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Sortir du nucléaire n°49

Printemps 2011

Catastrophe nucléaire au Japon

Je suis en colère !

Printemps 2011




Je suis en colère parce que l’accident de Tchernobyl n’a pas servi de leçon. Et que l’on continue à entendre et lire les mêmes mensonges dans les médias.

Je suis en colère quand j’entends un responsable du nucléaire français nous dire : "personne n’a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n’ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y en a-t-il où l’on s’éclaire à la bougie ? Il n’y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde dans seulement 31 pays, tous les autres pays s’en passent.

Je suis en colère quand, en 1979, après l’accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c’était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l’accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et quand je lis aujourd’hui que les Japonais sont moins forts que nous…

Je suis en colère quand on me dit que l’on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim (Alsace, 34 ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n’est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu’elle tombe moins souvent en panne et moins gravement.

Je suis en colère quand on nous dit que l’on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cela fournit 76 % de notre électricité. C’est oublier que l’électricité n’est pas la principale source d’énergie : c’est le pétrole. C’est oublier qu’on pourrait s’appuyer sur une solidarité au niveau de l’Europe : le nucléaire n’y représente que 35 % de l’électricité et seulement 9 % de l’énergie. Il suffit d’économiser 9 % pour s’en passer !

Je suis en colère parce qu’au nom de la défense de la croissance, les programmes énergétiques français ou européens négligent le potentiel des économies d’énergies, préférant la surconsommation, alimentée par le recours aux énergies renouvelables. L’énergie la plus propre reste celle que l’on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par quatre notre consommation en une vingtaine d’années.

Je suis en colère parce qu’on nous dit qu’arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l’argent gaspillé… Les 1000 milliards d’euros déjà dépensé en 25 ans pour la "gestion" de la catastrophe de Tchernobyl (et c’est loin d’être terminé), n’est-ce pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d’euros, c’est sensiblement le coût qu’il a fallu dépenser pour construire l’ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

Je suis en colère parce que je sais que l’on peut arrêter rapidement le programme nucléaire français, qu’il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de deux à trente ans selon les efforts qu’on veut bien consentir).

Je suis en colère quand j’entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu’il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée.

Je suis en colère quand mon fils, vingt ans, me demande : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer ?" (et il ne pense pas qu’au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).

Alors j’agis

Alors j’agis, je me suis investi depuis une trentaine d’années pour faire circuler une information moins déloyale et j’incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps, eux aussi, de chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l’importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images nous montrent les réacteurs en flamme ?

Alors j’agis, et je m’engage dans l’une des nombreuses associations qui animent le Réseau "Sortir du nucléaire" pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l’énergie. (www.sortirdunucleaire.org)

Alors j’agis, en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)

Alors j’agis, car aujourd’hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c’est parce que nous ne nous indignons pas assez !

Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence www.revuesilence.net – 14 mars 2011

Je suis en colère parce que l’accident de Tchernobyl n’a pas servi de leçon. Et que l’on continue à entendre et lire les mêmes mensonges dans les médias.

Je suis en colère quand j’entends un responsable du nucléaire français nous dire : "personne n’a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n’ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y en a-t-il où l’on s’éclaire à la bougie ? Il n’y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde dans seulement 31 pays, tous les autres pays s’en passent.

Je suis en colère quand, en 1979, après l’accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c’était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l’accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et quand je lis aujourd’hui que les Japonais sont moins forts que nous…

Je suis en colère quand on me dit que l’on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim (Alsace, 34 ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n’est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu’elle tombe moins souvent en panne et moins gravement.

Je suis en colère quand on nous dit que l’on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cela fournit 76 % de notre électricité. C’est oublier que l’électricité n’est pas la principale source d’énergie : c’est le pétrole. C’est oublier qu’on pourrait s’appuyer sur une solidarité au niveau de l’Europe : le nucléaire n’y représente que 35 % de l’électricité et seulement 9 % de l’énergie. Il suffit d’économiser 9 % pour s’en passer !

Je suis en colère parce qu’au nom de la défense de la croissance, les programmes énergétiques français ou européens négligent le potentiel des économies d’énergies, préférant la surconsommation, alimentée par le recours aux énergies renouvelables. L’énergie la plus propre reste celle que l’on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par quatre notre consommation en une vingtaine d’années.

Je suis en colère parce qu’on nous dit qu’arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l’argent gaspillé… Les 1000 milliards d’euros déjà dépensé en 25 ans pour la "gestion" de la catastrophe de Tchernobyl (et c’est loin d’être terminé), n’est-ce pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d’euros, c’est sensiblement le coût qu’il a fallu dépenser pour construire l’ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

Je suis en colère parce que je sais que l’on peut arrêter rapidement le programme nucléaire français, qu’il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de deux à trente ans selon les efforts qu’on veut bien consentir).

Je suis en colère quand j’entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu’il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée.

Je suis en colère quand mon fils, vingt ans, me demande : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer ?" (et il ne pense pas qu’au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).

Alors j’agis

Alors j’agis, je me suis investi depuis une trentaine d’années pour faire circuler une information moins déloyale et j’incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps, eux aussi, de chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l’importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images nous montrent les réacteurs en flamme ?

Alors j’agis, et je m’engage dans l’une des nombreuses associations qui animent le Réseau "Sortir du nucléaire" pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l’énergie. (www.sortirdunucleaire.org)

Alors j’agis, en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)

Alors j’agis, car aujourd’hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c’est parce que nous ne nous indignons pas assez !

Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence www.revuesilence.net – 14 mars 2011



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