau radioactive, malgré la venue récente d’une barge géante qui a été remplie en deux jours. Il y aurait plus de 80 000 tonnes d’eau dans les sous-sols des réacteurs et comme il faut continuer à arroser les réacteurs… eh bien TEPCO ne communique pas sur ce qui se passe : probablement l’eau va aller à la mer.
  • 10h, le gouvernement annonce que neuf entreprises de la ville d’Iitate, en cours d’évacuation, vont être autorisées à poursuivre leurs activités : les 60 salariés concernés devront habiter en dehors de la zone de contamination et se rendre au travail équipé d’un dosimètre. Chaque entreprise devra construire un local pour permettre aux salariés de se laver et de changer de vêtements à l’arrivée et au départ de leur travail. Et c’est ainsi que l’on s’adapte à la catastrophe. Qui paiera ensuite les cancers ? L’entreprise ou le gouvernement ?
  • 13h, au Japon, des associations de parents d’élèves de la préfecture de Fukushima remettent aux autorités une pétition signée par 15 000 personnes demandant le rétablissement des normes d’avant l’accident au moins en ce qu concerne les enfants (soir revenir à 1 mSv d’exposition par an au lieu de 20).
  • 16h, publication d’un nouveau rapport de l’IRSN, Institut de radioprotection et de Sûreté nucléaire. Dans celui-ci sont repris des mesures données par le Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, de science et technologie (MEXT) du Japon. Selon ce dernier, il y a une dizaine de jours, les taux de césium-137 atteignent par endroit des taux équivalent à ceux mesurés autour de Tchernobyl… et ceci bien au-delà de la zone évacuée des 20 km. Le rapport insiste sur le rapport qu’il y a entre la vitesse d’évacuation des populations et les conséquences ensuite sur la santé. Selon ce rapport, au moins 7000 personnes devraient être évacuées immédiatement (celle de la commune d’Iitate et Kawamata, en cours), puis encore 70 000 autres personnes un peu moins exposées (limite d’exposition à 20 mSv par an), puis les autres (si l’on veut redescendre à 2 mSv par an, il faut au nord-est aller jusqu’à 80 km du site)… Il faut aussi tenir compte que l’augmentation de la pollution se poursuit. A noter que sur les cartes présentées par le MEXT, la zone de forte pollution est dirigée vers le nord-est, mais qu’il existe une contamination plus faible qui descend largement vers le sud-est, jusqu’aux portes de Tokyo.

 

22 mai

  • 5h, l’AIEA annonce l’envoi d’un inspection sur le site de Fukushima du 24 mai au 2 juin.
  • 10h, manifestation antinucléaire devant la centrale de Beznau (canton d’Argovie). Environ 20 000 personnes (le double de ce qui était attendu) ont manifesté sous le soleil, battant le record de la plus grosse manifestation en Suisse (18 000 personnes en 1986 après l’accident de Tchernobyl). Pour les médias suisses, cela marque la fin du nucléaire dans le pays.
  • 12h, François Fillon charge officiellement la Cour des Comptes de réaliser un nouveau chiffrage des coûts de la filière nucléaire. Ce rapport doit être rendu avant le 31 janvier 2012. En 2005, la cour des Comptes avait déjà fait un tel travail pour le gouvernement Jospin.
  • 20h, le quotidien allemand Handelsblatt annonce que Siemens, leader du nucléaire pendant des années en Allemagne, arrêterait définitivement ses activités dans ce secteur. Siemens qui a développé son savoir dans le domaine des turbines à gaz, des éoliennes et du solaire, estime que le nucléaire nuit à son image commerciale.

 

21 mai

  • 6h, TEPCO annonce qu’une fuite sous le réacteur n°3 a libéré l’équivalent de 20 terabecquerels d’eau radioactive dans la mer. Cela représente 100 fois ce qui est autorisé annuellement. Rappelons que le réacteur n°3 est le plus dangereux car contenant un combustible MOX, donc avec du plutonium.
  • 15h, le gouvernement japonais annonce qu’au 16 mai 2011, au moins 4 956 ouvriers (dont 4 766 salariés de TEPCO) intervenus sur le site de Fukushima depuis l’accident, souffrent maintenant d’irradiation interne (ils ont avalé ou respiré des particules radioactives), preuve qu’ils ne travaillent pas avec des protections suffisantes. 1 193 ont en ingéré à des doses importantes. Suite à ces révélations, de nombreux élus de la préfecture de Fukushima demandent que des analyses médicales soient faites sur toutes les personnes qui sont encore à proximité de la centrale.
  • 19h, Réunis à Paris pour les Etats généraux du nucléaire, Michèle Rivasi, Cécile Duflot, Nicolas Hulot et Eva Joly ont réaffirmé que la sortir du nucléaire serait un des axes forts de la campagne d’Europe-Ecologie-Les Verts et un point incontournable dans les accords négociés avec le parti socialiste.

 

20 mai

  • 10h, la préfecture de Fukushima a transmis aux écoles l’interdiction des cours de natation dans les cours d’eau du département. Ceci pour tout l’été.
  • 11h, le directeur général de TEPCO, Masataka Shimizu, a démissionné de son poste. Le président du groupe Tsunehisa Katsumata, a annoncé qu’il quitterait son poste quand "la crise serait terminée". Avec la pollution des sols au plutonium, il n’est donc pas près de prendre sa retraite ! TEPCO a annoncé une perte de 10,7 milliards pour son exercice comptable qui s’arrête au 31 mars 2011.
  • 11h, le gouvernement japonais espère pouvoir évacuer encore 80 000 personnes d’ici la fin du mois, ceci dans une zone nord-est qui va jusqu’à 80 km du site nucléaire. On en serait alors à plus de 160 000 personnes déplacées. Bien peu par rapport à ce qui serait nécessaire.
  • 11h, le premier ministre japonais reconnaît que les informations qu’il a transmise dans les premiers jours après l’accident étaient fausses, selon lui par la faute de TEPCO qui n’a pas donné des informations exactes. Officiellement, les personnes qui habitent entre 20 et 30 km de la centrale sont toujours invitées à rester enfermées chez elles… Pendant encore une trentaine d’années ?
  • 14h, le gouvernement allemand annonce la mise en révision de la centrale d’Emsland pour une durée d’au moins dix jours. Il ne reste que 4 réacteurs en fonctionnement sur 17.
  • 14h, l’ACRO, association de contrôle de la radioactivité, domiciliée en Normandie, a mis en place avec des associations japonaises, un réseau de mesures de la radioactivité. Dans un rapport publié ce jour, elle annonce qu’elle a détecté des niveaux significatifs de Césium 137 jusqu’à 270 km de la centrale. Si on prenait les mêmes normes que pour Tchernobyl, la préfecture de Fukushima (2 millions d’habitants) devrait être totalement évacuée, tout comme la préfecture de Miyagi (capitale Sendai, 2,3 millions d’habitants), plus au nord.`
  • 18h, la société de sécurité informatique NSS publie un rapport aux Etats-Unis montrant que de nombreuses failles existent concernant les risques d’attaques terroristes par informatique. La société a notamment mis en cause des programmes de Siemens, annonçant qu’il était possible pour certains de les reprogrammer depuis l’extérieur d’un site. NSS a communiqué aux exploitants les résultats de son étude… qui concerne tous les réacteurs au niveau mondial.
  • 19h, le gouvernement français (!) annonce que le premier EPR construit en Chine pourrait commencer à fonctionner en octobre 2013. Selon Pierre Lellouche, secrétaire d’État au Commerce extérieur, le chantier ne rencontrerait pas de difficulté contrairement à ce qui se passe à Flamanville (France) et Olkiluoto (Finlande). Ces deux derniers, commencé en 2007 et 2005, pourraient ne pas encore fonctionner à cette date !
  • 20h, en visite sur le site de Flamanville, le député pro-nucléaire Christian Bataille reconnaît que les coûts de la sûreté nucléaire sont sous-estimés et qu’il va sans doute falloir revoir à la hausse le coût de l’EPR actuellement en construction. Celui-ci estimé en 2005 à 3 milliards est déjà aujourd’hui estimé à plus de 5 milliards. Marie-Christine Blandin, sénatrice verte, également présente, a elle dénoncé la fragilité des toits des piscines de stockage du combustible : ceux-ci sont pour le moment en tôle ondulée !

 

19 mai

  • 12h, le gouvernement japonais annonce que le Produit intérieur brut (PIB) a baissé de 0,9 % au premier trimestre 2011. Une récession que partiellement provoquée par le tremblement de terre et ses suites, celui-ci ayant eu lieu en fin de trimestre. Le gouvernement s’attend à une récession plus importante pour le deuxième trimestre.
  • 12h, Quatre maires de communes allemandes de la région de Sarre, proches de la centrale de Cattenom, ont remis au consul de France à Sarrebourg, une pétition réunissant 70 000 signatures et demandant la fermeture de la centrale.
  • 12h, deux employés de TEPCO ont pénétré dans le réacteur n°3 pour y faire des mesures. Ils n’ont pu rester que 10 minutes dans le réacteur, lequel a la caractéristique d’être le plus pollué par le plutonium du fait du combustible MOX utilisé.
  • 14h, la centrale de Civaux, près de Poitiers, manque d’eau : du fait de la sécheresse, le débit de la Vienne n’est plus que de 14,5 m3 à la seconde. Si le débit descend à 13 m3/seconde, il faudra arrêter le réacteur. Celui-ci a encore besoin de 15 jours d’eau pour se refroidir et dispose pour cela de la réserve du lac de Vassivière… mais celui-ci compte actuellement 20 % d’eau en moins que d’habitude.
  • 17h30, l’Autorité de sûreté nucléaire publie un rapport sur les incidents à l’usine Areva de la Hague (Manche). L’ANC déclare qu’Areva minimise ces incidents et que les déclarations ne sont pas satisfaisantes. Trois fois en 2010, des incidents ont été annoncés au niveau 0 par Areva alors qu’ensuite l’ASN les a classés au niveau 1. Le nombre d’incidents déclarés est passé de 25 en 2009 à 58 en 2010.
  • 20h, les élus écologistes ont voté contre la subvention à un meeting international d’athlétisme, protestant contre le sponsoring d’Areva pour cette rencontre sportive.
  • 6h, TEPCO annonce qu’il y a deux mètres d’eau contaminée dans la salle des machines du réacteur n°6. D’où vient-elle ? Mystère ! Les réacteurs 5 et 6 étant à l’écart des quatre autres, l’eau ne peut pas venir des arrosages de ces derniers.
  • 7h, TEPCO annonce son inquiétude pour la gestion de l’eau contaminée. En vingt jours, seules 1700 tonnes ont pu être pompées et évacuées, beaucoup moins que ce qui est projeté sur les réacteurs. L’eau s’accumule pour le moment dans les sous-sols (probablement fissurés).
  • 8h, le ministère de la santé demande à TEPCO de mieux contrôler les doses de radioactivité auxquelles sont exposés les travailleurs sur le site nucléaire. En effet, TEPCO n’a pu fournir que très peu de données faute de matériel de contrôle. De même, TEPCO a renoncé à installer des appareils de mesure à l’intérieur des réacteurs, car faire des relevés semblent difficile du fait des hauts taux de radioactivité. Un test réalisé sur un salarié indique qu’il a été exposé à des doses plus de 30 fois supérieures à ce qui est autorisé. Actuellement, 6 300 personnes se relaient sur le site.
  • 12h, Le Monde (daté du 20 mai) raconte que Sarkozy a très mal vécu l’arrêt de la centrale de Hamaoka. Cela compromet le message qu’il voulait faire passer lors du G8 sur la nécessité de poursuivre le nucléaire. Le journaliste raconte que le voyage de Sarkozy au Japon le 31 mars 2011 avait surtout pour but de demander aux Japonais d’essayer de minimiser les conséquences de l’accident.

 

18 mai

  • 8h, publication d’une carte officielle estimant les zones contaminées en Césium134 et 137. Cette carte montre que dans la direction nord-ouest, la zone dangereuse marquée en rouge va jusqu’à 80 km du site. Mais les spécialistes notent que ce trait rouge correspond à un seuil d’exposition 13 Curies par an et par km2, alors que Tchernobyl, les autorités russes avait adopté une limite de 1 Curie, soit 13 fois moins. Ils notent également, qu’ici ne sont pas mesurées les autres sources de radioactivité, hors l’on sait que lors de l’explosion du réacteur n°3, du plutonium et de l’uranium ont été projeté très haut puisque des retombées ont eu lieu jusqu’aux Etats-Unis. Cette carte, bien qu’inférieure donc à la réalité, indique clairement que dans la direction nord-ouest, il faudrait déjà avoir évacué à 80 km. On en est loin.
  • 8h, la compagnie Chubu Electric annonce que lors de l’arrêt du réacteur n°5 d’Hamaoka, une fuite radioactive d’arsenic-76 a été détectée.
  • 9h, des scientifiques japonais estiment que les réacteurs de Fukushima se sont enfoncés de 30 cm et se sont déplacés de 2,20 m lors du tremblement de terre.
  • 12h, première excursion d’humains à l’intérieur du réacteur n°2. Les employés de TEPCO n’ont pu rester que 14 min à l’intérieur, suffisamment de temps pour se rendre compte que les dégâts sont plus importants que ce qui avait été estimé jusqu’alors.
  • 13h30, conférence de presse du premier ministre japonais Naoto Kan. Il annonce que le Japon ne renonce pas à l’énergie nucléaire, mais que les réacteurs arrêtés actuellement ne redémarreront que lorsqu’ils seront sûrs. Chacun donnera le sens qu’il veut à ce mot ! Il est probable que les industriels et les banques seront plus vite rassurés que les populations ! Seuls 15 réacteurs sur 53 fonctionnent actuellement.
  • 14h, le ministère de l’agriculture japonais annonce que 20 000 éleveurs, de sept préfectures (l’équivalent de nos départements) ne doivent plus faire sortir leur bêtes dans les pâturages, ceux-ci ayant des taux de contamination trop important. Cela représente 700 000 vaches qui devront être nourries avec du fourrage importé d’autres régions.
  • 16h, des experts suisse en hydrauliques, estiment que l’on pourrait rehausser une douzaine de barrages dans le pays pour un gain de 10 à 15 % de la production hydroélectrique. Cette hausse est programmée pour 2030. Selon les experts, cela serait plus efficace que de multiplier les petites installations.
  • 16h, le gouvernement britannique annonce vouloir continuer à construire de nouveaux réacteurs nucléaires. Evidemment, le peuple n’a pas son mot à dire dans une démocratie.

 

17 mai

  • 8h, TEPCO présente une reconstitution de l’accident faite à partir de l’analyses des mesures effectuées depuis le début. Il en ressort que depuis le début, TEPCO savait qu’une fusion des cœurs 1, 2 et 3 étaient en cours. La situation est plus confuse sur le réacteur n°4 : les incendies ont pu être provoqués par le stockage des barres de combustibles… ou par les explosions du réacteur n°3. TEPCO savait depuis le début que le cœur du réacteur n°1 était en fusion : tout était déjà joué 5h après le passage du tsunami (ceci explique sans doute pourquoi à l’époque les ingénieurs d’Areva ont quitté si vite le Japon !).
  • 8h, TEPCO indique des variations importantes de température dans le réacteur n°3 et annonce augmenter les déversements d’eau. TEPCO semble craindre une reprise de la criticité. L’idée de noyer le réacteur ne semble pas être un bon scénario. Les réactions nucléaires en cours pourraient encore durer des semaines… et les émissions radioactives tout autant.
  • 8h, TEPCO annonce l’injection d’hydrazine dans la piscine du réacteur n°2, sans doute pour ralentir la corrosion.
  • 9h, Les Verts suisse lancent une campagne de signatures pour obtenir un référendum sur la sortie du nucléaire. Ils ont légalement 18 mois pour collecter 100 000 signatures. Ils espèrent aller beaucoup plus vite que cela.
  • 10h, l’Europe n’arrive pas à se mettre d’accord pour valider les futurs tests sur les réacteurs nucléaires : le commissaire allemand à l’énergie, Günther Oettinger, soutenu par l’Allemagne et l’Autriche, demande toujours que soient intégrés les risques terroristes (crash aériens, cyberattaques…)
  • 10h30, Paul Magnette, ministre socialiste de l’énergie en Belgique, propose que la responsabilité des exploitants de centrales nucléaires ne soit plus plafonnée comme c’est actuellement le cas à 300 millions d’euros.
  • 14h, le ministre de l’environnement allemand reconnaît, sans même à avoir faire de tests, que les 7 réacteurs les plus anciens du pays ne résisterait même pas à la chute d’un avion léger. Il pense qu’aucun réacteur ne pourrait résister à la chute, accidentelle ou non, d’un avion de la taille d’un Airbus A380.
  • 16h, les grandes banques japonaises sont inquiètes : TEPCO avait déjà une dette de 700 milliards de Yens (6 milliards d’euros) avant l’accident. Celui-ci pourrait coûter plus de 4000 milliards de Yens supplémentaires (35 milliards d’euros). En s’effondrant, le titre de TEPCO leur a déjà fait perdre beaucoup d’argent… et le gouvernement leur demande d’effacer une partie de la dette.

 

16 mai

  • 7h, des journaux coréens publient des données sur la contamination à Tokyo. Les données sont celles du 10 au 20 avril : les mesures faites dans les districts de Koto et Chiyoda indiquent des taux de contaminations en césium-137 (période de trente ans) compris entre 2 000 et 3 200 bq/kg.
  • 16h, l’arrêt du réacteur n°5 de la centrale d’Hamaoka a réservé une surprise : la découverte de 400 tonnes d’eau de mer dans une partie du réacteur. L’eau, qui n’avait pas été détectée, provenait sans doute du tsunami du 12 mars 2011.
  • 22h, le gouvernement japonais annonce que le délai pour évacuer la zone des 30 km est reporté d’un mois : de fin mai à fin juin, la complexité de la tâche étant énorme.

 

15 mai

  • 16h, NHK, chaîne de télévision japonaise, annonce que c’est le tremblement de terre et non le tsunami qui a provoqué la perte de contrôle des réacteurs de Fukushima : quand le tsunami est arrivé sur le site, les réacteurs étaient déjà hors de contrôle et le taux de radioactivité avait déjà énormément augmenté.
  • 16h, selon les médias japonais, au moins 7800 personnes ont déménagé pendant le week-end de zones situées au nord de la zone des 30 km (pour rappel : jusqu’à 20 km, zone interdite ; entre 20 et 30 km : obligation de déménager avant fin mai). La plupart se retrouvent dans des camps de logement provisoires, faute de trouver à se loger ailleurs… et aussi parce que le gouvernement leur laisse espérer un retour possible. Plus de 100 000 personnes vivent déjà dans des camps.

 

14 mai

  • 8h, un ouvrier est décédé sur le site de Fukushima après un malaise. Il était âgé de 60 ans. Selon TEPCO ceci ne serait pas en lien avec la radioactivité reçue ! C’est bien connue que le nucléaire ne tue pas ! C’est au moins le 3e mort parmi les "liquidateurs" auxquels il faut ajouter au moins 2 morts au moment de l’accident.
  • 11h, polémique sur les doses reçues par les enfants dans la région de Fukushima : alors que le ministre de l’éducation estime que les enfants maintenus dans les villes environnantes ne recevront pas plus de 10 millisieverts par an, soit la moitié de la nouvelle norme autorisée, des scientifiques rappellent que la dose actuelle mesurée dans certaines cours d’école posera sans doute des problèmes de santé d’ici quelques années. De nombreuses associations demandent le retour des anciennes normes et que le maximum soit fait pour protéger les enfants des radiations.
  • 11h, autre polémique : que faire des eaux contaminées ? Le plus simple semble être de les faire évaporer, la radioactivité restant piégée dans les boues. Mais que faire de ces boues hautement radioactives ? Elles devraient être stockées sur place dans un premier temps… mais pas trop prêt de la mer pour éviter des fuites et un risque de nouveau tsunami. A plus long terme, le gouvernement a annoncé qu’elles pourraient être recyclées en étant diluées dans du ciment ou dans d’autres matériaux… ce qui a provoqué une protestation d’association sur le risque de dispersion. La question se pose aussi pour les produits alimentaires contaminés : ils sont actuellement incinérés… en oubliant que cela ne change rien à la quantité de radioactivité : soit celle-ci reste bloquée dans les filtres de l’incinérateur, soit elle s’échappe dans l’atmosphère provoquant une nouvelle pollution. L’espèce humaine sait créer de la radioactivité, mais ne sait pas la détruire !
  • 12h, EDF annonce que sa production hydroélectrique a déjà baissé de 20 %, conséquence de la sécheresse qui touche une bonne partie de l’Europe. Les barrages sont déjà au niveau où ils devraient être en août. Cela pose aussi un problème pour le refroidissement des réacteurs : certains cours d’eau comme la Vienne ont un débit déjà faible, tout comme le Rhin.
  • 12h, TEPCO annonce que probablement les cuves des réacteurs n°2 et n°3 sont également percées. De pire en pire !
  • 13h, une entreprise de collecte du riz a réalisé ses propres mesures sur les rizières de la région pour savoir où elle continuait à se fournir. Résultat : les normes fixées par le gouvernement (qui ont été multipliées par 10 rappelons le : 5 000 bq par kilo au lieu de 500) sont dépassées dans certaines rizières à plus de 50 km de la centrale. L’entreprise affirme avoir mesuré de nombreux radionucléides… dont du plutonium !
  • 14h, Europe Ecologie Les Verts annonce que dans ces conditions d’accord avec le PS, il y a deux principes incontournable : se mettre d’accord sur un scénario de sortie du nucléaire et mettre la proportionnelle pour les élections législatives.
  • 14h, inquiétude après la découverte de boues de stations d’épuration de la banlieue de Tokyo présentant des taux de radioactivité énormes. La radioactivité pourrait provenir du nettoyage d"éléments d’incinérateurs, ceux-ci ayant été utilisés pour brûler des objets contaminés.

 

13 mai

  • 6h, avec seulement une quinzaine de réacteurs en fonctionnement pour cet été, le gouvernement annonce que, malgré l’utilisation maximale des centrales thermiques, le pays va devoir limiter au maximum la climatisation, première cause de la hausse de consommation à cette saison.
  • 8h, TEPCO annonce le lancement d’un chantier pour construire un premier sarcophage autour du réacteur n°1. Celui-ci aura pour but de confiner la radioactivité gazeuse sur place, mais cela pose un problème pour les opérateurs qui de fait devront travailler dans une atmosphère plus radioactive.
  • 10h, publication d’un appel de José Bové, Eva Joly, Nicolas Hulot et Daniel Cohn-Bendit pour demander un référendum : Les Français sont-ils d’accord pour prendre en connaissance de cause, le risque d’une catastrophe nucléaire sur leur territoire ?
  • 19h, Libération publie sur son site la liste des bêtes qui vont être abattues dans la zone interdite : 3 400 vaches, 31 500 porcs, 630 000 poulets… soit déjà 665 000 morts !
  • 19h, de nouvelles mesures faites sur des feuilles de thé indiquent de nombreux foyers de contamination autour de Tokyo. D’autres analyses réalisées sur l’herbe dans les prés confirment cette contamination.
  • 19h, la commission européenne s’inquiète de certains manquent dans les déclarations recueillis auprès des opérateurs des 143 réacteurs en fonctionnement en Europe. Elle note par exemple que pour 25 réacteurs français la question d’un crash aérien malveillant n’est même pas évoquée.

12 mai

  • 6h30 : des feuilles de thé sont retirées de la vente. Elles contiennent trop de césium. Le problème est qu’elles ont été cueillies dans la préfecture de Kanagawa, au sud-ouest de Tokyo. Fukushima étant au nord-est, ceci prouve à l’évidence que la capitale est lourdement contaminée par le césium !
  • 10h, TEPCO annonce que la fuite en mer à partir du réacteur n°3 est stoppée.
  • 11h, TEPCO annonce que la cuve en inox du réacteur n°1 est percée. TEPCO estime que ce sont des soudures où passent les tuyauteries qui auraient cédé. Le niveau d’eau a baissé de 4 m montrant qu’il y a d’importantes fuites : il faut ajouter 7 tonnes d’eau par heure et cela ne suffit pas. Cela laisse les barres de combustibles hors d’eau. Celles-ci n’ont plus leur forme originale, preuve que le cœur est en train de fondre. La matière fissile s’est concentrée dans le fond de la cuve qui est en train de fondre. L’eau qui sort du réacteur est très radioactive : 18 000 fois supérieure aux limites pour le césium, et cela va vite poser des problèmes de stockage. Le risque est que la cuve s’ouvre maintenant complètement, ce qui ferait que la réaction nucléaire se passerait ensuite à l’air libre.C’est l’un des pires scénarios ! TEPCO indique qu’il va sans doute devoir revoir ses interventions sur le site.
  •  14h, l’Orchestre national de Lyon devait faire une tournée au Japon, dans la région de Tokyo, du 5 au 14 juin. La direction annonce l’annulation des concerts, un nombre important de musiciens refusant de faire le voyage.

 

11 mai

  • 6h, L’empereur du Japon se rend dans un camp de réfugiés dans la préfecture de Fukushima, deux mois après le début de l’accident.
  • 9h, Tepco annonce une prévision de perte de 9 milliards pour 2011. Ce n’est que le début de l’effondrement financier !
  • 10h, le gouvernement japonais annonce une campagne d’abattage pour les animaux d’élevage qui sont restés dans la zone interdite et qui déambulent librement dans les champs. Plus de 10 000 vaches seront abattues.
  • 14h, Inquiétude sur le site : le niveau de radioactivité est remonté autour du réacteur n°1, signalant une probable nouvelle fuite. De l’eau radioactive s’est également déversée en mer, preuve d’une fuite au niveau du réacteur n°3.
  • 14h, Les Philippines ont construit un seul réacteur nucléaire. Celui-ci a été achevé en 1984. Il aurait dû produire 620 MW. Mais après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos, la nouvelle présidente Corazon Aquino a refusé de donner le feu vert à sa mise en route, doutant de sa sécurité. Le réacteur est resté ainsi en inactivité depuis. Après l’accident de Fukushima, les autorités ont décidé de l’ouvrir au tourisme pour que les nombreux voyageurs puissent découvrir un réacteur de l’intérieur. Des explications sont données pour expliquer ce qui se passe à Fukushima.
  • 16h, action de Greenpeace devant le siège de la BNP pour dénoncer les investissements de cette banque dans le nucléaire. Avec au moins 13 milliards prêtés entre 2000 et 2009, c’est le premier financeur au monde de ce secteur. Greenpeace dénonce les prêts accordés pour la construction d’EPR en Inde, alors que le site de Jaïtapur est sur une faille séismique et en bord de mer.
  • 19h, le chantier de l’EPR à Flamanville prend du retard pour de nombreuses raisons : difficultés de coordination, difficultés techniques, grèves, vérification de la sécurité suite à l’accident de Fukushima… et le réacteur qui devait démarrer en 2009 est prévu maintenant pour démarrer fin 2014 (5 ans de retard).

 

10 mai

  • 7h, Tepco demande de l’aide au gouvernement japonais. Estimant qu’il ne peut plus suivre financièrement, il justifie cette aide en expliquant que sa faillite provoquerait l’arrêt d’autres centrales (nucléaires ou non) dans le pays et provoquerait une perturbation du réseau électrique de grande ampleur.
  • 8h, Le Frankfurter Rundschau signale qu’outre les sept réacteurs arrêtés après le 11 mars, quatre autres sont actuellement à l’arrêt pour maintenance… et que donc seuls six fonctionnent. Il suggère de les arrêter aussi puisque l’arrêt des 11 premiers ne provoque pas de rupture d’approvisionnement. Contrairement aux déclarations mensongères de Sarkozy ("le prix de l’électricité serait multiplié par quatre si on arrêtait le nucléaire", 3 mai 2011 à Gravelines), le quotidien signale qu’il n’y aucune hausse du prix de l’électricité sur le marché industriel.
  • 8h, La préfecture de Fukushima annonce qu’elle veut procéder à l’enlèvement d’une couche de terre dans les cours d’une dizaine d’écoles où les taux de radioactivité sont trop élevés pour que les enfants puissent jouer dehors.
  • 8h45, Petit tremblement de terre en Normandie, de magnitude 3,2, épicentre au large de La Breche-d’Hermanville (au nord de Caen) ; à mi-chemin entre Penly et Flamanville.
  • 9h, Le Chili qui a annoncé l’arrêt de ses engagements dans le nucléaire après le 11 mars 2011, annonce le lancement d’un projet de cinq barrages en Patagonie pour une puissance de 2750 MW. La croissance de la consommation d’électricité dans le pays est de 6,5 % par an… mais 60 % des Chiliens sont contre la construction de ces barrages dans une zone naturelle.
  • 14h, Le gouvernement japonais annonce l’annulation de son plan énergétique qui prévoyait de monter de 30 % à 50 % le nucléaire dans la production d’électricité. Il annonce ouvrir le débat en souhaitant aller en direction des énergies renouvelables.
  • 14h, Le premier ministre japonais annonce renoncer à son salaire tant que la crise de Fukushima-Daiichi ne serait pas résolue. Huit dirigeants de Tepco suivent le mouvement.
  • 17h, Les autorités russes annoncent avoir maîtrisé un feu de forêt qui s’est tenu en zone contaminée près de l’usine de traitements des déchets de Maïak, dans l’Oural. A chaque fois, ces incendies provoquent une dispersion de cendres radioactives… même si l’accident remonte à 1957 ! Les associations écologistes russes rappellent qu’à cette époque 260 000 personnes ont été évacuées… et qu’elles le sont toujours.
  • 20h, Un pointage fait par des journalistes japonais indique que seuls 15 réacteurs nucléaires sur 53 sont actuellement en fonctionnement dans le pays.
  • 20h, Le commissaire européen à l’énergie, Günter Oettinger, refuse que Bruxelles valide les démarches de tests engagés si ceux-ci n’incluent pas les risques humains et les actes terroristes.
  • 22h, Le gouvernement japonais annonce que l’on a dépassé le cap des 100 000 personnes évacuées, deux mois après le début de l’accident. Il en reste huit millions à reloger ! Il demande aux Japonais de cesser les mesures de discriminations observées contre ces réfugiés… souvent trahis par la plaque d’immatriculation de leur voiture.
  • 22h, Le port de Rotterdam annonce l’interception de 19 conteneurs provenant du Japon présentant un taux de radioactivité trop important.
  • 22h, Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, annonce la tenue d’une conférence internationale sur le nucléaire le 22 septembre 2011 à New-York, au moment de l’assemblée générale des Nations Unies.

 

9 mai

  • 9h, le Japon et les Etats-Unis signent un accord pour essayer de convaincre la Mongolie d’ouvrir un site de stockage pour les déchets nucléaires. Sachant la dangerosité des transports, c’est pour le moins une très mauvaise idée… d’autant plus que la Mongolie n’a aucune expérience dans le domaine du nucléaire.
  • 10h, la Chine annonce une révision complète de ses procédures d’urgence et de ses normes en matière de construction : actuellement les 13 centrales du pays sont toutes en bord de mer. Tous les chantiers en cours restent arrêtés en attendant.
  • 15h, l’ASN, Autorité de sûreté nucléaire publie un cahier des charges pour les tests à réaliser sur les réacteurs français. N’y figurent pas les risques terroristes, le risque de chute d’un avion, le facteur humain (première cause d’accident) et oublie les transports où peuvent se concentrer des quantités de radioactivité supérieures à celles d’un réacteur. Pour clore, le manque de sérieux de ces propositions, les tests sont à effectuer par les exploitants eux-mêmes (donc par EDF).
  • 20h, selon une revue automobile, le prochain salon de la voiture de Tokyo a complètement supprimé toute référence à la voiture électrique. Il y a en effet un retournement de situation depuis l’accident nucléaire : alors que jusqu’alors la voiture électrique était perçue comme propre, elle est maintenant associée au nucléaire.
  • 21h, la majorité UMP du conseil général du Haut-Rhin repousse une motion présentée par une élue EELV demandant l’arrêt de la centrale de Fessenheim. 32 élus ont votés contre (UMP), 13 pour (écologistes, socialistes et une indépendante) et 4 abstentions (centristes et indépendants).

 

8 mai

  • 14h, un millier de personnes manifestent à Madrid pour demander la fermeture des derniers réacteurs du pays. Le plus ancien, à Garona, date de 1971 et est de même type que Fukushima.
  • 15h, le gouvernement américain renouvelle sa demande au gouvernement japonais d’étendre à 80 km la zone d’extension de l’évacuation des populations, en particulier dans la direction nord-ouest particulièrement touchée. Le département d’Etat à l’énergie des Etats-Unis a publié une nouvelle carte montrant des taches de radioactivité dans la zone située entre 60 et 80 km du site qui atteignent entre 3 et 14,7 millions de becquerels/m2 en césium 137. Il rappelle qu’au moment de Tchernobyl, les personnes ont été évacuées dans les zones où cette contamination atteignait seulement 0,550 millions de bq/m2. Le problème pour le gouvernement japonais est que pour déjà évacuer à 60 km, il faudrait évacuer plus de 8 millions de personnes.

 

7 mai

  • 12h, un projet de nouveau rapport du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (Giec) est rendu public par l’AFP. Ce rapport de 1 500 pages doit encore être soumis aux Etats avant validation. Dans les données, il y est dit que charbon, pétrole et gaz représentent 85 % de notre consommation énergétique mondiale, les renouvelables 13 % et le nucléaire… 2 %. Le rapport compare 164 scénarios. Selon les choix qui sont faits, la part du renouvelable devrait, d’ici 2050, augmenter de 3 à 20 fois. Le GIEC insiste pour qu’il y ait une modification des subventions en leur direction au détriment des énergies fossiles. Même dans le cas le plus favorable (77 % de renouvelables en 2050), les gaz à effet de serre ne baisseraient que de 30 % ce qui est insuffisant. Evidemment, ce rapport n’envisage pas des situations décroissantes où la consommation d’énergie serait de plus en plus limitée, pourtant la seule manière d’arriver à stabiliser le climat et limiter la destruction de la planète. Ce rapport intermédiaire devrait conduire à un 5e grand rapport en 2014.

 

6 mai

  • 7h, environ 10 000 manifestants ont manifesté sous la pluie à Tokyo pour demander une sortie du nucléaire.
  • 8h, manifestation de sous-traitants polonais devant le chantier de l’EPR. Ils dénoncent le non-respect de la législation sur le travail, avec le soutien de la CGT.
  • 13h30, le gouvernement japonais demande à la compagnie Chubu Electric, l’arrêt des réacteurs de la centrale d’Hamaola située à 200 km au sud-ouest de Tokyo. Cette centrale est dans une zone fortement séismique et également proche de la mer. La fermeture serait pour le temps de construire une digue anti-tsunami et une vérification des capacités à résister à un séisme important. La centrale compte 2 réacteurs à l’arrêt et 3 autres en fonctionnement. Cela représente une perte de 3360 MW de puissance supplémentaire (en plus des 11 réacteurs arrêtés le 11 mars et de 3 autres toujours arrêtés depuis le séisme de 2007).
  • 15h, une cinquantaine de manifestants des Jeunes écologistes manifestent à la défense pour — faussement — défendre les groupes industriels victimes des normes vertes liberticides.

 

5 mai

  • 7h30, pour la première fois depuis le 11 mars 2011, deux ouvriers ont pénétré dans le réacteur n°1 pour essayer de rebrancher des systèmes de ventilation. Ils sont habillés avec des tenues de protection maximales, le taux de rayonnement, 700 millisieverts par heure, ne permettant de rester que quelques minutes.
  • 8h, le site Altermonde reprend un entretien diffusé le 27 avril sur la chaîne de télévision belge 7sur7. La physicienne australienne Helen Caldicott, experte en armes nucléaires depuis trente ans, y explique pourquoi Fukushima est pire que Tchernobyl : pour elle, si Tchernobyl a déjà tué environ un million de personnes et contaminé 40 % des sols européens, elle estime que Fukushima est encore pire : 6 réacteurs d’un coup et ceci dans une zone très densément peuplée. Il y avait 250 kg de plutonium dans ces six réacteurs et les piscines de stockage. Même si on ne sait pas encore quel pourcentage est parti dans l’atmosphère, elle rappelle que sa toxicité est énorme et pourra contaminer d’autant plus de gens que la contamination circule par les produits alimentaires.
  • 9h, la température du combustible dans le réacteur n°3 est remonté à 143°C soit 33°C de plus en une semaine. TEPCO cherche l’explication et craint un nouvel incendie.
  • 10h, polémique au Japon sur l’état des réacteurs nucléaires. Selon un rapport de la JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), un organisme de promotion du nucléaire, les scénarios communiqués par TEPCO et par le gouvernement sont erronés. Pour son directeur, Mishio Ishikawa, ancien conseille de l’AIEA, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu à 100 %.
  • 15h, le gouvernement bulgare annonce que la moitié des gaines de protection du réacteur n°5 de la centrale nucléaire de Kozlodoui sont fissurées, libérant un gaz radioactif (le xénon 133) sans émission hors du réacteur. Cela a été découvert lors d’une opération de maintenance. Les mêmes défauts avaient déjà été trouvés dans le réacteur n°6. Seuls les réacteurs 5 et 6 sont encore en fonctionnement. Les 4 premiers ont été fermés entre 2002 et 2006.
  • 15h, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire suisse reconnaît que les piscines de combustibles des cinq réacteurs suisses ne résisteraient pas à un fort séisme. Elles ne sont pas non plus sûre en cas de forte inondation. Les exploitants ont jusqu’à fin août pour proposer des solutions.
  • 17h, devant l’Assemblée nationale, Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, affirme "Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables". Non, merci, vraiment, on préfèrerait se passer du nucléaire.

 

4 mai

  • 9h, TEPCO annonce que l’eau de mer, à 15 km de la centrale, présente un taux de radioactivité 600 fois supérieur à la normale : 1 400 bq/l de césium 137, 1300 bq/l de césium 134 et 190 bq/l d’iode 131. Les antinucléaires s’inquiètent que les mesures ne soient faites que sur quelques radionucléides alors qu’il y en a des milliers dont certains sont encore plus toxiques (uranium, plutonium, américium…).
  • 12h, polémique autour de la présence de femmes parmi les travailleurs exposés sur le site de Fukushima. TEPCO n’a pas tenu compte de leur plus grande sensibilité aux radiations et plusieurs femmes sont gravement contaminées.
  • 12h, lancement d’un appel international des "Mères pour sauver les enfants des radiations" qui protestent contre le relèvement des taux de radioactivité admissible pour les enfants… au niveau des travailleurs du nucléaire (voir site https://mscr2011.jugem.jp)
  • 12h, le gouvernement estime le coût de l’accident à plus de 4000 milliards de yen (33 milliards d’euros) et demande que TEPCO en paie la moitié, que les huit autres électriciens paient le reste. TEPCO entame un lobbying pour essayer de bloquer tout projet de nouvelle loi qui irait dans ce sens.
  • 16h, huit associations (Greenpeace, WEFC, Hespul, Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, Les Amis de la terre, le CLER et le Réseau action climat) ont adressé une fin de non recevoir à Nicolas Sarkozy concernant l’organisation d’un Grenelle de la sobriété énergétique qui ne prendrait pas en compte le nucléaire.
  • 16h, à Besançon, en soutien au mouvement Independent Who (voir ci-après), une exposition des portraits de 270 liquidateurs de Tchernobyl est installée place Pasteur par le collectif antinucléaire bisontin.
  • 18h, après quatre ans de présence devant l’entrée de l’OMS, six militants d’"Independent Who - OMS indépendante" et un représentant de la ville de Genève sont reçus pour la première fois par Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. L’entretien a duré deux heures, mais les promesses concernant la publication des documents disponibles sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont restées floues. La directrice s’est retranchée derrière le manque de personnel et d’expertise dans ce domaine, pour justifier le manque d’implication dans le domaine nucléaire. Elle a annoncée la mise en place d’une étude épidémiologique pour le suivi de l’accident de Fukushima, mais ne s’est engagé en rien concernant la publication des données. Elle a refusé toute révision de l’accord entre l’OMS et l’AIEA, estimant que cela ne nuisait pas à l’indépendance de l’OMS.
  • 19h, Christophe de Margerie, P-DG de Total qui a, pour la première fois, pris 8 % dans la capital de l’EPR de Penly (Seine-Maritime) annonce dans un entretien à Challenges que le projet pour ce 2e EPR est stoppé. Eric Besson, pour le gouvernement, a vivement réagi contre cette affirmation. Mais c’est bien Total qui paie, pas Eric Besson ! Dans le même entretien, Christophe de Margerie déclare : "Avant même Fukushima, la situation n’était pas très encourageante. Les Allemands, les Italiens et les Britanniques étaient incertains. Il y avait une envie de faire, mais rien de concret, sauf en Chine, peut-être en Inde et à Abou Dhabi. Depuis l’accident japonais, l’hésitation de l’Allemagne s’est fixée sur le retrait du nucléaire. En Italie, c’est la même chose. Aux Etats-Unis, c’est pareil".
  • 19h, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de Sûreté nucléaire, s’inquiète du calendrier prévu pour faire les tests sur les réacteurs nucléaires : seulement deux mois et demi à la rentrée 2011, cela lui semble insuffisant pour faire correctement les vérifications nécessaires. Il reconnaît qu’il n’est pas possible d’être transparent sur des questions comme les chutes d’avion ou les risques terroristes. Il répond aussi au vœu de l’AIEA que les normes internationales soient contraignantes : pour lui, ce n’est pas possible car plusieurs Etats dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde s’y opposent.
  • 20h, le gouvernement autrichien dénonce le laxisme des tests envisagés sur les réacteurs européens. Il demande notamment que soient envisagés des attentats terroristes. Le groupe des Verts au Parlement européen estime que la Grande-Bretagne et la France ont tout fait pour en arriver là. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung révèle que ces deux pays ont tout fait pour que l’on évite de parler de la chute d’un avion… car aucun réacteur ne pourrait résister à cela et logiquement, il faudrait donc tous les fermer ! Des élus Verts révèlent que la cybercriminalité n’est pas — officiellement du moins — prise en compte… alors que le projet de réacteur iranien a été récemment stoppé par un sabotage informatique.

 

3 mai

  • 8h, premier jour de production pour la centrale éolienne Baltic 1 construite en mer au large du nord de l’Allemagne. Cette centrale offshore de 40 MW appartient à Siemens qui communique en se présentant comme "leader dans le domaine de l’éolien". Il y a quelques années, elle était leader dans le domaine du nucléaire. Le vent tourne… Pour le moment, il y a 21 éoliennes, mais il est prévu progressivement de monter à des centaines de machines pour atteindre plusieurs milliers de MW.
  • 10h, TEPCO explique qu’avec le temps qui passe, le site de Fukushima devient de plus en plus radioactif et les zones où les humains ne peuvent pénétrer s’étendent. TEPCO lance donc un appel aux fabricants pour récupérer des robots commandables à distance pour pouvoir effectuer la suite des opérations. L’armée américaine pourrait fournir en partie ce type de matériel, le Japon n’ayant pas de robots programmés pour ce genre d’interventions.
  • 12h, environ 400 petits actionnaires de TEPCO ont déposé une motion pour l’assemblée générale de la société demandant que celle-ci renonce à l’énergie nucléaire. 232 actionnaires ont fait la même demande à la société Tohoku Electric. 
  • 14h, le gouvernement japonais a décidé de créer une provision de 33 milliards d’euros pour indemniser les populations déplacées.
  • 17h, Sarkozy en visite à Gravelines, fustige les antinucléaires : "si on arrête le nucléaire, le prix de l’électricité sera multiplié par 4 (…) Il faudrait dépenser 45 milliards d’euros pour fermer le parc nucléaire". Pour le prix, il n’y a qu’à regarder les prix dans les pays sans nucléaire : c’est sensiblement le même qu’en France. Quant au prix pour arrêter le nucléaire, il se trompe également : c’est beaucoup plus car le démantèlement des réacteurs actuels (qu’il faudra bien faire un jour de toute manière) coûtera sans doute entre 100 et 200 milliards. Greenpeace lui répond que maintenir le nucléaire a aussi un prix : remplacer les 58 réacteurs actuels vieillissants coûterait au bas mot 200 milliards… les remplacer par des éoliennes ne coûterait pas aussi cher. Cécile Duflot pour EELV a répondu également : "Nicolas Sarkozy a servi aux Français une soupe caricaturale, mensongère et méprisante au sujet de l’énergie nucléaire (…) Nicolas Sarkozy se comporte aujourd’hui en camelot et débite des poncifs", "le nécessaire débat sur le nucléaire et l’énergie mérite une posture plus digne de la part du président français".

 

2 mai

  • 4h15, cinquante manifestants de Greenpeace bloquent l’entrée du chantier de l’EPR à Flamanville à l’aide de deux camions placés en travers des portails d’entrée. D’autres manifestants ont réussi à pénétrer sur le site et trois grues sont occupées.
  • 5h, TEPCO annonce la construction d’une digue au large de Fukushima pour éviter les risques de tsunami au moment où les réacteurs ont leur cœur à l’air libre. La digue sera construite d’ici la mi-juin.
  • 7h, TEPCO s’inquiète d’une remontée de la radioactivité en iode 131 (30 % plus haute ce matin que jeudi dernier, craignant l’apparition d’une nouvelle fuite sur le réacteur n°2.
  • 17h, les forces de police ont réussi à aller décrocher les militants de Greenpeace et à libérer les grues du chantier de l’EPR occupées. Quatre militants ont été molestés. 42 placés en garde à vue. Ils sont convoqués au tribunal de Cherbourg le 16 juin.
  • 19h, Suite à une rencontre post-Grenelle, Sarkozy propose un Grenelle de l’efficacité énergétique… sans aborder la question du nucléaire. Greenpeace, FNE et WWF rejettent la proposition. Par contre les associations obtiennent la promesse d’un audit de la Cour des comptes sur les coûts de l’ensemble de la filière nucléaire.

 

1er mai

  • 13h, François Chérèque aborde la question de la sortie du nucléaire à l’issu du défilé du 1er mai. Pour lui, si la sortie du nucléaire n’est pas possible dans l’immédiat, on peut au moins chercher à en diminuer l’importance, cela passe par l’arrêt de la construction de nouveaux réacteurs et la fermeture des réacteurs les plus dangereux.