Depuis 1998, le Réseau "Sortir du nucléaire" a été à l’initiative des nombreuses campagnes.
03/10/2009 : Communiqué - Réseau Sortir du nucléaire Belle réussite avec plus de 10 000 manifestants mais la police perturbe gravement le rassemblement
Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite de la réussite de la mobilisation aninucléaire à Colmar, avec plus de 10 000 manifestants pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille et une des plus dangereuses de France. Des débats ont lieu ce samedi soir et demain dimanche à propos des différents problèmes causés par l’industrie nucléaire : accidents, déchets radioactifs, fuites d’uranium, prolifération, etc…
Par contre, le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce avec force les manoeuvres injustifiables des autorités : à 15h30, le rassemblement est scindé en plusieurs tronçons et, pire, de très nombreux manifestants ont été bloqués à l’extérieur de la ville et en particulier aux frontières pour les manifestants allemands et suisses.
Les autorités (mairie, préfecture) n’ont pas réussi à démobiliser les citoyens qui se sont donc exprimés de façon parfaitement démocratique et pacifique : une fois de plus, ce sont les antinucléaires qui ont fait preuve de responsabilité et les tenants du nucléaire qui tenté de porter tort à la démocratie.
Pourtant, les raisons de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim sont nombreuses (cf annexe A) et le risque nucléaire est plus élevé que jamais (cf annexe B). Qui plus est, alors que la construction du parc nucléaire français a coûté des sommes gigantesques (que EDF n’a pas encore fini de payer !), des dizaines de milliards d’euros sont à nouveau en jeu.
Prolongation des réacteurs : 20 milliards d’euros… et pas de débat public !
Il est intolérable que EDF et l’Etat aient décidé sans le moindre débat public d’investir 400 millions d’euros dans chaque réacteur nucléaire français pour lui permettre de continuer à fonctionner… tant bien que mal. Cette somme, multipliée par 58 réacteurs, amène à un total de plus de 20 milliards d’euros.
Alors qu’un débat public est désormais exigé par la loi pour des investissements coûtant parfois moins d’un milliard, aucun débat public n’est prévu pour cet investissement gigantesque. Une fois de plus, le lobby nucléaire tente de passer en force… et sans que les citoyens ne soient avertis des enjeux.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" pose la question : quelles que soient leurs positions sur le nucléaire, les citoyens sont-ils vraiment d’accord pour que cet investissement gigantesque soit une fois de plus attribué à l’atome ? Ces 20 milliards d’euros seraient assurément plus utiles dans les plans d’économie d’énergie et le développement des énergies renouvelables.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" va saisir la Commission nationale du débat public pour demander que la question de ces 20 milliards d’euros soit mise en débat avec les citoyens.
ANNEXE A :
Pourquoi il faut fermer la centrale nucléaire de Fessenheim
Une centrale nucléaire est toujours dangereuse, même lorsqu’elle est toute neuve. Mais les risques augmentent avec le temps. A plusieurs reprises, une catastrophe nucléaire a été frôlée en France. Au lieu de continuer à compter sur la chance, il faut profiter de ce que les centrales nucléaires arrivent à 30 ans de fonctionnement pour les fermer au fur et à mesure.
Les centrales nucléaires subissent tous les dix ans des inspections approfondies (dites "visites décennales") qui sont censées permettre aux inspecteurs de la sûreté nucléaire de décréter si chaque réacteur est apte ou non à continuer à fonctionner.
Mais le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce des décisions favorables imposées à l’avance par EDF et par les autorités françaises. Ainsi :
Il est clair que les dés sont pipés et que l’autorisation de continuer à fonctionner sera accordée malgré l’accumulation des incidents à Fessenheim et malgré de graves défauts déjà détectés (Voir en annexe B).
C’est donc aux citoyens de se mobiliser pour assurer leur sécurité, en imposant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim puis de toutes celles qui arriveront à 30 ans de fonctionnement.
EDF ayant prévu d’investir 400 millions d’euros par réacteur prolongé, il est donc possible d’économiser ces sommes très importantes et de les investir dans les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.
Annexe B - Risque nucléaire :
Le vieillissement des installations nucléaires
Le quotidien Les Echos du 8 avril 2009 précise que "lors des dernières visites décennales, vers 1999, les cuves de réacteurs situés au Tricastin et à Fessenheim avaient présenté des défauts de revêtement." On a vraiment du mal à imaginer que, 10 ans plus tard, les cuves des réacteurs de Fessenheim se portent mieux.
Et pourtant les incidents plus ou moins graves se multiplient dans les centrales nucléaires, à tel point qu’il est impossible de les lister. Nous nous contenterons donc d’en rappeler quelques uns des plus récents, qui concernent les réacteurs de 900 MW de Fessenheim ou identiques à ceux de Fessenheim :
Par ailleurs, vous ne pouvez ignorer la dramatique dégradation des conditions de travail dans les centrales nucléaires EDF, avec en particulier un recours maximal à la sous-traitance, situation qui s’est traduite ces derniers mois par des grèves (pour la première fois dans le nucléaire français), mais aussi des suicides et tentatives de suicides :
De graves situations accidentelles en France
EDF ne manque jamais de rappeler que, en 40 ans de nucléaire, aucune catastrophe ne s’est produite en France. Pour notre part, nous n’oublions pas que le pire a été frôlé à plusieurs reprises. Par exemple :
Le risque sismique : les falsifications d’EDF
Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" a révélé que EDF a mis en place des actions de lobbying "au plus haut niveau" pour empêcher la prise en compte de données sismiques qui auraient entraîné de coûteux travaux de remis à niveau des centrales :
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