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Fukushima, la catastrophe nucléaire continue

Archives > Fukushima, suivi de la catastrophe - Archives 2011-2015

Chronologie du mois de juin

8 juin 2011 |




30 juin

  • 6h, le gouvernement japonais annonce tout un panel de mesures pour économiser l’électricité : arrêt des escalators, de la climatisation dans les lieux publics, baisse de l’éclairage public, limitations des distributeurs de boissons fraîches, diminution de la fréquence de certains trains, incitation à ce que les fonctionnaires prennent leurs vacances en juillet-août, arrêt des usines automobiles les jeudis et vendredis. Objectif : baisser d’au moins 15 % la consommation d’électricité au niveau du pays.
  • 6h, le gouvernement japonais annonce que ce jour seuls 19 réacteurs (sur 54) sont encore en fonctionnement dans le pays.
  • 11h30 selon Associated Press, l’incendie autour de Los Alamos a déjà brûlé plus de
    20 000 hectares et pourrait devenir l’incendie le plus vaste jamais connu dans l’Etat du Nouveau-Mexique. Le site de Los Alamos, toujours cerné par les flammes, a indiqué que toutes les expériences en cours ont été arrêtées.
  • 14h, selon RTBF.be, de la radioactivité a été détectée dans l’urine de dix enfants vivant à 62 km de la centrale. C’est l’ACRO, association française qui a fait les mesures.
  • 15h, l’Association européenne de l’énergie éolienne, EWEA, présente ses objectifs pour répondre aux engagements de l’Union européenne. L’EWEA prévoit un triplement de la capacité européenne d’éoliennes d’ici 2020 pour atteindre une puissance de 230 GW soit 15,7 % des besoins en électricité. La France devrait alors disposer de 6 GW loin derrière d’autres pays comme l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, mais aussi la Grèce, l’Irlande… Cela pourrait monter à 400 GW en 2030 (28 % de l’électricité) et 735 GW en 2050 (50 % de l’électricité). En 2010, le secteur a investi 13 milliards d’euros. Cela devrait doubler d’ici 2020. Cela représente déjà plus que les investissements dans le nucléaire.
  • 16h, selon l’AFP, la centrale nucléaire écossaise de Torness a dû être arrêtée d’urgence suite au blocage du refroidissement par une accumulation importante de méduses dans les bouches d’aspiration. La centrale appartient à EDF-Energy, filiale britannique d’EDF.
  • 17h, les députés allemands votent par 513 voix contre 79 en faveur du plan de sortie du nucléaire proposé le 6 juin dernier par le gouvernement.
  • 20h, Le Point.fr publie un résumé du rapport de l’ASN concernant le site du Tricastin. L’ASN a autorisé le réacteur de 900 MW a fonctionner encore dix ans à condition qu’EDF engage des travaux pour mieux se protéger en cas de séismes, d’incendie ou d’inondation. EDF a jusqu’à 2014 pour se mettre en conformité. Rappelons que l’ASN donne souvent ce genre d’obligation… mais qu’EDF ou le CEA n’en tiennent pas forcément compte, l’ASN n’ayant pas de moyens pour imposer ses vues.

29 juin

  • 8h, The Telegraph annonce qu’une fuite d’eau dans le réacteur n°2 de Fukushima laisse sortir de l’eau avec un taux de contamination d’1 Siviert par heure (100 000 fois les limites autorisées, un niveau qui n’avait été observé que les premiers jours de l’accident). Cette eau coule actuellement dans un bassin de rétention située à 50 m de la mer. Selon le porte-parole de TEPCO, pour atteindre un tel niveau de radioactivité, il faut que l’eau soit chargée de particules radioactives de grosse taille. Cela semble indiquer que le corium (cœur fondu) du réacteur serait maintenant directement au contact de l’eau… donc que l’enceinte de confinement est en train de s’ouvrir.
  • 8h, les Forces motrices bernoises, FMB, annonce l’arrêt de la centrale suisse de Mühleberg, avec cinq semaines d’avance sur le calendrier de maintenance. Il s’agit d’y engager des travaux importants pour améliorer la prise d’eau et éviter un blocage du refroidissement en cas de crue. Les travaux sont estimés à 20 millions de FS (16 millions d’euros).
  • 9h, le parlement européen annonce la visite d’une délégation sur le chantier de l’EPR à Flamanville pour vérifier les conditions de travail et de logement des ouvriers suite à la publication du rapport de l’ASN qui pose des questions sur le recours à une sous-traitance maltraitée.
  • 10h, polémique à Tokyo. Des associations qui font des mesures au niveau du sol trouvent des taux de radioactivité bien plus importants que les taux officiels. Pourquoi ? Après recherche, il s’avère que les chiffres officiels sont pris à une hauteur de 18 m. La radioactivité étant fixé au sol, évidemment, cela ne donne pas les même chiffres. Selon l’organisation internationale Next-up,  les taux relevés au niveau du sol sont jusqu’à 100 fois plus élevés. Au lieu des 0,5 mSv par an annoncé par les autorités, on serait plutôt autour de 50 mSv par an… alors que l’évacuation concerne actuellement les zones dépassant 20 mSv par an. Si ces mesures sont confirmées, il faudrait donc évacuer au-delà de Tokyo soit plus de 50 millions de personnes.
  • D’après Le Matin, Le ministre japonais de l’Energie a tenté en vain mercredi de persuader une région du sud de l’archipel de redémarrer ses réacteurs nucléaires, mais celle-ci n’y est pas prête pour le moment. Après le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est du Japon, plusieurs réacteurs nucléaires ont été mis hors service. Aujourd’hui, 35 des 54 réacteurs ne produisent plus d’électricité, dont deux des quatre de Genkai, dans la préfecture de Saga, à l’extrême-sud de l’archipel.
  • 14h, depuis plusieurs jours un feu de forêt encercle le centre de recherche atomique de Los Alamos, au Nouveau Mexique (USA). Or ce centre est l’un des principaux sites de stockage des déchets radioactifs (30 000 fûts dont certains riches en plutonium). Alors que les habitants des villes voisines ont été évacués par précaution, des salariés sont restés sur le centre pour contrôler ce qui se passe. Si le feu n’a pas atteint le centre, le risque est que la chaleur provoque une réaction nucléaire. Depuis deux jours un avion du Ministère de l’environnement fait des mesures atmosphériques pour détecter un éventuel nuage radioactif.
  • 19h, Bruno Chareyron, de retour d’une mission au Japon pour la CRIIRAD, dénonce à son arrivée les "carences graves" dans la gestion de la pollution radioactive. Il dénonce la non prise en compte de l’expérience de Tchernobyl sur la santé à long terme, et répète qu’il faut évacuer la population bien plus largement. Il dénonce le peu d’utilisation qui a été fait des pastilles d’iode qui auraient être distribuée à toute la région de Tokyo. Il dénonce le fait que les populations du Nord du pays mangent des aliments contaminés, pratiquement sans aucun contrôle. Il dénonce enfin le manque de volonté au niveau économique : c’est pour éviter de dépenser des sommes folles que le gouvernement n’agit pas.

28 juin

  • 8h, lors de l’assemblée générale de TEPCO, pour la première fois une motion demandant l’abandon du nucléaire a été proposée par 402 actionnaires. Cette motion n’a pas obtenu la majorité… mais une autre motion a été adoptée qui prévoit que les investissements futurs se feront prioritairement dans les centrales au gaz (importé d’Australie) et enfin une motion a également adopté le fait que TEPCO cesse ces activités nucléaires en-dehors du pays ( un accord avec une compagnie au Vietnam existait). Sur les 933 000 actionnaires de la compagnie, 9000 étaient présents à cette assemblée générale, un record. La valeur en bourse des actions de TEPCO a baissé de 85 % depuis l’accident, le dépôt de bilan n’est pas exclu. Certains actionnaires ont demandé aux dirigeants de se faire hara-kiri s’ils ont encore un peu d’honneur. A l’extérieur, les organisations agricoles ont manifesté : les agriculteurs brandissaient des légumes interdits à la vente. Lors des assemblées des autres compagnies d’électricité, des motions ont été également déposées pour demander une sortie du nucléaire. Elles ont toutes été rejetées… mais l’avenir du nucléaire dans le pays parait compromis.
  • 8h, l’Agence de sûreté nucléaire japonaise annonce que 15 tonnes d’eau radioactive ont débordé des réacteurs : les sous-sols sont pleins.
  • 8h, Il Fatto quotidien italien rapporte des informations parues dans Tokyo Shimbun du 16 juin : les médecins constateraient une augmentation des fatigues, diarrhée et saignements de nez chez les enfants dans la ville de Koiyama, ville de 350 000 habitants, à 50 km des réacteurs accidentés. Les médecins ont demandé des analyses de sang pour détecter une éventuelle baisse des globules blancs, premier signe d’atteinte radiologique.
  • 8h, un sondage réalisé en Australie auprès de 14 000 personnes indique que 86 % souhaitent un avenir énergétique uniquement dépendant des énergies renouvelables.
  • 10h, Japon Times online estime que l’ensemble des actifs accumulés par TEPCO depuis le lancement du programme nucléaire dans les années 1970 ne suffiront pas à couvrir les frais de la catastrophe actuelle.
  • 10h, une étude publiée par le Conseil pour les ressources naturelles de l’énergie (service officiel du Japon) admet que les chiffres pris en compte pour le calcul du prix du kWh nucléaire ont été minorés et qu’il est en fait légèrement supérieur au prix du kWh thermique ou hydraulique.
  • 15h, le Conseil général du Haut-Rhin demande à EDF de faire en sorte que le réacteur de Fessenheim soit à l’abri d’une inondation. La centrale est en effet construite plus bas que le canal qui l’alimente, lequel est en aval d’un barrage sur le Rhin pouvant céder à l’occasion d’un séisme ou d’un attentat. EDF répond alors par la négative. Colère de Michel Habig, président de la CLIS, Commission locale d’information sur la sûreté : "nous sommes ici pour imaginer l’improbable" et donc EDF doit prendre ce scénario en considération. Le président de la région de Fribourg, côté allemand, a fait savoir qu’il appuyait la démarche du Conseil général.
  • 17h, Aux Etats-Unis, le gouverneur de l’Etat de New York a annoncé à Entergy, l’exploitant de la centrale nucléaire d’Indian Point, que les autorisations de prélèvements d’eau de l’Hudson ne seraient pas renouvelées en 2013 et que la centrale devra fermer. Cette centrale avait été visée par les attentats du 11 septembre 2001.

27 juin

  • 00h, selon plusieurs médias japonais, le gouvernement doit adopter aujourd’hui le montant de son aide aux pays en voie de développement. Des fuites venant des ministères indiquent que le Japon, en crise économique grave, proposerait de donner de la nourriture invendue à ceux qui ont faim… nourriture invendue car radioactive ou suspectée de l’être (seule 1 % de la nourriture est contrôlée). Mieux vaudrait manger radioactif que pas du tout !
  • 4h, selon Associated press,malgré le risque de manque d’électricité, un sondage indique que 70 % des Japonais souhaitent le maintien à l’arrêt des 35 réacteurs (sur 54) depuis le 11 mars 2011. 21 % demandent l’arrêt immédiat des 19 encore en activité, 47 % sont pour l’arrêt progressif de ces derniers réacteurs.
  • 7h, selon Sankei Shinbun,  des taux importants de radioactivité sont actuellement mesurés dans les cendres des incinérateurs de la région de Tokyo : 9740 bq/kg en césium pour l’incinérateur d’Edogawa-ku, à l’est de la capitale. Les analyses dans les autres incinérateurs donnent : Katsushika : 6610 bq/kg ; Ota : 6030 bq/kg ; Koto : 4850 bq/kg ; Meguro : 4180 bq/kg.
  • 8h, Après que Bouygues ait annoncé une rupture de contrat avec le sous-traitant Atlanco, la CGT dénonce le licenciement des 70 travailleurs polonais de cette entreprise en grève sur le chantier de l’EPR. La CGT annonce saisir les Prud’hommes pour protéger ces salariés. Les syndicats dénoncent aussi une désorganisation du chantier, lequel accuse déjà un retard de plus de trois ans.
  • 11h, N. Sarkozy annonce que l’Etat, dans le cadre du grand emprunt, alloue un milliard pour renforcer la recherche sur "le nucléaire du futur", à savoir le retour à la surgénération, toujours promu par le CEA. il se justifie en disant qu’autant est consacré aux énergies renouvelables et à la production décarbonnée… mais sans entrer dans les détails. Par exemple : la voiture électrique est financée comme "énergie décarbonée", aidant indirectement le nucléaire.
  • 12h, Naoto Kan, le Premier ministre, qui a promis de démissionner sous certaines conditions, a nommé Ryu Matsumoto au nouveau poste de ministre chargé de la Reconstruction. Goshi Hosono, est nommé ministre chargé de la crise nucléaire en cours. On entre dans la durée…
  • 19h, nouvel essai de décontamination de l’eau et nouvel échec après 5 h de fonctionnement lors du premier essai. Ce coup-ci, l’installation est tombée en panne au bout d’une heure et demi. Entre les différents essais, nous en sommes à 1850 tonnes d’eau passée dans l’usine. Eau qui a pu ensuite être réutilisée. Sachant qu’il faut 2000 tonnes par jour pour refroidir les réacteurs, le problème n’a guère évolué.

26 juin

  • 2h, la presse japonaise indique que le directeur de TEPCO a touché une prime de départ de 5 millions d’euros.
  • 11h, manifestation des parents d’enfants à Fukushima-ville… sous une pluie battante (et sûrement radioactive). Ceux-ci demandent la sortie du nucléaire, mais aussi plus précisément que l’on enlève la couche superficielle de la terre partout où cela est possible pour décontaminer au maximum, en commençant par les cours d’école. La mairie de la ville a révélé que la limite légale est frôlée ou dépassée pour 182 mesures faites dans la ville. Celle-ci est à 60 km des réacteurs nucléaires.
  • 12h, TEPCO annonce qu’une nouvelle technique de traitement des eaux doit être testée la semaine prochaine. Pour le moment, l’installation d’Areva n’a permis de traiter que 500 tonnes d’eau, soit moins que ce qui est utilisé en une journée pour refroidir les réacteurs. Faute de solution, TEPCO annonce utiliser maintenant l’eau radioactive pour une nouvelle aspersion sur les réacteurs.
  • 16h, après un pique-nique géant, 7000 à 8000 personnes ont fait une chaîne humaine de plus de 5 km autour de la centrale de Fessenheim… et des gendarmes. Les manifestants étaient majoritairement allemands, mais aussi français et suisses. Ils protestaient contre la décision de l’ASN de vouloir autoriser la centrale à fonctionner dix ans de plus. La ministre de l’environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que le gouvernement ne prendrait pas de décision avant les résultats des tests de résistance (traduire : avant les élections ?).
  • 18h, invité par l’Unesco à Paris, Takuya Tasso, gouverneur de la préfecture japonaise d’Iwate, au nord de Fukushima, a estimé que pour le moment aucune radioactivité inquiétante n’a été relevée sur son territoire, mais que "le Japon devra renoncer au nucléaire et se tourner vers les énergies renouvelables" même si cela demandera du temps.
  • 20h, la Communauté urbaine de Bordeaux vote un vœu demandant la fermeture progressive et le démantèlement de la centrale du Blayais, estimant que cette centrale, en cas d’accident, pourrait contaminer l’agglomération. Le vœu a été adopté par les groupes socialiste et écologiste. Communistes et UMP-Modem n’ont pas pris part au vote.

25 juin

  • 0h, selon China Daily,le gouvernement chinois annonce que le processus d’approbation des nouveaux projets de réacteurs nucléaires ne reprendra pas au mieux avant mi-2012, au pire mi-2013, le temps de redéfinir les conditions de sûreté pour les prochains réacteurs, mais qu’il n’envisage pas de remettre en cause son programme nucléaire.
  • 8h, selon les médias américains, de la radioactivité a été mesurée dans l’eau de pluie qui tombe actuellement sur Hawaï.
  • 10h, le ministère de l’éducation et des sciences du Japon donne les résultats d’analyses des sédiments revelés en mer à 3 km du site de Fukushima. On y trouve malheureusement du strontium-89 et -90 et encore pire : du plutonium.
  • 10h, selon Rtb.fr, la réunion des quatre ministres belges concernés par l’énergie n’a pas débouché sur des certitudes concernant le nucléaire : la Belgique vise les 100 % renouvelables d’ici 2050, mais ne se prononce pas sur la part du nucléaire dans ce processus. toutefois la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire ne sera pas remise en cause.
  • 18h, Médiapart publie des photos transmises par des syndicalistes de la centrale de Penly. Photos représentant une fuite de vapeur radioactive dans un circuit primaire en janvier 2010. On y voit des tuyaux rouillés, un jet de vapeur au niveau d’une soudure, des mousses (ou des dépôts calcaires ?) bref, on se croirait dans une ruine… mais non c’est bien une centrale nucléaire française.
  • 18h, congrès des Verts allemands : la majorité se prononce pour accepter la sortie du nucléaire en 2022 alors qu’une motion demandait de continuer à revendiquer une sortie plus rapide (2017).

24 juin

  • 0h, The Japan Times rapporte que le gouvernement japonais essaie de mettre en place un budget pour financer le suivi de santé des personnes exposées aux radiations. Le budget prévoit de suivre 2 millions de personnes ! Donc bien plus que les 100 000 personnes évacuées à ce jour. Et c’est sans doute minoré pour ne pas affoler les Japonais !
  • 0h, Selon Mainichi Japan, le Ministère de l’environnement japonais vient d’interdire de se baigner sur 135 plages. Toutes les plages du département de Fukushima sont interdites sauf une. Le taux pris en compte pour l’interdiction de ces plages est plus bas que dans la nourriture… le gouvernement se justifie en faisant constater qu’il est plus facile de renoncer à se baigner qu’à boire ou manger.
  • 0h, selon le même quotidien, le gouvernement vient d’accorder un prêt de 2000 milliards de yens (19 milliards d’euros) à TEPCO pour éviter que celui-ci ne se retrouve en faillite.
  • 1h, ouverture d’un procès à Tokyo suite à la plainte d’une personnes évacuée qui demande au tribunal de vérifier la légalité de l’exploitation de la centrale nucléaire de Fukushima 1.
  • 7h, un avion s’écrase sur le réacteur nucléaire n°2 de Fukushima ! Heureusement, il ne s’agit que d’un drône de 7,7 kg utilisé pour mesurer la radioactivité au-dessus du site.
  • 12h, la télévision japonaise NHK présente une simulation réalisée par le ministère des sciences. Il s’agit de la dispersion de la radioactivité en mer. Selon cette simulation, en mars 2012, le césium-137 serait détectable dans les eaux de mer à 4000 km de Fukushima avec un taux de radioactivité non négligeable. En 2014, il atteindrait les îles d’Hawaï, mais à des doses très faibles. En 2016, le césium toucherait les côtes du Canada et des Etats-Unis à des niveaux encore plus faibles. L’étude ne dit rien sur la concentration qui va ensuite se produire le long des chaînes alimentaires. Autant dire que la pêche dans l’Océan Pacifique est fortement compromise pour les années à venir.
  • 14h, après 24 tentatives (et le suicide du chef de service en janvier 2011), les opérateurs du surgénérateur de Monju (côte ouest du Japon) ont réussi à récupérer une grue de 3 tonnes qui s’est effondrée sur le couvercle du réacteur en août 2010. La chute d’une barre de combustible au plutonium limite les possibilités d’intervention humaine dans le réacteur du fait de la pollution radioactive. Comme Superphénix en France, ce réacteur n’a pratiquement jamais réussi à fonctionner !
  • 18h, l’ASN, autorité de sûreté nucléaire annonce qu’en 2010, 112 accidents du travail ont eu lieu sur le chantier de l’EPR à Flamanville dont 36 n’ont pas fait l’objet d’une déclaration au registre des accidents du travail. L’ASN accuse le groupe Bouygues d’être à l’origine de la plupart de ces "oublis". Elle dénonce également un "délit d’obstacle aux missions de l’inspecteur du travail". Les syndicats dénoncent les pressions de Bouygues sur les salariés.
  • 19h, Peter Hufschmied, président de l’Inspection de la sûreté nucléaire en Suisse, présente sa démission après que les médias aient révélé des liens financiers avec les Forces motrices bernoises, propriétaire de la centrale de Mühleberg. Il était membre du conseil d’administration d’une société d’importation de caviar et de plantes exotiques, société sponsorisée par FMB et membre d’une société d’énergie solaire Sol-E Suisse, dont le capital est à 100 % à la FMB.

23 juin

  • 0h, la saison des pluies commencent sur Fukushima. Pour éviter que le ruissellement de la pluie n’entraîne trop de radioactivité à la mer, différentes mesures ont été prises : collecte des déchets projetés par l’explosion, résines sur les poussières, bâches au-dessus des réacteurs… Mais globalement, TEPCO estime que cela ne suffira pas et qu’il faut s’attendre à une nouvelle pollution maritime.
  • 7h, Le Figaro annonce que l’ASN va donner son feu vert pour une prolongation de dix ans du réacteur n°1 de Fessenheim. La rapport rappelle pourtant que Fessenheim a été construit sur une dalle en béton de seulement 1 m d’épaisseur (contre 3 à 4 m à Fukushima) et qu’en cas de fusion du cœur, celui-ci pourrait rapidement passer à travers et toucher alors la nappe phréatique du Rhin située juste en dessous. Le renforcement de cette dalle pourrait coûter 100 millions d’euros. L’ASN précise toutefois que le résultat des "stress-tests" pourraient remettre cette autorisation en cause.
  • 9h, Associated press publie une enquête portant sur 48 des 65 sites nucléaires américains (104 réacteurs) : trois quart des réacteurs ont eu des fuites radioactives plus ou moins graves dans leur existence, plusieurs nappes phréatiques ont été contaminées. Le pire est à venir : les fuites sont difficiles à détecter et les réacteurs ont tous plus de 30 ans.
  • 10h, à l’invitation d’Yves Cochet, le Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, le Réseau Action-Climat ont organisé un colloque à Paris "Nucléaire, le droit de choisir". Bien que cela se passe dans l’Assemblée nationale, outre Yves Cochet (EELV), seules deux parlementaires sont présentes : Martine Billard (Parti de Gauche) et Laurence Rossignol (PS). Trois députés européens participent au débat : Michèle Rivasi (EELV), Corinne Lepage (Cap 21) et Jean-Luc Benhamias (Modem). Il y a 200 personnes… essentiellement des militants écologistes et quelques élus EELV régionaux. Michèle Rivasi, de retour d’une semaine au Japon, témoigne du sentiment de colère dans la zone d’évacuation volontaire (entre 20 et 60 km de Fukushima) et comment les gens ne commencent qu’à comprendre maintenant que leur départ est définitif.
  • 12h, débat au parlement européen sur une directive portant sur la gestion des déchets nucléaires. Celle-ci envisage la possibilité d’exporter les déchets en-dehors de l’Union européenne. Cette disposition est rejetée… mais par seulement une dizaine de voix ! Par contre est adoptée la possibilité pour les pays de stocker leurs déchets dans un autre pays de l’Union européenne. Bientôt nos déchets en Roumanie ?

22 juin

  • 8h, TEPCO annonce qu’il cherche à louer de nouvelles citernes pour stocker l’eau radioactive. L’usine d’Areva ne semble pas en mesure de résoudre significativement le problème et l’idée de rejeter l’eau en mer a été interdite par le gouvernement. Selon TEPCO, l’usine d’Areva qui devait diviser la radioactivité s’avère 25 moins efficace qu’annoncée.
  • 8h, TEPCO annonce avoir essayé de diminuer les injections d’eau dans le réacteur n°3, mais que la température est immédiatement repartie à la hausse. Ce réacteur nécessite 1 tonne d’eau par heure pour son refroidissement, le double que pour les réacteurs 1 et 2. La cause au combustible MOX ? De même TEPCO annonce avoir mesuré des taux de radioactivité record (430 mSv/heure) à proximité du réacteur n°2.
  • 8h, une photo mise en ligne sur internet présente un compteur lors d’une mesure à Fukushima-ville (60 km de la centrale) : on est à un taux 750 fois supérieur aux limites autorisées. Le gouvernement japonais conteste l’authenticité de cette photo.
  • 10h, selon l’association norvégienne Bellona, un rapport a été remis le 9 juin dernier à la présidence russe par Rosatom, agence russe nucléaire. Il s’agit d’une série de vérifications faites sur le parc nucléaire russe après l’accident de Fukushima. Rosatom révèle de nombreux problèmes. Le plus grave : il n’est pas sûr que les 32 réacteurs nucléaires russes en activité s’arrêtent en cas de séisme important. Certains réacteurs ne sont plus horizontaux : le socle penche. Les réacteurs sont vieillissants. Certains circuits de secours, notamment au niveau des circuits de refroidissement, se sont avéré déficients. Des problèmes d’hydrogène pourraient provoquer une amorce d’accident, certaines soudures n’étant plus étanches. Enfin, le personnel n’est pas formé pour réagir en cas d’accident. Rosatom indique que nombre de normes internationales ne sont pas respectées et que ces manquements n’ont pas été signalés jusqu’à maintenant au niveau international.
  • 11h, selon La Tribune.fr, TEPCO aurait fait encore une perte de 1 milliard d’euros rien que pour le mois de mai 2011 qui s’ajoute au 10,9 milliards d’euros annoncés pour l’année précédente. Un milliard d’euros par mois, ce pourrait être le coût de l’accident (à comparer avec le prix de la construction d’un réacteur : 5 milliards). Ce déficit ne couvre que les activités sur la centrale. Il faut y ajouter 765 millions d’euros pour l’aide psychologiques aux populations évacuées.
  • 17h, Challenges publie les résultats d’un sondage réalisé auprès de 19000 personnes de 24 pays industrialisés. Globalement, 62 % des sondés sont contre le nucléaire. Seuls pays majoritairement pour : l’Inde, la Pologne et les Etats-Unis. Globalement, à la question de savoir ce qu’il faut utiliser comme énergie, arrive en premier le solaire puis l’éolien, puis l’hydraulique, puis le gaz naturel, puis le charbon… et en dernier choix le nucléaire. Selon l’institut de sondage, c’est la première fois que le nucléaire passe derrière les solutions thermiques (gaz et charbon).
  • 17h, l’association internationale pour la protection contre les rayonnements ionisants estime que les relâchements de radioactivité pourraient atteindre 621 millions de curies (23 millions de TeraBecquerels) pour l’ensemble des trois réacteurs accidentés. Cela ferait 25 fois les émissions de Tchernobyl. Ces chiffres affolants s’appuient sur un rapport britannique publié ce jour par The Gardian qui annonce que 684 kg de césium-137 ont été envoyés dans l’atmosphère (contre 26 kg pour Tchernobyl et 350 kg pour l’ensemble des essais atomiques aériens).

21 juin

  • 3h, à Berne, la police a interpellé de nuit les 26 personnes qui campaient devant le siège des Forces Motrices Bernoises depuis plus de deux mois. Ce camp, lancé après l’accident de Fukushima, demande l’arrêt de la centrale de Mülheberg. Différents mouvements antinucléaires et écologistes ont réagi en conseillant au gouvernement de s’occuper plutôt de nettoyer les dégâts du nucléaire, plutôt que les camps antinucléaires.
  • 14h, la préfecture de Kawaguchi, dans la préfecture de Saitama, dans la banlieue de Tokyo, a décidé d’avoir ses propres normes de radioactivité. Alors que le gouvernement japonais a fixé un seuil de tolérance à 20 mSv par an, les autorités de la ville ont fixé la norme à 1,64 mSv. Ce seuil a été calculé ainsi : 0,30 mSv pour le rayonnement cosmique, 0,34 mSv pour la radioactivité naturelle, 1 mSv pour la radioactivité artificielle provenant de l’accident. La commune a annoncé qu’elle allait démarrer en juillet ses propres mesures et que si les doses horaires (0,31 µSv) sont dépassées, elle prendrait des mesures de confinement pour les personnes. Selon les premières mesures, on en serait pour le moment à 0,16 µSv/heure, mais ce taux augmente du fait de la poursuite des émanations en provenance de Fukushima.
  • 15h, Conférence de presse de l’AIEA : ces très sérieux experts annoncent qu’ils vont vérifier l’ensemble du parc nucléaire. Ils précisent qu’ils estiment pouvoir en contrôler une sur dix dans les trois ans… ce qui signifie qu’il faudra donc 30 ans pour toutes les contrôler ! Combien auront explosé d’ici là ?
  • 18h, Anne Lauvergeon, directrice sortante d’Areva annonce renoncé à ses indemnités légales soit 1,8 millions d’euros. Elle gagnait 1,07 million par an.
  • 19h, Sciences & Avenir publie sur son site les résultats d’analyses du professeur Masayoshi Yamamoto, de l’université de Kanasawa : le plutonium trouvé à proximité de la centrale vient bien d’un des réacteurs (pas forcément de celui qui a du MOX) et non pas des restes de la bombe de Nagasaki en 1945. Selon l’universitaire, cette pollution, faible, est très gênante car durable. Toutefois, le plutonium, molécule lourde, ne devrait pas avoir dépassé 20 à 30 km autour du site.

20 juin

  • 12h, TEPCO n’arrivant pas à intervenir dans le réacteur n°2, la compagnie annonce son intention de procéder à une "ventilation" du réacteur. Dit autrement : elle envisage de créer un nouveau nuage radioactif… sans doute pour éviter encore pire !
  • 12h, le ministère de l’environnement japonais envisagerait d’incinérer certains déchets du tsunami contaminés par le nuage radioactif de Fukushima… au risque de relâcher une nouvelle fois la radioactivité. Argument : il s’agirait de déchets contenant moins de 8000 bq/kg de radioactivité donc peu radioactifs. Mais quand on brûle des produits radioactifs, la fumée devient radioactive ! La seule méthode correcte est de noyer les déchets dans des blocs de béton… que l’on surveillera pendant des centaines ou des milliers d’années selon les radionucléides présents. Bien sûr, cela coûte plus cher !
  • 12h, le gouvernement signale que trois nouveaux ouvriers ont dépassé les doses autorisées et que TEPCO vient d’annoncer que les doses reçues par 125 ouvriers présents sur le site en mars ne sont pas connues, soit parce que les dosimètres n’ont pas fonctionné, soit parce qu’ils n’en ont pas porté tout le temps. La catastrophe sanitaire est en route…
  • 15h, Alex, Français résidant au Japon, mettait depuis plusieurs jours des petites vidéos pour montrer des mesures de radioactivité sur YouTube. Alors que la dernière a été vue par plus de 68 000 personnes, les vidéos ont disparus du site. Interrogé YouTube dit que c’est l’utilisateur qui a supprimé son compte. Alex conteste cela en publiant une vidéo sur DailyMotion ! Comme quoi la censure essaie aussi de s’exercer sur internet.
  • 23h, pose de la première pierre en Californie d’une future centrale solaire à Blythe. Ce sera la plus grande au monde. Elle permettra de fournir de l’électricité à 500 000 personnes. Le gouvernement des Etats-Unis a annoncé à cette occasion que 24,5 milliards d’euros ont été investis dans les énergies renouvelables en 2010 et que la tendance est en forte hausse pour 2011. Les investissements dans le nucléaire sont au niveau zéro : aucun nouveau chantier de réacteur n’a été mis en route depuis… 1973 !

19 juin

  • 1h, des collectifs japonais indépendants, avec l’aide d’universitaire, publient une carte des contaminations qu’ils ont réalisées à partir de 6300 mesures indépendantes. La carte montre bien une forte contamination dans la direction nord-est comme sur les cartes officielles, mais aussi une contamination dans la direction sud-est qui est largement minorée sur les cartes officielles. Or cette deuxième direction est celle de Tokyo. Les mesures montrent des points de contamination importants jusque dans les quartiers nord de Tokyo. Dans ces quartiers, on a des rayonnements qui correspondent à une exposition dix fois supérieures aux limites fixées par la loi… avant l’accident (1 mSv/an). L’Université de Tokyo a immédiatement réagi pour contester les résultats de ses propres scientifiques !
  • 3h, cent jours après l’accident de Fukushima, un nouveau sondage réalisé pour le Tokyo Shimbun, indique que 82 % des Japonais sont pour l’abandon de l’énergie nucléaire, 9 % pour l’arrêt immédiat de tous les réacteurs.
  • 8h, polémique entre spécialistes sur le devenir de l’eau radioactive. Areva annonce qu’il lui faut revoir ses plans et que cela prendra au moins une semaine. Pendant ce temps, l’eau risque de déborder. A part continuer à mettre des cuves sur le site, il n’y a pas de solution !
  • 18h, l’AFP présente le premier rapport de l’AIEA sur l’accident. L’agence de promotion du nucléaire civil critique le fait que le gouvernement japonais n’ait pas fait suffisamment vite appel à l’aide étrangère. Sur le reste, rien de nouveau.

18 juin

  • 0h, le gouvernement japonais annonce le lancement de l’évacuation de quatre nouvelles communes trop irradiées. Ces communes sont situées entre 33 et 55 km des réacteurs.
  • 7h, dans Le Figaro, Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN appelle à un développement d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires qui permettrait enfin à la filière d’arriver à maturité. Sachant que l’EPR actuellement difficilement en construction a été étudié dans les années 1980 et qu’il produira (peut-être) un kWh déjà bien plus cher que celui fournit par les centrales thermiques au gaz ou les éoliennes ; dans combien de temps pourraient naître une nouvelle génération de réacteurs ? 30 ans ? Et à quel prix ? Mieux vaut investir dans ce qui coûte le moins cher et qui pollue le moins : les économies d’énergie.
  • 12h30, nouveau séisme au Japon de magnitude 5.9 à 110 km à l’est de Fukushima.
  • 13h, sur Europe 1, Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, revient sur la sortie d’Eric Besson pendant le tournage de l’émission Capital  : « De la part du ministre qui a l’autorité de tutelle sur la sûreté nucléaire, c’est quand même extrêmement inquiétant. S’il refuse de s’expliquer et de répondre à des questions simples et assez banales sur les failles éventuelles de la sécurité (…) cela veut dire soit qu’il ne sait pas répondre et donc qu’il est incompétent, ce qui est embêtant à son poste, soit qu’il ne peut pas répondre car il ne sait pas comment dire les choses et dans les deux cas c’est très mauvais ».
  • 13h, à Toulouse, se déroule un procès du nucléaire. A cette occasion, des représentants du Réseau sortir du nucléaire lancent un appel à sortir du nucléaire. Cet appel rappelle que la très grande majorité de la population mondiale souhaite vivre sans nucléaire.
  • 15h, à Colmar, le collectif des jeûneurs lance un appel pour l’arrêt de Fessenheim et la sortie du nucléaire. 124 personnes se sont déjà relayées pour un total de 600 jours de jeûnes. Intervention d’une élue allemande venue de Fribourg qui alerte sur le risque que la sortie du nucléaire en Allemagne ne soit pas encore définitive : la seule solution sûre, c’est la baisse de la consommation électrique (…) Les énergies renouvelables n’ont de sens que dans cette perspective-là".
  • 22h, deux nouveaux travailleurs du site présentent une trop grande exposition à la radioactivité (678 et 643 millisieverts, alors que la nouvelle limite est de 250). Ces deux personnes portent des lunettes. Il semble que le port de lunettes sous les masques des tenues de protection augmente le passage des particules radioactives.

17 juin

  • 0h, disposant d’une cartographie plus précise, le gouvernement annonce qu’il va procéder à l’évacuation de personnes se trouvant au-delà des 20 km déjà évacuées et vivant dans des taches de contamination importantes (la contamination varie surtout en fonction des pluies). Les évacuations vont donc se poursuivre au cas par cas. Le gouvernement semble estimer que la carte de contamination actuelle n’évoluera pas… alors que la radioactivité continue de s’échapper des trois réacteurs 1,2 et 3 de Fukushima. The Wall Street journal signale qu’une zone d’évacuation est prévue dans la préfecture de Kanagawa… dans la banlieue de Tokyo, à plus de 200 km de Fukushima.
  • 0h, des médecins d’Iitate (ville en grande partie évacuée dans la préfecture de Fukushima), rendent public une circulaire gouvernementale indiquant que les médecins ne doivent faire des mesures d’irradiation qu’à la demande des autorités et des sociétés autorisées et doivent refuser les demandes provenant des personnes ou des associations. Officiellement, il s’agit d’éviter d’avoir trop de travail. Officieusement, on peut imaginer que le gouvernement ne souhaite pas voir publier trop d’informations sur le sujet. Cette circulaire n’a sans doute aucun rapport avec les données publiées ce même jour par la mairie d’Iitate : les mesures indiquent des taux de contamination trois fois plus élevés que ce qu’annonce le gouvernement.
  • 0h, les syndicats agricoles dénoncent l’insuffisance des contrôles alimentaires. Selon eux, le gouvernement ne peut pas contrôler plus de 0,1 % de la nourriture qui circule dans le pays. Il y a donc 99,9 % de malchance que des lots contaminés échappent aux contrôles !
  • 8h, selon des informations provenant des enquêtes de l’AIEA, une partie de l’accident de Fukushima provient de défauts dans la conception du réacteur. Ce réacteur produits aux Etats-Unis, équipe de nombreuses centrales dans ce dernier pays.
  • 8h, le gouvernement japonais donne les résultats d’une enquête réalisée auprès des 47 gouverneurs de préfectures sur la question de la sortie du nucléaire. 11 se prononcent pour la fermeture des réacteurs nucléaires aussi vite que possible, 1 pour ralentir l’activité des réacteurs existants, 4 pour le maintient des centrales existantes en activité, 31 ne se prononcent pas sur cette question. Interrogés sur la poursuite de la construction de nouveaux réacteurs, les 47 se prononcent contre.
  • 8h, Christopher Busby, spécialiste des faibles doses, expert auprès du ministère de la Défense britannique publie une étude sur les conséquences probables sur la santé des populations autour du site de Fukushima. Il s’appuie sur le modèles mis au point au niveau européen à partir des expériences de Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl. En prenant l’hypothèse que 3 millions de personnes vivent encore dans un rayon de moins de 100 km autour de Fukushima et y resteront pendant au moins un an, avec les connaissances de pollution radioactive que l’on a, 100 000 devraient commencer un cancer dans les dix ans et 100 000 autres plus tard. Ce nombre de cancers peut encore beaucoup varier : en mieux, si les populations sont évacuées plus vite ; en pire, si la pollution continue à augmenter ou si la contamination alimentaire est mal contrôlée comme c’est actuellement le cas.
  • 12h, la télévision japonaise NHK reprend un appel de médecins qui demandent au gouvernement ce qui peut faire admettre que les travailleurs du nucléaire ont maintenant le droit de prendre des doses de 250 millisieverts par an au lieu de 2,5 avant l’accident. Ils s’inquiètent aussi du fait qu’en trois mois, certaines travailleurs ont déjà dépassés ces 250 millisieverts… et que plusieurs centaines ont déjà dépassé les 100. Ils mettent également en doute la valeur des contrôles effectués par TEPCO et demandent un contrôle fait par un organisme indépendant.
  • 12h, TEPCO et Areva annoncent la mise en place d’un équipement pour décontaminer l’eau stockées dans les réacteurs. Cinq heures plus tard, le procédé est arrêté. Selon TEPCO, des éléments de la machine utilisée dégagent déjà trop de radioactivité ! Le niveau atteint est celui qui aurait dû être atteint après un mois de fonctionnement : cela semble signifier que l’on a une eau 140 fois plus radioactive que prévue ! Une fois de plus, on construit n’importe quoi, on communique… et ça ne marche pas ! TEPCO annonce que s’il n’est pas possible d’utiliser ce procédé, il ne voit pas d’autres solutions que de rejeter l’eau à la mer ! Le volume d’eau actuel représente le volume de 40 piscines olympiques. N’y a-t-il pas encore quelques pro-nucléaires au Japon qui seraient prêts à en stocker chez eux ?
  • 17h, Le Parisien annonce que 162 kilos de thé vert en provenance du Japon, arrivés à Roissy, ont été mesurés avec un taux de radioactivité de 1038 bq/kg de césium… soit plus de deux fois la limite autorisée. Le plus grave est que ce thé a été récolté dans une province à 200 km au sud de Tokyo… Fukushima étant à 200 km au nord de Tokyo, cela indique que la contamination alimentaire s’étale déjà sur plus de 400 km vers le sud… alors que les vents dominants vont dans l’autre sens ! Cela signifie que les 35 millions d’habitants de la capitale vivent en permanence dans une zone maintenant hautement contaminée.
  • 20h, Le Point révèle qu’Eric Besson, pour le gouvernement français est intervenu auprès de la Commission européenne pour demander s’il ne serait pas possible de trouver un biais juridique pour bloquer la décision allemande de sortie du nucléaire. Prétexte trouvé par le ministre : l’arrêt des réacteurs allemands risque de provoquer une pénurie d’électricité en Europe.

16 juin

  • 0h, Kamata Kei, journaliste célèbre au Japon, Oe Kenzaburo, romancier, prix Nobel de littérature, Srtouchi Jakusho, romancière, et Sakamoto Ryuichi, musicien célèbre participe à une conférence de presse du Congrès national pour l’interdiction des armes nucléaires. Ils appellent à manifester au Parc Meiji le 19 septembre 2011 et espèrent réunir plus de 50 000 personnes. Ils sont les premiers signataires d’une pétition qui demande l’arrêt immédiat du surgénérateur Monju (en sérieuse panne depuis août 2010)et de l’usine de traitement des déchets de Rokkasho (jamais mise en route, équivalent de notre usine Areva à la Hague), ainsi que l’arrêt totale de toutes les centrales nucléaires progressivement.
  • 2h, lors d’une rencontre entre le ministre chinois de la protection environnementale Li Ganjie et Jack Allen, directeur de Westinghouse Asie (producteur de centrales nucléaires), le premier a confirmé au second que la Chine a pour le moment suspendu tout projet de nouvelles centrales tant que le bilan exact de l’accident de Fukushima ne serait pas fait.
  • 8h, le Japon signe un accord avec le Venezuela pour augmenter ses importations de pétrole. L’accord porte sur 3 millions de barils par an pendant cinq ans. Ce pétrole est destiné à des centrales électriques thermiques.
  • 8h, le gouvernement japonais envisage de mettre une taxe de 10 % sur les revenus des personnes et les bénéfices des entreprises, pendant dix ans, pour collecter les 300 milliards de dollars qu’auraient déjà coûtés tsunami et accident nucléaire.
  • 9h, début à Cherbourg du procès de 42 militants de Greenpeace ayant bloqué le chantier de l’EPR à Flamanville le 2 mai 2011. Le procureur a demandé des peines de prison avec sursis et des amendes pour les militants ayant occupé les grues et des amendes pour ceux qui ont bloqué l’entrée. EDF a demandé 155 000 euros de dommages et intérêts, coût estimé d’un jour d’arrêt du chantier. Jugement mis en délibéré au 27 septembre 2011.
  • 12h, NHK, télévision japonaise, rapporte que de nombreuses municipalités ont mis en place des vérifications de la radioactivité de la nourriture servie dans les cantines scolaires, de peur de récupérer des aliments provenant de zones contaminées.
  • 17h, le gouvernement français annonce le départ d’Anne Lauvergeon de la direction d’Areva, au 30 juin 2011. Elle sera remplacée par Luc Oursel, actuel n°2. Comme d’autres retraités du nucléaire, elle va pouvoir maintenant aller se sacrifier sur le chantier de Fukushima, elle qui aime tant défendre le nucléaire.
  • 20h, invité pour enregistrer une émission pour Capital qui devait être diffusé le 19 juin, Eric Besson a refusé de dialoguer avec le journaliste Guy Lagache après que celui-ci lui ait proposé d’entendre le témoignage d’un sous-traitant sur les failles de la sûreté dans les installations nucléaires. Eric Besson s’est levé, à arraché son micro et est parti en disant "Je vous laisse, je me casse, fais chier". Encore un journaliste qui ne sera plus invité aux conférences de presse du Ministre !
  • 23h, selon Associated Press, agence de presse des Etats-Unis, le site de Fukushima contient 4277 tonnes de combustibles. Par comparaison, il y en avait 30 tonnes à Three Mile Island et 180 tonnes à Tchernobyl. Le risque de pollution en cas d’amplification de l’accident — ce que l’on ne peut toujours pas exclure — est donc bien supérieur aux deux précédents accidents.

15 juin

  • 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce la probable sortie forcée du nucléaire au Japon d’ici moins d’un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l’arrêt. Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n’y a plus que 16 550 MW en activité. Non seulement aucun réacteur n’a redémarré depuis le 11 mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima, plus aucune opération de maintenance n’est possible sur les réacteurs qui sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le quotidien estime que d’ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute de vérification de la maintenance.
  • 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire, c’est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
  • 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des stations d’épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47 préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
  • 10h, ouverture de l’enquête publique concernant la construction d’ITER à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu’au 20 juillet (et prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra se plonger dans un dossier de 3500 pages s’il veut pouvoir s’assurer que ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques unes : rien n’indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne sait pas qui le paiera car son coût s’est envolé (on en est à 16 milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone la plus séismique de France ; il ne produira de l’énergie que pendant 600 secondes… juste de le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l’on passe au prototype suivant.
  • 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d’un sarcophage pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait commencer dès cet été… si la radioactivité n’est pas trop importante, si le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
  • 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de recherche scientifiques.
  • 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la science. A une question sur la confiance que l’on fait aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 % qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance), juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt confiance).
  • 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une information selon laquelle l’Arabie Saoudite voulait investir massivement dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c’est dans le solaire que son pays veut investir et qu’il s’intéresse au projet Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d’ici 2020, son seul pays pourrait produire jusqu’à quatre fois la demande mondiale actuelle d’électricité.

14 juin

  • 1h, un sondage réalisé pour le quotidien Asahi indique que 75 % des Japonais sont pour une sortie du nucléaire ; 65 % sont prêts à payer leur électricité plus cher si nécessaire pour le développement des énergies renouvelables. La quotidien rappelle que le refus du nucléaire n’est pas récent : en 2008, un précédent sondage indiquait que seuls 36 % des Japonais étaient favorable au développement de cette énergie. Reste que, comme en France, la démocratie ne s’applique pas dans ce pays.
  • 1h, la préfecture de Fukushima annonce avoir commandé 34 000 dosimètres qui seront remis aux enfants de 4 à 15 ans, pour suivre leur niveau de contamination. Ceux-ci devront les porter dans leur cartable en permanence pendant trois mois à partir de septembre.
  • 2h, en pleine nuit au Japon (vers minuit là-bas), les caméras de surveillance de TEPCO montrent des nuages de vapeurs puis une explosion. Les journalistes demandent ce que c’est en constatant que TEPCO ne communique pas sur le sujet. Ce n’est que le lendemain matin que le gouvernement répond enfin à ce qui s’est passé : il semble que suite à une élévation importante de la température dans le réacteur n°4, TEPCO ait provoqué une explosion d’hydrogène… Le réacteur n°4 est normalement à l’arrêt, mais des fuites dans les piscines de stockage du combustible nécessitaient depuis trois mois un constant refroidissement.
  • 6h, des groupes écologistes mettent en garde après avoir mesuré des taux de radioactivité importants dans les filtres à air des voitures à Tokyo.
  • 9h, le cours de l’action d’AREVA a baissé de plus de 20 % depuis le 11 mars 2011, signe de défiance de plus en plus marqué des investisseurs envers le nucléaire.
  • 11h, la chaîne de télévision NHK indique que 22 des 47 départements du Japon ont procédé à une recherche de contamination sur leurs sols… et que 16 (soit un tiers du pays) en ont trouvé. Le taux de radioactivité va décroissant du nord au sud… un sud qui dépasse largement Tokyo pour descendre jusqu’à Osaka.
  • 14h, EDF annonce la fermeture d’ici 2015 de deux des trois tranches de la centrale du Havre. Il s’agit d’une centrale thermique au charbon ! Alors que l’on peut avoir besoin de ces centrales thermiques pour provisoirement remplacer les réacteurs nucléaires en cas de décision politique de sortie du nucléaire, EDF essaie de rendre les choses plus compliquées ! Avec les centrales thermiques actuellement disponible en France, il est possible de stopper du jour au lendemain environ la moitié des réacteurs nucléaires.

15 juin

  • 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce la probable sortie forcée du nucléaire au Japon d’ici moins d’un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l’arrêt. Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n’y a plus que 16 550 MW en activité. Non seulement aucun réacteur n’a redémarré depuis le 11 mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima, plus aucune opération de maintenance n’est possible sur les réacteurs qui sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le quotidien estime que d’ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute de vérification de la maintenance.
  • 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire, c’est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
  • 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des stations d’épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47 préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
  • 10h, ouverture de l’enquête publique concernant la construction d’ITER à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu’au 20 juillet (et prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra se plonger dans un dossier de 3500 pages s’il veut pouvoir s’assurer que ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques unes : rien n’indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne sait pas qui le paiera car son coût s’est envolé (on en est à 16 milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone la plus séismique de France ; il ne produira de l’énergie que pendant 600 secondes… juste de le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l’on passe au prototype suivant.
  • 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d’un sarcophage pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait commencer dès cet été… si la radioactivité n’est pas trop importante, si le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
  • 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de recherche scientifiques.
  • 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la science. A une question sur la confiance que l’on fait aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 % qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance), juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt confiance).
  • 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une information selon laquelle l’Arabie Saoudite voulait investir massivement dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c’est dans le solaire que son pays veut investir et qu’il s’intéresse au projet Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d’ici 2020, son seul pays pourrait produire jusqu’à quatre fois la demande mondiale actuelle d’électricité.

13 juin

  • 0h, TEPCO annonce que d’importantes quantités de strontium ont été mesurées dans les eaux stockées sous les réacteurs 1 et 2. La cause probable est que les cœurs en fusion sont en contact avec l’extérieur. Cette découverte oblige à revoir complètement la procédure envisagée pour le traitement des eaux radioactives. Ce traitement, proposé par Areva, suscite toujours des doutes importants de la part des spécialistes qui voient bien comment on peut condenser la radioactivité, mais pas comment on peut la diminuer.
  • 7h, le secrétariat d’Etat à l’Energie des Etats-Unis estime que la radioactivité relâché par Fukushima a atteint 60 millions de curies, soit plus que l’accident de Tchernobyl (estimé à 50 millions de curies).
  • 14h, TEPCO annonce que six nouveaux "liquidateurs" présentent des taux de contamination trop importants (supérieurs à 250 mSv) et 88 autres approchent les limites. L’inquiétude est qu’il va falloir peu à peu renouveler le personnel… Il y a 2400 personnes qui se relaient actuellement sur le site et seulement 70 000 personnes formées dans le pays pour l’entretien de l’ensemble du parc nucléaire. Et les volontaires ne se bousculent pas !
  • 20h, avec 57 % de participation, le référendum italien sur la question du nucléaire a recueilli 94,3 % des voix contre le nucléaire. C’est la première fois depuis 16 ans que le quorum de 50 % pour un référendum est atteint… et c’est donc une confirmation du référendum de 1987 qui avait déjà demandé la sortie du nucléaire alors que 4 réacteurs étaient en construction dans la péninsule. Nicolas Sarkozy qui avait annoncé avoir vendu 4 EPR à l’Italie, va devoir changer de discours !

12 juin

  • 17h, environ 2000 personnes ont manifesté en Suisse devant la centrale de Müehleberg pour en demander l’arrêt immédiat. Les manifestants venus de Berne, Bienne et Fribourg n’ont pas utilisé de voitures individuelles !
  • 19h, une télévision russe annonce que ses journalistes ont mesuré des taux de radioactive mille fois supérieurs aux limites à 80 km des réacteurs de Fukushima.

11 juin

  • 0h, le gouvernement japonais donne quelques statistiques : environ 120 000 personnes ont été évacuées soit de la zone interdite (environ 100 000) soit parce que leur maison a été détruite par le tremblement de terre (environ 20 000 hors zone contaminée). 28 000 ont été relogées et 92 000 vivent dans des centres d’évacuation. 49 000 ont retrouvé un emploi. Le gouvernement a également indiqué que ce sont des millions de Japonais qui vont maintenant devoir vivre dans un environnement plus ou moins radioactif.
  • 7h, nouvelle manifestation antinucléaire à Tokyo. Plusieurs milliers de manifestants demandent que le gouvernement continue à fermer les réacteurs encore en fonctionnement et que soit lancé un plan énergétique propre.
  • 14h, le gouvernement britannique annonce la saisie d’une tonnes de champignon en provenance de Bulgarie. Les champignons sont trop radioactifs : jusqu’à 6000 bq/kg (10 fois la limite). Les champignons proviennent de zones touchées par le nuage de Tchernobyl.
  • 15h, une cinquantaine de manifestations se sont tenues en France pour marquer les trois mois de l’accident de Fukushima. A Paris, pour une fois, il y a eu du monde : près de 5000 personnes. L’occasion pour Yves Cochet, député EELV, de rappeler que la sortie du nucléaire constituait un enjeu important pour les négociations avec les socialistes. Martine Aubry a déclaré à l’issu de la manifestation : "Sortir du nucléaire, on peut le faire. Il reste à convaincre l’ensemble du parti socialiste, mais c’est possible". Ils étaient une centaine à Bordeaux, dont Noël Mamère pour demander la fermeture de la centrale du Blayais qui a juste 30 ans ce jour, durée de vie initialement prévue pour la centrale. Une centaine également à Toulouse pour demander la fermeture de la centrale de Golfech. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher). Une centaine également à Colmar où le jeûne tournant pour la fermeture de Fessenheim a dépassé le 550 jours de jeûnes…
  • 18h, les syndicats dénoncent un courrier de Philippe Druelle, directeur adjoint à la production nucléaire d’EDF daté du 10 mai 2011 qui demande aux exploitants des centrales nucléaires d’accélérer les cadences pendant les périodes d’entretien. Les syndicats dénoncent cette accélération qu augmente le risque d’erreurs et donc le risque d’accident.
  • 18h, annonce d’un accident mortel sur le chantier de l’EPR à Flamanville. Un ouvrier de 32 ans est mort après une chute, le deuxième décès en quelques mois (le premier c’était le 24 janvier 2011) sur un chantier qui s’embourbe et qui compte déjà plus de deux ans de retard. La CGT a porté plainte.
  • 18h, confirmation devant le parlement allemand : les huit réacteurs arrêtés après le 11 mars 2011 sont définitivement arrêtés. Il en reste potentiellement neuf en fonctionnement.

10 juin

  • 5h, le quotidien Daily Yomiuri révèle que malgré les consignes d’évacuation, il resterait au moins 1700 enfants dans la zone comprise entre 20 et 30 km de la centrale.

9 juin

  • 5h, le gouvernement japonais révèle avoir trouvé du strontiuml-89 et -90 dans onze communes situées en-dehors des zones évacuées. Le strontium se fixe dans les os et provoque cancer des os et leucémies. Une des communes est à 62 km de la centrale nucléaire ! Le gouvernement confirme la validité des données indépendantes, notamment celles fournies par Greenpeace. Il indique étudier comment élargir la zone d’évacuation.
  • 9h, des scientifiques britanniques s’inquiètent dans The Telegraph des annonces de fusion des cœurs des trois réacteurs. Selon eux, si la matière atomique venait à sortir à l’air libre, les taux de radioactivité pourrait être énormes.
  • 15h, au Parlement européen, les eurodéputés ont vivement protesté contre l’accord entre Etats concernant les stress-tests, estimant qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce qu’il faudrait faire. Ils contestent que les résultats ne soient pas contraignants (par exemple si l’on trouve des défauts génériques dans tous les réacteurs français, on ne sera pas obligé de les arrêter le temps de les réparer !), que l’attentat terroriste n’est pas envisagé. Les socialistes, les écologistes, l’extrême-gauche et les libéraux ont sensiblement émis les mêmes critiques. Seuls les conservateurs ne sont pas montés au créneau : c’est l’un des leurs qui a mené les négociations.
  • 14h, 400 élus de la région alsace ont déjà signé un appel demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Un nombre qui a doublé depuis l’accident japonais.
  • 15h, AREVA annonce que son usine pour traiter les eaux radioactives pourrait fonctionner dès le 15 juin 2011. Installée sur le site de Fukushima, elle "traiterait" 1200 tonnes d’eau par jour. La radioactivité serait "piégée" dans des boues, lesquelles seraient ensuite séchées et stockées dans des blocs de béton. Opération de communication ou réelle efficacité ?
  • 15h, alors que les Italiens doivent voter le 12 et 13 juin pour l’abandon définitif du nucléaire, le Vatican publie un communiqué très diplomatique… mais qui "condamne une technique toute-puissante non maîtrisée".
  • 18h, le conseil national suisse, étudiant les mesures à prendre pour accompagner la sortie du nucléaire ont voté pour l’interdiction du chauffage électrique. Celui-ci devra avoir totalement disparu d’ici 2025.

8 juin

  • 1h, un site internet japonais présente le bilan des suicides au Japon : ils sont en hausse de 18 % sur un an de mai 2010 à mai 2011. Il y a une hausse au nord du Japon, mais à peine supérieure à la tendance dans le reste du pays (+39 % quand même dans le département de Fukushima).
  • 8h, présentation dans L’Express, des essais de sûreté nucléaire dans les locaux du CEA sur des réacteurs reproduits à l’échelle 1/700e et 1/5000e. Commentaire d’un ingénieur du secteur automobile auprès du Réseau Sortir du nucléaire : c’est comme si on faisait des crash tests sur des véhicules de 0,8 mm de long !
  • 8h, La Stampa quotidien espagnol, rappelle que l’Espagne est le premier producteur d’électricité éolienne au monde, avec 19 000 éoliennes qui ont produit en 2010 21 % de l’électricité du pays à un prix moyen plus bas qu’en France (0,38 e/kWh contre 0,475 en France). La revue rappelle également que c’est l’Espagne qui vend de l’électricité à la France nucléaire.
  • 13h, le gouvernement publie un bilan de ses échanges dans le domaine de l’énergie : la France a vu sa facture pour les importations énergétiques augmenter de 20 % en 2010 pour atteindre 47,8 milliards d’euros. Le nucléaire n’est-il pas censé nous assurer notre indépendance ?

7 juin

  • 8h, conférence d’un groupe de parents de Tokyo qui suite à des analyses réalisées par l’ACRO (laboratoire indépendant français) alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures de protection à Tokyo, les doses mesurées dans les sols sont parfois à un seuil élevé (jusqu’à 2300 Bq/kg, soit le tiers des doses trouvées dans les cours d’école de Fukushima ville). Les doses cumulées sur un an prévisibles peuvent alors dépasser les limites autorisées. Des journalistes japonais mettent sur internet une vidéo montrant une personne qui se promène dans les rues de Koto Ward, un quartier de Tokyo avec un compteur Geiger… qui mesure jusqu’à 5,77 mSv. Cela confirme ce qu’affirment le groupe des parents ce jour : la contamination à Tokyo en césium est en train de monter.
  • 8h, nouvelles révélations sur les mensonges des autorités japonaises : dans un rapport transmis à l’AIEA, l’agence de Sûreté nucléaire du Japon NISA indique que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 sont entrés en fusion quelques heures seulement après le tremblement de terre et ont percé leurs cuves dès les premiers jours de l’accident. Le gouvernement japonais réagit en annonçant la mise en place d’une nouvelle autorité de contrôle "tout à fait indépendante". Comme pour les accidents nucléaires, il y a donc une échelle d’indépendance !
    Dans la foulée, TEPCO reconnaît que les données sur les rejets radioactifs sont estimées et qu’elles sont sans doute plus élevées dans la réalité. Des spécialistes estiment également que TEPCO ment en annonçant qu’il espère stabiliser la situation d’ici la fin de l’année.
  • 9h, le gouvernement interdit à TEPCO de reversé à la mer 3000 tonnes d’eau contaminées dans le réacteur voisin de Fukushima-Daini. Cette eau est entré dans le réacteur au moment du tsunami et depuis le réacteur est à l’arrêt.
  • 9h, le Professeur Toshihiro Yamamoto de l’Université de Kyoto, un expert en physique des réacteurs, ne se satisfait des nouvelles explications données par NISA. Selon lui, la présence de tellurium 132 retrouvé à des distances importantes du site ne peut s’expliquer par les scénarios présentés aujourd’hui.  

6 juin

  • 7h, la valeur de Tepco baisse de 28 % à la bourse de Tokyo sur rumeur d’un placement en redressement judiciaire. Tepco, première compagnie d’électricité au Japon, pourrait perdre jusqu’à 7 milliards d’euros en 2011.
  • 10h, selon l’agence de Sûreté nucléaire du Japon, NISA, le total des émissions radioactives, dans l’air à la date du 5 avril (il y a donc deux mois) était de 850 000 terabecquerels et non 630 000 comme annoncé auparavant. La quantité d’iode et de césium radioactifs présente dans les 105000 tonnes d’eau stockées dans les sous-sols serait de 720 000 terabecquerels. (le total de la radioactivité relâchée par Tchernobyl est estimé entre 5 et 12 millions de terabecquerels).
  • 18h, le gouvernement allemand présente un vaste plan industriel pour rendre possible la sortie du nucléaire : huit réacteurs nucléaires sont définitivement arrêtés (il en reste donc 9). De nouvelles centrales au gaz (à hauteur de 10 000 MW, ce qui couvre presque la production nucléaire totale) vont être construites, les plus propres possibles. Des prêts bonifiés vont être soutenus par l’Etat pour l’isolation des bâtiments. L’énergie photovoltaïque va être moins subventionnée, les subventions étant orientées vers l’éolien en mer (lequel doit permettre de fermer des centrales au charbon, de manière à réduire les émissions de gaz à effet de serre malgré les nouvelles centrales au gaz).
  • 19h, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie un rapport sur les énergies dans le futur. Cette étude prend en compte le ralentissement du nucléaire après Fukushima. Selon l’AIE, c’est le gaz qui devrait devenir dominant dans les années à venir (21 % de l’énergie dans le monde aujourd’hui, 25 % prévisible en 2035). Même si le gaz est le plus propre des énergies fossiles, cette évolution n’est pas compatible avec l’objectif de réduction des gaz à effet de serre.
  • 19h, le titre EDF en Bourse est au plus bas : 26 euros contre 87 euros il y a cinq ans. Le milieu boursier indique ainsi qu’il ne croit plus au choix de l’entreprise en faveur du nucléaire.
  • 21h, EDF annonce le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale de Civaux arrêté le 1er juin… malgré un débit en aval de 12,1 m3/s. Le débit a légèrement remonté suite aux orages du week-end. Version EDF : il s’agissait d’un arrêt pour entretien. Version qui ne tient pas : en quatre jours, le réacteur n’a pas pu être totalement arrêté. C’est bien le manque d’eau qui a conduit à cet arrêt.

5 juin

  • 7h, TEPCO organise une ronde de camions pour amener des citernes sur le site pour y stocker l’eau radioactive, ne disposant plus de place sur le site et la barge située au large étant remplie. Ces nouvelles citernes permettent de stocker 40 000 tonnes supplémentaires.
  • 8h, TEPCO annonce que des morceaux de béton rejetés lors de l’explosion du réacteur n°3 ont été récupéré à proximité avec des taux de contamination allant de 550 à 950 mSv/heure, ce qui signifie qu’un ouvrier ne peut s’en approcher que quelques minutes avant d’atteindre la limite d’exposition annuelle !
  • 15h, environ 2000 personnes manifestent à Barcelone pour la fermeture immédiate des centrales d’Asco et de Vandellos, construites au sud de la Catalogne.

4 juin

  • 8h, TEPCO annonce qu’un robot entré dans le bâtiment réacteur n°1 a filmé et mesuré un jet de vapeur radioactif qui semble sortir de la cuve. La fuite atteint 4000 mSv/heure. Elle interdit de fait toute approche par un humain.
  • 11h, NISA, l’agence de sûreté nucléaire nippone, reconnaît dans une conférence de presse avoir censuré des mesures. Ainsi du Tellurium132 a été détecté à 6 km du réacteur dès le 12 mars 2011, preuve évidente que les explosions n’ont pas été provoquées par des bulles d’hydrogène mais par une fusion du cœur. NISA a reconnu ne pas avoir communiqué des données sur le nuage d’iode radioactif. Lequel a atteint des niveaux très importants dans la deuxième quinzaine de mars… jusqu’à des distances bien supérieures aux zones où les gens ont été invités à rester enfermés chez eux. Le gouvernement a présenté ces excuses pour ses mensonges… soigneusement planifiés. C’est en effet la stratégie adoptée au niveau international pour éviter des mouvements de panique : une fois que vous savez que vous êtes contaminés, vous savez que vous pouvez prendre un peu plus de temps pour vous en aller.
  • 22h, TF1 annonce la publication d’un sondage dans le Journal du Dimanche : 77 % des Français sont pour la sortie du nucléaire (+7% en deux mois), dont 15 % le plus rapidement possible (-4%). Seuls 22 % des sondés sont pour la poursuite d’un programme nucléaire. Dans le détail, il y aurait quand même 13 % des électeurs Verts favorables au nucléaire… mais plus intéressant : pour la première fois, les partisans de la sortie du nucléaire sont majoritaires dans tous les partis, y compris l’UMP (55 %). Commentaire de Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe-Ecologie-Les Verts : "les citoyens évoluent plus vite que leurs dirigeants".

3 juin

  • 1h, Japon Steel Works a construit la totalité des pièces nécessaires aux 53 réacteurs japonais. C’est la seule usine sidérurgique au monde capable de fabriquer les grands composants en acier forgé — notamment la cuve — nécessaires dans les réacteurs nucléaires de grande puissance. Elle vient d’achever une expansion de sa capacité de forge de 5,5 à 12 réacteurs par an. Mais la firme annonce un accroissement de la part des activités non nucléaires dans ses ventes, et envisage de fermer certaines de ses installations les plus vieilles, puisqu’à l’heure actuelle ses installations ne tournent qu’à 60-70% de leurs capacités - et l’entreprise anticipe une baisse de la demande de composants de centrales. ( https://www.bloomberg.com/news/2011-06-02/japan-steel-works-to-target-non-atomic-energy-after-disaster.html )
  • 11h, le gouverneur de la préfecture de Shizuoka demande une contre-expertise sur les analyses de radioactivité concernant le thé. Les annonces sur la contamination du thé menace en effet l’économie de la région qui produit 40 % du thé au Japon. Le Ministère de la Santé lui répond qu’il n’est pas question de remettre les décisions d’interdiction de vente en cause.
  • 12h, alors que les limites d’exposition ont été portées de 20 mSv à 250 mSv par an pour les personnes sur le site, des mesures sur deux des ouvriers indiquent qu’ils ont déjà pris entre 210 et 580 mSv pour l’un en externe auxquels se rajoutent 74 en interne ; l’autre entre 200 et 510 en externe et 89 en interne.
  • 15h, manifestation devant la centrale de Civaux dont déjà un réacteur est à l’arrêt. Présence d’Eva Joly et de Yannick Jadot, députés européens. Eva Joly annonce que dans les négociations avec les socialistes, les écologistes demanderont non seulement un plan de sortie du nucléaire, mais la fermeture des réacteurs les plus anciens : Fessenheim, Bugey et Tricastin.
  • 15h, en Allemagne, les Verts estiment que le plan de sortie du nucléaire n’est pas assez ambitieux. Les centrales nucléaires pourraient être fermées plus rapidement, mais surtout, il faut une politique énergétique plus ferme pour pouvoir aussi commencer à fermer les centrales à charbon.
  • 15h, en Belgique, le maire de Gand, informé par Greenpeace du passage d’un train de déchets radioactifs, prend un arrêté pour l’interdire. L’affaire est portée devant les tribunaux car pour la SNCB il n’y a pas d’alternatives. Le 6 juin, le tribunal autorise le transport. La mairie de Gand demande alors à voir l’autorisation pour vérifier si tout est légal. Le tribunal ne lui répond pas…

2 juin

  • 8h, le gouvernement japonais annonce un accord avec l’industrie pharmaceutique pour distribuer deux médicaments connus pour favoriser la fixation et l’élimination du plutonium dans le corps. C’est pour le moins étrange quand on sait que la version officielle est que les retombées de plutonium n’ont pas dépassé les zones évacuées.
  • 10h, le gouvernement conservateur de Bulgarie annonce qu’il ne renonce pas à son programme nucléaire : actuellement deux réacteurs fonctionnent mais doivent être fermés en 2017 et 2019. Deux nouveaux réacteurs de technologie russe sont prévus pour les remplacer… Un consortium russe et français (EDF) se propose d’étudier comment prolonger la durée de vie des centrales existantes.
  • 10h, Calin Georgescu, rapporteur spécial des Nations-Unies invite la Pologne a organisé un référendum sur la question de la première centrale nucléaire "au moment où l’Europe s’engage dans la sortie du nucléaire". Le gouvernement français doit apprécier !
  • 11h, Takeshi Tanigawa, professeur d’Université, ancien consultant de TEPCO, s’inquiète publiquement de l’état de fatigue des travailleurs présents sur le site de Fukushima. Il craint que cette fatigue entraîne d’autres accidents. Il dénonce le fait que certains restent pendant dix jours sur le site sans même pouvoir se laver, encore moins rentrer chez soi pour se reposer. Il craint aussi des problèmes psychologiques graves alors que ces travailleurs n’arrivent pas à endiguer l’accident.

1er juin

  • 7h, l’AIEA, Agence internationale de l’énergie atomique, après avoir enquêté au Japon estime dans un rapport préliminaire que cet accident est le pire depuis Tchernobyl, que le risque séismique et de tsunami avaient été sous-évalués. Les dix-huit experts jugent exemplaire l’engagement des travailleurs japonais sur le site. Ils approuvent la démarche de TEPCO pour faire baisser la température des réacteurs. Ils demandent de mettre en place un suivi de l’exposition à la radioactivité des populations. Bref, on gère…
  • 8h, il a neigé sur le département de Fukushima, au-dessus de 1300 m, entre mi-avril et début mai… et les mesures dans la neige indique que celle-ci était radioactive : les analyses rendues publiques ce jour par l’Université de Fukushima donnent, pour 14 localisations différentes, une pollution au césium va de 200 Bq/kg à 3000 Bq/kg. Cette neige a fondu depuis et les autorités déconseillent de boire de l’eau du robinet.
  • 8h, la tempête tropicale qui a suivi les côtes du Japon du Sud au Nord toute la journée d’hier a provoqué à Fukushima des vents de plus de 100 km/h, soulevant les poussières et dispersant la radioactivité sur une plus grande surface… Ceci risque de se reproduire à chaque coup de vent.
  • 8h, conférence de presse de Bruno Chareyron, directeur de la CRII-Rad à Tokyo. La CRII-Rad conteste la limite d’exposition fixée à 20 mSv/an, estimant que c’est une dose trop élevée, et ceci d’autant plus qu’à la contamination par l’extérieur s’ajoute l’irradiation interne (respiration et alimentation) qui n’est pas prise en compte dans cette limite. Il indique que pour le moment, les mesures indépendantes confirment sensiblement les niveaux donnés officiellement… et qu’en conséquence, il faut continuer à évacuer les populations plus largement. Ainsi la ville de Koriyama, bien que située à 60 km doit être évacuée. Problème : elle compte 300 000 habitants.
  • 8h, un sondage indique que 80 % des Japonais estiment que le gouvernement ment sur la question de Fukushima. Il reste donc 20 % de naïfs !
  • 8h, sortie du livre La vérité sur le nucléaire, le choix interdit de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et avocate.
  • 10h, Ségolène Royal, dans une conférence, trouve la décision allemande "audacieuse" "volontariste" et relance son projet d’une France, première puissance écologique. Revirement spectaculaire pour celle qui au lendemain de l’accident, avait dénoncé "l’indécence" des opposants au nucléaire.
  • 13h, une quinzaine d’organisations genevoises interpellent le Conseil d’Etat et le Grand conseil du canton de Genève pour leur rappeler qu’ils doivent constitutionnellement d’opposer à tout projet nucléaire dans le voisinage… et qu’un projet de stockage de déchets nucléaire est actuellement à l’étude sur le site de Bugey, à 120 km de Genève.
  • 14h, rebondissement en Italie. Alors que le gouvernement avait décidé de ne plus faire le référendum sur le nucléaire prévu les 12 et 13 juin, la Cour de cassation estime que le gouvernement ne peut légalement l’annuler. La gauche et les antinucléaires sont satisfaits, les sondages prédisant un rejet massif d’un retour du nucléaire.
  • 17h, Eric Besson, ministre de l’énergie, annonce la convocation d’une réunion de la filière énergétique pour étudier comment la France va pouvoir faire face… à la fermeture des centrales nucléaires allemandes ! En effet, si la sécheresse se poursuit, de nombreux réacteurs français pourraient être mis à l’arrêt par manque d’eau de refroidissement… et la France risque de ne pas pouvoir importer d’électricité depuis l’Allemagne !
  • 18h, un des deux réacteurs de Civaux est mis à l’arrêt par manque d’eau, le débit de la Vienne étant trop faible pour assurer le refroidissement et les lâchers d’eau à partir des lacs de retenus ne pouvant être maintenus plus longtemps.
  • 20h, nouveau rapport de l’IRSN. La situation est "stable". Autrement dit, la catastrophe se poursuit. Le rapport est plein de questions sans réponse. L’une d’entre elles porte sur la solidité des piscines de stockage du combustible, placées en hauteur, en cas de nouveau tremblement de terre.
  • 20h30, le site cyberpresse.ca reprend un sondage paru au Japon : la plupart des Japonais pensent qu’ils surmonteront les conséquences du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011, mais 60 % craignent d’avoir été irradiés ou que des proches l’aient été par les rejets de la centrale de Fukushima. 8 % sont pour augmenter l’usage du nucléaire, 44 % souhaite que cette part diminue, 46 % seraient pour le statu quo. 79 % estiment que le gouvernement n’a pas été à la hauteur. 86 % que TEPCO n’a pas été à la hauteur.
  • 21h, huit associations nationales (Greenpeace, WWF, Amis de la Terre, Réseau Action Climat-France, Réseau Action Climat-France, HELIO International et Comité de Liaison Énergies Renouvelables) annonce leur refus de participer à une table-ronde sur l’efficacité énergétique tant que les mesures actées dans le Grenelle de l’Environnement ne seront pas concrétisés et tant que l’on ne pourra aborder la question des modes de production de l’énergie (le nucléaire en particulier).

30 juin

  • 6h, le gouvernement japonais annonce tout un panel de mesures pour économiser l’électricité : arrêt des escalators, de la climatisation dans les lieux publics, baisse de l’éclairage public, limitations des distributeurs de boissons fraîches, diminution de la fréquence de certains trains, incitation à ce que les fonctionnaires prennent leurs vacances en juillet-août, arrêt des usines automobiles les jeudis et vendredis. Objectif : baisser d’au moins 15 % la consommation d’électricité au niveau du pays.
  • 6h, le gouvernement japonais annonce que ce jour seuls 19 réacteurs (sur 54) sont encore en fonctionnement dans le pays.
  • 11h30 selon Associated Press, l’incendie autour de Los Alamos a déjà brûlé plus de
    20 000 hectares et pourrait devenir l’incendie le plus vaste jamais connu dans l’Etat du Nouveau-Mexique. Le site de Los Alamos, toujours cerné par les flammes, a indiqué que toutes les expériences en cours ont été arrêtées.
  • 14h, selon RTBF.be, de la radioactivité a été détectée dans l’urine de dix enfants vivant à 62 km de la centrale. C’est l’ACRO, association française qui a fait les mesures.
  • 15h, l’Association européenne de l’énergie éolienne, EWEA, présente ses objectifs pour répondre aux engagements de l’Union européenne. L’EWEA prévoit un triplement de la capacité européenne d’éoliennes d’ici 2020 pour atteindre une puissance de 230 GW soit 15,7 % des besoins en électricité. La France devrait alors disposer de 6 GW loin derrière d’autres pays comme l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, mais aussi la Grèce, l’Irlande… Cela pourrait monter à 400 GW en 2030 (28 % de l’électricité) et 735 GW en 2050 (50 % de l’électricité). En 2010, le secteur a investi 13 milliards d’euros. Cela devrait doubler d’ici 2020. Cela représente déjà plus que les investissements dans le nucléaire.
  • 16h, selon l’AFP, la centrale nucléaire écossaise de Torness a dû être arrêtée d’urgence suite au blocage du refroidissement par une accumulation importante de méduses dans les bouches d’aspiration. La centrale appartient à EDF-Energy, filiale britannique d’EDF.
  • 17h, les députés allemands votent par 513 voix contre 79 en faveur du plan de sortie du nucléaire proposé le 6 juin dernier par le gouvernement.
  • 20h, Le Point.fr publie un résumé du rapport de l’ASN concernant le site du Tricastin. L’ASN a autorisé le réacteur de 900 MW a fonctionner encore dix ans à condition qu’EDF engage des travaux pour mieux se protéger en cas de séismes, d’incendie ou d’inondation. EDF a jusqu’à 2014 pour se mettre en conformité. Rappelons que l’ASN donne souvent ce genre d’obligation… mais qu’EDF ou le CEA n’en tiennent pas forcément compte, l’ASN n’ayant pas de moyens pour imposer ses vues.

29 juin

  • 8h, The Telegraph annonce qu’une fuite d’eau dans le réacteur n°2 de Fukushima laisse sortir de l’eau avec un taux de contamination d’1 Siviert par heure (100 000 fois les limites autorisées, un niveau qui n’avait été observé que les premiers jours de l’accident). Cette eau coule actuellement dans un bassin de rétention située à 50 m de la mer. Selon le porte-parole de TEPCO, pour atteindre un tel niveau de radioactivité, il faut que l’eau soit chargée de particules radioactives de grosse taille. Cela semble indiquer que le corium (cœur fondu) du réacteur serait maintenant directement au contact de l’eau… donc que l’enceinte de confinement est en train de s’ouvrir.
  • 8h, les Forces motrices bernoises, FMB, annonce l’arrêt de la centrale suisse de Mühleberg, avec cinq semaines d’avance sur le calendrier de maintenance. Il s’agit d’y engager des travaux importants pour améliorer la prise d’eau et éviter un blocage du refroidissement en cas de crue. Les travaux sont estimés à 20 millions de FS (16 millions d’euros).
  • 9h, le parlement européen annonce la visite d’une délégation sur le chantier de l’EPR à Flamanville pour vérifier les conditions de travail et de logement des ouvriers suite à la publication du rapport de l’ASN qui pose des questions sur le recours à une sous-traitance maltraitée.
  • 10h, polémique à Tokyo. Des associations qui font des mesures au niveau du sol trouvent des taux de radioactivité bien plus importants que les taux officiels. Pourquoi ? Après recherche, il s’avère que les chiffres officiels sont pris à une hauteur de 18 m. La radioactivité étant fixé au sol, évidemment, cela ne donne pas les même chiffres. Selon l’organisation internationale Next-up,  les taux relevés au niveau du sol sont jusqu’à 100 fois plus élevés. Au lieu des 0,5 mSv par an annoncé par les autorités, on serait plutôt autour de 50 mSv par an… alors que l’évacuation concerne actuellement les zones dépassant 20 mSv par an. Si ces mesures sont confirmées, il faudrait donc évacuer au-delà de Tokyo soit plus de 50 millions de personnes.
  • D’après Le Matin, Le ministre japonais de l’Energie a tenté en vain mercredi de persuader une région du sud de l’archipel de redémarrer ses réacteurs nucléaires, mais celle-ci n’y est pas prête pour le moment. Après le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est du Japon, plusieurs réacteurs nucléaires ont été mis hors service. Aujourd’hui, 35 des 54 réacteurs ne produisent plus d’électricité, dont deux des quatre de Genkai, dans la préfecture de Saga, à l’extrême-sud de l’archipel.
  • 14h, depuis plusieurs jours un feu de forêt encercle le centre de recherche atomique de Los Alamos, au Nouveau Mexique (USA). Or ce centre est l’un des principaux sites de stockage des déchets radioactifs (30 000 fûts dont certains riches en plutonium). Alors que les habitants des villes voisines ont été évacués par précaution, des salariés sont restés sur le centre pour contrôler ce qui se passe. Si le feu n’a pas atteint le centre, le risque est que la chaleur provoque une réaction nucléaire. Depuis deux jours un avion du Ministère de l’environnement fait des mesures atmosphériques pour détecter un éventuel nuage radioactif.
  • 19h, Bruno Chareyron, de retour d’une mission au Japon pour la CRIIRAD, dénonce à son arrivée les "carences graves" dans la gestion de la pollution radioactive. Il dénonce la non prise en compte de l’expérience de Tchernobyl sur la santé à long terme, et répète qu’il faut évacuer la population bien plus largement. Il dénonce le peu d’utilisation qui a été fait des pastilles d’iode qui auraient être distribuée à toute la région de Tokyo. Il dénonce le fait que les populations du Nord du pays mangent des aliments contaminés, pratiquement sans aucun contrôle. Il dénonce enfin le manque de volonté au niveau économique : c’est pour éviter de dépenser des sommes folles que le gouvernement n’agit pas.

28 juin

  • 8h, lors de l’assemblée générale de TEPCO, pour la première fois une motion demandant l’abandon du nucléaire a été proposée par 402 actionnaires. Cette motion n’a pas obtenu la majorité… mais une autre motion a été adoptée qui prévoit que les investissements futurs se feront prioritairement dans les centrales au gaz (importé d’Australie) et enfin une motion a également adopté le fait que TEPCO cesse ces activités nucléaires en-dehors du pays ( un accord avec une compagnie au Vietnam existait). Sur les 933 000 actionnaires de la compagnie, 9000 étaient présents à cette assemblée générale, un record. La valeur en bourse des actions de TEPCO a baissé de 85 % depuis l’accident, le dépôt de bilan n’est pas exclu. Certains actionnaires ont demandé aux dirigeants de se faire hara-kiri s’ils ont encore un peu d’honneur. A l’extérieur, les organisations agricoles ont manifesté : les agriculteurs brandissaient des légumes interdits à la vente. Lors des assemblées des autres compagnies d’électricité, des motions ont été également déposées pour demander une sortie du nucléaire. Elles ont toutes été rejetées… mais l’avenir du nucléaire dans le pays parait compromis.
  • 8h, l’Agence de sûreté nucléaire japonaise annonce que 15 tonnes d’eau radioactive ont débordé des réacteurs : les sous-sols sont pleins.
  • 8h, Il Fatto quotidien italien rapporte des informations parues dans Tokyo Shimbun du 16 juin : les médecins constateraient une augmentation des fatigues, diarrhée et saignements de nez chez les enfants dans la ville de Koiyama, ville de 350 000 habitants, à 50 km des réacteurs accidentés. Les médecins ont demandé des analyses de sang pour détecter une éventuelle baisse des globules blancs, premier signe d’atteinte radiologique.
  • 8h, un sondage réalisé en Australie auprès de 14 000 personnes indique que 86 % souhaitent un avenir énergétique uniquement dépendant des énergies renouvelables.
  • 10h, Japon Times online estime que l’ensemble des actifs accumulés par TEPCO depuis le lancement du programme nucléaire dans les années 1970 ne suffiront pas à couvrir les frais de la catastrophe actuelle.
  • 10h, une étude publiée par le Conseil pour les ressources naturelles de l’énergie (service officiel du Japon) admet que les chiffres pris en compte pour le calcul du prix du kWh nucléaire ont été minorés et qu’il est en fait légèrement supérieur au prix du kWh thermique ou hydraulique.
  • 15h, le Conseil général du Haut-Rhin demande à EDF de faire en sorte que le réacteur de Fessenheim soit à l’abri d’une inondation. La centrale est en effet construite plus bas que le canal qui l’alimente, lequel est en aval d’un barrage sur le Rhin pouvant céder à l’occasion d’un séisme ou d’un attentat. EDF répond alors par la négative. Colère de Michel Habig, président de la CLIS, Commission locale d’information sur la sûreté : "nous sommes ici pour imaginer l’improbable" et donc EDF doit prendre ce scénario en considération. Le président de la région de Fribourg, côté allemand, a fait savoir qu’il appuyait la démarche du Conseil général.
  • 17h, Aux Etats-Unis, le gouverneur de l’Etat de New York a annoncé à Entergy, l’exploitant de la centrale nucléaire d’Indian Point, que les autorisations de prélèvements d’eau de l’Hudson ne seraient pas renouvelées en 2013 et que la centrale devra fermer. Cette centrale avait été visée par les attentats du 11 septembre 2001.

27 juin

  • 00h, selon plusieurs médias japonais, le gouvernement doit adopter aujourd’hui le montant de son aide aux pays en voie de développement. Des fuites venant des ministères indiquent que le Japon, en crise économique grave, proposerait de donner de la nourriture invendue à ceux qui ont faim… nourriture invendue car radioactive ou suspectée de l’être (seule 1 % de la nourriture est contrôlée). Mieux vaudrait manger radioactif que pas du tout !
  • 4h, selon Associated press,malgré le risque de manque d’électricité, un sondage indique que 70 % des Japonais souhaitent le maintien à l’arrêt des 35 réacteurs (sur 54) depuis le 11 mars 2011. 21 % demandent l’arrêt immédiat des 19 encore en activité, 47 % sont pour l’arrêt progressif de ces derniers réacteurs.
  • 7h, selon Sankei Shinbun,  des taux importants de radioactivité sont actuellement mesurés dans les cendres des incinérateurs de la région de Tokyo : 9740 bq/kg en césium pour l’incinérateur d’Edogawa-ku, à l’est de la capitale. Les analyses dans les autres incinérateurs donnent : Katsushika : 6610 bq/kg ; Ota : 6030 bq/kg ; Koto : 4850 bq/kg ; Meguro : 4180 bq/kg.
  • 8h, Après que Bouygues ait annoncé une rupture de contrat avec le sous-traitant Atlanco, la CGT dénonce le licenciement des 70 travailleurs polonais de cette entreprise en grève sur le chantier de l’EPR. La CGT annonce saisir les Prud’hommes pour protéger ces salariés. Les syndicats dénoncent aussi une désorganisation du chantier, lequel accuse déjà un retard de plus de trois ans.
  • 11h, N. Sarkozy annonce que l’Etat, dans le cadre du grand emprunt, alloue un milliard pour renforcer la recherche sur "le nucléaire du futur", à savoir le retour à la surgénération, toujours promu par le CEA. il se justifie en disant qu’autant est consacré aux énergies renouvelables et à la production décarbonnée… mais sans entrer dans les détails. Par exemple : la voiture électrique est financée comme "énergie décarbonée", aidant indirectement le nucléaire.
  • 12h, Naoto Kan, le Premier ministre, qui a promis de démissionner sous certaines conditions, a nommé Ryu Matsumoto au nouveau poste de ministre chargé de la Reconstruction. Goshi Hosono, est nommé ministre chargé de la crise nucléaire en cours. On entre dans la durée…
  • 19h, nouvel essai de décontamination de l’eau et nouvel échec après 5 h de fonctionnement lors du premier essai. Ce coup-ci, l’installation est tombée en panne au bout d’une heure et demi. Entre les différents essais, nous en sommes à 1850 tonnes d’eau passée dans l’usine. Eau qui a pu ensuite être réutilisée. Sachant qu’il faut 2000 tonnes par jour pour refroidir les réacteurs, le problème n’a guère évolué.

26 juin

  • 2h, la presse japonaise indique que le directeur de TEPCO a touché une prime de départ de 5 millions d’euros.
  • 11h, manifestation des parents d’enfants à Fukushima-ville… sous une pluie battante (et sûrement radioactive). Ceux-ci demandent la sortie du nucléaire, mais aussi plus précisément que l’on enlève la couche superficielle de la terre partout où cela est possible pour décontaminer au maximum, en commençant par les cours d’école. La mairie de la ville a révélé que la limite légale est frôlée ou dépassée pour 182 mesures faites dans la ville. Celle-ci est à 60 km des réacteurs nucléaires.
  • 12h, TEPCO annonce qu’une nouvelle technique de traitement des eaux doit être testée la semaine prochaine. Pour le moment, l’installation d’Areva n’a permis de traiter que 500 tonnes d’eau, soit moins que ce qui est utilisé en une journée pour refroidir les réacteurs. Faute de solution, TEPCO annonce utiliser maintenant l’eau radioactive pour une nouvelle aspersion sur les réacteurs.
  • 16h, après un pique-nique géant, 7000 à 8000 personnes ont fait une chaîne humaine de plus de 5 km autour de la centrale de Fessenheim… et des gendarmes. Les manifestants étaient majoritairement allemands, mais aussi français et suisses. Ils protestaient contre la décision de l’ASN de vouloir autoriser la centrale à fonctionner dix ans de plus. La ministre de l’environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que le gouvernement ne prendrait pas de décision avant les résultats des tests de résistance (traduire : avant les élections ?).
  • 18h, invité par l’Unesco à Paris, Takuya Tasso, gouverneur de la préfecture japonaise d’Iwate, au nord de Fukushima, a estimé que pour le moment aucune radioactivité inquiétante n’a été relevée sur son territoire, mais que "le Japon devra renoncer au nucléaire et se tourner vers les énergies renouvelables" même si cela demandera du temps.
  • 20h, la Communauté urbaine de Bordeaux vote un vœu demandant la fermeture progressive et le démantèlement de la centrale du Blayais, estimant que cette centrale, en cas d’accident, pourrait contaminer l’agglomération. Le vœu a été adopté par les groupes socialiste et écologiste. Communistes et UMP-Modem n’ont pas pris part au vote.

25 juin

  • 0h, selon China Daily,le gouvernement chinois annonce que le processus d’approbation des nouveaux projets de réacteurs nucléaires ne reprendra pas au mieux avant mi-2012, au pire mi-2013, le temps de redéfinir les conditions de sûreté pour les prochains réacteurs, mais qu’il n’envisage pas de remettre en cause son programme nucléaire.
  • 8h, selon les médias américains, de la radioactivité a été mesurée dans l’eau de pluie qui tombe actuellement sur Hawaï.
  • 10h, le ministère de l’éducation et des sciences du Japon donne les résultats d’analyses des sédiments revelés en mer à 3 km du site de Fukushima. On y trouve malheureusement du strontium-89 et -90 et encore pire : du plutonium.
  • 10h, selon Rtb.fr, la réunion des quatre ministres belges concernés par l’énergie n’a pas débouché sur des certitudes concernant le nucléaire : la Belgique vise les 100 % renouvelables d’ici 2050, mais ne se prononce pas sur la part du nucléaire dans ce processus. toutefois la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire ne sera pas remise en cause.
  • 18h, Médiapart publie des photos transmises par des syndicalistes de la centrale de Penly. Photos représentant une fuite de vapeur radioactive dans un circuit primaire en janvier 2010. On y voit des tuyaux rouillés, un jet de vapeur au niveau d’une soudure, des mousses (ou des dépôts calcaires ?) bref, on se croirait dans une ruine… mais non c’est bien une centrale nucléaire française.
  • 18h, congrès des Verts allemands : la majorité se prononce pour accepter la sortie du nucléaire en 2022 alors qu’une motion demandait de continuer à revendiquer une sortie plus rapide (2017).

24 juin

  • 0h, The Japan Times rapporte que le gouvernement japonais essaie de mettre en place un budget pour financer le suivi de santé des personnes exposées aux radiations. Le budget prévoit de suivre 2 millions de personnes ! Donc bien plus que les 100 000 personnes évacuées à ce jour. Et c’est sans doute minoré pour ne pas affoler les Japonais !
  • 0h, Selon Mainichi Japan, le Ministère de l’environnement japonais vient d’interdire de se baigner sur 135 plages. Toutes les plages du département de Fukushima sont interdites sauf une. Le taux pris en compte pour l’interdiction de ces plages est plus bas que dans la nourriture… le gouvernement se justifie en faisant constater qu’il est plus facile de renoncer à se baigner qu’à boire ou manger.
  • 0h, selon le même quotidien, le gouvernement vient d’accorder un prêt de 2000 milliards de yens (19 milliards d’euros) à TEPCO pour éviter que celui-ci ne se retrouve en faillite.
  • 1h, ouverture d’un procès à Tokyo suite à la plainte d’une personnes évacuée qui demande au tribunal de vérifier la légalité de l’exploitation de la centrale nucléaire de Fukushima 1.
  • 7h, un avion s’écrase sur le réacteur nucléaire n°2 de Fukushima ! Heureusement, il ne s’agit que d’un drône de 7,7 kg utilisé pour mesurer la radioactivité au-dessus du site.
  • 12h, la télévision japonaise NHK présente une simulation réalisée par le ministère des sciences. Il s’agit de la dispersion de la radioactivité en mer. Selon cette simulation, en mars 2012, le césium-137 serait détectable dans les eaux de mer à 4000 km de Fukushima avec un taux de radioactivité non négligeable. En 2014, il atteindrait les îles d’Hawaï, mais à des doses très faibles. En 2016, le césium toucherait les côtes du Canada et des Etats-Unis à des niveaux encore plus faibles. L’étude ne dit rien sur la concentration qui va ensuite se produire le long des chaînes alimentaires. Autant dire que la pêche dans l’Océan Pacifique est fortement compromise pour les années à venir.
  • 14h, après 24 tentatives (et le suicide du chef de service en janvier 2011), les opérateurs du surgénérateur de Monju (côte ouest du Japon) ont réussi à récupérer une grue de 3 tonnes qui s’est effondrée sur le couvercle du réacteur en août 2010. La chute d’une barre de combustible au plutonium limite les possibilités d’intervention humaine dans le réacteur du fait de la pollution radioactive. Comme Superphénix en France, ce réacteur n’a pratiquement jamais réussi à fonctionner !
  • 18h, l’ASN, autorité de sûreté nucléaire annonce qu’en 2010, 112 accidents du travail ont eu lieu sur le chantier de l’EPR à Flamanville dont 36 n’ont pas fait l’objet d’une déclaration au registre des accidents du travail. L’ASN accuse le groupe Bouygues d’être à l’origine de la plupart de ces "oublis". Elle dénonce également un "délit d’obstacle aux missions de l’inspecteur du travail". Les syndicats dénoncent les pressions de Bouygues sur les salariés.
  • 19h, Peter Hufschmied, président de l’Inspection de la sûreté nucléaire en Suisse, présente sa démission après que les médias aient révélé des liens financiers avec les Forces motrices bernoises, propriétaire de la centrale de Mühleberg. Il était membre du conseil d’administration d’une société d’importation de caviar et de plantes exotiques, société sponsorisée par FMB et membre d’une société d’énergie solaire Sol-E Suisse, dont le capital est à 100 % à la FMB.

23 juin

  • 0h, la saison des pluies commencent sur Fukushima. Pour éviter que le ruissellement de la pluie n’entraîne trop de radioactivité à la mer, différentes mesures ont été prises : collecte des déchets projetés par l’explosion, résines sur les poussières, bâches au-dessus des réacteurs… Mais globalement, TEPCO estime que cela ne suffira pas et qu’il faut s’attendre à une nouvelle pollution maritime.
  • 7h, Le Figaro annonce que l’ASN va donner son feu vert pour une prolongation de dix ans du réacteur n°1 de Fessenheim. La rapport rappelle pourtant que Fessenheim a été construit sur une dalle en béton de seulement 1 m d’épaisseur (contre 3 à 4 m à Fukushima) et qu’en cas de fusion du cœur, celui-ci pourrait rapidement passer à travers et toucher alors la nappe phréatique du Rhin située juste en dessous. Le renforcement de cette dalle pourrait coûter 100 millions d’euros. L’ASN précise toutefois que le résultat des "stress-tests" pourraient remettre cette autorisation en cause.
  • 9h, Associated press publie une enquête portant sur 48 des 65 sites nucléaires américains (104 réacteurs) : trois quart des réacteurs ont eu des fuites radioactives plus ou moins graves dans leur existence, plusieurs nappes phréatiques ont été contaminées. Le pire est à venir : les fuites sont difficiles à détecter et les réacteurs ont tous plus de 30 ans.
  • 10h, à l’invitation d’Yves Cochet, le Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, le Réseau Action-Climat ont organisé un colloque à Paris "Nucléaire, le droit de choisir". Bien que cela se passe dans l’Assemblée nationale, outre Yves Cochet (EELV), seules deux parlementaires sont présentes : Martine Billard (Parti de Gauche) et Laurence Rossignol (PS). Trois députés européens participent au débat : Michèle Rivasi (EELV), Corinne Lepage (Cap 21) et Jean-Luc Benhamias (Modem). Il y a 200 personnes… essentiellement des militants écologistes et quelques élus EELV régionaux. Michèle Rivasi, de retour d’une semaine au Japon, témoigne du sentiment de colère dans la zone d’évacuation volontaire (entre 20 et 60 km de Fukushima) et comment les gens ne commencent qu’à comprendre maintenant que leur départ est définitif.
  • 12h, débat au parlement européen sur une directive portant sur la gestion des déchets nucléaires. Celle-ci envisage la possibilité d’exporter les déchets en-dehors de l’Union européenne. Cette disposition est rejetée… mais par seulement une dizaine de voix ! Par contre est adoptée la possibilité pour les pays de stocker leurs déchets dans un autre pays de l’Union européenne. Bientôt nos déchets en Roumanie ?

22 juin

  • 8h, TEPCO annonce qu’il cherche à louer de nouvelles citernes pour stocker l’eau radioactive. L’usine d’Areva ne semble pas en mesure de résoudre significativement le problème et l’idée de rejeter l’eau en mer a été interdite par le gouvernement. Selon TEPCO, l’usine d’Areva qui devait diviser la radioactivité s’avère 25 moins efficace qu’annoncée.
  • 8h, TEPCO annonce avoir essayé de diminuer les injections d’eau dans le réacteur n°3, mais que la température est immédiatement repartie à la hausse. Ce réacteur nécessite 1 tonne d’eau par heure pour son refroidissement, le double que pour les réacteurs 1 et 2. La cause au combustible MOX ? De même TEPCO annonce avoir mesuré des taux de radioactivité record (430 mSv/heure) à proximité du réacteur n°2.
  • 8h, une photo mise en ligne sur internet présente un compteur lors d’une mesure à Fukushima-ville (60 km de la centrale) : on est à un taux 750 fois supérieur aux limites autorisées. Le gouvernement japonais conteste l’authenticité de cette photo.
  • 10h, selon l’association norvégienne Bellona, un rapport a été remis le 9 juin dernier à la présidence russe par Rosatom, agence russe nucléaire. Il s’agit d’une série de vérifications faites sur le parc nucléaire russe après l’accident de Fukushima. Rosatom révèle de nombreux problèmes. Le plus grave : il n’est pas sûr que les 32 réacteurs nucléaires russes en activité s’arrêtent en cas de séisme important. Certains réacteurs ne sont plus horizontaux : le socle penche. Les réacteurs sont vieillissants. Certains circuits de secours, notamment au niveau des circuits de refroidissement, se sont avéré déficients. Des problèmes d’hydrogène pourraient provoquer une amorce d’accident, certaines soudures n’étant plus étanches. Enfin, le personnel n’est pas formé pour réagir en cas d’accident. Rosatom indique que nombre de normes internationales ne sont pas respectées et que ces manquements n’ont pas été signalés jusqu’à maintenant au niveau international.
  • 11h, selon La Tribune.fr, TEPCO aurait fait encore une perte de 1 milliard d’euros rien que pour le mois de mai 2011 qui s’ajoute au 10,9 milliards d’euros annoncés pour l’année précédente. Un milliard d’euros par mois, ce pourrait être le coût de l’accident (à comparer avec le prix de la construction d’un réacteur : 5 milliards). Ce déficit ne couvre que les activités sur la centrale. Il faut y ajouter 765 millions d’euros pour l’aide psychologiques aux populations évacuées.
  • 17h, Challenges publie les résultats d’un sondage réalisé auprès de 19000 personnes de 24 pays industrialisés. Globalement, 62 % des sondés sont contre le nucléaire. Seuls pays majoritairement pour : l’Inde, la Pologne et les Etats-Unis. Globalement, à la question de savoir ce qu’il faut utiliser comme énergie, arrive en premier le solaire puis l’éolien, puis l’hydraulique, puis le gaz naturel, puis le charbon… et en dernier choix le nucléaire. Selon l’institut de sondage, c’est la première fois que le nucléaire passe derrière les solutions thermiques (gaz et charbon).
  • 17h, l’association internationale pour la protection contre les rayonnements ionisants estime que les relâchements de radioactivité pourraient atteindre 621 millions de curies (23 millions de TeraBecquerels) pour l’ensemble des trois réacteurs accidentés. Cela ferait 25 fois les émissions de Tchernobyl. Ces chiffres affolants s’appuient sur un rapport britannique publié ce jour par The Gardian qui annonce que 684 kg de césium-137 ont été envoyés dans l’atmosphère (contre 26 kg pour Tchernobyl et 350 kg pour l’ensemble des essais atomiques aériens).

21 juin

  • 3h, à Berne, la police a interpellé de nuit les 26 personnes qui campaient devant le siège des Forces Motrices Bernoises depuis plus de deux mois. Ce camp, lancé après l’accident de Fukushima, demande l’arrêt de la centrale de Mülheberg. Différents mouvements antinucléaires et écologistes ont réagi en conseillant au gouvernement de s’occuper plutôt de nettoyer les dégâts du nucléaire, plutôt que les camps antinucléaires.
  • 14h, la préfecture de Kawaguchi, dans la préfecture de Saitama, dans la banlieue de Tokyo, a décidé d’avoir ses propres normes de radioactivité. Alors que le gouvernement japonais a fixé un seuil de tolérance à 20 mSv par an, les autorités de la ville ont fixé la norme à 1,64 mSv. Ce seuil a été calculé ainsi : 0,30 mSv pour le rayonnement cosmique, 0,34 mSv pour la radioactivité naturelle, 1 mSv pour la radioactivité artificielle provenant de l’accident. La commune a annoncé qu’elle allait démarrer en juillet ses propres mesures et que si les doses horaires (0,31 µSv) sont dépassées, elle prendrait des mesures de confinement pour les personnes. Selon les premières mesures, on en serait pour le moment à 0,16 µSv/heure, mais ce taux augmente du fait de la poursuite des émanations en provenance de Fukushima.
  • 15h, Conférence de presse de l’AIEA : ces très sérieux experts annoncent qu’ils vont vérifier l’ensemble du parc nucléaire. Ils précisent qu’ils estiment pouvoir en contrôler une sur dix dans les trois ans… ce qui signifie qu’il faudra donc 30 ans pour toutes les contrôler ! Combien auront explosé d’ici là ?
  • 18h, Anne Lauvergeon, directrice sortante d’Areva annonce renoncé à ses indemnités légales soit 1,8 millions d’euros. Elle gagnait 1,07 million par an.
  • 19h, Sciences & Avenir publie sur son site les résultats d’analyses du professeur Masayoshi Yamamoto, de l’université de Kanasawa : le plutonium trouvé à proximité de la centrale vient bien d’un des réacteurs (pas forcément de celui qui a du MOX) et non pas des restes de la bombe de Nagasaki en 1945. Selon l’universitaire, cette pollution, faible, est très gênante car durable. Toutefois, le plutonium, molécule lourde, ne devrait pas avoir dépassé 20 à 30 km autour du site.

20 juin

  • 12h, TEPCO n’arrivant pas à intervenir dans le réacteur n°2, la compagnie annonce son intention de procéder à une "ventilation" du réacteur. Dit autrement : elle envisage de créer un nouveau nuage radioactif… sans doute pour éviter encore pire !
  • 12h, le ministère de l’environnement japonais envisagerait d’incinérer certains déchets du tsunami contaminés par le nuage radioactif de Fukushima… au risque de relâcher une nouvelle fois la radioactivité. Argument : il s’agirait de déchets contenant moins de 8000 bq/kg de radioactivité donc peu radioactifs. Mais quand on brûle des produits radioactifs, la fumée devient radioactive ! La seule méthode correcte est de noyer les déchets dans des blocs de béton… que l’on surveillera pendant des centaines ou des milliers d’années selon les radionucléides présents. Bien sûr, cela coûte plus cher !
  • 12h, le gouvernement signale que trois nouveaux ouvriers ont dépassé les doses autorisées et que TEPCO vient d’annoncer que les doses reçues par 125 ouvriers présents sur le site en mars ne sont pas connues, soit parce que les dosimètres n’ont pas fonctionné, soit parce qu’ils n’en ont pas porté tout le temps. La catastrophe sanitaire est en route…
  • 15h, Alex, Français résidant au Japon, mettait depuis plusieurs jours des petites vidéos pour montrer des mesures de radioactivité sur YouTube. Alors que la dernière a été vue par plus de 68 000 personnes, les vidéos ont disparus du site. Interrogé YouTube dit que c’est l’utilisateur qui a supprimé son compte. Alex conteste cela en publiant une vidéo sur DailyMotion ! Comme quoi la censure essaie aussi de s’exercer sur internet.
  • 23h, pose de la première pierre en Californie d’une future centrale solaire à Blythe. Ce sera la plus grande au monde. Elle permettra de fournir de l’électricité à 500 000 personnes. Le gouvernement des Etats-Unis a annoncé à cette occasion que 24,5 milliards d’euros ont été investis dans les énergies renouvelables en 2010 et que la tendance est en forte hausse pour 2011. Les investissements dans le nucléaire sont au niveau zéro : aucun nouveau chantier de réacteur n’a été mis en route depuis… 1973 !

19 juin

  • 1h, des collectifs japonais indépendants, avec l’aide d’universitaire, publient une carte des contaminations qu’ils ont réalisées à partir de 6300 mesures indépendantes. La carte montre bien une forte contamination dans la direction nord-est comme sur les cartes officielles, mais aussi une contamination dans la direction sud-est qui est largement minorée sur les cartes officielles. Or cette deuxième direction est celle de Tokyo. Les mesures montrent des points de contamination importants jusque dans les quartiers nord de Tokyo. Dans ces quartiers, on a des rayonnements qui correspondent à une exposition dix fois supérieures aux limites fixées par la loi… avant l’accident (1 mSv/an). L’Université de Tokyo a immédiatement réagi pour contester les résultats de ses propres scientifiques !
  • 3h, cent jours après l’accident de Fukushima, un nouveau sondage réalisé pour le Tokyo Shimbun, indique que 82 % des Japonais sont pour l’abandon de l’énergie nucléaire, 9 % pour l’arrêt immédiat de tous les réacteurs.
  • 8h, polémique entre spécialistes sur le devenir de l’eau radioactive. Areva annonce qu’il lui faut revoir ses plans et que cela prendra au moins une semaine. Pendant ce temps, l’eau risque de déborder. A part continuer à mettre des cuves sur le site, il n’y a pas de solution !
  • 18h, l’AFP présente le premier rapport de l’AIEA sur l’accident. L’agence de promotion du nucléaire civil critique le fait que le gouvernement japonais n’ait pas fait suffisamment vite appel à l’aide étrangère. Sur le reste, rien de nouveau.

18 juin

  • 0h, le gouvernement japonais annonce le lancement de l’évacuation de quatre nouvelles communes trop irradiées. Ces communes sont situées entre 33 et 55 km des réacteurs.
  • 7h, dans Le Figaro, Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN appelle à un développement d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires qui permettrait enfin à la filière d’arriver à maturité. Sachant que l’EPR actuellement difficilement en construction a été étudié dans les années 1980 et qu’il produira (peut-être) un kWh déjà bien plus cher que celui fournit par les centrales thermiques au gaz ou les éoliennes ; dans combien de temps pourraient naître une nouvelle génération de réacteurs ? 30 ans ? Et à quel prix ? Mieux vaut investir dans ce qui coûte le moins cher et qui pollue le moins : les économies d’énergie.
  • 12h30, nouveau séisme au Japon de magnitude 5.9 à 110 km à l’est de Fukushima.
  • 13h, sur Europe 1, Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, revient sur la sortie d’Eric Besson pendant le tournage de l’émission Capital  : « De la part du ministre qui a l’autorité de tutelle sur la sûreté nucléaire, c’est quand même extrêmement inquiétant. S’il refuse de s’expliquer et de répondre à des questions simples et assez banales sur les failles éventuelles de la sécurité (…) cela veut dire soit qu’il ne sait pas répondre et donc qu’il est incompétent, ce qui est embêtant à son poste, soit qu’il ne peut pas répondre car il ne sait pas comment dire les choses et dans les deux cas c’est très mauvais ».
  • 13h, à Toulouse, se déroule un procès du nucléaire. A cette occasion, des représentants du Réseau sortir du nucléaire lancent un appel à sortir du nucléaire. Cet appel rappelle que la très grande majorité de la population mondiale souhaite vivre sans nucléaire.
  • 15h, à Colmar, le collectif des jeûneurs lance un appel pour l’arrêt de Fessenheim et la sortie du nucléaire. 124 personnes se sont déjà relayées pour un total de 600 jours de jeûnes. Intervention d’une élue allemande venue de Fribourg qui alerte sur le risque que la sortie du nucléaire en Allemagne ne soit pas encore définitive : la seule solution sûre, c’est la baisse de la consommation électrique (…) Les énergies renouvelables n’ont de sens que dans cette perspective-là".
  • 22h, deux nouveaux travailleurs du site présentent une trop grande exposition à la radioactivité (678 et 643 millisieverts, alors que la nouvelle limite est de 250). Ces deux personnes portent des lunettes. Il semble que le port de lunettes sous les masques des tenues de protection augmente le passage des particules radioactives.

17 juin

  • 0h, disposant d’une cartographie plus précise, le gouvernement annonce qu’il va procéder à l’évacuation de personnes se trouvant au-delà des 20 km déjà évacuées et vivant dans des taches de contamination importantes (la contamination varie surtout en fonction des pluies). Les évacuations vont donc se poursuivre au cas par cas. Le gouvernement semble estimer que la carte de contamination actuelle n’évoluera pas… alors que la radioactivité continue de s’échapper des trois réacteurs 1,2 et 3 de Fukushima. The Wall Street journal signale qu’une zone d’évacuation est prévue dans la préfecture de Kanagawa… dans la banlieue de Tokyo, à plus de 200 km de Fukushima.
  • 0h, des médecins d’Iitate (ville en grande partie évacuée dans la préfecture de Fukushima), rendent public une circulaire gouvernementale indiquant que les médecins ne doivent faire des mesures d’irradiation qu’à la demande des autorités et des sociétés autorisées et doivent refuser les demandes provenant des personnes ou des associations. Officiellement, il s’agit d’éviter d’avoir trop de travail. Officieusement, on peut imaginer que le gouvernement ne souhaite pas voir publier trop d’informations sur le sujet. Cette circulaire n’a sans doute aucun rapport avec les données publiées ce même jour par la mairie d’Iitate : les mesures indiquent des taux de contamination trois fois plus élevés que ce qu’annonce le gouvernement.
  • 0h, les syndicats agricoles dénoncent l’insuffisance des contrôles alimentaires. Selon eux, le gouvernement ne peut pas contrôler plus de 0,1 % de la nourriture qui circule dans le pays. Il y a donc 99,9 % de malchance que des lots contaminés échappent aux contrôles !
  • 8h, selon des informations provenant des enquêtes de l’AIEA, une partie de l’accident de Fukushima provient de défauts dans la conception du réacteur. Ce réacteur produits aux Etats-Unis, équipe de nombreuses centrales dans ce dernier pays.
  • 8h, le gouvernement japonais donne les résultats d’une enquête réalisée auprès des 47 gouverneurs de préfectures sur la question de la sortie du nucléaire. 11 se prononcent pour la fermeture des réacteurs nucléaires aussi vite que possible, 1 pour ralentir l’activité des réacteurs existants, 4 pour le maintient des centrales existantes en activité, 31 ne se prononcent pas sur cette question. Interrogés sur la poursuite de la construction de nouveaux réacteurs, les 47 se prononcent contre.
  • 8h, Christopher Busby, spécialiste des faibles doses, expert auprès du ministère de la Défense britannique publie une étude sur les conséquences probables sur la santé des populations autour du site de Fukushima. Il s’appuie sur le modèles mis au point au niveau européen à partir des expériences de Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl. En prenant l’hypothèse que 3 millions de personnes vivent encore dans un rayon de moins de 100 km autour de Fukushima et y resteront pendant au moins un an, avec les connaissances de pollution radioactive que l’on a, 100 000 devraient commencer un cancer dans les dix ans et 100 000 autres plus tard. Ce nombre de cancers peut encore beaucoup varier : en mieux, si les populations sont évacuées plus vite ; en pire, si la pollution continue à augmenter ou si la contamination alimentaire est mal contrôlée comme c’est actuellement le cas.
  • 12h, la télévision japonaise NHK reprend un appel de médecins qui demandent au gouvernement ce qui peut faire admettre que les travailleurs du nucléaire ont maintenant le droit de prendre des doses de 250 millisieverts par an au lieu de 2,5 avant l’accident. Ils s’inquiètent aussi du fait qu’en trois mois, certaines travailleurs ont déjà dépassés ces 250 millisieverts… et que plusieurs centaines ont déjà dépassé les 100. Ils mettent également en doute la valeur des contrôles effectués par TEPCO et demandent un contrôle fait par un organisme indépendant.
  • 12h, TEPCO et Areva annoncent la mise en place d’un équipement pour décontaminer l’eau stockées dans les réacteurs. Cinq heures plus tard, le procédé est arrêté. Selon TEPCO, des éléments de la machine utilisée dégagent déjà trop de radioactivité ! Le niveau atteint est celui qui aurait dû être atteint après un mois de fonctionnement : cela semble signifier que l’on a une eau 140 fois plus radioactive que prévue ! Une fois de plus, on construit n’importe quoi, on communique… et ça ne marche pas ! TEPCO annonce que s’il n’est pas possible d’utiliser ce procédé, il ne voit pas d’autres solutions que de rejeter l’eau à la mer ! Le volume d’eau actuel représente le volume de 40 piscines olympiques. N’y a-t-il pas encore quelques pro-nucléaires au Japon qui seraient prêts à en stocker chez eux ?
  • 17h, Le Parisien annonce que 162 kilos de thé vert en provenance du Japon, arrivés à Roissy, ont été mesurés avec un taux de radioactivité de 1038 bq/kg de césium… soit plus de deux fois la limite autorisée. Le plus grave est que ce thé a été récolté dans une province à 200 km au sud de Tokyo… Fukushima étant à 200 km au nord de Tokyo, cela indique que la contamination alimentaire s’étale déjà sur plus de 400 km vers le sud… alors que les vents dominants vont dans l’autre sens ! Cela signifie que les 35 millions d’habitants de la capitale vivent en permanence dans une zone maintenant hautement contaminée.
  • 20h, Le Point révèle qu’Eric Besson, pour le gouvernement français est intervenu auprès de la Commission européenne pour demander s’il ne serait pas possible de trouver un biais juridique pour bloquer la décision allemande de sortie du nucléaire. Prétexte trouvé par le ministre : l’arrêt des réacteurs allemands risque de provoquer une pénurie d’électricité en Europe.

16 juin

  • 0h, Kamata Kei, journaliste célèbre au Japon, Oe Kenzaburo, romancier, prix Nobel de littérature, Srtouchi Jakusho, romancière, et Sakamoto Ryuichi, musicien célèbre participe à une conférence de presse du Congrès national pour l’interdiction des armes nucléaires. Ils appellent à manifester au Parc Meiji le 19 septembre 2011 et espèrent réunir plus de 50 000 personnes. Ils sont les premiers signataires d’une pétition qui demande l’arrêt immédiat du surgénérateur Monju (en sérieuse panne depuis août 2010)et de l’usine de traitement des déchets de Rokkasho (jamais mise en route, équivalent de notre usine Areva à la Hague), ainsi que l’arrêt totale de toutes les centrales nucléaires progressivement.
  • 2h, lors d’une rencontre entre le ministre chinois de la protection environnementale Li Ganjie et Jack Allen, directeur de Westinghouse Asie (producteur de centrales nucléaires), le premier a confirmé au second que la Chine a pour le moment suspendu tout projet de nouvelles centrales tant que le bilan exact de l’accident de Fukushima ne serait pas fait.
  • 8h, le Japon signe un accord avec le Venezuela pour augmenter ses importations de pétrole. L’accord porte sur 3 millions de barils par an pendant cinq ans. Ce pétrole est destiné à des centrales électriques thermiques.
  • 8h, le gouvernement japonais envisage de mettre une taxe de 10 % sur les revenus des personnes et les bénéfices des entreprises, pendant dix ans, pour collecter les 300 milliards de dollars qu’auraient déjà coûtés tsunami et accident nucléaire.
  • 9h, début à Cherbourg du procès de 42 militants de Greenpeace ayant bloqué le chantier de l’EPR à Flamanville le 2 mai 2011. Le procureur a demandé des peines de prison avec sursis et des amendes pour les militants ayant occupé les grues et des amendes pour ceux qui ont bloqué l’entrée. EDF a demandé 155 000 euros de dommages et intérêts, coût estimé d’un jour d’arrêt du chantier. Jugement mis en délibéré au 27 septembre 2011.
  • 12h, NHK, télévision japonaise, rapporte que de nombreuses municipalités ont mis en place des vérifications de la radioactivité de la nourriture servie dans les cantines scolaires, de peur de récupérer des aliments provenant de zones contaminées.
  • 17h, le gouvernement français annonce le départ d’Anne Lauvergeon de la direction d’Areva, au 30 juin 2011. Elle sera remplacée par Luc Oursel, actuel n°2. Comme d’autres retraités du nucléaire, elle va pouvoir maintenant aller se sacrifier sur le chantier de Fukushima, elle qui aime tant défendre le nucléaire.
  • 20h, invité pour enregistrer une émission pour Capital qui devait être diffusé le 19 juin, Eric Besson a refusé de dialoguer avec le journaliste Guy Lagache après que celui-ci lui ait proposé d’entendre le témoignage d’un sous-traitant sur les failles de la sûreté dans les installations nucléaires. Eric Besson s’est levé, à arraché son micro et est parti en disant "Je vous laisse, je me casse, fais chier". Encore un journaliste qui ne sera plus invité aux conférences de presse du Ministre !
  • 23h, selon Associated Press, agence de presse des Etats-Unis, le site de Fukushima contient 4277 tonnes de combustibles. Par comparaison, il y en avait 30 tonnes à Three Mile Island et 180 tonnes à Tchernobyl. Le risque de pollution en cas d’amplification de l’accident — ce que l’on ne peut toujours pas exclure — est donc bien supérieur aux deux précédents accidents.

15 juin

  • 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce la probable sortie forcée du nucléaire au Japon d’ici moins d’un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l’arrêt. Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n’y a plus que 16 550 MW en activité. Non seulement aucun réacteur n’a redémarré depuis le 11 mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima, plus aucune opération de maintenance n’est possible sur les réacteurs qui sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le quotidien estime que d’ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute de vérification de la maintenance.
  • 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire, c’est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
  • 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des stations d’épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47 préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
  • 10h, ouverture de l’enquête publique concernant la construction d’ITER à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu’au 20 juillet (et prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra se plonger dans un dossier de 3500 pages s’il veut pouvoir s’assurer que ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques unes : rien n’indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne sait pas qui le paiera car son coût s’est envolé (on en est à 16 milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone la plus séismique de France ; il ne produira de l’énergie que pendant 600 secondes… juste de le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l’on passe au prototype suivant.
  • 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d’un sarcophage pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait commencer dès cet été… si la radioactivité n’est pas trop importante, si le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
  • 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de recherche scientifiques.
  • 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la science. A une question sur la confiance que l’on fait aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 % qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance), juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt confiance).
  • 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une information selon laquelle l’Arabie Saoudite voulait investir massivement dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c’est dans le solaire que son pays veut investir et qu’il s’intéresse au projet Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d’ici 2020, son seul pays pourrait produire jusqu’à quatre fois la demande mondiale actuelle d’électricité.

14 juin

  • 1h, un sondage réalisé pour le quotidien Asahi indique que 75 % des Japonais sont pour une sortie du nucléaire ; 65 % sont prêts à payer leur électricité plus cher si nécessaire pour le développement des énergies renouvelables. La quotidien rappelle que le refus du nucléaire n’est pas récent : en 2008, un précédent sondage indiquait que seuls 36 % des Japonais étaient favorable au développement de cette énergie. Reste que, comme en France, la démocratie ne s’applique pas dans ce pays.
  • 1h, la préfecture de Fukushima annonce avoir commandé 34 000 dosimètres qui seront remis aux enfants de 4 à 15 ans, pour suivre leur niveau de contamination. Ceux-ci devront les porter dans leur cartable en permanence pendant trois mois à partir de septembre.
  • 2h, en pleine nuit au Japon (vers minuit là-bas), les caméras de surveillance de TEPCO montrent des nuages de vapeurs puis une explosion. Les journalistes demandent ce que c’est en constatant que TEPCO ne communique pas sur le sujet. Ce n’est que le lendemain matin que le gouvernement répond enfin à ce qui s’est passé : il semble que suite à une élévation importante de la température dans le réacteur n°4, TEPCO ait provoqué une explosion d’hydrogène… Le réacteur n°4 est normalement à l’arrêt, mais des fuites dans les piscines de stockage du combustible nécessitaient depuis trois mois un constant refroidissement.
  • 6h, des groupes écologistes mettent en garde après avoir mesuré des taux de radioactivité importants dans les filtres à air des voitures à Tokyo.
  • 9h, le cours de l’action d’AREVA a baissé de plus de 20 % depuis le 11 mars 2011, signe de défiance de plus en plus marqué des investisseurs envers le nucléaire.
  • 11h, la chaîne de télévision NHK indique que 22 des 47 départements du Japon ont procédé à une recherche de contamination sur leurs sols… et que 16 (soit un tiers du pays) en ont trouvé. Le taux de radioactivité va décroissant du nord au sud… un sud qui dépasse largement Tokyo pour descendre jusqu’à Osaka.
  • 14h, EDF annonce la fermeture d’ici 2015 de deux des trois tranches de la centrale du Havre. Il s’agit d’une centrale thermique au charbon ! Alors que l’on peut avoir besoin de ces centrales thermiques pour provisoirement remplacer les réacteurs nucléaires en cas de décision politique de sortie du nucléaire, EDF essaie de rendre les choses plus compliquées ! Avec les centrales thermiques actuellement disponible en France, il est possible de stopper du jour au lendemain environ la moitié des réacteurs nucléaires.

15 juin

  • 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce la probable sortie forcée du nucléaire au Japon d’ici moins d’un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l’arrêt. Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n’y a plus que 16 550 MW en activité. Non seulement aucun réacteur n’a redémarré depuis le 11 mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima, plus aucune opération de maintenance n’est possible sur les réacteurs qui sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le quotidien estime que d’ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute de vérification de la maintenance.
  • 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire, c’est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
  • 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des stations d’épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47 préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
  • 10h, ouverture de l’enquête publique concernant la construction d’ITER à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu’au 20 juillet (et prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra se plonger dans un dossier de 3500 pages s’il veut pouvoir s’assurer que ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques unes : rien n’indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne sait pas qui le paiera car son coût s’est envolé (on en est à 16 milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone la plus séismique de France ; il ne produira de l’énergie que pendant 600 secondes… juste de le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l’on passe au prototype suivant.
  • 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d’un sarcophage pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait commencer dès cet été… si la radioactivité n’est pas trop importante, si le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
  • 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de recherche scientifiques.
  • 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la science. A une question sur la confiance que l’on fait aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 % qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance), juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt confiance).
  • 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une information selon laquelle l’Arabie Saoudite voulait investir massivement dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c’est dans le solaire que son pays veut investir et qu’il s’intéresse au projet Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d’ici 2020, son seul pays pourrait produire jusqu’à quatre fois la demande mondiale actuelle d’électricité.

13 juin

  • 0h, TEPCO annonce que d’importantes quantités de strontium ont été mesurées dans les eaux stockées sous les réacteurs 1 et 2. La cause probable est que les cœurs en fusion sont en contact avec l’extérieur. Cette découverte oblige à revoir complètement la procédure envisagée pour le traitement des eaux radioactives. Ce traitement, proposé par Areva, suscite toujours des doutes importants de la part des spécialistes qui voient bien comment on peut condenser la radioactivité, mais pas comment on peut la diminuer.
  • 7h, le secrétariat d’Etat à l’Energie des Etats-Unis estime que la radioactivité relâché par Fukushima a atteint 60 millions de curies, soit plus que l’accident de Tchernobyl (estimé à 50 millions de curies).
  • 14h, TEPCO annonce que six nouveaux "liquidateurs" présentent des taux de contamination trop importants (supérieurs à 250 mSv) et 88 autres approchent les limites. L’inquiétude est qu’il va falloir peu à peu renouveler le personnel… Il y a 2400 personnes qui se relaient actuellement sur le site et seulement 70 000 personnes formées dans le pays pour l’entretien de l’ensemble du parc nucléaire. Et les volontaires ne se bousculent pas !
  • 20h, avec 57 % de participation, le référendum italien sur la question du nucléaire a recueilli 94,3 % des voix contre le nucléaire. C’est la première fois depuis 16 ans que le quorum de 50 % pour un référendum est atteint… et c’est donc une confirmation du référendum de 1987 qui avait déjà demandé la sortie du nucléaire alors que 4 réacteurs étaient en construction dans la péninsule. Nicolas Sarkozy qui avait annoncé avoir vendu 4 EPR à l’Italie, va devoir changer de discours !

12 juin

  • 17h, environ 2000 personnes ont manifesté en Suisse devant la centrale de Müehleberg pour en demander l’arrêt immédiat. Les manifestants venus de Berne, Bienne et Fribourg n’ont pas utilisé de voitures individuelles !
  • 19h, une télévision russe annonce que ses journalistes ont mesuré des taux de radioactive mille fois supérieurs aux limites à 80 km des réacteurs de Fukushima.

11 juin

  • 0h, le gouvernement japonais donne quelques statistiques : environ 120 000 personnes ont été évacuées soit de la zone interdite (environ 100 000) soit parce que leur maison a été détruite par le tremblement de terre (environ 20 000 hors zone contaminée). 28 000 ont été relogées et 92 000 vivent dans des centres d’évacuation. 49 000 ont retrouvé un emploi. Le gouvernement a également indiqué que ce sont des millions de Japonais qui vont maintenant devoir vivre dans un environnement plus ou moins radioactif.
  • 7h, nouvelle manifestation antinucléaire à Tokyo. Plusieurs milliers de manifestants demandent que le gouvernement continue à fermer les réacteurs encore en fonctionnement et que soit lancé un plan énergétique propre.
  • 14h, le gouvernement britannique annonce la saisie d’une tonnes de champignon en provenance de Bulgarie. Les champignons sont trop radioactifs : jusqu’à 6000 bq/kg (10 fois la limite). Les champignons proviennent de zones touchées par le nuage de Tchernobyl.
  • 15h, une cinquantaine de manifestations se sont tenues en France pour marquer les trois mois de l’accident de Fukushima. A Paris, pour une fois, il y a eu du monde : près de 5000 personnes. L’occasion pour Yves Cochet, député EELV, de rappeler que la sortie du nucléaire constituait un enjeu important pour les négociations avec les socialistes. Martine Aubry a déclaré à l’issu de la manifestation : "Sortir du nucléaire, on peut le faire. Il reste à convaincre l’ensemble du parti socialiste, mais c’est possible". Ils étaient une centaine à Bordeaux, dont Noël Mamère pour demander la fermeture de la centrale du Blayais qui a juste 30 ans ce jour, durée de vie initialement prévue pour la centrale. Une centaine également à Toulouse pour demander la fermeture de la centrale de Golfech. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher). Une centaine également à Colmar où le jeûne tournant pour la fermeture de Fessenheim a dépassé le 550 jours de jeûnes…
  • 18h, les syndicats dénoncent un courrier de Philippe Druelle, directeur adjoint à la production nucléaire d’EDF daté du 10 mai 2011 qui demande aux exploitants des centrales nucléaires d’accélérer les cadences pendant les périodes d’entretien. Les syndicats dénoncent cette accélération qu augmente le risque d’erreurs et donc le risque d’accident.
  • 18h, annonce d’un accident mortel sur le chantier de l’EPR à Flamanville. Un ouvrier de 32 ans est mort après une chute, le deuxième décès en quelques mois (le premier c’était le 24 janvier 2011) sur un chantier qui s’embourbe et qui compte déjà plus de deux ans de retard. La CGT a porté plainte.
  • 18h, confirmation devant le parlement allemand : les huit réacteurs arrêtés après le 11 mars 2011 sont définitivement arrêtés. Il en reste potentiellement neuf en fonctionnement.

10 juin

  • 5h, le quotidien Daily Yomiuri révèle que malgré les consignes d’évacuation, il resterait au moins 1700 enfants dans la zone comprise entre 20 et 30 km de la centrale.

9 juin

  • 5h, le gouvernement japonais révèle avoir trouvé du strontiuml-89 et -90 dans onze communes situées en-dehors des zones évacuées. Le strontium se fixe dans les os et provoque cancer des os et leucémies. Une des communes est à 62 km de la centrale nucléaire ! Le gouvernement confirme la validité des données indépendantes, notamment celles fournies par Greenpeace. Il indique étudier comment élargir la zone d’évacuation.
  • 9h, des scientifiques britanniques s’inquiètent dans The Telegraph des annonces de fusion des cœurs des trois réacteurs. Selon eux, si la matière atomique venait à sortir à l’air libre, les taux de radioactivité pourrait être énormes.
  • 15h, au Parlement européen, les eurodéputés ont vivement protesté contre l’accord entre Etats concernant les stress-tests, estimant qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce qu’il faudrait faire. Ils contestent que les résultats ne soient pas contraignants (par exemple si l’on trouve des défauts génériques dans tous les réacteurs français, on ne sera pas obligé de les arrêter le temps de les réparer !), que l’attentat terroriste n’est pas envisagé. Les socialistes, les écologistes, l’extrême-gauche et les libéraux ont sensiblement émis les mêmes critiques. Seuls les conservateurs ne sont pas montés au créneau : c’est l’un des leurs qui a mené les négociations.
  • 14h, 400 élus de la région alsace ont déjà signé un appel demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Un nombre qui a doublé depuis l’accident japonais.
  • 15h, AREVA annonce que son usine pour traiter les eaux radioactives pourrait fonctionner dès le 15 juin 2011. Installée sur le site de Fukushima, elle "traiterait" 1200 tonnes d’eau par jour. La radioactivité serait "piégée" dans des boues, lesquelles seraient ensuite séchées et stockées dans des blocs de béton. Opération de communication ou réelle efficacité ?
  • 15h, alors que les Italiens doivent voter le 12 et 13 juin pour l’abandon définitif du nucléaire, le Vatican publie un communiqué très diplomatique… mais qui "condamne une technique toute-puissante non maîtrisée".
  • 18h, le conseil national suisse, étudiant les mesures à prendre pour accompagner la sortie du nucléaire ont voté pour l’interdiction du chauffage électrique. Celui-ci devra avoir totalement disparu d’ici 2025.

8 juin

  • 1h, un site internet japonais présente le bilan des suicides au Japon : ils sont en hausse de 18 % sur un an de mai 2010 à mai 2011. Il y a une hausse au nord du Japon, mais à peine supérieure à la tendance dans le reste du pays (+39 % quand même dans le département de Fukushima).
  • 8h, présentation dans L’Express, des essais de sûreté nucléaire dans les locaux du CEA sur des réacteurs reproduits à l’échelle 1/700e et 1/5000e. Commentaire d’un ingénieur du secteur automobile auprès du Réseau Sortir du nucléaire : c’est comme si on faisait des crash tests sur des véhicules de 0,8 mm de long !
  • 8h, La Stampa quotidien espagnol, rappelle que l’Espagne est le premier producteur d’électricité éolienne au monde, avec 19 000 éoliennes qui ont produit en 2010 21 % de l’électricité du pays à un prix moyen plus bas qu’en France (0,38 e/kWh contre 0,475 en France). La revue rappelle également que c’est l’Espagne qui vend de l’électricité à la France nucléaire.
  • 13h, le gouvernement publie un bilan de ses échanges dans le domaine de l’énergie : la France a vu sa facture pour les importations énergétiques augmenter de 20 % en 2010 pour atteindre 47,8 milliards d’euros. Le nucléaire n’est-il pas censé nous assurer notre indépendance ?

7 juin

  • 8h, conférence d’un groupe de parents de Tokyo qui suite à des analyses réalisées par l’ACRO (laboratoire indépendant français) alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures de protection à Tokyo, les doses mesurées dans les sols sont parfois à un seuil élevé (jusqu’à 2300 Bq/kg, soit le tiers des doses trouvées dans les cours d’école de Fukushima ville). Les doses cumulées sur un an prévisibles peuvent alors dépasser les limites autorisées. Des journalistes japonais mettent sur internet une vidéo montrant une personne qui se promène dans les rues de Koto Ward, un quartier de Tokyo avec un compteur Geiger… qui mesure jusqu’à 5,77 mSv. Cela confirme ce qu’affirment le groupe des parents ce jour : la contamination à Tokyo en césium est en train de monter.
  • 8h, nouvelles révélations sur les mensonges des autorités japonaises : dans un rapport transmis à l’AIEA, l’agence de Sûreté nucléaire du Japon NISA indique que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 sont entrés en fusion quelques heures seulement après le tremblement de terre et ont percé leurs cuves dès les premiers jours de l’accident. Le gouvernement japonais réagit en annonçant la mise en place d’une nouvelle autorité de contrôle "tout à fait indépendante". Comme pour les accidents nucléaires, il y a donc une échelle d’indépendance !
    Dans la foulée, TEPCO reconnaît que les données sur les rejets radioactifs sont estimées et qu’elles sont sans doute plus élevées dans la réalité. Des spécialistes estiment également que TEPCO ment en annonçant qu’il espère stabiliser la situation d’ici la fin de l’année.
  • 9h, le gouvernement interdit à TEPCO de reversé à la mer 3000 tonnes d’eau contaminées dans le réacteur voisin de Fukushima-Daini. Cette eau est entré dans le réacteur au moment du tsunami et depuis le réacteur est à l’arrêt.
  • 9h, le Professeur Toshihiro Yamamoto de l’Université de Kyoto, un expert en physique des réacteurs, ne se satisfait des nouvelles explications données par NISA. Selon lui, la présence de tellurium 132 retrouvé à des distances importantes du site ne peut s’expliquer par les scénarios présentés aujourd’hui.  

6 juin

  • 7h, la valeur de Tepco baisse de 28 % à la bourse de Tokyo sur rumeur d’un placement en redressement judiciaire. Tepco, première compagnie d’électricité au Japon, pourrait perdre jusqu’à 7 milliards d’euros en 2011.
  • 10h, selon l’agence de Sûreté nucléaire du Japon, NISA, le total des émissions radioactives, dans l’air à la date du 5 avril (il y a donc deux mois) était de 850 000 terabecquerels et non 630 000 comme annoncé auparavant. La quantité d’iode et de césium radioactifs présente dans les 105000 tonnes d’eau stockées dans les sous-sols serait de 720 000 terabecquerels. (le total de la radioactivité relâchée par Tchernobyl est estimé entre 5 et 12 millions de terabecquerels).
  • 18h, le gouvernement allemand présente un vaste plan industriel pour rendre possible la sortie du nucléaire : huit réacteurs nucléaires sont définitivement arrêtés (il en reste donc 9). De nouvelles centrales au gaz (à hauteur de 10 000 MW, ce qui couvre presque la production nucléaire totale) vont être construites, les plus propres possibles. Des prêts bonifiés vont être soutenus par l’Etat pour l’isolation des bâtiments. L’énergie photovoltaïque va être moins subventionnée, les subventions étant orientées vers l’éolien en mer (lequel doit permettre de fermer des centrales au charbon, de manière à réduire les émissions de gaz à effet de serre malgré les nouvelles centrales au gaz).
  • 19h, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie un rapport sur les énergies dans le futur. Cette étude prend en compte le ralentissement du nucléaire après Fukushima. Selon l’AIE, c’est le gaz qui devrait devenir dominant dans les années à venir (21 % de l’énergie dans le monde aujourd’hui, 25 % prévisible en 2035). Même si le gaz est le plus propre des énergies fossiles, cette évolution n’est pas compatible avec l’objectif de réduction des gaz à effet de serre.
  • 19h, le titre EDF en Bourse est au plus bas : 26 euros contre 87 euros il y a cinq ans. Le milieu boursier indique ainsi qu’il ne croit plus au choix de l’entreprise en faveur du nucléaire.
  • 21h, EDF annonce le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale de Civaux arrêté le 1er juin… malgré un débit en aval de 12,1 m3/s. Le débit a légèrement remonté suite aux orages du week-end. Version EDF : il s’agissait d’un arrêt pour entretien. Version qui ne tient pas : en quatre jours, le réacteur n’a pas pu être totalement arrêté. C’est bien le manque d’eau qui a conduit à cet arrêt.

5 juin

  • 7h, TEPCO organise une ronde de camions pour amener des citernes sur le site pour y stocker l’eau radioactive, ne disposant plus de place sur le site et la barge située au large étant remplie. Ces nouvelles citernes permettent de stocker 40 000 tonnes supplémentaires.
  • 8h, TEPCO annonce que des morceaux de béton rejetés lors de l’explosion du réacteur n°3 ont été récupéré à proximité avec des taux de contamination allant de 550 à 950 mSv/heure, ce qui signifie qu’un ouvrier ne peut s’en approcher que quelques minutes avant d’atteindre la limite d’exposition annuelle !
  • 15h, environ 2000 personnes manifestent à Barcelone pour la fermeture immédiate des centrales d’Asco et de Vandellos, construites au sud de la Catalogne.

4 juin

  • 8h, TEPCO annonce qu’un robot entré dans le bâtiment réacteur n°1 a filmé et mesuré un jet de vapeur radioactif qui semble sortir de la cuve. La fuite atteint 4000 mSv/heure. Elle interdit de fait toute approche par un humain.
  • 11h, NISA, l’agence de sûreté nucléaire nippone, reconnaît dans une conférence de presse avoir censuré des mesures. Ainsi du Tellurium132 a été détecté à 6 km du réacteur dès le 12 mars 2011, preuve évidente que les explosions n’ont pas été provoquées par des bulles d’hydrogène mais par une fusion du cœur. NISA a reconnu ne pas avoir communiqué des données sur le nuage d’iode radioactif. Lequel a atteint des niveaux très importants dans la deuxième quinzaine de mars… jusqu’à des distances bien supérieures aux zones où les gens ont été invités à rester enfermés chez eux. Le gouvernement a présenté ces excuses pour ses mensonges… soigneusement planifiés. C’est en effet la stratégie adoptée au niveau international pour éviter des mouvements de panique : une fois que vous savez que vous êtes contaminés, vous savez que vous pouvez prendre un peu plus de temps pour vous en aller.
  • 22h, TF1 annonce la publication d’un sondage dans le Journal du Dimanche : 77 % des Français sont pour la sortie du nucléaire (+7% en deux mois), dont 15 % le plus rapidement possible (-4%). Seuls 22 % des sondés sont pour la poursuite d’un programme nucléaire. Dans le détail, il y aurait quand même 13 % des électeurs Verts favorables au nucléaire… mais plus intéressant : pour la première fois, les partisans de la sortie du nucléaire sont majoritaires dans tous les partis, y compris l’UMP (55 %). Commentaire de Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe-Ecologie-Les Verts : "les citoyens évoluent plus vite que leurs dirigeants".

3 juin

  • 1h, Japon Steel Works a construit la totalité des pièces nécessaires aux 53 réacteurs japonais. C’est la seule usine sidérurgique au monde capable de fabriquer les grands composants en acier forgé — notamment la cuve — nécessaires dans les réacteurs nucléaires de grande puissance. Elle vient d’achever une expansion de sa capacité de forge de 5,5 à 12 réacteurs par an. Mais la firme annonce un accroissement de la part des activités non nucléaires dans ses ventes, et envisage de fermer certaines de ses installations les plus vieilles, puisqu’à l’heure actuelle ses installations ne tournent qu’à 60-70% de leurs capacités - et l’entreprise anticipe une baisse de la demande de composants de centrales. ( https://www.bloomberg.com/news/2011-06-02/japan-steel-works-to-target-non-atomic-energy-after-disaster.html )
  • 11h, le gouverneur de la préfecture de Shizuoka demande une contre-expertise sur les analyses de radioactivité concernant le thé. Les annonces sur la contamination du thé menace en effet l’économie de la région qui produit 40 % du thé au Japon. Le Ministère de la Santé lui répond qu’il n’est pas question de remettre les décisions d’interdiction de vente en cause.
  • 12h, alors que les limites d’exposition ont été portées de 20 mSv à 250 mSv par an pour les personnes sur le site, des mesures sur deux des ouvriers indiquent qu’ils ont déjà pris entre 210 et 580 mSv pour l’un en externe auxquels se rajoutent 74 en interne ; l’autre entre 200 et 510 en externe et 89 en interne.
  • 15h, manifestation devant la centrale de Civaux dont déjà un réacteur est à l’arrêt. Présence d’Eva Joly et de Yannick Jadot, députés européens. Eva Joly annonce que dans les négociations avec les socialistes, les écologistes demanderont non seulement un plan de sortie du nucléaire, mais la fermeture des réacteurs les plus anciens : Fessenheim, Bugey et Tricastin.
  • 15h, en Allemagne, les Verts estiment que le plan de sortie du nucléaire n’est pas assez ambitieux. Les centrales nucléaires pourraient être fermées plus rapidement, mais surtout, il faut une politique énergétique plus ferme pour pouvoir aussi commencer à fermer les centrales à charbon.
  • 15h, en Belgique, le maire de Gand, informé par Greenpeace du passage d’un train de déchets radioactifs, prend un arrêté pour l’interdire. L’affaire est portée devant les tribunaux car pour la SNCB il n’y a pas d’alternatives. Le 6 juin, le tribunal autorise le transport. La mairie de Gand demande alors à voir l’autorisation pour vérifier si tout est légal. Le tribunal ne lui répond pas…

2 juin

  • 8h, le gouvernement japonais annonce un accord avec l’industrie pharmaceutique pour distribuer deux médicaments connus pour favoriser la fixation et l’élimination du plutonium dans le corps. C’est pour le moins étrange quand on sait que la version officielle est que les retombées de plutonium n’ont pas dépassé les zones évacuées.
  • 10h, le gouvernement conservateur de Bulgarie annonce qu’il ne renonce pas à son programme nucléaire : actuellement deux réacteurs fonctionnent mais doivent être fermés en 2017 et 2019. Deux nouveaux réacteurs de technologie russe sont prévus pour les remplacer… Un consortium russe et français (EDF) se propose d’étudier comment prolonger la durée de vie des centrales existantes.
  • 10h, Calin Georgescu, rapporteur spécial des Nations-Unies invite la Pologne a organisé un référendum sur la question de la première centrale nucléaire "au moment où l’Europe s’engage dans la sortie du nucléaire". Le gouvernement français doit apprécier !
  • 11h, Takeshi Tanigawa, professeur d’Université, ancien consultant de TEPCO, s’inquiète publiquement de l’état de fatigue des travailleurs présents sur le site de Fukushima. Il craint que cette fatigue entraîne d’autres accidents. Il dénonce le fait que certains restent pendant dix jours sur le site sans même pouvoir se laver, encore moins rentrer chez soi pour se reposer. Il craint aussi des problèmes psychologiques graves alors que ces travailleurs n’arrivent pas à endiguer l’accident.

1er juin

  • 7h, l’AIEA, Agence internationale de l’énergie atomique, après avoir enquêté au Japon estime dans un rapport préliminaire que cet accident est le pire depuis Tchernobyl, que le risque séismique et de tsunami avaient été sous-évalués. Les dix-huit experts jugent exemplaire l’engagement des travailleurs japonais sur le site. Ils approuvent la démarche de TEPCO pour faire baisser la température des réacteurs. Ils demandent de mettre en place un suivi de l’exposition à la radioactivité des populations. Bref, on gère…
  • 8h, il a neigé sur le département de Fukushima, au-dessus de 1300 m, entre mi-avril et début mai… et les mesures dans la neige indique que celle-ci était radioactive : les analyses rendues publiques ce jour par l’Université de Fukushima donnent, pour 14 localisations différentes, une pollution au césium va de 200 Bq/kg à 3000 Bq/kg. Cette neige a fondu depuis et les autorités déconseillent de boire de l’eau du robinet.
  • 8h, la tempête tropicale qui a suivi les côtes du Japon du Sud au Nord toute la journée d’hier a provoqué à Fukushima des vents de plus de 100 km/h, soulevant les poussières et dispersant la radioactivité sur une plus grande surface… Ceci risque de se reproduire à chaque coup de vent.
  • 8h, conférence de presse de Bruno Chareyron, directeur de la CRII-Rad à Tokyo. La CRII-Rad conteste la limite d’exposition fixée à 20 mSv/an, estimant que c’est une dose trop élevée, et ceci d’autant plus qu’à la contamination par l’extérieur s’ajoute l’irradiation interne (respiration et alimentation) qui n’est pas prise en compte dans cette limite. Il indique que pour le moment, les mesures indépendantes confirment sensiblement les niveaux donnés officiellement… et qu’en conséquence, il faut continuer à évacuer les populations plus largement. Ainsi la ville de Koriyama, bien que située à 60 km doit être évacuée. Problème : elle compte 300 000 habitants.
  • 8h, un sondage indique que 80 % des Japonais estiment que le gouvernement ment sur la question de Fukushima. Il reste donc 20 % de naïfs !
  • 8h, sortie du livre La vérité sur le nucléaire, le choix interdit de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et avocate.
  • 10h, Ségolène Royal, dans une conférence, trouve la décision allemande "audacieuse" "volontariste" et relance son projet d’une France, première puissance écologique. Revirement spectaculaire pour celle qui au lendemain de l’accident, avait dénoncé "l’indécence" des opposants au nucléaire.
  • 13h, une quinzaine d’organisations genevoises interpellent le Conseil d’Etat et le Grand conseil du canton de Genève pour leur rappeler qu’ils doivent constitutionnellement d’opposer à tout projet nucléaire dans le voisinage… et qu’un projet de stockage de déchets nucléaire est actuellement à l’étude sur le site de Bugey, à 120 km de Genève.
  • 14h, rebondissement en Italie. Alors que le gouvernement avait décidé de ne plus faire le référendum sur le nucléaire prévu les 12 et 13 juin, la Cour de cassation estime que le gouvernement ne peut légalement l’annuler. La gauche et les antinucléaires sont satisfaits, les sondages prédisant un rejet massif d’un retour du nucléaire.
  • 17h, Eric Besson, ministre de l’énergie, annonce la convocation d’une réunion de la filière énergétique pour étudier comment la France va pouvoir faire face… à la fermeture des centrales nucléaires allemandes ! En effet, si la sécheresse se poursuit, de nombreux réacteurs français pourraient être mis à l’arrêt par manque d’eau de refroidissement… et la France risque de ne pas pouvoir importer d’électricité depuis l’Allemagne !
  • 18h, un des deux réacteurs de Civaux est mis à l’arrêt par manque d’eau, le débit de la Vienne étant trop faible pour assurer le refroidissement et les lâchers d’eau à partir des lacs de retenus ne pouvant être maintenus plus longtemps.
  • 20h, nouveau rapport de l’IRSN. La situation est "stable". Autrement dit, la catastrophe se poursuit. Le rapport est plein de questions sans réponse. L’une d’entre elles porte sur la solidité des piscines de stockage du combustible, placées en hauteur, en cas de nouveau tremblement de terre.
  • 20h30, le site cyberpresse.ca reprend un sondage paru au Japon : la plupart des Japonais pensent qu’ils surmonteront les conséquences du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011, mais 60 % craignent d’avoir été irradiés ou que des proches l’aient été par les rejets de la centrale de Fukushima. 8 % sont pour augmenter l’usage du nucléaire, 44 % souhaite que cette part diminue, 46 % seraient pour le statu quo. 79 % estiment que le gouvernement n’a pas été à la hauteur. 86 % que TEPCO n’a pas été à la hauteur.
  • 21h, huit associations nationales (Greenpeace, WWF, Amis de la Terre, Réseau Action Climat-France, Réseau Action Climat-France, HELIO International et Comité de Liaison Énergies Renouvelables) annonce leur refus de participer à une table-ronde sur l’efficacité énergétique tant que les mesures actées dans le Grenelle de l’Environnement ne seront pas concrétisés et tant que l’on ne pourra aborder la question des modes de production de l’énergie (le nucléaire en particulier).